L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

BE-BOP
COOL
BOP
SWING

Derniers Posts

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

Jeudi 15 janvier, rendez vous au “Jazz in Fort l’Ecluse”, qui se déroule au Château Ferney Voltaire, dans le département de l’Ain. Au programme, un hommage à l’un des pionniers, le le clarinettiste et soprano Sidney Bechet.Originaire de la New Orleans, il est une source, une des racines du Jazz.

Lire la suite

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ PAUL DESMOND (1916-1977)

C’est l’histoire d’un saxophoniste dont la sonorité hors du commun est à la fois séduisante et mystérieuse.Paul Emil Breitenfeld, plus connu sous le nom de Paul Desmond, a laissé une empreinte très particulière sur le plan esthétique. Il commence sa carrière dans les années 40 et comme la plupart de

Lire la suite

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

En cette période de vacances de Noel qui approche à grands pas voici quelques idées pour demain 19 décembre. On commence par un concert sur l’histoire du Jazz le vendredi 19 décembre, en compagnie du duo ZZAJ qui passe en revue les différents styles et courants de cet art majeur

Lire la suite

NOUVEAUTÉ ALBUM/ ABSINTHE/ RAMONA HORVATH

On présente une pianiste qui, à l’écoute des premières notes, séduit l’auditeur par son sens du swing, du groove, mais aussi par sa sobriété et son jeu aéré.Ramona Horvath propose des interprétations bien pensées, de chansons qui viennent pour la plupart du répertoire Pop.Intitulé “Absinthe”, son disque de la pianiste

Lire la suite

Jazz

ACTU CONCERT/ AMELIE LES CRAYONS

TOURNÉE 2021 La chanteuse Amélie les crayons, écrit depuis quelques années, ses chansons aux textes poétiques, et aux mélodies agréables. En 2017, elle rencontre le groupe « Les doigts de l’homme », groupe de Jazz Manouche, qui vient d’enregistrer un album intitulé « Le cœur des vivants ». Cet album renferme moments de virtuosité, trésors harmoniques sur des enchaînements d’arpèges magnifiques,ainsi que de très belles lignes mélodiques sur des rythmes variés. La pépite du disque est selon moi « Là haut ». Les accords nous enlacent de suite, les torrents d’arpèges arrivent sur un rythme dynamique,

Lire la suite

ACTU CONCERT/ STEVE COLEMAN

STEVE COLEMAN AND REFLEX/ NEW MORNING/ 12 décembre/ Reporté Steve Coleman est un des grands aventuriers du rythme. Sideman de Dave Holland dans les années 80, le jeune saxophoniste est mis à l’épreuve sur des rythmes complexes et des métriques hors du commun. Continuant ces explorations en leader, le saxophoniste alto dirige des groupes, comme les Five Elements et M-Base. Il devait se produire, le 12 décembre prochain au New Morning, mais une personne de l’équipe de cette salle, m’a informé du report du concert. Ce musicien fortement imprégné de

Lire la suite

ACTU CONCERT/ ERIC SEVA

LE ROCHER DE PALMER/ CENON/ 5 février 2021 Le saxophoniste que j’ai découvert il y a quelques années, aux côtés du contrebassiste Jean Philippe Viret, jouera le 5 février 2021 à Cenon. Espérons que les concerts reprendront, et la date sera maintenue. Ce musicien est un véritable conteur, qui nous fait découvrir des horizons sonores poétiques, d’une grande douceur. Avec son dernier disque « Mother of Pearl », la musique est raffinée. En compagnie d’Alfio Origlio au piano, de Daniel Mille à l’accordéon, et du contrebassiste Christophe Wallemme, les subtilités harmoniques et

Lire la suite

ACTU CONCERT/ LAURENT BARDAINNE

LA ROCHELLE/ 02 décembre Le 02 décembre prochain, venez bouger sur la musique Soul et Funk du saxophoniste Laurent Bardainne, pour la présentation de son album « Love Is Everywhere ». Le disque commence très fort avec le thème « Félin Méchant » et le gros son de sax ténor. La mélodie séduit dès les premiers instants. Le second titre « Marvin » nous plonge dans l’ambiance de la Soul des années 70. La grande sensualite du sax et de l’orgue Hammond donnent le frisson. Le saxophoniste ecrit ses morceaux comme des chansons, la mélodie est

