L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

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NOUVEAUTE ALBUM/ KENNY BARRON/ BEYOND THIS PLACE

Après un album en solo en 2023 qui était une sorte d’introspection, le pianiste Kenny Barron revient avec un projet intitulé “Beyond This Place”. Il est entouré d’Immanuel Wilkins et de ses compagnons depuis quelque temps Jonathan Blake et Kiyoshi Kitagawa. Le vibraphoniste Steve Nelson joue sur la plupart des

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IMPRESSIONS CONCERT/ KEVIN REVEYRAND/ 08 juin 2024

Après deux albums enregistrés en 2018 et 2020, “Reasons And Heart” et “Todos Juntos, le bassiste Kevin Reveyrand vient de publier “Yolo”, en compagnie de musiciens raffinés. Samedi soir, ce musicien talentueux et son quartet étaient sur la scène du Hot Brass, club historique d’Aix en Provence.Dans les premiers instants,

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ACTU CONCERT/ JAZZ AUX QUATRE COINS

Voici un petit tour d’horizon de quelques concerts entre le 14 et 30 juin.Le 14 juin, le pianiste David Bressat joue en trio son dernier album “French Connection”.Nous avions parlé de son disque sorti en 2023 intitulé “Constellation”.A ses côtés, le contrebassiste Thomas Belin et le batteur Charles Clayette. Ce

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Jazz

IMPRESSIONS CONCERT/ KEVIN REVEYRAND/ 08 juin 2024

Après deux albums enregistrés en 2018 et 2020, “Reasons And Heart” et “Todos Juntos, le bassiste Kevin Reveyrand vient de publier “Yolo”, en compagnie de musiciens raffinés. Samedi soir, ce musicien talentueux et son quartet étaient sur la scène du Hot Brass, club historique d’Aix en Provence.Dans les premiers instants, le bassiste entre avec quelques notes qui viennent résonner sur la percussion de Jean Luc Di Fraya. Les notes de l’accordéon rentrent et introduisent le thème d’ouverture avec solennité. Cette mélodie en 6/8 rayonne et l’espoir se dégage de l’accordéon

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ACTU CONCERT/ JAZZ AUX QUATRE COINS

Voici un petit tour d’horizon de quelques concerts entre le 14 et 30 juin.Le 14 juin, le pianiste David Bressat joue en trio son dernier album “French Connection”.Nous avions parlé de son disque sorti en 2023 intitulé “Constellation”.A ses côtés, le contrebassiste Thomas Belin et le batteur Charles Clayette. Ce trio invite pour ce concert la violoniste Caroline Bugala, la violoncelliste Maud Fournier et la chanteuse Luna Odin Garcia.Sur cet album, David Bressat joue des compositions originales aux arpèges et mélodies raffinées. Le disque commence par une valse au tempo

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IMPRESSIONS CONCERT/ CATHY HEITING & RENAUD MATCHOULIAN

En décembre dernier, j’avais présenté l’album “Unconditional” de la chanteuse Cathy Heiting. Cet enregistrement en quintet aux arrangements raffinés m’avait très vite conquis.Hier soir au Club 27, c’est dans une configuration intimiste que la vocaliste a interprété standards et compositions personnelles, avec pour seul accompagnateur son guitariste Renaud Matchoulian.Après six mesures d’accords chaleureux, la chanteuse expose le thème “I Didn’t Know What Time It Was” mis en valeur par la guitare au swing joyeux, où alternent voicings et lignes de basse à la pulse solide. Munis d’un solide sens du

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ACTU CONCERT/ JAZZ AUX QUATRE COINS/

Lucas Santtana chanteur et multi-instrumentiste Brésilien sera à la Salle Nougaro de Toulouse le 31 mai. Entre Bossa Nova, musique électronique et Soul Funk, la soirée est un voyage à travers les styles. Cet artiste a enregistré cinq ou six albums.La voix de Lucas vous enveloppe et vous emmène. Il a plusieurs albums à son actif dont “O Paraiso”. On entend de jolis arpèges à la guitare, un joli timbre de voix.Pour les arrangements on entend parfois des sons électros, quelques cordes aussi.Les sonorités sont douces et lounge. Le chanteur

