ACTU CONCERT/ ARROYO

Nous avons assisté ce soir à un concert en toute intimité, celui du groupe Arroyo. Originaires de Marseille, ces quatre musiciens créent un univers qui sort de l’ordinaire. Entre Folk Rock et Jazz, cette formation joue une musique au climat parfois apaisant et souvent énergique. Les compositions sont pour la plupart écrites par le clavieriste Jérôme Mathevon, entouré du contrebassiste Olivier Pinto aux notes rondes et appuyées et du batteur David Carniel. Sur fond de rythmes binaires aux métriques complexes, le groupe tisse des toiles sonores variées aux nombreuses nuances. À cet univers particulier, se joint la voix de Gaya Feldheim Schorr Gaya Feldheim Schorr Music. Emplie de finesse et de pureté, la chanteuse nous emmène en altitude. Le fait que cette musique difficile à classer, fut jouée dans l’atelier de l’artiste plasticien Robin Jacquet, donna à ce concert une ambiance insolite! Nous vous informerons de la sortie prochaine de l’album!

ACTU CONCERTS/ LOUISE JALLU/ PIAZZOLA 2021

La France compte de grands accordéonistes qui aiment improviser comme Richard Galliano, Daniel Mille ou encore Lionel Suarez. Dans le Tango, un instrument proche de l’accordéon est souvent utilisé, le bandonéon. Depuis quelque temps, Louise Jallu a déjà fait ses preuves dans l’univers de cet instrument. En février, elle publia son album consacré au maître du Tango, Astor Piazzola, intitulé « Piazzola 2021 ». Avec des arrangements originaux, vous partirez au pays des émotions, comme la nostalgie, la fragilité la tension. Le disque commence par « Soledad » composition au climat apaisé. On y entend les nappes de clavier accentuer cette sensation de douceur. Plus sombre la composition « Tanguedia », où la bandoneoniste insiste dans son arrangement, sur l’idée de tension. On a la sensation que quelque chose est sur le fil, qu’on est dans la précipitation. Louise Jallu propose un disque très subtil où les arrangements minutieux ne retirent rien au lyrisme. Au delà des titres très connus comme « Oblivion » et « Libertango », la musique est intense alterne entre moments tristes et élans d’espoir. Les pizzicato de cordes, les notes souples du clavier électrique forment un magnifique tissu pour le trompettiste Médéric COLLIGNON et ses échappées quelquefois out. Les cordes et le piano s’installent avec force sur l’intro de « Libertango ». À entendre les accords de piano de Gustavo Beytelmann, le Jazz s’invite par moments. Les cocottes presque rock de guitare sont bien amenées. La contrebasse intense est bien puissante. L’accordéoniste se produira en quartet demain à Courtenay, le 15 octobre au Festival Au Fil de l’Oise et le lendemain à Roanne. Elle sera sans doute accompagnée par le pianiste Grégoire Letouvet, du contrebassiste Alexandre Perrot et du violoniste Mathias Levy Composer Mathias Levy. Vous pouvez retrouver le détail sur le site ci dessous

https://www.louisejallu.com/

INFO TRISTESSE/ DR LONNIE SMITH (1942-2021)

Bien que portant le même nom, il était l’un des héritiers de Jimmy Smith, au sens musical du terme. Dr. Lonnie Smith…Funkiest B3 Burner On The Planet!!! Dr Lonnie Smith est décédé hier. Comme son mentor, sa filiation musicale est elle du Gospel et du Blues. Natif de la région de New York, il se passionne pour les racines du Jazz et participera à de nombreuses sessions des années 60, aux côtés de George Benson et autres musiciens du courant Soul Jazz, comme Lou Donalson. Il avait sorti il y a quelques mois un album intitulé « Breathe », paru chez Blue Note. Dès les premières secondes, vous serez en voûtés par la chaleur du son et la sensualité des accords du morceau « Why Can’t We Live Together? ». Sur un rythme cool syncopé, l’organiste lance les salves et joue très Blues. Le guitariste Jonathan Kreisberg livre un solo fluide rappellant Benson et Martino. À travers cette critique, nous vous faisons découvrir également d’anciens morceaux comme « Keep On Lovin », bien Funky et quelque peu déjanté. Si vous écoutez « Afro-Desia », morceau ressemblant au style « Earth Wind And Fire », vous aurez envie de bouger. La trompette déploie des phrases Bop Funk puissantes bien ciselées sur le plan rythmique et lunaires par la reverb. Plus ancien l’album « Think » de 1968, avec lequel l’organiste montre son ancrage dans le Soul Jazz. Lee Morgan et David Newman exposent le motif mélodique avant de laisser la place au jeune George Benson jouant des phrases se situant entre Blues et Bop. Elles sont intenses tant du point de vue technique que rythmique. Le sax et la trompette exposent le thème, puis dialoguent tout seuls à tour de rôle avec la batterie. Sur la seconde composition « The Call Of The Wild », les cuivres expriment un climat étrange avant que la batterie parte dans une tourne enivrante proche de la transe. Si Dr Lonnie Smith n’avait pas la notoriété d’un groupe comme les Headhunters menés par Herbie Hancock, il a contribué à faire groover la musique de la fin des années 60 et celle des années 70!

