L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ HAMPTON HAWES (1928-1977)

Quand on se penche sur les grands pianistes de Jazz de l’époque Be-Bop, on pense à Oscar Peterson, Bud Powell ou Thelonious Monk. Moins connu que ces monstres sacrés, Hampton Hawes sera pourtant un des grands pianistes de l’histoire du Jazz, en réalisant de nombreux disques à partir des années

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Ce vendredi 04 septembre, aux Musicales de Saint Chinian dans l’Herault, le saxophoniste et clarinettiste basse Laurent Rochelle, livrera une prestation en solo, en s’accompagnant de boucles qu’il enregistre sur l’instant. Il a enregistré plus de vingt albums.Au fil de cette production prolifique, il crée des univers sonores nouveaux et

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ NICOLE ZURAITIS/ THE DEVIL I KNEW

Quelle belle découverte que cette chanteuse, pianiste et arrangeuse, Nicole Zuraitis dont la discographie est déjà conséquente,Avec une dizaine d’albums à son actif,cette artiste écrit des mélodies raffinées au carrefour de plusieurs styles comme la Soul la Folk et le Jazz.En introduction, la pureté de la voix et le son

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ TAL MASHIACH/ WHO’S AROUND?

Qui est là, autour de vous ? C’est un peu la question que pose le guitariste et contrebassiste Tal Mashiach avec son nouvel album « Who’s Around? ». Et la réponse tient en une communauté impressionnante de dix-sept musiciens venus d’Israël, de Grèce, de Géorgie, du Brésil, du Chili ou

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Ce vendredi 04 septembre, aux Musicales de Saint Chinian dans l’Herault, le saxophoniste et clarinettiste basse Laurent Rochelle, livrera une prestation en solo, en s’accompagnant de boucles qu’il enregistre sur l’instant. Il a enregistré plus de vingt albums.Au fil de cette production prolifique, il crée des univers sonores nouveaux et insolites faisant ressentir l’espace et la profondeurSa musique méditative stimule l’imagination. Il présente “Vivance”, un opus qui démarre par des motifs dynamiques. Le cocktail saxophone clarinette basse percussion du premier morceau “Chenda Blue”, évoque la musique Africaine et ses sonorités

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IMPRESSIONS CONCERT/ WE WANT MILES BAND/ FESTIVAL DE JAZZ DES CINQ CONTINENTS

Pour les 100 ans de la naissance de Miles Davis, le bassiste Marcus Miller décida de réunir les musiciens présents avec lui, au moment où le trompettiste revient sur le devant de la scène en 1980.Aux côtés de ce grand maître du slap, était présente hier pour la clôture de l’édition du Festival de Jazz des Cinq Continents, la dream team de l’époque, le saxophoniste Bill Evans, le percussionniste Mino Cinelu et le guitariste Mike Stern.Trente ans après avoir écouté “We Want Miles” pour la première fois, mon émerveillement reste

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Pour ce week-end voici quelques concerts qui ont lieu aux quatre coins de la France.Le 10 juillet, la ville de Carry Le Rouet accueille le saxophoniste altiste Gaël Horellou, dont la puissance des phrases est un véritable souffle. La fluidité et les débits de notes sont impressionnants. Très prolixe en matière d’enregistrements, le saxophoniste en a réalisé pas loin de quarante, avec des formations différentes proposant des esthétiques diverses et variées.Quand j’ai découvert ce musicien, j’avais écouté “Identités”, un album qui puise dans les rythmes Africains. Sa musique envoûte par

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Le 19 juin, la vocaliste Valérie Sajdik sera accompagnée de son complice le pianiste Cédric Chauveau et du contrebassiste Michel Altier. Le trio se produit au Jazz Avène Club dans l’Herault.La chanteuse interprétera sans doute, des compositions originales, figurant sur deux albums qu’elle a enregistrés en duo avec le pianiste, “Funambule” et “Amitiés”.“Funambule” démarre par une mélodie Jazzy intitulée “Little Suzanne”, au cours de laquelle on entend une séquence en scat de quelques mesures.La chanteuse aime le swing et les couleurs Blues, comme vous pouvez l’entendre sur “Baudelaire’s Dog”.La finesse

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ NICOLE ZURAITIS/ THE DEVIL I KNEW

