L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

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IMPRESSIONS CONCERT/ PIERRE DE BETHMANN TRIO

Samedi 9 mai au soir, c’est un trio de très grande qualité qui a enchanté le public, venu l’écouter dans ce lieu pittoresque, qu’est l’Atelier Sevin Doering situé à Marseille.Un des plus grands pianistes Français Pierre de Bethmann, entouré du contrebassiste Sylvain Romano et du guitariste Nelson Veras ont interprété

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

Voici notre sélection de quelques concerts en province, qui auront lieu ce week-end.Ce vendredi 08 mai dans l’Allier, le Zynga Trio, formation de Jazz Manouche passera au Musée du Canal de Berry.Ce groupe est composé du contrebassiste Nicolas Oustiakine, ainsi que des guitaristes Vincent Ruiz et Benjamin Segurado.Dans leur “Album

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ LEVI HARVEY TRIO/ BLOOM

Dès les premières notes de “Bloom”, quelque chose s’ouvre, respire, prend forme. Comme une promesse tenue, le premier album du pianiste Levi Harvey, enregistré en octobre 2025 au studio Sextant de Malakoff et sorti chez Sunset Record/Baco, donne à entendre l’éclosion d’un pianiste déjà pleinement conscient de son langage, de

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ CECIL L. RECCHIA SINGS DJANGO REINHARDT

Il faut faire preuve d’audace et d’originalité, pour revisiter Django Reinhardt sur le plan vocal. C’est ce qu’accomplit la chanteuse Cécil L.Recchia qui apporte une interprétation très personnelle en modernisant les lignes mélodiques ainsi que leurs harmonies.Comment interpréter Django sans guitare? Cela me rappelle un disque de Don Sebesky, un

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Jazz

IMPRESSIONS CONCERT/ SAUL RUBIN FEATURING JON BOUTELLIER FRED NARDIN BERND REITER

Pianiste incontournable de la scène marseillaise, Fred Drai est aussi promoteur de concerts. Il nous a proposé avec l’équipe du Club 27 – Marseille, un concert pas comme les autres du guitariste Américain Saul Rubin.Saul Zebulon Rubin était accompagné de sidemen prestigieux : Bernd Reiter, Jon boutellier et Fred Nardin.Ces deux derniers, issus du CNSM, sont aussi directeurs artistiques de l’Amazing Keystone Big Band, qu’ils ont créé en 2010.Ne connaissant pas le Saul Rubin, j’écoute quelques morceaux de son disque de 2017, “Zeb’s House”. Dans ce disque, on entend non

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

On commence par le pianiste marseillais Fred Drai amoureux des standards de Be-Bop, celui de Bud Powell, Thelonious Monk et le Jazz qui suit, celui de Coltrane de Wayne Shorter et d’autres.Il nous fait redécouvrir des trésors le 05 novembre à la Caravelle.C’est un vrai bonheur d’entendre un musicien comme lui, chaleureux, toujours motivé par cette passion de cette musique qui nous fait vibrer.En décembre 2022, il faisait venir à Marseille David Kikoski qui donna une Master Class passionnante mais à laquelle je n’avais pu assister.Fin 2023, Fred est parti

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

On commence cette actualité, par le concert du chanteur de Soul, Sonny Guillage. Il se produira à la Fabrique de Saint Astier, commune de Dordogne, le mercredi 15 octobre.Il a publié l’album “Go Be Free”, un disque très groove, très bien arrangé, dans lequel la guitare tient une place importante.Sa voix chaude est ponctuée de riffs de guitare et de motifs de claviers bien écrits. “Just Kiss Me Baby” est de bonne augure pour la suite. Plus rapide est la seconde chanson “Go Be Free”, quand le chanteur est accompagné

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Commençons par le Festival Jazz Pulsations à Nancy qui aura lieu entre le 04 et le 18 octobre. Au programme, des chanteuses et chanteurs, Dee Dee Bridgewater, Tyrek Mcdole, Hugh Coltman.Dee Dee a commencé sa carrière aux États-Unis puis est venue en France s’installer. Elle a enregistré de nombreux albums consacrés à des projets différents, tantôt des standards de Jazz mais aussi des standards de la chanson Française. En 1995 elle publie un très bel hommage au pianiste Horace Silver.Tyrek Mcdole est le chanteur Américain qui a le vent en