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NOUVEAUTE ALBUM/ KENNY BARRON/ BEYOND THIS PLACE

Après un album en solo en 2023 qui était une sorte d’introspection, le pianiste Kenny Barron revient avec un projet intitulé “Beyond This Place”. Il est entouré d’Immanuel Wilkins et de ses compagnons depuis quelque temps Jonathan Blake et Kiyoshi Kitagawa. Le vibraphoniste Steve Nelson joue sur la plupart des morceaux.
Ce nouvel opus s’ouvre par la ballade “The Nearness Of You”. Elle est servie à merveille par une sonorité crépitante à l’alto. Immanuel Wilkins interprète la mélodie avec beaucoup de douceur et de poésie, ses notes ses errances ses pointes de Blues sont grandioses.
La batterie et la contrebasse sont d’une grande légèreté, le piano lui aussi va en douceur.
Le second morceau “Scratch” commence sur les chapeaux de roue avec une ligne de contrebasse et une conduite de batterie qui vont à toute allure.Il avait déjà été enregistré par Kenny sur l’album du même nom. Il est âpre, rugueux, complexe voire Monkien dans l’esthétique avec de nombreuses dissonances. Sur un tempo up introduit par la contrebasse et la batterie, le piano, le vibraphone et le saxophone présentent le thème. Le Jazz n’est pas mélodique mais plus technique.
Accompagné par une rythmique très présente et qui varie sans cesse son jeu, l’alto s’enflamme suivi du vibraphone qui explore des chemins Be-Bop avec un penchant pour le Free. Au piano, Kenny joue aussi sur quelques dissonances.
“Innocence” est un thème empreint de lyrisme exprimant à la fois espoir et gravité. Sur des arpèges de piano joués avec sensibilité, la mélodie est très touchante. L’alto part dans une improvisation qui commence tranquillement et monte en intensité.
Vibraphone a un phrasé empreint de sensibilité tandis que le piano cherche des chemins tortueux mais intéressants.
Le quatrième morceau du disque est un Blues dont l’alto joue le thème. Le vibraphoniste Steve Nelson fait claquer ses lamelles pour faire sonner des phrases cool. Immanuel Wilkins joue parfois out et montre ainsi sa maîtrise de l’harmonie. Tel un grand sage, Kenny Barron joue un solo dans lequel les respirations sont nombreuses. Le contrebassiste lance des notes de velours avant que le thème ne soit repris.
Le Swing énergique sur “Tragic Magic” sert cette superbe mélodie qui donne l’impression d’écouter un standard. La mélodie sur trente deux mesures, crée l’émulation chez les musiciens et notamment chez le saxophoniste qui part de suite dans des phrases punchy en s’enflammant au fur et à mesure du solo. Le vibraphone de Steve Nelson très fluide passe le relais au pianiste qui est toujours aussi captivant. Kenny Barron se renouvelle, explore de nouvelles directions. Jonathan Blake a une frappe légère malgré la dynamique.
Le morceau éponyme est une ballade qui inspire la sérénité. Le thème est joué par l’alto et le vibraphone. Le souffle du saxophone est léger.
Le pianiste reprend un autre standard “Softy As In A Morning Sunrise” dont une version historique est celle de John Coltrane au Village Vanguard en 1961. Le pianiste en trio déroule des phrases sur un tempo rapide en toute décontraction.
“Sunset” est une composition qui mêle l’étrange et la torpeur. Autour d’une ligne de basse et des accords de piano, le saxophoniste expose le thème qui s’étire.
Le vibraphone magnifique sort le premier pour une improvisation dans un climat de calme. Il trouve des sonorités Bluesy grandioses.
Le sax avec une sonorité magnifique va chercher des aigues donne le sentiment de faire pleurer le saxophone. Enfin, les doigts de Kenny caressent les touches qui sonnent un peu métallique. Autour de la partie de contrebasse et de piano, le thème magnifique revient.
En conclusion, on reste sur des notes optimistes en compagnie du thème “We See” joué par le piano et le saxophone. Les croches swinguent bien tout au long de ce thème, dont la structure est de trente deux mesures. L’alto est souple, il sort des phrases joyeuses aérées et puis s’oriente un peu plus vers des passages techniques. Kenny Barron jongle entre accords et notes simples et ne perd rien du swing.
Le pianiste est vraiment Monkien, pas de hasard, Thelonious est un de ses grands maîtres. Dans plusieurs solos il est presque Free et j’entends dans cet album des sonorités que je n’ai pas entendues par le passé.
La présence d’Immanuel Wilkins amène de la fougue, le vibraphone de Steve Nelson joue Be-Bop mais avec douceur et Kenny Barron trouve encore des chemins nouveaux dans les improvisations.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LE GROOVE DE BETTY DAVIS

La discographie de Betty Davis est mince, mais son retentissement fut grand. Betty Davis réalisa quatre albums de Soul Funk entre 1973 et 1976.Dans cette période, la dimension Soul Funk est très présente dans le Jazz Électrique comme chez les “Headhunters” d’Herbie Hancock.La carrière de la chanteuse a été courte,

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LOUIS STEWART/ LA GUITARE IRLANDAISE

Souvent dans cette partie historique, nous parlons de musiciens Américains.Il est question aujourd’hui du guitariste Irlandais Louis Stewart.Découvert par le pianiste Jim Doherty en 1960 lors d’une audition, le guitariste étonne par sa technique et ses phrases.Grand admirateur de Benny Goodman, il accompagnera le clarinettiste des années plus tard. Des

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ BENNY CARTER

Charlie Parker fut l’initiateur du Be-Bop avec Dizzy Gillespie et Thelonious Monk pour ne citer qu’eux. Sur ce nouveau chemin harmonique qui est une révolution du Jazz, d’autres saxophonistes s’y insérèrent, comme Sonny Stitt ou l’altiste Benny Carter, notre sujet d’aujourd’hui.La particularité de ce musicien est d’abord la longévité de

