Après avoir réalisé deux albums, “Le Temps Conté” et “Serket And The Cicadas”, deux explorations harmoniques et mélodiques audacieuses, le dernier projet de la pianiste Cathy Escoffier est lui aussi, synonyme d’originalité et de mystère.
Intitulé “Un Western Imaginaire”, l’artiste nous plonge dans une aventure sonore peu commune dans laquelle, on retrouve le personnage de Serket.
En écoutant cet album, vous en découvrirez d’autres, pour lesquels Cathy a composé un morceau.
En plusieurs mouvements, aux confluents du méditatif, du courant Classique et bien sûr du Jazz, le choix d’éléments de la section cuivres procure de belles surprises.
Pendant les trente premières secondes de la composition introductive, la chanteuse Chloé Cailleton déclame “Un Proverbe Amérindien”. À peine les premiers arpèges au piano sont-ils déclinés, que j’apprécie ce climat spirituel, cette impression d’élévation et de voyage, soulignée par les vocalises de Chloé Cailleton.
Le morceau se construit sur l’alternance de deux motifs, l’un apaisant et l’autre presque plus guerrier.
La contrebasse de Mathias Allamane et la flûte de Christophe Del Sasso partent successivement en solo, les notes de la première bien rondes et celle de la seconde,hypnotiques sur des harmonies Jazzy.
À partir d’une histoire qu’elle propose, Cathy y adosse des paysages sonores particuliers. Ce ne sont pas des thèmes de Jazz traditionnel, mais l’artiste écrit ses compositions, apposées aux séquences de son scénario.
Les sons et le climat caressent parfois le rock progressif, mais pas agressif, une musique binaire énergique qui interpelle.
Du piano acoustique, elle passe au clavier électrique lors de “Western Imaginaire”. Les vocalises se propagent comme un voile apaisant et pur.
La sensation de suspense se traduit par les roulements sur la caisse claire qui peuvent faire penser à la course effrénée de chevaux. A part avec la flûte, on entend une section de cuivres insolite, composée du basson de Cécile Hardouin, du cor de Camille Lebrequier et de la clarinette basse de Thomas Savy.
Ce dernier distille ses notes crépitantes à la sonorité mystérieuse, au cours du morceau “Harry le Mercenaire”. La pianiste use du clavier électrique et explore des sonorités à la Chick Corea.
Aimant varier les climats, Cathy commence sa séquence intitulée “Viktor Le Marchand d’Armes”, par un arpège de piano, auquel se mêlent les nappes des soufflants. Le morceau prend ensuite la direction d’un morceau Bluesy, sur un rythme Boogie mis en valeur par la contrebasse et le piano.
Sur “Serket” j’aime le motif mélodique à 4’35. joué par la contrebasse puis repris par le piano, la voix et la section des soufflants.
C’est l’espoir qui se profile, les notes apparaissent comme la lumière au loin, et puis au fil du morceau, le piano s’envole dans une improvisation mélodique.
L’album se conclut par Épilogue”, un très beau dialogue entre le piano, la voix et la flûte, tous trois portés par le bouquet sonore du cor, du basson et celui de la clarinette basse.
Au cours de cette histoire et ses différents personnages qu’elle a mis en musique Cathy Escoffier a su confectionner différentes ambiances sonores, à l’image des différents courants qui l’influencent.
Si les improvisations sont Jazz, la compositrice y associe plusieurs couleurs, plusieurs styles pour un opus déroutant, surprenant par son esthétique particulière et son éclectisme permanent.