L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Le 19 juin, la vocaliste Valérie Sajdik sera accompagnée de son complice le pianiste Cédric Chauveau et du contrebassiste Michel Altier. Le trio se produit au Jazz Avène Club dans l’Herault.La chanteuse interprétera sans doute, des compositions originales, figurant sur deux albums qu’elle a enregistrés en duo avec le pianiste,

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ OLIVIER KER OURIO/ LIFE AS IT IS

Orfèvre du son et compositeur de grand talent, l’harmoniciste Olivier Ker Ourio livre encore de grandes mélodies, mariant respirations espaces et profondeur.La sonorité, la musicalité de cet artiste nous surprennent sans cesse et l’émotion est toujours au rendez- vous.Il ouvre ce nouvel album “Life As It is” en célébrant son

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Ce vendredi 05 juin, un concert original donné par la saxophoniste Sakina Abdou qui joue seule, sans section rythmique et sans aucun autre instrument.Elle jouera à Querqueville, dans la Manche, à la salle Imagin’Art dans le cadre de Presqu’île Impro Jazz.Elle a enregistré en 2022 le disque “Goodbye Ground”, une

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ GEORGE GARZONE

Charlie Parker et John Coltrane sont les deux artisans majeurs de la métamorphose du Jazz, par leurs phrases innovantes et leurs harmonies complexes. Le langage du Be-Bop influença toute une génération de saxophonistes, parmi lesquels Dave Liebman, Michael Brecker, Jerry Bergonzi qui ont repoussé les limites de la technique et

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Jazz

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS/

Le saxophoniste David Sauzay est une des figures importantes du ténor en France. Il passera en concert le dimanche 05 Février 2023, accompagné de son fils Gabriel Sauzay à la contrebasse, du pianiste Hiroshi Murayama et du batteur Paul Morvan. Le quartet « Father And Son » propose un Jazz qui décontracte aux couleurs Hard Bop. Avec un son de saxophone crépitant, la rythmique joue avec sobriété et précision. Lors d’un concert donné par le quartet et visionnable sur You Tube, on écoutera sa version du thème de Jobim « Desafinado ». La composition

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS/

On commence cette chronique avec un quartet qui reprend les chansons de Claude Nougaro en insérant les poèmes de Jacques Audiberti Le 29 janvier, le « Songs Quartet » passe à Pinon. Les mots s’embrasent au contact du Jazz et du Swing. Le groove est présent sur ces interprétations, notamment sur la chanson « Cécile ». Les mots rebondissent bien, la basse et la batterie soutiennent la chanteuse Karine Tassan. Le bassiste Rémi Gadret, le batteur Fabien Humbert et le claviériste Alain Siegel. maintiennent bien cette pulse entraînainante. Sur « Toulouse », les accords de piano

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ACTU CONCERTS/JAZZ AUX QUATRE COINS

Pour cette actualité autour des concerts commençons par un Marching Band « Brass Band Côtes et Cuivres », composé d’élèves et de professeurs qui joue dimanche 22 janvier 2023. Ancré dans le Style New Orleans, les cuivres et les percussions de cet ensemble se feront écho sur la scène de Saint Christoly De Bois. À l’initiative des professeurs du conservatoire de Haute Gironde, vous serez accueillis par cette fanfare qui vit le jour en 2010 et qui est dirigée par Jérome Carré. Composé de trombones, du cornet, du tuba l’orchestre swinguera pour

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS/

Le guitariste Franco Vietnamien Nguyen Le aime arpenter les mélodies du Rock, en se les appropriant de façon très personnelle. On se souvient de son album en hommage aux Pink Floyd ou son disque « Songs Of Freedom ». Son sens de l’arrangement en fait un disque surprenant. Son jeu énergique combiné à celui du claviériste et batteur Gary Husband promet de donner lieu une musique pleine explosive avec un haut degré de technicité. Demain soir samedi 07 Janvier, ils passent au Petit Duc d’Aix-en-Provence. On trouve un extrait sur You Tube,

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ OLIVIER KER OURIO/ LIFE AS IT IS