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ LEVI HARVEY TRIO/ BLOOM

Dès les premières notes de “Bloom”, quelque chose s’ouvre, respire, prend forme. Comme une promesse tenue, le premier album du pianiste Levi Harvey, enregistré en octobre 2025 au studio Sextant de Malakoff et sorti chez Sunset Record/Baco, donne à entendre l’éclosion d’un pianiste déjà pleinement conscient de son langage, de son son et de l’espace qu’il laisse à la musique. Rien n’est forcé ici, tout semble couler de source, avec une élégance naturelle et une profonde attention au collectif.
Pianiste franco‑anglais issu de la classe de jazz et de musiques improvisées du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, Levi Harvey (23 ans seulement !) s’impose comme l’un des jeunes talents les plus remarqués de sa génération. Lauréat du Concours international de piano jazz de Chorus Lausanne en 2023 et récemment sélectionné parmi les Talents Adami Jazz, il trace un parcours exigeant, nourri autant par la tradition que par une vision très actuelle du trio. Son jeu s’inscrit dans une filiation assumée, où l’on perçoit l’ombre bienveillante de Pierre de Bethmann, mentor et figure tutélaire, mais aussi une volonté claire de s’en affranchir pour affirmer une voix personnelle.
Ce qui frappe d’abord, c’est la limpidité de son piano. Le toucher est clair, précis, d’une grande lisibilité, même dans les passages les plus denses. Levi Harvey joue sur un piano à queue qu’il aborde avec une grande maîtrise des nuances, sculptant les silences autant que les notes. Son jeu puise dans un large spectre d’influences : le bebop et le hard bop de Bud Powell et McCoy Tyner pour l’élan et la rigueur, Keith Jarrett pour la liberté du discours, mais aussi Sullivan Fortner pour cette manière très moderne d’articuler rythme et mélodie. Le résultat est un piano à la fois mélodique et profondément rythmique, connecté à l’histoire du jazz sans jamais en être prisonnier.
“Bloom” est avant tout un album de trio, et l’équilibre atteint ici est remarquable. À la contrebasse, Cyril Drapé déploie un jeu à la fois solide et souple, ancrant la musique tout en dialoguant constamment avec le piano. Pierre‑Eden Guilbaud, à la batterie, apporte une énergie précise, une écoute permanente et un sens du swing qui irrigue l’ensemble. Le trio fonctionne comme un organisme unique, où chacun trouve sa place sans jamais prendre le pas sur les autres.
Les compositions révèlent toute la richesse de cet échange. “Infinity” installe d’emblée un climat ouvert, presque suspendu, où le rythme circule librement. “Oak Bloke” affirme un rapport plus terrien au groove, porté par une pulsation ferme et un jeu rythmique ciselé. “Idea” séduit par la beauté simple et mémorable de son thème, exposé avec une grande délicatesse. “Profundo” offre un moment de sérénité profonde, presque méditative, tandis que “P2B” revendique un swing franc et élégant. Enfin, “Unset” libère une énergie plus brute, portée par une intensité collective qui ne se relâche jamais.
Avec “Bloom”, Levi Harvey signe un premier album d’une grande maturité, où la maîtrise du swing, l’équilibre du trio et la qualité du son s’unissent au service d’une musique sincère et habitée.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ ERSKINE HAWKINS 1914-1993

Trompettiste et leader de Big Band, Erskine Hawkins étudia l’arrangement avec un professeur qui avait eu comme élève, un certain Duke Ellington. Jouant dans le style Jazz Hot, prenant sa source dans le New Orleans, sa musique appartient est plus du Jazz Swing.On peut l’entendre en tant que chef d’orchestre

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ WILLIS JACKSON (1928-1987)