Quelle belle découverte que cette chanteuse, pianiste et arrangeuse, Nicole Zuraitis dont la discographie est déjà conséquente,
Avec une dizaine d’albums à son actif,cette artiste écrit des mélodies raffinées au carrefour de plusieurs styles comme la Soul la Folk et le Jazz.
En introduction, la pureté de la voix et le son cristallin du piano créent l’émotion de suite. Nicole swingue d’entrée, l’élégance de la voix me captive au cours de la chanson “Won’t Make it Alive”. Les nappes de cuivres me rappellent la chanson “Moon Dance” de Van Morrisson. L’orgue Hammond déploie des phrases Soul Jazz qui swinguent terriblement.
Habitée par le Blues et la Soul, la chanteuse s’envole sur le thème “Call My Name” en 6/8 accompagnée d’une orgue et d’une guitare sobres mais dont l’énergie ne fait que croître au fil du morceau. On entend ce grain de Soul dans la voix et une certaine sensualité.
Avec des riffs de cuivres toujours bien choisis la chanteuse montre sa décontraction au cours de “He’s A Demon he’s a devil, he’s a doll”. La contrebasse avance chaleureusement en solo.
Cet album se compose de quatre disques dont chacun est introduit par quelques mots parlés. La sensualité et le mystère se ressentent sur “The Martyr” où la chanteuse susurre les mots avant de déployer sa voix pure et émouvante sur “Two Steps Back”. La chanteuse s’envole très vite et nous invite avec elle dans ce climat sonore où les respirations sont nombreuses. Les motifs du saxophone qui s’immiscent dans le thème sont lumineux et émouvants.
Les arrangements, les esthétiques sont variées entre Jazz Blues Soul et Folk comme sur “Wish I Could Love You”.
Le timbre de voix m’emporte, les quelques arpèges de piano et de guitare installent le calme et la décontraction.
Dans “Never A Mistake”, j’aime les notes de guitare qui se posent comme un voile sur la voix de la chanteuse. La sonorité dans cette séquence est proche de celle de Bill Frisell.
À la guitare les accords sont originaux, les notes en solo bien choisies apaisent et se mêlent bien aux notes épurées.
Sur fond de jazz et de Blues le titre du disque “The Devil I Knew” est également une mélodie attirante. La voix et la rythmique nous font décoller et nous percutent par les émotions qu’elles degagent, par l’énergie et la puissance de la voix.
Ce qui me plaît beaucoup dans cet album, en plus des thèmes et des couleurs vocales, c’est la finesse des arrangements en matière d’accords de piano, de guitare et de nappes de cordes. “All That’s Left” un des plus beaux thèmes de ce projet en est une illustration. Les balais et les nappes de cordes enlacent magnifiquement la voix.
Écoutez le côté original des accords de piano enrobant la mélodie de “Vice, Versus”. Sans prouesse et volonté de démonstration particulière, la grâce chez cette artiste est naturelle. Dans cette dernière composition du troisième disque on entend des côtés sombres.
Magnifique ouverture du quatrième disque par la chanson intitulée “The Hardest Part”. Savourez la sobriété des arpèges de piano et de guitare. La voix atteint toujours la magnificence et l’élégance.
La mélodie stimule l’imaginaire. En écoutant cette chanson j’ai le sentiment d’un horizon nouveau qui apparaît, une espérance, une lumière.
L’ambiance Jazzy revient avec le titre “It Never Goes Away”. Les balais soyeux crépitent, le piano se fait très discret. L’harmonica et la guitare donnent un côté musette qui se mêle bien au climat du morceau.
Le groove arrive sans ambiguïté sur “Let Us Hang”. Les riffs de cuivres, l’orgue et la basse claquent pour faire danser l’auditeur.
Comme pour les précédents mouvements, la chanteuse déclame quelques mots avec sa voix intimiste et sensuelle.
Sur “Back To You” l’émotion se crée à partir de quelques nappes discrètes de l’orgue d’un jeu de batterie délicat et d’une guitare sèche égrenant quelques notes. La mélodie exprime à la fois espoir et nostalgie. Vous pourrez apprécier les notes aiguës à la fin du morceau.
La mosaïque de cordes en introduction de “I Get Along You Very Well” est un exemple du raffinement mélodique et harmonique présent chez cette artiste.
C’est un univers très agréable et varié que nous propose Nicole Zuraitis dans ce dernier morceau comme dans l’ensemble de son projet.
L’artiste explore des esthétiques différentes couvrant un large spectre stylistique entre Blues Jazz Soul et Folk. Entre décontraction sensualité et puissance, cette artiste provoque l’émotion par la finesse et la poésie des différentes compositions.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ HAMPTON HAWES (1928-1977)