Orfèvre du son et compositeur de grand talent, l’harmoniciste Olivier Ker Ourio livre encore de grandes mélodies, mariant respirations espaces et profondeur.
La sonorité, la musicalité de cet artiste nous surprennent sans cesse et l’émotion est toujours au rendez- vous.
Il ouvre ce nouvel album “Life As It is” en célébrant son Île de la Réunion, par le thème “Cap La Houssaye”. L’harmonica est un véritable soleil, dont les nappes crépitantes de l’orgue Hammond accentuent le climat chaleureux. Les accords de guitare et la batterie ne couvrent absolument pas le leader qui en toute humilité, glisse quelques notes en solo.
Benoît Sourisse est toujours aussi étincelant en improvisation et la belle découverte de cet opus est Mathis Cordier, qui met peu de notes mais o combien chantantes.
L’harmoniciste nous fait voyager dans sa contrée natale par ses mélodies et rythmes syncopés. Sur “Poor Butterfly,” la cocotte de guitare rebondit sur le jeu en cymbales d’André Charlier.
Si l’énergie du rythme est présente, la nostalgie se ressent quand on écoute la mélodie intitulée “150 ans”. Le guitariste Mathis Cordier accompagne par des accords doux et séduisants, qui s’ajoutent aux nappes scintillantes de l’orgue. Ce thème n’est qu’émotion pure, assortie de quelques notes seulement.
L’harmoniciste invite le Steel Drum Andy Narell sur le thème “Sir Andy”, original dans sa structure. L’harmonica déroule un motif, puis le steel drum le réplique sur la mesure suivante. Cela s’apparente à un jeu en cascade.
La tendresse qu’on entend sur “Coco’Smile” est une composante essentielle de l’écriture d’Olivier Ker Ourio.
J’aime les notes Blues de de l’harmonica qui introduisent “Kossa La Fe”, un thème qui inonde de bonheur. La rythmique sait jouer avec discrétion, les notes de guitare, les voicings à l’orgue et le jeu de batterie proche d’une percussion sont très légers.
L’harmoniciste varie de registre en proposant un thème plein de mystère intitulé “Mission Istanbul”. Le jeu du guitariste est unique, minimaliste, juste quelques notes bien choisies au son overdrive. En accompagnement, il ponctue de notes étouffées le solo d’harmonica. Olivier Ker Ourio aère son écriture et ses improvisations. Il sait varier les climats, de la nostalgie et de la fragilité parfois, de l’optimisme souvent et du groove, présent notamment sur “Runoan” aux nombreuses syncopes.
Toujours dans la sobriété, j’aime les accords de guitare la finesse de la batterie et les voicings de l’orgue. À la guitare, les phrases sont toujours jouées avec retenue et élégance. Le morceau se conclut par un solo de batterie, tout en souplesse, avec en fond une tourne rythmique subtile et aérée.
Entre ambiances nostalgiques et mélodies enjouées, s’immisce le Blues.
Quelques arpèges de guitare Folk viennent enrober les motifs de l’orgue Hammond et de l’harmonica, qui semble puiser dans les racines.
Le groove et l’énergie des musiques Insulaires revient avec la composition “Gramoune Zero”, présentée par le steel drum et l’harmonica. Le thème rayonne, les instrumentistes nous emmènent avec eux sur ces rythmes entraînants.
Voici le moment de la ballade où quelques arpèges de guitare acoustique introduisent “Change Of Tide”, un thème poignant. La puissance de la musique d’Olivier Ker Ourio est basée sur l’imaginaire, l’évocation. Notes après notes l’harmoniciste cherche toujours des nouvelles couleurs.
Avec lui, on s’envole on s’évade, on s’apaise, on respire. Sa musique est un concentré de belles émotions. Le titre “A 380” est bien choisi, le thème est un voyage qui nous fait prendre de l’altitude. Si le batteur joue un solo énergique, il maîtrise la frappe et le volume.
En conclusion, la composition qui donne le nom au disque “Life As It Is”, une conversation en duo, entre l’harmoniciste et le jeune guitariste Mathis Cordier dont l’approche et le style révèlent une grande maturité. Olivier Ker Ourio est habité par un feeling incroyable quelque soit l’ambiance des morceaux.
Grand mélodiste, il propose une musique qui transmet le bonheur et l’espérance même quand certains thèmes sont plus mélancoliques.
“Life As It Is” est un vivier d’émotions, servi par une esthétique mélodico harmonique toujours délicate et de grande classe.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ ENTRE BE-BOP ET HARD BOP/ LOUIS SMITH

Né en 1931, Louis Smith était un prodige, tout comme l’était Clifford Brown, à qui il rend hommage dans « Tribute To Brownie », composé par le pianiste Duke Pearson. Le trompettiste possède l’idiome du Be-Bop à la perfection, ainsi qu’une grande technique lorsqu’il effleure les aigus. Le son de velours de

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ L’ERE DU SWING/SLAM STEWART

Le roi de la contrebasse de la période qui suit le Jazz New Orleans et le Hot, est sans conteste Slam Stewart. Si on devait garder le disque idéal le plus représentatif de ce qu’est le Swing, ce serait sans doute cet album édité chez le label « The Definitive Black