L’histoire du Jazz a été marquée par de magnifiques saxophonistes de la période Swing. Coleman Hawkins, Ben Webster, Lester Young, trois grands ténors qui ont transformé l’improvisation et influencé le génie Charlie Parker ou encore Stan Getz.Je vous parle d’un saxophoniste qui savait jouer le Be-Bop, mais était moins connu

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ MARTIAL SOLAL 1927-2024

Celui dont on parle, est un monument du Jazz hexagonal et au delà, un immense pianiste qui était également reconnu sur le plan international.Martial Solal épousa le langage du Jazz, ses codes, ses rythmes, en s’imprégnant de grands maîtres comme l’un des pionniers Art Tatum.Le Jazz étant originellement une musique

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SUR LA ROUTE DU JAZZ /LOU DONALDSON 1926-2025

C’est l’histoire d’un grand musicien qui introduisit la Soul dans cette musique majeure qu’est le Jazz.Né en 1926, on trouve les premiers enregistrements de Lou Donaldson en 1952, lorsqu’il forme un duo avec Clifford Brown sur “New Faces New Sounds”. On entend dès la première plage “Carvin The Rock”, un

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ BUCK CLAYTON

Wilbur Dorsey « Buck » Clayton n’était pas un trompettiste de Be-Bop mais a posé lui aussi des jalons qui ont débouché sur ce courant.Au fil de la discographie riche de vingt sessions ou albums, on part à la rencontre de ce musicien né en 1911.Son influence principale est “Satchmo” Louis Armstrong

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ EGBERTO GISMONTI/JAZZ ET BRÉSIL

