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INFO TRISTESSE/ JEAN LOUIS CHAUTEMPS/ 1931-2022

Âgé de 30 ans à peine, ce saxophoniste avait des allures de Stan Getz et Gerry Mulligan. Jean-Louis Chautemps nous a quittés le 25 mai dernier. Il commenca sa carrière au début des années 50 au sein de l’orchestre de Claude Bolling. Il jouera avec Django Reinhardt, Sydney Bechet, et sera engagé par Chet Baker. Dans une vidéo datant de 1961, on le voit jouer en compagnie du pianiste Martial Solal du contrebassiste Pierre Michelot et du batteur Daniel Humair. Au cours de leur interprétation de « What A Différence A Day Made », le saxophoniste se distingue par des phrases mélodiques en croches au son crépitant. En 1988, au cours d’un duo avec Martial Solal, la conversation se place sous le signe de l’élégance. « Sur And Sue Helen » mélodie dont se dégage beaucoup de romantisme est digne des duos de Stan Getz avec Kenny Barron. Si il maîtrisait le Be-Bop, on entend sur la suite de cet album intitulé « Chautemps », des choses plus lunaires en compagnie de Kenny Wheeler. Les dissonances sont presque harmonieuses pour les deux premières compositions « On The Sonic Side Of The Mac » et « With A Touch Of Fresh Mental ». Le saxophoniste pouvait jouer vers un registre plus abstrait voire Free. « Om Zoom Pham » a même quelques accents de Weather Report où le clavier électrique fait penser à Zawinul. « With A Blue Djinn’s Swarm » interroge, interpelle. Est on dans le Jazz électrique le Free? Les deux semblent se combiner. À partir de motifs déstructurés, les notes de la trompette et du sax sont des envolées sonores. N’ayant pas peur des aventures mélodiques et harmoniques, Jean Louis Chautemps surprit avec ce premier album en leader. Le dernier morceau « Shoo Shoo Man Man » est un grand clin d’oeil à Sonny Rollins, tant la sonorité se rapproche du colosse sur ce rythme calypso. Cet aventureux du Jazz n’avait pas peur de varier les univers musicaux. Il était constamment en éveil et curieux d’approcher des esthétiques différentes.

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