Quand on se penche sur les grands pianistes de Jazz de l’époque Be-Bop, on pense à Oscar Peterson, Bud Powell ou Thelonious Monk. Moins connu que ces monstres sacrés, Hampton Hawes sera pourtant un des grands pianistes de l’histoire du Jazz, en réalisant de nombreux disques à partir des années

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ CHUCHO VALDES

La musique Afro Caribéenne s’est appropriée les harmonies du Jazz, en les faisant danser sur des rythmes très variés. D’abord venus d’Afrique, ils ont été enrichis par les musiciens Sud Américains, qui en ont créé toute une panoplie comme le Boléro, la Timba ou la Guajira.C’est ce à quoi s’est

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ GEORGE GARZONE

Charlie Parker et John Coltrane sont les deux artisans majeurs de la métamorphose du Jazz, par leurs phrases innovantes et leurs harmonies complexes. Le langage du Be-Bop influença toute une génération de saxophonistes, parmi lesquels Dave Liebman, Michael Brecker, Jerry Bergonzi qui ont repoussé les limites de la technique et

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INFO TRISTESSE/ SONNY ROLLINS 1930-1926

Un des derniers géants du Jazz, celui qu’on surnommait le Colosse est parti à l’âge de 95 ans. Sonny Rollins avait d’ailleurs enregistré en 1956,un disque intitulé “Saxophone Colossus”, dans lequel figurent un de ses titres les plus connus “St Thomas”. Il était d’abord un musicien de Be-Bop, pouvant jouer

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ EGBERTO GISMONTI/JAZZ ET BRÉSIL

Si au Brésil le père de la guitare est Baden Powell connu pour ses harmonisations de mélodies et sa maîtrise du rythme, est arrivé la génération suivante un autre virtuose.Egberto Gismonti né en 1947 a huit cordes à son arc, telle est la configuration de son instrument. Il est aussi

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ HAMPTON HAWES (1928-1977)

Quand on se penche sur les grands pianistes de Jazz de l’époque Be-Bop, on pense à Oscar Peterson, Bud Powell ou Thelonious Monk. Moins connu que ces monstres sacrés, Hampton Hawes sera pourtant un des grands pianistes de l’histoire du Jazz, en réalisant de nombreux disques à partir des années 50.
Avec son trio, Hampton Hawes, attaché à l’héritage, reprend les standards et montre son enracinement dans la tradition. En 1951, il enregistre ses premières sessions en compagnie du contrebassiste Harper Crosby et du batteur Lawrence Marable. On entend un pianiste faire swinguer les notes sur les chapeaux de roue. Ayant écouté les pianistes comme Art Tatum, on décèle dans son jeu les racines du Ragtime mais aussi le Be-Bop qu’il maîtrise. Sa main droite est très souple, les phrases sont ciselées, la technique de haut vol.
Le pianiste, très à l’aise quand il s’agit de jouer à grande vitesse, déroule des flots de notes impressionnants au cours de plusieurs interprétations comme sur “What Is This Thing Called Love”. Le pianiste s’amuse à échanger avec le batteur par des solos de quatre mesures.
Le style de Hampton est le fruit de plusieurs influences entre le style du ragtime et celui des pianistes comme Bud Powell ou Oscar Peterson, quand on entend les articulations entre les notes. Époustouflante est sa façon de jouer les doubles croches au fil de mesures entières.
Le swing est jovial, les notes sautillent si vous écoutez “Another Air Do”.
Avec le Blues “Blue Bird”, le pianiste aime ponctuer son jeu en notes simples par le tonus des accords plaqués à la main gauche.
On entend bien cette main gauche nerveuse et solide introduire “I’ll Remember April” en enchaînant de nombreux accords. Chez cet artiste, j’aime beaucoup le sens des croches ternaires qui rebondissent sur la walkin’ bass et le jeu des balais sur la caisse claire.
Si le pianiste aime dérouler des flots de notes , j’apprécie aussi le jeu en accords très présent sur “Where Or When”.
On repart ensuite sur un tempo rapide, en compagnie du thème “All God’s Chillun Got Rythm”.
Le style du pianiste se caractérise par une extrême fluidité des notes et l’aptitude à renouveler les phrases en cherchant toujours de nouvelles trajectoires.
L’introduction de “Just One Of Those Things” varie entre douceur et énergie.
Hampton Hawes montre une nouvelle fois sa grande technique dans ce thème rapide