Lire la suite
SWING
BE-BOP
HARD-BOP
COOL

NOUVEAUTÉ ALBUM/ ABSINTHE/ RAMONA HORVATH

On présente une pianiste qui, à l’écoute des premières notes, séduit l’auditeur par son sens du swing, du groove, mais aussi par sa sobriété et son jeu aéré.
Ramona Horvath propose des interprétations bien pensées, de chansons qui viennent pour la plupart du répertoire Pop.
Intitulé “Absinthe”, son disque de la pianiste débute par “Heal The World” de Michael Jackson. De ses notes chaleureuses j’entends le Blues, le Hard Bop, des phrases qui dansent.
Une autre séquence intéressante est “How Your Deep Is Your Love” des Bee Gees.
Ramona propose ici un trois temps, dont se dégage un swing léger qui respire.
Avant ça, le groove léger discret de “You’re The Sunshine of My Life” m’a bien plu et encore plus, l’interprétation du thème. La section rythmique formée par le contrebassiste Nicolas Rageau et le batteur Antoine Paganotti, fait preuve d’un état d’esprit et d’un dynamisme typique du Hard Bop.
Le charme du saxophone, le son moelleux du ténor André Villeger convié sur quelques morceaux, vous emmène quelques décennies en arrière, aux grandes heures du Swing des saxophonistes tels Ben Webster, mais aussi vers le Be-Bop et des sax comme Dexter Gordon. La pianiste l’invite au cours du morceau “Absinthe”.
Les phrases tantôt intenses tantôt aérées sont dépouillées de toute technique, elles avancent soutenues par un drive souple de batterie, par un walking bass des plus ronds dans un souci de mélodie.
La pianiste n’est pas en reste s’agissant des idées d’arrangement harmonique.
Écoutez sa version de “Just The Way You Are”, interprétée avec délicatesse et sobriété.
Le saxophone est toujours lumineux ses phrases ensoleillées, les balais soyeux au cours de “Here I’ll Stay”, un standard de Jazz.
Le saxophoniste André Villeger a cette sonorité suave celle des grands qui précéderent, John Coltrane, Jimmy Heath ou Johnny Griffin.
Très Ellington, est le style du jeu de piano sur “Your Love Has Faded”. Rien d’anormal, la chanson étant écrite par Billy Strayhorn et Johnny Hodges. Le swing est doux, jamais percutant, mais toujours enveloppant.
Jolies larmes du piano sur “Heather On The Hill”, du lyrisme du calme de la sensibilité; parmi les arpèges et tourbillons des arpèges.
Très swing est le morceau “JFK” où des croches bondissantes de la part des solistes, me font penser aux pianistes qui avaient un rythme solide fixe comme l’avaient les pianistes de Ragtime .
Cette artiste nous laisse au pays du Jazz Swing,celui de Glenn Miller et de son morceau “I Know Why”. Le toucher est agréable et ne peut laisser indifférent.
Sur un rythme chaloupé façon calypso, Ramona et ses sidemen nous font bouger “Saving All My Love For You”, une chanson de Whitney Houston de 1985.
Progressant en toute sérénité, la pianiste tisse des motifs lumineux et légers en solo.
Si ce disque ne révolutionne pas le Jazz, la musique que propose Ramona Horvath est mélodieuse, légère et chaleureuse.
Avec son jeu dépouillé et sa quête de musicalité, Ramona apaise l’auditeur par son retour aux sources, celles du swing, du Blues, et par des incursions dans le Hard Bop.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

Après avoir présenté quelques enregistrements qui sont à la source du jazz, penchons nous sur un autre pionnier, le cornettiste King Oliver.Ce musicien originaire de la Louisiane commence à jouer dès l’adolescence, et fait partie de plusieurs brass-bands à la Nouvelle Orléans.Il partira dès 1917 pour Chicago et fondera le

Lire la suite

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ PAUL DESMOND (1916-1977)