Si au Brésil le père de la guitare est Baden Powell connu pour ses harmonisations de mélodies et sa maîtrise du rythme, est arrivé la génération suivante un autre virtuose.
Egberto Gismonti né en 1947 a huit cordes à son arc, telle est la configuration de son instrument. Il est aussi pianiste
Magicien sur le plan technique, il est aussi un pianiste qui a apporté de très belles choses sur le plan harmonique et mélodique. Dès les premières notes, on sent une énergie terrible, des placements et des enchaînements d’accords complexes à exécuter. Egberto est ouvert sur différents styles, Bossa, Soul et Jazz.
Je découvris cet artiste en 2003, en acquérant un disque en duo avec Charlie Haden “In Montréal” en 1989, lorsque le Festival donna carte blanche au musicien Américain. Au cours de cette édition il invita de grands artistes, dont les pianistes Gerry Allen, Gonzalo Rubalcaba, les batteurs Jack Dejohnette, Paul Motion, mais aussi Pat Metheny et le saxophoniste Joe Henderson.
Dans le cadre de cette exploration, revenons au début de sa discographie, en 1969.
Au cours de son premier disque “Egberto Gismonti”, l’hommage à Wes est chargé d’émotion, d’une sensibilité et dramaturgie accrue par l’orchestration des cordes.
Sur huit cordes, Egberto est un innovateur sur le plan rythmique et harmonique.
Le guitariste est animé par une variété incroyable de rythmes et de climats sonores. Dans “Sonho 70”, j’aime ce groove sur “Janela De Ouro”, le psychédélisme des cordes, sur un rythme de batterie, me rappelant la tourne du morceau “Death March” signé Gary McFarland, joué par Wes Montgomery et Jimmy Smith dans leur dynamique duo.
De la chanson “Parque Laje”, on entend une voix lumineuse et des sonorités étincelantes.
Comme souvent dans nos publications de la rubrique sur la Route du Jazz, on parle de grands mélodistes parfois virtuoses et c’est le cas du guitariste Brésilien. Animé par le sens de l’arrangement et de la mélodie, écoutez “Sonho”, un morceau aérien. C’est la joie et le soleil au cours de “Cicione”, du lyrisme exprimé par les cordes et la trompette. Puissant est l’orchestre de cordes sur “O Mercador de Serpentes”.
La guitare vous hypnotise par ses arpèges et accords orientaux au cours de “Lendas”.
C’est un émerveillement, une ode aux couleurs sonores comme on peut l’entendre avec les nappes de cordes accompagnées par les cuivres.
dans le morceau final “Lirica n1”.
“Indi” le morceau d’ouverture d’”Orfeo Novo”, est une illustration supplémentaire du mystère, une facette de plus de la musique du Brésilien.
Quand on l’écoute, on entend son appropriation de différents styles, la Bossa le Classique et sa pièce “Retratos” en trois parties, un dialogue entre la guitare et la flûte. Dans la version de “Berimbau” signé Baden Powell, les cordes sont brûlantes, le rythme énergique.
Toujours au début des années 70, Egberto publie “Água And Vinho”, un opus dans lequel le piano acoustique est plus présent.
D’album en album, le guitariste fignole les harmonies, enrobant les mélodies avec finesse et classe. On entend des cordes et même parfois le soprano.
Dans sa musique, on entend un florilège d’arrangements. En 1973, il réalise un disque intitulé « Arvore”, puis d’autres collaborations sont nombreuses avec des musiciens d’un autre horizon, ceux du Jazz comme Palle Danielsson, Charlie Haden ou Daniel Humair en 1975, lors du “Live in Berlin”, dont se dégage une force sonore poétique et créatrice. Au piano, il tisse aussi des couleurs magnifiques et intrigantes.
Au delà des harmonies, il n’hésite pas à aller vers l’univers du Jazz Rock.
“Coracoes Futuristas” porte bien son nom car la sonorité électrique est une déflagration. “Trem Noturno” est une perle de mélodie et de sonorité toute en douceur jusqu’à 3’00. Le piano est comme du cristal, le swing se déploie ensuite avec vigueur donnant des couleurs parfois Free.
Egberto est un chameleon des styles. Ses sources d’inspiration sont multiples, la Bossa, le Jazz mais aussi le Blues et le groove.
Écoutez “Café” extrait de l’album “Carmo” ainsi que le morceau “Apesar de Tudo”, deux morceaux mélodieux, suivis d’un morceau langoureux au saxophone soprano, accompagnés d’accords percutants au piano.
En 1977, le guitariste publie un album avec Nana Vasconcelos, deux titres de 25 minutes chacun. Les deux musiciens explorent des sons sortant de l’ordinaire. La percussion et la guitare semblent prendre grand plaisir à tenter des interactions au niveau harmonique et rythmique. Les envolées de guitare montrent la virtuosité et le ressenti dans le toucher portés, parfois par des notes chantées avec poésie. Le duo est une véritable alchimie.
Jouant avec des musiciens talentueux dont je ne détaille pas le nom, Egberto Gismonti collabore avec de nombreux musiciens de son pays et également de Jazzmen comme Charlie Haden ou Jan Garbarek, avec lesquels il joue sur le disque intitulé “Magico”. Usant de sa huit cordes, le guitariste repousse le périmètre harmonique.
