INFO TRISTESSE/ DR LONNIE SMITH (1942-2021)

Bien que portant le même nom, il était l’un des héritiers de Jimmy Smith, au sens musical du terme. Dr. Lonnie Smith…Funkiest B3 Burner On The Planet!!! Dr Lonnie Smith est décédé hier. Comme son mentor, sa filiation musicale est elle du Gospel et du Blues. Natif de la région de New York, il se passionne pour les racines du Jazz et participera à de nombreuses sessions des années 60, aux côtés de George Benson et autres musiciens du courant Soul Jazz, comme Lou Donalson. Il avait sorti il y a quelques mois un album intitulé « Breathe », paru chez Blue Note. Dès les premières secondes, vous serez en voûtés par la chaleur du son et la sensualité des accords du morceau « Why Can’t We Live Together? ». Sur un rythme cool syncopé, l’organiste lance les salves et joue très Blues. Le guitariste Jonathan Kreisberg livre un solo fluide rappellant Benson et Martino. À travers cette critique, nous vous faisons découvrir également d’anciens morceaux comme « Keep On Lovin », bien Funky et quelque peu déjanté. Si vous écoutez « Afro-Desia », morceau ressemblant au style « Earth Wind And Fire », vous aurez envie de bouger. La trompette déploie des phrases Bop Funk puissantes bien ciselées sur le plan rythmique et lunaires par la reverb. Plus ancien l’album « Think » de 1968, avec lequel l’organiste montre son ancrage dans le Soul Jazz. Lee Morgan et David Newman exposent le motif mélodique avant de laisser la place au jeune George Benson jouant des phrases se situant entre Blues et Bop. Elles sont intenses tant du point de vue technique que rythmique. Le sax et la trompette exposent le thème, puis dialoguent tout seuls à tour de rôle avec la batterie. Sur la seconde composition « The Call Of The Wild », les cuivres expriment un climat étrange avant que la batterie parte dans une tourne enivrante proche de la transe. Si Dr Lonnie Smith n’avait pas la notoriété d’un groupe comme les Headhunters menés par Herbie Hancock, il a contribué à faire groover la musique de la fin des années 60 et celle des années 70!

INFO TRISTESSE/GEORGES MRAZ /1944-2021

Ce sideman discret accompagna les plus grands. Stan Getz, Tommy Flannagan, Joe Henderson. C’est en écoutant l’album « Live » de John Scofield que nous l’avons écouté pour la première fois. Ses lignes de contrebasse fines et rondes sont au service des solistes. Ce musicien d’origine Tchèque est décédé jeudi 16 septembre à l’âge de 77 ans. Après ses études au Berklee College, il fut par la suite sollicité par les grands jazzmen dans les années 60. Son jeu à l’archet faisait référence et ses notes en solos très expressives, étaient d’une grande clarté comme en témoigne son improvisation sur le thème « Cinéma Paradisio ». Ce musicien avait toujours une idée claire de la trajectoire qu’il donnait à ses solos. Toujours à l’écoute, son jeu était toujours en interaction permanente avec celui des autres. Il participa en tant qu’accompagnateur à un nombre très important d’enregistrements. Le solo qu’il joue sur le thème « V » de John Scofield impressionne par la justesse de ses notes qu’elles soient graves ou plus aiguës. Le Jazz perd un musicien de haut vol si l’on regarde le nombre de musiciens qui ont fait appel à lui tout au long de sa carrière!