En 1952, il joue cette fois-ci en quartet au sein duquel on trouve le vibraphoniste Larry Bunker, qui jouera aussi de la batterie, notamment avec Bill Evans. Hampton Hawes aimait les standards et les a célébrés tout au long de sa carrière. Il arrange “Night And Day”, en insérant des motifs mélodiques en duo avec le vibraphone. Le Blues “Terrible T” propage un swing tenace et captivant. Piano et vibraphone jouent la mélodie puis arrive le tour du piano aux croches déliées et mélodieuses.

Un autre album incontournable dans la discographie de ce pianiste, est celui intitulé simplement “Hampton Hawes Trio” enregistré en 1955. Le son est déjà bien meilleur pour entendre et savourer les phrases renversantes. La première piste insuffle une pêche incroyable par la reprise de la mélodie “I Got Rythm” de Gershwin.
Au cours de “What Is This Thing Called Love”, j’aime beaucoup les balais qui accompagnent le piano toujours foisonnant d’idées.
Si cet artiste est très friand de tempos rapides, son interprétation d’”Easy Living” est faite avec u n toucher soigneux. L’introduction du standard “All The Things You Are” est également jouée avec retenue et douceur.

En 1956, il sort un autre disque en trio intitulé “This Is Hampton Hawes”.
Au cours de cette session, il faut écouter son sens du Be-Bop sur “Steeplechase”, dont les notes s’envolent très vite. Il peut rester sur une note pendant plusieurs mesures et repartir dans des phrases intenses.
Influencé par Monk, il interprète “Round Midnight”. Il séduit par le toucher en accords. Si les flux de phrases sont intenses, le jeu de Hampton était parfois aéré avec de l’espace entre les accords comme c’est le cas sur “Just Squeeze Me”. L’improvisation est nerveuse, les accords sont plaqués de façon franche assortis de notes Blues.

La même année, sort “Everybody Likes Hampton Hawes” une session imbibée de swing où on entend le son métallique du piano et ces éclats de notes dans un style proche de celui de Wynton Kelly et Red Garland.

Jim Hall rejoint Hampton Hawes sur “All Night Sessions”.
Sur “Jordu” on entend la limpidité des phrases et les articulations entre elles. Il est intéressant d’entendre la différence de style entre d’une part, les phrases au piano denses et d’autre part la guitare qui aère les notes.
Minimaliste, Jim Hall cherche la mélodie sans chercher la technique et la virtuosité.

En 1957, il participe à l’album de Mingus intitulé “Mingus Three” consacré aux standards. L’accompagnement au piano est d’une grande discrétion au cours de “Back Home Blues”, quand le contrebassiste prend son solo en toute tranquillité.

Avec Red Mitchell, Shelly Manne et le guitariste Barney Kessel, c’est une immersion dans le Be-Bop. La session “Four” commence par le thème
de Charlie Parker intitulé “Yardbird Suite”, servi par un jeu de piano tout en souplesse. L’interaction avec la guitare s’entend au cours de l’interprétation du thème “There Will Never Be Another You”.

Fidèle au Be-Bop, il enregistre “Bird Song”, un album dédié au maître de cette musique. La session s’ouvre par “Big Foot” un Blues à haut tempo.
Le pianiste use d’accords lyriques et émouvants en introduction de “Stella By Starlight”.

En quartet, Hampton s’entoure de musiciens élégants pour enregistrer “For Real”. Le thème qui ouvre l’album “Hip” est lumineux et plein de swing.
Les notes de velours d’Harold Land séduisent, la rythmique avance tranquillement avec décontraction.
“Wrap Your Troubles in Dream” est joué avec douceur par le saxophoniste même lorsqu’il joue en double croches.
Dans “Crazeology”, les phrases chromatiques se diffusent.
Au sax les phrases illuminent non seulement par leurs trajectoires mais aussi par la sonorité. Dans le morceau “For Real”, le pianiste swingue sur un tempo médium qui passe à la croche avant de revenir à la noire.

On arrive en 1964 et le pianiste enregistre “The Green Leaves Of The Summer” un répertoire toujours basé essentiellement sur les standards à l’esthétique Be-Bop.
Sur “Vierd Blues” de Miles Davis, le pianiste donne la sensation de faire danser les notes.

