L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

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JAZZ INFOS/ BREAK ESTIVAL

Chers amis,Après une saison de Jazz très prolifique côté découverte d’artistes, d’albums ou de salles de concerts, nous vous souhaitons de bonnes vacances.Une pause estivale qui va nous permettre de trouver plein de bonnes idées pour la saison prochaine.D’ici là écoutez du Jazz et n’hésitez pas à lire les articles

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ DAVID SANBORN 1945-2024

Le Cool a eu deux sax alto magnifiques Paul Desmond et Bud Shank aux sonorités très douces.Dans les années 70, le saxophone alto de David Sanborn fait sensation. Il ressent le Blues avec un grand feeling servi par une sonorité métallique unique.Jouant sur de nombreuses sessions pour des artistes de

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ TINY GRIMES/ EN DIRECTION DU BE-BOP

Tiny Grimes le guitariste qui accompagna quelques sessions Be-Bop dans les années 40 et 50 fut influencé par Charlie Christian, précurseur de ce style à la six cordes.Tiny est connu pour sa place de sideman auprès des plus grands Art Tatum, Charlie Parker Coleman Hawkins.En compagnie du pianiste, il enregistrera

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Jazz

ACTU CONCERT/

LAURENT COULONDRE TRIO L’émission « Live à Fip » retransmettra en direct le concert de plusieurs artistes le jeudi 6 février.Sur la scène de la Friche Belle de Mai, le pianiste Laurent Coulondre jouera son projet en hommage à son idole Michel Petrucciani.Sur les traces de son maître, le pianiste rendra un bel hommage à ce grand improvisateur et compositeur disparu trop jeune, qui alliait émotion mélodique et virtuosité.Avec cet album « Michel on my mind », Laurent Coulondre s’immerge dans cet univers aux grandes mélodies et montre sa grande sensibilité dans les improvisations.Vous

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NOUVEAUTE ALBUM/ MAL WALDRON STEVE LACY/ THE MIGHTY WARRIORS/LIVE IN ANTWERP