INFO TRISTESSE/ GEORGE WEIN (1925-2021)

Plusieurs artistes de Jazz ont fait part de leur peine sur Twitter et autres réseaux sociaux, lorsqu’ils ont appris de la disparition du pianiste et producteur Georges Wein. Les grands médias Américains comme Downbeat et Jazztimes relaient cette info. Il était pour tous les musiciens de Jazz un personnage aimé et très respecté pour son implication dans l’organisation des concerts. D’abord pianiste il étudiera les styles Ragtime, New Orleans et Swing. Sa carrière commence au milieu des années 40, mais il l’écourtera pour se concentrer sur l’organisation et la production de spectacles. Il créera plusieurs clubs dont le Storyville de Boston. On lui doit aussi l’un des plus grands Festivals, celui de Newport crée le 17 juillet 1954. Cette petite ville située dans l’Etat de Rhode Island accueillera tous les styles du courant traditionnel à l’avant garde comme John Coltrane ou Archie Schepp. Depuis quelques jours, les hommages se multiplient pour honorer la mémoire de ce défenseur du Jazz.

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INFO TRISTESSE/ CHARLIE WATTS/ 1941-2021

Depuis hier, je lis les dépêches dans la presse ainsi que les Tweets d’hommage au batteur du plus grand groupe de rock de la planète. Charlie Watts s’en est allé à 80 ans après avoir sillone la planète en compagnie de ses complices Mick Jagger, Keith Richards, Ronnie Wood , Bill Wyman et Brian Jones. Il était comme les autres, un grand amoureux de Blues. En plus d’être un batteur aux rythmiques binaires bien punchy sur des morceaux inoubliables, comme « Satisfaction » « Honky Tonk Women », « Jumpin Jack Flash », sa fascination pour le Jazz révéla au public un rythmicien au jeu fin et doux. Il était comme vous le verrez sur la vidéo, que je vous propose, un musicien timide, sobre discret élégant. Il a l’admiration de nombreux musiciens de tous horizons y compris du Jazz, pour sa simplicité et son ouverture d’esprit. Vous verrez tout le contraste entre le Charlie Watts batteur des Stones et le Charlie Watts au jeu fin lorsqu’il caresse ses toms des balais. La reprise du standard « Lover Man » illustre cette délicatesse partagée par les musiciens du groupe. Le thème est joué par le saxophone et la trompette à tour de rôle. Le chanteur reprend lui aussi le thème dans un esprit Soul. Derrière, le batteur fait crépiter les balais. Il ne prétendait pas inventer ou innover, il jouait juste pour le plaisir des standards, des ballades comme le jouaient les musiciens de Be-Bop dans les années 50, avec romantisme et émotion. Le batteur le plus connu de la planète est un de ces artistes qui aimaient naviguer entre le Rock Blues et le Jazz !

INFO TRISTESSE/ CURTIS FULLER

Les différents courants du Jazz ont eu de grands représentants du trombone. Jack Teagarden jouait aux côtés de Louis Armstrong dans le courant du Jazz New Orleans. J.J Johnson était le grand tromboniste du Be-Bop. Curtis Fuller avait selon ce dernier apporté la Soul et fut à son tour, un éminent tromboniste. Il nous a quittés le 8 mai à l’âge de 86 ans. Parmi les sessions historiques, j’ai à l’esprit le disque « Blue Train » signé John Coltrane en 1957. En 1958, Curtis Fuller participe à l’album de Sonny Clark « Sonny’Crib ». Belles sessions avec Art Blakey et les Messengers chez Blue Note. Pour vous accompagner en ce mardi, nous publierons au cours de la journée Pour commencer la ballade « Here’s To My Lady » extraite de son album « The Opener » chez Blue Note. Vous apprécierez le son de velours du trombone, la finesse des des balais de batterie, le piano jovial de Bobby Timmons, le saxophonone solide et rond d’Hank Mobley, ainsi que la basse enveloppante de Paul Chambers.

Le tromboniste était un sideman que les musiciens appelaient souvent. John Coltrane pour son album de 1957 « Blue Train » souhaita la présence de Curtis Fuller et du trompettiste Lee Morgan. Sur le morceau « Moment’s Notice » à la structure peu répandue, vous pourrez entendre le discours aéré du trombone, les silences alternant avec les notes graves. Le trombone prend le contrepied du style du saxophoniste. Après l’ouragan Coltranien, Curtis Fuller sur ce tempo up amène de la rondeur et de la respiration.