En 1966, il sort “The Séance” un album enregistré en concert. Le titre est le seul morceau original au tempo cool porté par la discrétion de la contrebasse et de la batterie.

Le thème “Searchin’” extrait de “I’m All Smiles” est effectivement une quête d’harmonies nouvelles. Hampton enchaîne des accords d’un nouveau genre qu’il plaque énergiquement, ainsi que des phrases aux trajectoires inédites comme les intervalles entre 6’29 et 6’30.
Entre 8’23 et 8’33, le jeu en accords et les motifs en notes simples sont proches de l’esprit de Monk.

Un autre moment intéressant dans la carrière du pianiste est le duo qu’il fit avec Martial Solal en 1968.
“Key For Two” nous met de suite sur le chemin de l’énergie du Swing à grande vitesse. Accompagnés par la contrebasse et la batterie, chacun déploie des phrases enflammées dans l’esprit Be-Bop.

La même année il publie “Spanish Steps” s’ouvrant par “Blues Enough” une composition interprétée à vive allure.
Le disque se poursuit avec un thème en 6/8 “Sonora” introduit par des arpèges mineurs. Le toucher est en finesse et douceur au cours de “Black Forest”. En restant sur une seule note, il envoûte et entraîne avec lui la section basse batterie sur le sillage du swing.
Hallucinante est la vitesse du morceau suivant “Dangerous”, un thème de seize mesures qui se joue deux fois avant que le pianiste ne parte en solo.
La mélodie “Spanish Steps” apaise par ses respirations et les quelques notes du thème. Entre 22’57 et 23’12, l’harmonie va au delà du Be-Bop traditionnel.
En 1968, il enregistre un piano solo dont le nom est “The Challenge” qui convient bien à la situation, celle du pianiste seul face à son instrument .

Le pianiste enregistre “Jam Session” en compagnie de musiciens Japonais.
Dans ce septet, se trouvent deux saxophonistes ténors Hidenko Matsumoto et Akira Myazawa. Là encore, Hampton Hawes célèbre les standards en tissant de belles harmonies et des improvisations fluides.
Les quelques accords d’introduction d’”All The Things You Are” sont très émouvants. Parmi le répertoire, le pianiste reprend “Buzzy” de Charlie Parker et l’introduit par des phrases souples et légères.
Au piano, les solos sont toujours teintés de Blues, parmi ces phrases Be-Bop qui semblent toujours être nouvelles.
Cette rencontre avec les musiciens Japonais est une très belle réussite, il n’en demeure pas moins que le pianiste revient souvent à la formule trio.

Au début des années 70, il enregistre aussi “High In The Sky”, qui s’ouvre par une reprise de “The Look Of Love”, dans lequel on entend le pianiste prendre des risques et jouer “In And Out”à 3’00. L’esthétique est à ce moment précis proche du Free.

Le climat change en 1972, un tournant est pris quand Hampton enregistre “Universe” en jouant du clavier électrique au son chaleureux et scintillant.
Le premier thème “Little Bird” très mélodieux donne l’impression d’espérance. Dans ce disque, le pianiste entretient l’intrigant et l’optimisme à l’aide de mélodies solaires et magiques.
Dans ce Jazz Fusion, on entend la reverb dans le son de trompette, le saxophone au son métallique et la guitare saturée avec quelques effets wah-wah.
Si Hampton Hawes avait le swing, il pouvait atteindre les sommets du groove à travers les nombreux solos qu’il déploie.
La musique de cette période fascine du point de vue des sonorités.

En concert, le pianiste enregistre à Chicago le “Live au Showcase”, au cours duquel le pianiste laisse entendre son imprégnation du Blues.
“My Funny Valentine” illustre un jeu sensible, émouvant, complémentaire au dynamisme et à l’énergie des morceaux d’esthétique Be-Bop et Hard Bop.

Il continue d’explorer la voie du Jazz électrique en enregistrant “Blues For Walls”. Le soprano Hadley Caliman monte en intensité cherche à aller vers des sons nouveaux dans “Sun’s Dance”.
On entend aussi dans cet album le swing sur “Hamp Collard’s Green” et la Soul avec “A FLG Maurepas Upload”.
L’ambiance est presque hypnotique sur “Rain Forest”.