L’album dont je vous parle aujourd’hui est un enregistrement live de 1995 de deux grands Jazzmen qu’on peut classer à l’avant garde, le saxophoniste Steve Lacy et le pianiste Mal Waldron.
Le saxophoniste Américain est un aventurier des harmonies et des sons. En compagnie du pianiste qui joue sur les dissonances, l’ambiance est Monkienne, traversée par des tensions harmoniques dès les premiers instants de la composition originale “What It Is”.
Les notes graves sont plaquées avec force, ce qui amplifie l’impression d’angoisse.
Au soprano, les notes flamboyantes ont de la vigueur mais contiennent elles aussi du mystère. Le soprano cherche explore lance des salves sur fond de voicings à l’harmonie modale évoquant l’angoisse.
La musique du saxophoniste est proche du Free, tant ses trajectoires sont énigmatiques sur le plan mélodique que sur le plan harmonique.
Un piano qui triture les harmonies comme un avant-gardiste, un sax qui suit des chemins peu empruntés, voilà ce que nous proposent ces deux aventuriers.
Mal Waldron reste sur les accords avance explore revient. Après ces solos sur des harmonies très modernes, le contrebassiste Reggie Workman improvise tout seul avant qu’Andrew Cyrille ne prenne un solo des plus explosifs.
Monk est à l’honneur avec “Epistrophy”. Mal Waldron avance à petits pas en agençant les accords. Le soprano déroule le thème d’abord intrigant puis pétillant de swing.
Sur le thème suivant “Longing” la main gauche de Mal Waldron est sollicitée pour jouer le motif sombre. Le saxophone lâche des notes intrigantes. La rythmique contrebasse batterie joue l’abstraction, la suspension de l’instant, quelque chose de trouble, pendant que le pianiste erre sur ses touches pour une séquence des plus mystérieuses. La contrebasse sanglote par ces notes jouées à l’archet. S’inscrivant dans l’avant garde dans une esthétique particulière, ce Jazz Modal se rapproche du Free.
Au tempo swing médium, une autre composition de Thelonious Monk “Monk’s Dream”, une mélodie amusante. Le saxophoniste joue parfois “out”, mais son improvisation est assez mélodique. Le pianiste sans démonstration technique, se laisse aller au gré des notes mélodieuses.
Le contrebassiste Reggie Workman commence à l’archet la composition qui suit, intitulée “Variation Of III”. Les accords de piano, la batterie, le soprano et la contrebasse, jouent une séquence destructurée, révélatrice de ce qu’est le Free. Les voicings sont plaqués avec dynamisme et la trajectoire indique de la part du pianiste un goût pour l’inconnu et l’aventure.
Le soprano part en croches, construit un discours mélodieux puis s’envole vite vers des tourbillons de notes qui maintiennent la tension.
Le medley “Snake Out/Variations On A The By Cecil Taylor” commence par un motif de piano en pentatoniques, rappelant l’esprit Coltranien qui se retrouve aussi dans le style et le jeu de soprano. Il s’oriente vers des phrases Free soutenues par une rythmique nerveuse. Le soprano rentre en fusion totale par les notes qu’il joue, la tessiture qu’il atteint. Steve Lacy tire avec lui la rythmique que forme Reggie Workman et Andrew Cyrille.
Le contrebassiste navigue sur son manche et délivre des notes âpres et rugueuses. Les cordes claquent, les notes grondent. Jouant tout seul pendant le solo, il est rejoint ensuite par la batterie qui elle aussi, délivre sa part de mystère à travers ses fûts et ses impros sur les toms.
Enfin, Mal Waldron reprend la suite par des notes bien lourdes et graves sans être accompagné. Lyrique, il plaque une suite d’accords romantiques avec un jeu quelque peu percussif en solo.
La suite d’accords est un hommage à Cécil Taylor. J’entends un peu de Bill Evans dans quelques notes et du Horace Silver me rappelant sa ballade “Lonely Woman”.
Au fil de l’impro, j’entends des plans Blues des passages tristes et des moments d’espoir.
Il reste souvent sur la même pédale de basse. Le sax reprend ce thème orageux et tumultueux.
Le pianiste et le saxophoniste repoussent les formes de l’esthétique moderne par des contorsions harmoniques et des aventures rythmiques sans limites, rendues possibles par le jeu de batterie et de contrebasse. Les explorations sont menées par quatre musiciens dont le degré d’interaction indique leur très grand niveau.
Ce qui est très beau dans cet album, c’est la prise de risques, la proposition de choses insolites.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ DAVID SANBORN 1945-2024