Autant au piano qu’à la guitare, le Brésilien trouve des accords novateurs. Pouvant jouer des séquences énergiques, il sait aussi créer de l’espace.
Accompagné de Charlie Haden, il rejoue quelque temps plus tard pour le disque “Folk Songs”. En 1985 sur “Duas Vozes” le guitariste collabore une nouvelle fois avec Nana Vasconcelos, un percussionniste des plus intrigants.
Sur “Aquarela Do Brasil”, la guitare plaque des accords puissants fait claquer ses cordes pendant que le percussionniste place ses vocalises en écho. L’intensité de la guitare est bien présente pour mettre en valeur la voix.
Quelle énergie et quel bouillonnement sur “Rio de Janeiro”. Les voicings de guitare pleuvent sur une percussion entraînante. Le climat change du tout au tout, les basses vibrent,les aigus montent à la surface. Les sonorités que confectionnent ces deux musiciens sont grandioses. Le musicien a une curiosité sans limites concernant les couleurs et n’hésite d’ailleurs pas à ajouter des cordes, comme la contrebasse ou le violoncelle, qui introduisent “Trem Caipira”.
Les nappes sonores aux couleurs de la nostalgie nous effleurent.
En parcourant les différents disques, je vois une inspiration de ce qu’a été le Pat Metheny Group, dans le domaine des innovations sonores. “Trem Caipira” est un projet très axé autour des sons électroniques. L’arrangement des “Bachilias Brasileiras” intitulé “Aria Cantiga” est assez explosif.
La musique d’Egberto prend différentes allures selon les projets et peut nous faire naviguer d’un style à l’autre très rapidement.
Impressionnant sur la huit cordes, il impressionne par ses arpèges foudroyants au piano et ses accords plaqués avec force. Écoutez le premier morceau “Baiao Malandro” qui s’ouvre par “Alma”, un disque réalisé uniquement au piano. Le pianiste passe aussi par des mouvements plus calmes comme sur “Palhaco”. Ce musicien exceptionnel est aussi touchant à la guitare qu’au piano.
Ayant exploré le Jazz Rock en utilisant des effets électriques, l’œuvre d’Egberto Gismonti tourne autour de ses accords et arpèges à la huit cordes acoustique, ainsi qu’au piano. Les sonorités et les motifs s’inscrivent toujours dans une voie mélodique. Le disque de 1990 “Infancia” est un exemple de finesse, même lorsque les débits sont denses.
“Meninas” est d’une tendresse absolue alors qu’”Infancia” regorge d’énergie.
Les textures ainsi que les couleurs sonores provoquent une grande émotion.
Un bouquet de sons extrêmement bien écrit, surtout amené avec le morceau “Recife O Amor Que Move O Sol E Outras Estrelas”. Le piano accompagne les cordes qui sont comme des sanglots.
En 1992, on entend des sons électriques dans le disque “Casa Das Andorinhas”.
La basse synthétique et le son métallique du titre ”Amazonia” n’ont rien à voir avec ce qui précède. Ce n’est pas un disque que j’affectionne, mais il donne un aperçu de ce qu’explore le musicien Brésilien.
En 1994, pour ceux qui veulent visionner un extrait, Egberto invita John Mclaughlin au cours du Festival de Sao Polo.
Il sort ‘“Zig Zag” en 1996 aux sonorités très acoustiques. Sur cette chanson éponyme, les arpèges de guitare claquent comme des torrents. La corde grave résonne avec puissance, le guitariste nous tient en haleine. Sur “Mestico e Caboclo”, écoutez la guitare qui gronde et qui joue le motif en boucle.
L’arpège sur “Orixas” épouse à merveille le thème joué à la contrebasse qui est un mélange de poésie acoustique exprimant la tristesse.
“Meeting Point” en 1997, grandiose, par ce qu’il dégage, les voix des différentes cordes, le lyrisme de l’orchestre. C’est une véritable épopée sonore.
Enfin et s’il manquait des éléments pour illustrer le côté multi styles de ce musicien exceptionnel vous pouvez écouter “Saudacoes” en 2009. Composé de deux disques, le premier est un ensemble de compositions de style classique jouées par des cordes de l’orchestre qui produisent des envolées mélodiques.
Le second disque est un duo de guitares d’Egberto avec son fils Alexandre.
Là encore c’est une véritable contemplation d’arpèges, de motifs mélodieux souvent envoûtants, impressionnants de technique et de musicalité.
Leur virtuosité est au service du son, celui des harmonies et des mélodies insolites. Les cordes résonnent claquent par l’effet du slap sur les cordes qui claquent.
Les deux guitaristes jouent très rapidement avec une précision hallucinante.
J’ai essayé de vous présenter ce musicien au fil de son oeuvre discographique qui n’a eu de cesse, de dessiner des nouveaux horizons en matière d’harmonies. Il est sans doute l’un des plus grands au Brésil, un multi instrumentiste immense un peu comme l’était Hermeto Pascoal.
Il est une figure incontournable de la musique Sud Américaine.

Comme le choix des titres est difficile en raison de la variété des styles et ambiances, je sélectionne “Tribute To Wes Montgomery” en 1969 et “Saudacoes” de 2009.