En 1974, paraît le live intitulé “Northern Windows”, où là encore le musicien Américain joue une musique entre Swing et Blues, servie par une section de cuivres composée des trompettes, saxophones, flûte et trombone.
J’aime le jeu en accords, les lignes en notes simples fluides et flamboyantes.
Venant du Be-Bop, ce musicien intégra les harmonies du Jazz des années 60.

Dans cette discographie abondante, un live de plus de deux heures à l’American Music Hall de San Francisco signé sous le signe du groove.
En effet, l’enregistrement s’ouvre par une version de “Go Down Moses” dont le style Soul Jazz bien rythmé et les accents du Blues me prennent aux tripes.
La variété des thèmes et des styles qu’aborde Hampton Hawes, en font un des pianistes les plus éclectiques. Quel autre pianiste de sa génération jouait du clavier électrique une musique proche du Jazz Funk. Imaginons Hank Jones Phinéas Newborn ou encore Oscar Peterson prendre ces directions.
Écoutez la version de “Don’t You Worry ‘Bout A Thing”, le charme des accords et des harmonisations.

Avec Charlie Haden l’entente est magnifique dans l’album “As Long As There’s Music”. Le contraste des ambiances domine sur “Irene” avec d’abord le lyrisme et la tristesse puis le swing et le Blues amenés par le contrebassiste.
C’est une mosaïque de notes et d’accords émouvants qui jaillit dans la composition “Rain Forest”. La musique de ce duo imbrique le Jazz et la Folk comme le faisait Keith Jarrett à la même période.
“This is Called Love” a des harmonies proches d’”All The Things You Are” par moments. Suite à ce moment de swing aux harmonies répandues, le duo se lance dans une séquence presque Free, sans repères rythmiques et harmoniques traditionnels.

En 1976 “Trio At Montreux” comporte seulement deux pistes de chacune 20 minutes.
“This Guy’s In Love With You” laisse entendre la surprise, le mystère et aussi le dialogue avec la contrebasse.

Au cours du live intitulé “Something Special”, il joue un répertoire des plus classiques mais fasciné par l’énergie des phrases et leurs directions. Il sort de l’harmonie déploie des notes à haut débit. Quel régal d’entendre les phrases sur “BD & DS Blues”.
Émouvants sont les accords du thème “Pablito” comme l’est le jeu au moment du thème.

La même année il publie “Hampton Hawes At The Piano” dans lequel il reprend “Killing Me Softly With His Song” et “Sunny” deux grands standards de la Soul des années 70. La composition “Soul Sign Eight” est une succession de motifs sur quatre mesures écrites comme “So What”. Le piano déroule la ligne sur deux mesures, puis la contrebasse et la batterie rentrent sur les deux dernières.
Sur les solos l’harmonie semble être un Blues mineur. Le swing est toujours jovial et les notes du solo toujours bien choisies. La composition “Morning” est un thème qui tourne autour d’un motif de basse de deux mesures. Les phrases en doubles croches illustrent le technicien qu’il était. Sur le dernier morceau “When I Grow Too Old To Dream”, le pianiste enrobe ses phrases en doubles croches de passages très Blues.

Pour finir cette présentation de l’oeuvre du pianiste Américain, parlons du Live au Club de Jazz le Memory Lane, en compagnie de Harry Sweets Edison Sonny Criss et Teddy Edwards.
Le disque s’ouvre par “Memory Lane Blues” au swing rayonnant
Contrebasse et drive du batteur galvanisent la trompette, le saxophone alto et le piano dans leurs improvisations.
Lors de cette session placée sous le sceau du Blues, le chanteur Joe Turner lance sa voix puissante dans le titre “Shake Shatter And Roll”.
C’est sur les chapeaux de roue que se termine cette session, par un Blues à vive allure consacré à Teddy Edwards pendant treize minutes.

Hampton Hawes véritable pianiste de Be-Bop était à la fois virtuose et d’une grande musicalité dans ses improvisations. Attaché aux standards, il a écrit des compositions mélodieuses. Il a su s’approprier les innovations harmoniques des années 60 et fut un des rares pianistes de sa génération à aller vers le clavier électrique. En plus de sa carrière de leader, il accompagna d’autre grands artistes comme Dexter Gordon, Red Mitchell, Blue Mitchell ou Art Pepper.
Figure majeure du piano des années 50 et 60, l’esthétique de ses phrases influença sans aucun de nombreux pianistes.