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ ENTRE BE-BOP ET HARD BOP/ LOUIS SMITH

Né en 1931, Louis Smith était un prodige, tout comme l’était Clifford Brown, à qui il rend hommage dans « Tribute To Brownie », composé par le pianiste Duke Pearson. Le trompettiste possède l’idiome du Be-Bop à la perfection, ainsi qu’une grande technique lorsqu’il effleure les aigus. Le son de velours de Cannonball Adderley est un régal absolu. Vitesse de croisière sur « Brill’s Blue » et tempo sur les chapeaux de roue pour le thème « Ande ». Les envolées du trompettiste et du saxophoniste vous couperont le souffle. La section rythmique donne l’impression d’accélérer, tant le tempo up entraîne les musiciens vers une concentration plus forte. Après des quatre quatre palpitants, le thème très chromatique revient. L’esprit du Hard Bop est bien présent sur « South Side », au cours duquel le trompettiste alterne entre phrases jazzy et envolées Blues. Le pianiste Duke Jordan a un toucher qui influencera des gens comme Wynton Kelly. On entend les touches du piano croustiller sur un swing léger. Pour finir cette session, le quintet choisit un Blues qui laisse à chaque musicien de la liberté. Sur « Smithville », l’ambiance est de suite chaleureuse. Sur ce Blues lent, où l’on entend les triolets, on apprécie le souffle délicat de Charlie Rouse et les notes rondes de Paul Chambers. Le tempo se dédouble au moment où la trompette part en solo. Au cours de cette session, Sonny Clark est choisi pour son toucher maîtrisé et son swing assuré. L’ambiance s’enflamme avec le thème « Wetu » qui emporte tout sur son passage. Le sax ténor part à toute vitesse dans des flots de notes d’une grande densité. La trompette est grandiose par la maîtrise du son et des phrases. Sonny Clark fait sautiller les notes de son piano grâce à une rythmique d’enfer qui accentue les deuxième et quatrième temps. Paul Chambers ne choisit pas la facilité puisqu’il opte pour un solo à l’archet. Le standard qui suit apporte le contraste par son ambiance intimiste. Vous entendrez toute la douceur du son de trompette sur ce morceau signé George et Ira Gershwin, intitulé « Embraceable You ». Un autre thème qui déménage par son énergie est « Later ». Art Taylor apporte du groove dans ses accentuations du deuxième et du quatrième temps. Louis Smith qui affectionne les stop chorus, prend en impro des directions magnifiques. Les autres reprises sont le morceau « There Will Never Be Another You » et le blues de Charlie Parker « Au Privave » pris à une vitesse tranquille. Sur « Bakin », les solistes respirent en prenant les espaces. Ce trompettiste méconnu, est pourtant l’un des grands du Jazz de l’ère moderne Post Bop. Le son est maîtrisé, ses phrases limpides sont toujours surprenantes! Son swing et ses phrases communiquent une énergie incroyable!