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LES RACINES DU BLUES/ JOHN LEE HOOKER/

L’exploration des racines de la musique Afro Américaine nous a conduit à écouter les pionniers comme Gertrude « Ma » Rainey, Robert Johnson Charley Patton. Cette musique minimaliste repose avant tout sur le feeling et l’émotion. Les Bluesmen tournent autour de trois ou quatre accords en improvisant à partir de notes qui

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ GEORGE GARZONE

Charlie Parker et John Coltrane sont les deux artisans majeurs de la métamorphose du Jazz, par leurs phrases innovantes et leurs harmonies complexes. Le langage du Be-Bop influença toute une génération de saxophonistes, parmi lesquels Dave Liebman, Michael Brecker, Jerry Bergonzi qui ont repoussé les limites de la technique et continué à explorer de nouveaux horizons harmoniques.
Un saxophoniste que je découvre et qui se situe dans ce sillage est George Garzone né en 1950.
Ce musicien a développé une approche très personnelle du jeu sur les accords majeurs, mineurs et diminués.
Il co-fonde en 1972 le trio Fringe, avec à ses côtés le contrebassiste John Lockwood et le batteur Bob Gullotti.
“The Fringe In New York” enregistré en 2000 est le premier disque que j’ai écouté de la part de ce musicien.
Imprégné du son et du style du génie du ténor John Coltrane, Garzone transmet l’émotion, l’énergie et la spiritualité en jouant “Tribute To Trane”, qui me rappelle le climat de “Crescent” chef d’œuvre de 1964.
Accompagnées par des nappes de vibraphone lumineuses, le saxophoniste chemine dans les pas de son maître spirituel en déroulant des phrases d’une intensité incroyable.
Très chromatique, le thème up swing qui s’intitule “Slip + Side”, laisse entendre un discours fluide aux phrases magnifiquement articulées et complexes. Quand le discours du saxophone et du vibraphone est quelquefois dissonant, ils s’approchent du Free Jazz en donnant l’impression d’atteindre le point de rupture en matière harmonique et sur le plan sonore.
Après une introduction de contrebasse âpre et puissante du titre “A Fox In The Wood”, on savoure le sax rester dans l’esthétique de Trane. Dans cet esprit, la batterie et le vibraphone créent une façade sonore fascinante très intense.
La technique est impressionnante chez ce saxophoniste comme on l’entend sur “Ultra Tempo”, un dialogue enflammé entre le saxophoniste et le batteur.
Si dans ce disque, le jeu du saxophoniste impressionne par sa fougue et son énergie, la conclusion par “Central Park West” est un diamant de subtilité et de raffinement. On assiste à un grand moment de musicalité.

Dès le début de cette aventure en trio, le désir de spiritualité et de transcendance était déjà bien ancré chez Garzone et ses compagnons.
Dans “It’s Time For The Fringe”, le soprano, la batterie et la contrebasse se percutent, s’éloignent et s’entrecroisent à nouveau.
Les notes du saxophone sur “The Spirit Lives”, expriment l’élévation, la transcendance, la quête incessante de nouvelles contrées sonores.
La musique se crée sur l’instant et le degré d’interaction est étonnant.

Dans les deux disques “Live In Israel” et “Live In Iseo”, la prise de risques est importante, l’énergie collective porte un souffle créatif immense une volonté d’aller au-delà des cadres traditionnels. Parmi tous ces motifs, on ressent le groove et le Blues dans la composition “The Hump”. Sur “Body And Soul”, le sax fait preuve de douceur, le contrebassiste fait ronronner les notes et les balais caressent la caisse claire.

En 1995, George Garzone publie avec ses acolytes “Demetrio’s Dream”, un disque imbibé de swing aux thèmes mélodieux dans le style Hard Bop.
Le quartet ne joue que des compositions signées Gianni Pezzano, qui sont des mélodies toutes plus raffinées les unes que les autres.
Cet album est également l’occasion de découvrir le guitariste Rick Peckham, un son légèrement saturé et des phrases proches du style de John Scofield.
J’aime quand l’improvisation n’est pas un moment démonstratif, le saxophone et guitare s’amusent avec les harmonies.
“Foggy Night” est une mélodie délicate jouée en medium swing. J’aime le son du saxophone lumineux et les arpèges de guitare qui scintillent.
Les musiciens font preuve de nombreuses nuances dans le thème. Pendant l’improvisation du saxophone, la section rythmique crée des espaces. Le guitariste ne fait pas non plus preuve de démonstration mais privilégie les respirations, les phrases sophistiquées agrémentées d’accents Bluesy.
Sur “Eleanor”, le guitariste accompagne avec minimalisme, place ses voicings subtils pendant que les notes légères du sax rebondissent sur la rythmique.
Les phrases de Rick Peckham sont originales, surprenantes et magnifiquement articulées. On savoure aussi la précision du contrebassiste John Lockwood, la rondeur de ses notes et la fluidité.
J’aime sur “Angela” les accords de guitare qui se déploient lentement. Le soprano est juste exceptionnel par le son et les notes.
Changement de direction quand le quartet joue “FunKey”, orienté plus vers le Jazz Rock. Ce thème porté par le groove de la rythmique, inspire la guitare qui part dans des phrases impressionnantes par leurs trajectoires.
Le saxophoniste joue lui aussi des motifs Out qu’il mêle à des passages Bluesy.