Dans cet hommage à Curtis Fuller, écoutons le au sein des Jazz Messengers d’Art Blakey. Avec Lee Morgan à la trompette et Wayne Shorter au saxophone ils formèrent une section de cuivres prestigieuse de grande qualité. Ce morceau « A La Mode » mélange le up-swing et le binaire. Sur un rythme groove, les cuivres exposent un thème qui s’étire sur une longue structure. Le tromboniste joue de courts motifs et ponctue son discours par quelques silences. Le Blues est en lui et ses mises en place rebondissent à la perfection sur le jeu d’Art Blakey. Réécouter ces enregistrements donne un bel aperçu de ce Jazz nourri par la Soul dont Curtis Fuller était un grand représentant.

INFO TRISTESSE/BERTRAND TAVERNIER

C’est avec une grande tristesse, que nous venons d’apprendre la mort du réalisateur Français Bertrand Tavernier. En 1986, il confie à l’acteur François Cluzet et au saxophoniste Dexter Gordon, les rôles principaux pour son film « Round Midnight », véritable déclaration d’amour au Jazz. La direction musicale de la bande originale revient alors à Herbie Hancock, que l’on voit dans de nombreuses scènes du film, quand le héros se rend dans le club. Entre standards et compositions originales, la musique est interprétée par des musiciens prestigieux comme Freddie Hubbard, Wayne Shorter, Bobby Mcferrin. Je vous propose une séquence durant laquelle le personnage joué par François Cluzet assiste à un concert d’un saxophoniste du nom de Dale Turner, incarné par Dexter Gordon. Bertrand Tavernier enregistra les scènes de musique jouées live. Savourez « Body And Soul », pour lequel Herbie Hancock emprunte l’arrangement que fit John Coltrane de ce standard en 1960. John Mclaughlin livre un solo loin de toute prouesse technique et animé par un souci de phraser. La contrebasse et la batterie sont tenues par Pierre Michelot et Billy Higgins, qui enveloppent le son de velours de Dexter Gordon. Nous avons perdu ce soir un grand cinéaste, qui avec ce long métrage, mit en lumière cette si belle musique.

INFO TRISTESSE/ PAUL JACKSON

Herbie Hancock a publié hier un message d’hommage à un de ses compagnons de route de l’aventure Headhunters. Le bassiste Américain Paul Jackson s’est éteint hier à Osaka au Japon. Ses lignes de basse entrent dans l’histoire du Jazz Funk tant il avait le groove en lui. Si il n’improvisait pas de solos, sa façon d’accompagner en impressionnait plus d’un. Ce musicien ne phrasait pas mais proposait des lignes entraînantes comme sur le morceau « Chameleon ». Le groove sur « Actual Proof » extrait de « Thrust » est inimitable. L’album de référence est le live enregistré au Japon en 1975, intitulé « Flood ». La tourne de basse sur « Butterfly » déborde de sensualité et de feeling. La rythmique qu’il formait avec le batteur Mike Clark est un modèle du genre pour tous les amoureux de groove. Avec la mort de ce grand bassiste, le Jazz Funk perd un de ses plus fidèles serviteurs.

HOMMAGE À CHICK COREA

Le pianiste sort en 1966, son premier disque en leader. Le tout premier morceau de « Tones For Joan’s Bones », il l’avait écrit pour sa fille Liana et son fils Thad. Du doux nom de « Litha », cette composition est jouée en compagnie de Steve Swallow, Joe Chambers, Woods Shaw et Joe Farrell. L’année suivante, Chick accompagne Stan Getz et rejoue ce morceau sur l’album du saxophoniste « Sweet Rain ». On peut écouter la recherche sur le plan rythmique, la variation entre rythme binaire latin et swing haletant, puissant et feutré à la fois. Je vous propose donc cette deuxième version.