NOUVEAUTÉ ALBUM/ PAT METHENY/ SIDE EYE

Avant de présenter le dernier opus de Pat Metheny, je vous présente mes excuses pour l’erreur de présentation du 8 août dernier. Sans informations j’avais écrit que les sidemen étaient sans doute Antonio Sanchez et Gwilin Simcock. Le guitariste s’entoure pour cet enregistrement live, du pianiste James Francies et du batteur Marcus Gilmore. Le trio est une forme de combo qu’il apprécie particulièrement. En 1989, il enregistra le magnifique album avec Dave Holland et Roy Haynes, et revient aujourd’hui avec trois nouvelles compositions. « Lodger » rappelle beaucoup par ses accords et la direction mélodique le morceau « Travels » de 1983. Pat joue sur la guitare synthé au son saturé bien métallique et nous emmène sur les rives de la Folk et du Rock. La magie du guitariste donne souvent l’impression que le temps se suspend au fil de sa musique. « Zenith Blue » donne écho à l’empreinte stylistique de Lyle Mays, décédé en février 2020. La guitare mariée aux nappes des synthés fait éclore une alchimie sonore qui s’incrit toujours dans l’esprit du Pat Metheny Group. Pat parvient à nous aimanter avec ses phrases et sa sonorité de guitare synthé si particulière. Le clavier atteint un son lunaire apaisant qui crée l’ascension, jusqu’à une transe partagée entre guitare et claviers. Pour les autres morceaux, Pat reprend des grandes mélodies comme « Bright Size Life » « Sirabhorn », ses premières compositions. « Turnaround » blues qu’il affectionne particulièrement, il l’avait joué sur le disque « 80-81 » en compagnie de Mike Brecker. Ce live pourrait être une rétrospective. Il reprend également « Timeline », un blues qu’il composa pour Elvin Jones et qu’il enregistra avec lui, à l’occasion de l’enregistrement du saxophoniste « Time Is Of The Essence ». Le trio reprend « Better Days Ahead » la mélodie lumineuse et euphorique aux rythmes Sud Américains. Nous publions quelques lignes plus bas le commentaire de la composition d’ouverture. Certains pourront y voir l’hommage à l’immense Lyle Mays! Pat aime l’aventure tente de nouveaux arrangements et emprunte sans cesse de nouvelles voies dans l’improvisation!

Intitulée « It Starts When We Dissapear », le morceau en écoute est joué avec un rythme binaire effréné. On entend la cymbale frétiller, des nappes de synthé grincer et des accords de guitare au son chaud et grave. Les accords de la six cordes et ceux du clavier installent le décor harmonique d’où se lance le guitariste. Pat joue des notes de velours hautement lyriques. Les nappes de clavier se posent avec délicatesse à 3’29. Avec une rythmique galvanisée, la guitare joue une autre partie très mélodique à partir de laquelle le piano s’envole en solo. La technique, le placement les phrases sont absolument renversantes. Le morceau rappelle l’univers du Pat Metheny Group même si Lyle Mays manque énormément. Le guitariste démarre son solo sur une séquence bien Bluesy. Son toucher limpide et son discours basé sur une approche très chromatique lui permet d’aller où il veut. Après la fougue du solo de guitare le groupe tisse un climat apaisant jusqu’à la fin.

ACTU CONCERTS/ HOMMAGE A FRANCOIS CHASSAGNITE

Un concert sera donné vendredi et samedi en hommage au regretté François Chassagnite, qui reste sans doute comme l’un des plus célèbres des trompettistes de Jazz en France. Le son feutré témoigne d’une filiation avec Chet Baker. Ancré dans la tradition du Be-Bop et du Post Bop ses phrases reflétaient les périodes du Jazz moderne. Le Nice Jazz Orchestra dirigé par le saxophoniste Pierre Bertrand, invite des solistes de grande qualité pour honorer ce trompettiste qui joua dans des formations prestigieuses comme l’ONJ ou le Big Band Lumière de Laurent Cugny. Si vous écoutez la composition « Phalene », vous aurez une idée précise de la musique qui sera jouée vendredi 24 et samedi 25 septembre. En effet, le Jazz est celui des grands maîtres qui ont gravé les plus belles sessions du label Blue Note. En écoutant le trompettiste, cela m’évoque Freddie Hubbard et Lee Morgan. Le pianiste se rapproche de Mcoy Tyner par les voicings puissants. Le batteur lui aussi s’imprégne de l’immense Elvin Jones. Le saxophoniste et chef d’orchestre Nicois s’entoure pour ce bel hommage de sidemen talentueux, comme le trompettiste Anders Bergcrantz Anders Bergcrantz Fan Page, Christian Pachiaudi, Alain Aspalnato et Fred D’Oelsnitz, pianiste favori du trompettiste. Le quintet sera entouré d’un Big Band aux arrangements euphoriques et énergiques.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ L’ERE DU SWING/SLAM STEWART