La même année, il célèbre dans son disque “Alone” les standards de Jazz. Pour cette session, il s’entoure d’Eddie Gomez, de David Kikoski et Lenny White. L’ouverture se fait en toute élégance par le standard “Spring Can Really Hang You Up The Most”. Le batteur Lenny White connu pour jouer la Fusion est étonnant en Jazz Acoustique, par le son et ses interventions. Sur “Moonlight in Vermont” les notes du guitariste Chuck Loeb sont rondes et chaleureuses.
Quelle imprégnation sur “How Insensitive”, dont la mélodie est interprétée avec sensualité par Luciana Souza.
Dans cet album, le saxophoniste adopte un jeu plus classique, ne tient pas un discours trop éloigné de l’harmonie, même si on entend des accords nouveaux sur “What Is This Thing Called Love”.
Quand il joue les ballades, le sax privilégie l’émotion.
Le batteur et la contrebasse sont une belle machine à swing quand ils rendent hommage à Dizzy Gillespie en reprenant “Con Alma”. Le drive est contrôlé la contrebasse avance à pas de velours.
“Anytime Tomorrow” est sans doute la séquence que je préfère. Le son vous enveloppe et les nappes de vibraphone illuminent.

Un autre album sur lequel on s’arrête est “Moodiology ” qui s’ouvre par un prologue émouvant, rappelant une fois de plus l’esprit Coltranien.
“Hey Open Up” est un morceau up swing, un thème complexe, servi par des improvisations de saxophone et de piano aux trajectoires surprenantes.
Si les thèmes aux tempos rapides sont difficiles à appréhender, le saxophoniste écrit les ballades avec un sens aigu de la mélodie inspirant le pianiste Kenny Werner qui caresse les touches.
En ce qui concerne les standards, le travail de réharmonisation est monumental comme on l’entend sur “Summertime”. Le soprano déroule un flot de notes, puis démarre le thème. Le sax et le piano sortent quand ils veulent de l’harmonie. Le système du “In And Out” est maîtrisé à la perfection.

Dans le disque “One Two Three Four” de 2006, on savourera l’introduction “Ballad For Trane”, une mélodie digne des grandes ballades du répertoire, enrobée des doux accords du guitariste Chris Crocco.
“Head Up” est une composition d’esthétique Be-Bop, dans laquelle le saxophoniste se distingue par la fulgurance des arpèges.
Au soprano, il reprend “Central Park West” sur lequel il produit un solo très tendre et mélodieux à l’instar du guitariste, dont chaque note est lumineuse.
Changement de climat avec “Open Up”, un morceau très rapide où la mise en place du sax et de la guitare est très nette.
L’articulation des phrasés est exceptionnelle. Peut être y a t il trop de notes mais les trajectoires empruntées sont étonnantes.
Toujours friand de nouvelles directions en impro, le saxophoniste se distingue par la grande variété du langage.
Tout grand saxophoniste se doit à un moment donné de tenter le Graal du Jazz moderne le thème “Giant Steps”, un sommet de difficulté harmonique à grande vitesse. C’est juste époustouflant d’entendre les notes qui s’enchaînent à la perfection.

Pour changer de registre, le saxophoniste s’est aventuré du côté de la Bossa en compagnie du trio Da Paz. Pour commencer ce voyage du côté du Brésil, le choix s’est porté sur un morceau chaleureux “Felicidade”. Dans ce projet, le jeu est tout en poésie, les notes délicates, les phrases légères et sans contorsion harmonique. C’est un très bel album mais qui n’est pas truffé de complexités harmoniques comme on peut l’entendre d’habitude.

Garzone aime jouer avec des musiciens différents à chaque projet, comme c’est le cas sur “Among Friends” en compagnie de Steve Khun, Paul Motion et Anders Christensen.
Le son du saxophone se rapproche de Trane dans “Theme For Ernie”, accompagné par une section rythmique qui fait preuve de légèreté et de délicatesse.
Steve Khun place des accords discrets, les notes à la contrebasse sont fines et Paul Motion sait se fondre parmi les instruments.