Le Cool a eu deux sax alto magnifiques Paul Desmond et Bud Shank aux sonorités très douces.
Dans les années 70, le saxophone alto de David Sanborn fait sensation. Il ressent le Blues avec un grand feeling servi par une sonorité métallique unique.
Jouant sur de nombreuses sessions pour des artistes de pop mais aussi de Jazz, il se détache par sa sonorité particulière métallique aux accents Blues.
David Sanborn, je le découvris en regardant le film “L’Arme Fatale” lorsque dans la bande originale, ses salves Bluesy se mêlent à celles d’Eric Clapton.
Il intègre le groupe de Stevie Wonder et part même en tournée avec lui.
Lorsqu’on écoute son premier album “Taking Off” l’ empreinte est de suite reconnaissable. On se trouve plongé dans le groove de la Soul et Funk dès le premier morceau. Les séquences sont très syncopés, on trouve souvent de cocottes de guitare.
Doté d’un feeling incomparable, David Sanborn ne se limitait pas aux phrases Blues.
Il avait un sens de la mise en place bien groovy des syncopes dynamiques si vous écoutez “Duck Ankles”. Les phrasés Jazz sont présents aussi. J’aime bien les riffs de cuivres sur “Funky Banana”.
Le saxophoniste avait une grande technique pouvant déployer des flots de notes. Sur “The Whisperer” le sax enchaîne des notes avec une grande aisance.
Il faisait chanter son saxophone, allait chercher les aigus. Une grande sensibilité chez ce musicien s’entend à travers les nombreux morceaux, sa sonorité est très touchante.
Groove toujours le morceau “Black Light” m’ensorcèle par ses notes de saxophone métalliques et brûlantes. En fond, on entend les cordes et ce sax magnifique nous impressionne par ses phrases et son sens du groove. Les envolées de l’altiste sont uniques.
S’il fallait retenir un morceau du disque ce serait celui-ci.
“Blue Night”est lui aussi un magnifique thème ,au cours duquel les congas s’illustrent.
nervosité dynamisme avec le titre “Flight” un morceau explosif. Les percussions s’enflamment les cordes interviennent par salves très dynamiques.
Le saxophoniste pouvait entraîner l’auditeur et provoquer l’émotion avec seulement quelques notes. Le Blues est bien présent dans sa musique mais les articulations Jazzy apportent un beau mélange. Souvent les thèmes du saxophoniste sont une phrase de quelques mesures ancrée dans le Blues sur un rythme groove.
Très influencé par la Soul, il dégage une impression de sensualité mêlée à du romantisme. Ecoutez “Smile” chanté par plusieurs voix sur lesquelles le sax déroule des motifs qui vous emportent. De ses solos se dégagent une sorte de tourbillon sonore qui vous touche.
Le rythme du groove et de la Funk sont présents chez ce saxophoniste qui s’enflamme si vous écoutez “Mamacita”. La rythmique de la batterie et de la basse est d’un dynamisme.
Les envolées du saxophoniste et ce son métallique en font un artiste inimitable.
Dans son disque de 1977 “Promise Me To The Moon” le saxophoniste fait un très joli hommage à James Taylor en reprenant une de ses chansons “Benjamin”. Cet album sonne plus Folk.
Mystère et exotisme sur une composition de Mark Egan au cours de laquelle le saxophoniste use du soprano.

Il est compliqué de présenter succinctement cet artiste tant ses compositions ont été écoutées. On citera “Hideaway” aux nombreux accents Blues des sonorités plus sensuelles comme sur le morceau “Carly’s Song”. “Lisa”est aussi une composition qui exprime douceur et sentiments.
Dans les années 80, le saxophoniste se distingue par des thèmes groove. L’autre jour je parlais de “Run For Cover” du côté Funk apporté par la basse, la guitare et les nappes de clavier. Un album qui est dans ce climat est le disque “Voyeur”.
Dans le même esprit vous avez “As We Speak”.
Vers la fin des années 90, le saxophoniste se dirige vers des sonorités plus Jazzy.
Il reprend “Infant Eyes” un des chefs d’oeuvre de Wayne Shorter sur son disque”Songs From The Night Before”. Sur “Inside”, Sting interprète “Ain’t No Sunshine” dont l’arrangement de clavier et de guitare est épuré. Ces sonorités entourent la magnifique voix du chanteur Britannique.
La reprise du morceau de Joni Mitchell “A Man From Mars” en 2003 est très sensuelle et émouvante.
En 2015, il sort “Time And The River” dont on retiendra la voix suave de Randy Crawford sur “The Windmills Of Your Mind”.

Le saxophoniste avait participé à de nombreuses sessions d’enregistrement ce qui faisait de lui un musicien de studio très prisé. Il participera à des sessions historiques avec James Brown. Dans l’album “Reality”,David Sanborn joue sur le titre “Further On Up The Road”.
Il jouera aux côtés de Stevie Wonder sur son album “Talking Book”, sur le morceau “Tuesday Heartbreak”. On entend les interventions en sorte de réponse au chant.
En Jazz il fut aux côtés de Gil Evans, Bob James ou Al Jarreau.
L’altiste réalisa un grand nombre d’albums au cours desquels la sonorité fut toujours très Bluesy qui touche seulement avec quelques notes.
Habité depuis sa jeunesse par le Gospel et le Blues, il n’aura de cesse de faire chanter son instrument de nous émouvoir. Sur “Here And Gone” il revient à une musique plus proche des racines et plus acoustique.
Emotion et classe sont deux termes qui lui vont bien. Pouvant jouer Blues comme Jazz, il était un musicien à la grande capacité d’adaptation.
Sanborn Sessions