Le roi de la contrebasse de la période qui suit le Jazz New Orleans et le Hot, est sans conteste Slam Stewart. Si on devait garder le disque idéal le plus représentatif de ce qu’est le Swing, ce serait sans doute cet album édité chez le label « The Definitive Black and Blue Session ». Avec un swing crépitant toujours entraînant, le contrebassiste puise dans l’héritage du Blues du Ragtime et du New Orleans. Le pianiste sautille sur les deux blues « Slam Bam » et « C Jam Blues », tandis que la contrebasse trace son cap en tissant de belles walkin’ bass. Slam Stewart part dans des improvisations structurées autour de petits motifs bluesy qu’il double à la contrebasse. « On the Sunny Side Of The Street » est un standard qui exprime la joie. Là aussi le bassiste montre ses talents à l’archet et dans le scat. Il commence tout seul « Lady Be Good » avant d’être rejoint par le piano et la batterie. Le pianiste Milt Buckner part en improvisation pour une grille de 32 mesures. La basse est l’élément central de ce trio. Le leader se révèle être également un chanteur à la voix séduisante. Les accords de piano sur « The Flat Foot Floogee » sont très énergiques, tandis que le contrebassiste déroule une improvisation plus calme. De l’euphorie se dégage des walkin’ bass si généreuses comme on peut l’entendre sur « Moten’s Swing ». Toujours accompagné par le Blues, le scat et l’improvisation sur l’instrument sont jubilatoires. Le trio enchaîne avec « Sweet Georgia Brown » où l’on entend le pianiste exposer le thème et jouer des voicings entraînants. Le tempo est pris pied au plancher sur le titre suivant « I Know That You Know », au cours duquel le pianiste joue toujours dans le style Ragtime. Jo Jones est impérial aux balais, et au delà de ses idées nombreuses sur le plan de l’impro, le pianiste joue un motif amusant à 2’22. Les trois jazzmen reprennent « Ain’t Misbehavin ». Le pianiste s’amuse à faire des questions réponses avec la batterie. Enfin la clôture de la session se fait en douceur par une mélodie romantique « Moonglow », datant de 1934. Slam Stewart descend dans les graves pour les derniers instants. Pour un album datant de 1971, le contrebassiste reste fidèle au Jazz qu’il aime, où l’on entend cette chaleur du Swing tout au long des morceaux!

NOUVEAUTÉ ALBUM/ DENISE DONATELLI/WHISTLING IN THE DARK/

La vocaliste propose des arrangements d’une grande authenticité, sur des morceaux de Burt Bacharach. Mystère et climat trouble créés par la guitare et les claviers. Le disque commence par un tissu sonore lounge qui s’immisce rapidement sur le titre « Whistling in The Dark ». Les arpèges joués par Anthony Wilson et les nappes de clavier se fondent en toute finesse les uns avec les autres. Le premier morceau est très apaisant. Le producteur et bassiste Larry Klein donne au projet une touche Smooth, mélangée à de la Folk. « The Look of Love » est interprété dans le même esprit. La guitare a des sonorités proches du guitariste Bill Frisell. On entend dans le grain de voix de cette Jazzinger l’influence de Joni Mitchell. Le répertoire des chansons de Burt Bacharach instille un univers cool. Le pianiste Larry Goldings développe un solo très épuré où les espaces sont nombreux. La chanteuse poursuit l’exploration de cette musique raffinée et sensuelle avec « Toledo », où la guitare et le piano sont légers. Les compositions sont toujours écrites autour de motifs mélodiques accrocheurs comme « Walk on By ». Les musiciens proposent des reharmonisations et arrangements différents de la version originale. La mélancolie et la fragilité sont exprimées par la chanson « In The Darkest Place ». Le minimalisme musical se retrouve sur tous les morceaux de l’enregistrement. Vous entendrez des pointes Country sur le morceau « Mexican Divioce ». Le toucher d’Anthony Wilson est tout en légèreté. Les accords du piano sur le dernier morceau vous plongent dans les méandres de la douceur. Savant publie ce projet et puisqu’une touche de Smooth ne fait jamais de mal, cet enregistrement vous décontractera par ses arrangements et la voix agréable et reposante!