C’est l’histoire d’un saxophoniste dont la sonorité hors du commun est à la fois séduisante et mystérieuse.
Paul Emil Breitenfeld, plus connu sous le nom de Paul Desmond, a laissé une empreinte très particulière sur le plan esthétique. Il commence sa carrière dans les années 40 et comme la plupart de ses confrères il est attiré par cet âge d’or du Be-Bop et de ses représentants, Charlie Parker en tête. S’étant approprié le langage typique de cette révolution du Jazz, Paul avait une approche très personnelle de l’improvisation, basée sur des phrases aérées aux nombreuses respirations. Cette sonorité très personnelle est proche de la clarinette évoquant légèreté, éphémérité et poésie.
Un son suave, moelleux est une des distinctions de ce musicien raffiné discret et timide.
En 1950, il est déjà chez Dave Brubeck dans l’Octet, une musique écrite autour d’arrangements pour cuivres. Autour de standards, l’écriture de Dave Brubeck ainsi que les solos sont le signe d’un raffinement.
Même si la virtuosité n’est pas l’élément central comme chez Cannonball ou Charlie Parker, le jeu Be-Bop de Paul est au contraire apaisant, plus proche d’une mélodie que d’un déroulé technique.
Sur un titre comme “Love Walked In”, on entend les notes douces, se faufiler entre la contrebasse, la cymbale et les accords.

Écoutez son interview en 1954 de “Bird” le géant, le pionnier du Jazz moderne.
Il est intéressant d’entendre ces deux musiciens, l’un, le fondateur du langage de l’harmonie moderne et l’autre qui explore déjà une nouvelle voie un Jazz moins virtuose plus doux.
Dans ce dialogue, Charlie explique les éléments nouveaux d’harmonie qu’il a découvert sur l’alto, comme les changements d’accords. L’aventure remonte à 1941. Bird parle de Johnny Hodges un des maîtres qui joua avec Duke et Benny Carter que Paul a également écoutés et dont il s’est nourri.
Sur son passé, Bird évoque sa rencontre avec Dizzy Gillespie au sein du Band de Billy Eckstine. Charlie explique son travail entre 11 h et 15h par jour sur son instrument, la construction du Be-Bop avec Dizzy et Miles. Paul lui fait part de son admiration, de ce virtuose aux articulations novatrices.

En présentant le style de Paul Desmond à travers son œuvre, il ne s’agit pas de faire une litanie des morceaux disque après disque.
Il est un saxophoniste alto incontournable. Sans la technique époustouflante d’un Bird, il donnait vie à ses notes en croches, des notes lumineuses.
Les complicités, les liens artistiques avec d’autres musiciens sont l’annonce d’une nouvelle ère du Jazz. Le proverbe “qui se ressemble s’assemble” est propice à la situation.
Si Desmond est associé au Cool, son nom n’est pas celui qui ressort en premier. En effet, quand on parle de ce courant on pense plus à Miles Davis, mais aussi à Chet Baker, Stan Getz ou au sax baryton Gerry Mulligan.
Avec ce dernier, Paul Desmond signe en 1957 “The Gerry Mulligan Paul Desmond Quartet”. L’aventure se poursuit en 1962 avec “Two Of A Mind”. C’est l’alchimie entre le baryton et l’alto, un mariage parfait. Les deux sax jouent un joli dialogue à deux voix lorsqu’ils présentent le standard “All The Things You Are”. Paul Desmond, premier à partir en solo, s’envole avec une légèreté incomparable.

Paul n’est pas sur “Birth Of The Cool” de 1949, mais être aux côtés de Dave Brubeck au début des années 50, le place comme un des artisans de ce nouveau Jazz.
Comme on le disait en introduction, on a les premiers enregistrements vers 1950. Le saxophoniste sera associé au pianiste pendant de longues années, un quart de siècle jusqu’ à sa mort en 1977.
Paul Desmond est très en quête d’esthétique avant tout dans cette recherche de sensibilité, de l’émotion de l’artistique quoi qu’il arrive. Ce sont de véritables monuments du jazz par les placements rythmiques, les mélodies, l’innovation en matière de métrique.La collaboration avec Dave Brubeck est très féconde, “Time Out”, “Further Out”, autant de sessions comme des aventures au pays des rythmes et des mélodies.
En 1957 sur “Dave Digs Disney”, le solo de “Someday My Prince Will Come”, est un modèle en matière de respiration, caractéristique du jeu de l’altiste.
Quelque temps après, vient le monument incontournable, intitulé “Time Out” en 1959.
Dans cette œuvre figurent “Blue Rondo à la Turk”, construit sur une cellule rythmique à 9 temps. La mesure ne se compte pas en triolets de croches dont on accentuerait à chaque fois le premier, mais selon un découpage plus subtil. “Take Five” en 5 temps, est une mélodie construite sur une pentatonique, à laquelle s’ajoutent quelques notes donnant une couleur Blues. Reprise par Al Jarreau une vingtaine d’ années plus tard, il deviendra un standard de ce Jazz moderne mélodique et cool.
Paul Desmond compose d’ailleurs “Take Ten” une paraphrase, un clin d’oeil évident au précédent. “Three To Get Ready” en trois temps, sera repris par Nougaro avec son adaptation “Le Jazz et la Java”.
Le saxophoniste allait de mélodie en mélodie, comme si chaque note était produite par un son si attachant.
La carrière en leader fait ressentir le romantisme, la poésie du son et des phrases dans des albums réalisés entre 1962 et 1965.