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ AL JARREAU ENTRE SOUL ET JAZZ

Vers la fin des années 60, après quelques années d’études en psychologie, Al Jarreau commence à se produire dans des émissions télé. Il fait la connaissance du pianiste George Duke avec lequel il se liera d’amitié. Al Jarreau chantait profondément le Jazz comme le symbolise son disque de 2004 “Accentuate

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LE GROOVE DE BETTY DAVIS

La discographie de Betty Davis est mince, mais son retentissement fut grand. Betty Davis réalisa quatre albums de Soul Funk entre 1973 et 1976.
Dans cette période, la dimension Soul Funk est très présente dans le Jazz Électrique comme chez les “Headhunters” d’Herbie Hancock.
La carrière de la chanteuse a été courte, mais ses disques restent de la dynamite sur les plans sonore et vocal, quelque chose de très puissant.
Comme premier album, elle publie « Betty Davis » en 1973, un concentré d’énergie qui dévaste tout. L’orgue aux nappes incandescentes et la guitare au son saturé enflamment le climat. Les salves sont puissantes, la basse et la batterie sont solides. Le style de la voix est plus proche du style Rock, de Led Zeppelin ou de Janis Joplin.
La voix est celle d’une lionne accompagnée par des musiciens qui ont un groove brûlant. Sur le premier titre “If I’m Luck I Might Get Picked Up”.
La voix est éraillée sur “He Was A Big Freak” ainsi que les moogs et les cocottes
On entend la voix écorchée.
Toujours sur la base de cocottes de guitare et de parties rythmiques basse batterie haletantes, la voix est d’une sensualité extrême. Presque féline, la voix l’est encore plus sur “Anti Love Song” au cours duquel la guitare émet des bends de cordes qui font monter l’intensité du morceau.
Si l’ambiance musicale est Soul Funky sur “Ooh Yeah”, la voix est assez Rock. Elle détonne par ce qu’elle envoie sur “Steppin In Her I” reposant sur un riff de guitare très blues. Le motif de “Game Is My Middle Name” est un gros riff bien puissant de guitare électrique.
« They Say I’m Different » en 1974 commence par le morceau “Shoo-B-Doop And Cop Him” plus dans la douceur et la retenue. Le motif de guitare en boucle soutient la voix. De la rage et de la puissance dans le chant lorsque Betty entonne “He Was A Big Freak”.
Soutenue par une basse qui lance un motif, la voix s’avère très sensuelle sur “Your Mama Wants Ya Back”.
Avec la chanson “Don’t Call Her No Tramp, il est intéressant d’écouter comment la chanteuse pose les premières pierres du Hip Hop R’n’B.
Quand on écoute le morceau “70’s Blues”, nous avons une fois de plus un esprit à la Hendrix. ”Special People” est très Soul et cool.
La basse joue un motif envoûtant sur lequel se greffe la cocotte de guitare.
La Soul et le Funk habitent cette chanteuse, dont la voix pas comme les autres en fait une particularité.
Dans la voix de Betty, j’entends quelque chose d’animal et de félin.
“Nasty Gal” titre éponyme de son album de 1975 l’illustre à merveille. Les claviers et la guitare sont toujours en fond. Le jeu de batterie est très précis, régulier et complexe à tenir du fait de frappes sur les contre-temps.
Sur “Talkin Trash”, on entend la guitare puissante, la rythmique qui joue ternaire pour accompagner un duo vocal que la chanteuse forme avec Fred Mills.
Sur “Dedicated To The Press” ce qui retient l’attention hormis cette voix fulgurante c’est le slap de basse qui est comme une décharge rythmique.
Sur le morceau suivant “You And I”, la voix de Betty est éprise de douceur. La voix redevient rugissante sur le morceau “Feelins”, un Funk dans lequel s’inocule une dose de rock.
Sur “Shut Off The Light”, on entend un tonus phénoménal. A ce moment de l’écoute, je comprends pourquoi Betty Davis est considérée comme une pionnière. Les éléments musicaux sont annonciateurs du courant Rap R n’B qui verra le jour dans les années 80.
Betty aimait varier les climats, des ambiances très punchy dans la façon de chanter, de la puissance sonore instrumentale puis des séquences de calme langoureuses.
A partir d’une cocotte de guitare agrémentée d’une basse qui va dans le vif du sujet la voix de Betty est toujours ardente.
“Stars Starve, You Know” illustre son caractère innovant. Le débit des mots est dense et est une influence pour les rappeurs qui viendront quelques années après.
Cette violence vocale est l’empreinte de la chanteuse Américaine, une énergie détonante qui renverse tout sur son passage.

Betty Davis a fait le pont entre la Soul Funk et les salves de Rock pour en faire un mélange tout à fait particulier. À l’écoute de ses quatre albums on peut affirmer que la puissance de sa voix a permis à cette chanteuse d’impacter fortement l’univers de la Soul.