En 1962 “Desmond Blue” contient des sommets de finesse. “My Funny Valentine” est un diamant d’émotion, symbole de nostalgie. Le saxophoniste reprend aussi “Body And Soul” et “Ill Wind”.
La fragilité, Paul Desmond l’incarnait dans ses interprétations des Bossa comme “Samba de Orfeu”. Imprégné de sa complicité avec Dave Brubeck, le saxophoniste écrit “Take Ten” une paraphrase de “Take Five”.
“Glad To Be Unhappy” est aussi une perle. Écoutez les notes susurrées sur la composition éponyme qui ouvre le disque, les accords de Jim Hall qui enveloppent la mélodie et l’improvisation. Sur ce disque figure aussi “A Taste of Honey” un morceau que reprirent les Beatles en 1963.
“Bossa Antigua” en 1965 met en relief le jeu en retenue et la façon de jouer la Bossa. C’est le soleil et la joie des notes qui dansent.
Quelle version toute en douceur d’“Easy Leaving”, grand standard qui donne le nom à cet album disque dont les sessions furent enregistrées entre 1963 et 1965.

Sur ces albums, notons la complicité de Paul avec Jim Hall, la guitare aux notes rondes et au jeu minimaliste. Entre le saxophone et la guitare c’est une approche partagée, un discours qui respire et le choix des belles notes à la technique et à la démonstration.

Ces albums sont réédités dans un magnifique coffret que vous pouvez écouter sur Deezer. Ce coffret RCA est un trésor discographique qui donne à entendre de véritables perles sonores, des notes caressées. Chez Paul pas de “In And Out” mais des phrases plus proches de la poésie.
Sur CTI le disque “Pure Desmond” de 1975 dans lequel, on entend une grande version de “Nuages”, grand chef d’œuvre de Django Reinhardt. Au cours de cette version et de ce disque, ce n’est pas Jim Hall, mais Ed Bickert, un guitariste dont le style fait rimer aussi sobriété et tranquillité,
Standard après standard, le son est moelleux, ce lyrisme est très touchant.

L’arrangeur et chef d’orchestre Don Sebesky travaillera avec Desmond sur le disque “Summertime” de 1969, chez A.M CTI. Parmi les plages d’extase et de douceur, écoutez “Emily” signé Johnny Mandel ou encore la très belle valse “Someday My Prince Will Come”. On entend Herbie Hancock tout en finesse sur les touches de son piano.

Paul Desmond, apôtre du Cool, ne vivra que 51 ans, parti trop tôt, au même âge qu’un certain Bill Evans.
Ce souffle, cette sensibilité unique, ces notes qui semblent danser sont tous des éléments constitutifs d’une esthétique personnelle et qui restera unique.
Quand en 2006, je regarde le film de Sidney Pollack intitulé “The Yakuza”, j’écoute un thème au cours du film qui est joué à l’alto en me disant qu’il s’agit à coup sûr de Paul.
En regardant de plus près le disque de la bande originale signée Dave Grusin, je lis que c’est Bud Shank qui a cette sonorité si douce. De dix ans son cadet, l’altiste a sans doute été influencé par le premier, qui plaçait l’esthétique au-dessus de tout.

En écoute, la version d’Emily sur le disque “Summertime” évoqué quelques instants auparavant. Savourez le son les accords langoureux d’Herbie Hancock et les voiles de cordes.