Un autre disque très important selon moi est le disque avec Joe Lovano qui date de 1995. Comment passer à côté de “Four’s And Two’s”, un dialogue entre les deux saxophones.
Le premier titre “One Time” annonce la couleur d’un Jazz moderne Be-Bop au tempo élevé, ponctué par de nombreuses mises en place.
Les thèmes de cet album sont plus conceptuels, les deux voix des saxophones s’unissent très bien.
Sur “Have You Met Miss Jones”, j’aime les improvisations croisées des saxophones avant que chacun ne parte en solo. Les solistes ne peuvent que s’envoler sur une rythmique pareille.
Très touchantes sont les notes du thème “In Memory Of Jeanne Nichols”.
Le piano caresse les touches dont les notes sont enveloppées par la contrebasse. Au cours du morceau consacré à Mingus, les variations du medium swing et du Up Tempo, témoignent d’une grande maîtrise du groupe et reflètent bien l’esprit de l’immense contrebassiste.
Les deux saxophonistes vont loin dans leurs explorations rythmiques et harmoniques.
Ils prennent chacun le soprano sur “Snow Play Like Home” un thème qui repose sur une variation entre rythme latin et Up Swing. Les chemins harmoniques empruntés par Joe Lovano et George Garzone témoignent d’une curiosité sans limites et découvrir de nouveaux chemins.

En 2011, il joue avec le trio du batteur Polonais Jacek Kochan qui propose une musique très difficile, même si je perçois une interaction entre ces musiciens de haut vol.

En 2012, George Garzone croise le fer avec un autre saxophoniste Frank Tiberi pour le disque “Audacity”.
Quand ils interprètent “Softly As In A Morning Sunrise”, on entend l’imprégnation de Coltrane. Au piano, les voicings sont puissants à la façon de McCoy Tyner. Le dialogue entre le ténor et le soprano fait entendre des phrases qui partent loin dans les sphères harmoniques.
Ces musiciens dépassent l’harmonie traditionnelle en repoussant toujours les limites.

Dans “3 Nights in LA” réalisé avec Peter Erskine, Darek Oles et Alan Pasqua, j’aime les interprétations des standards. Ils intègrent les accords de “Giant Steps” sur “Have You Met Miss Jones”. Le sax rentre et sort quand il veut de l’harmonie. Le pianiste a un jeu fluide, Peter Erskine a une frappe très nuancée et la contrebasse discrète déroule une walkin discrète. Si les directions des phrases sont impressionnantes chez ce saxophoniste, j’aime aussi la sonorité métallique qui se rapproche de celle de Jerry Bergonzi.
Sur “Invitation”, le batteur Peter Erskine ne couvre pas le soliste qui est toujours en quête de voies nouvelles. Le saxophoniste aime introduire les thèmes en solo. Sur “I Hear A Rhapsody”, les salves de sax sont un rouleau compresseur tant le délié est pur et les directions exceptionnelles.

Enfin le dernier disque dont il est question dans cette chronique, est une session live empreinte de tornades Coltraniennes. Cela vous semblera très dissonant ou inécoutable. Ne commencez pas l’écoute de “Live 9975” par la composition “Anthony Goes To Mardi Gras”, un volcan de Free Jazz.
En quartet, Garzone montre qu’il peut partir dans de nombreuses directions. En compagnie du saxophoniste Josh Cook, ils développent des improvisations enflammées, entraînant avec eux le batteur Jerry Steinhilber et le contrebassiste King Dahl.
Les musiciens atteignent des sommets de modernité en matière harmonique au moment de l’hommage à Michael Brecker.
Au cours de la version de “Naima”, les saxophones ont un langage tantôt mélodieux et parfois plus âpre et sec, quand ils jouent en dehors.
L’univers change quand le quartet joue “Strollin Down Bourbon Street”, une composition écrite sur des séquences d’accords plus proches du Hard Bop des années 60. Il me semble reconnaître dans un solo de sax un motif de “Over The Rainbow”.
Plus punchy est le morceau “Impressions” de Coltrane, une paraphrase de “So What”,
La reprise de “I Want To Talk About You” laisse la part belle au contrebassiste qui joue avec rondeur et clarté.

Maîtrisant le langage et les articulations à la perfection, George Garzone a contribué à innover cette musique par ses phrases surprenantes et uniques.
Ce musicien Américain possède un langage très varié passant d’une esthétique à l’autre du Hard Bop au Free. Il joue dans les lignes harmoniques, mais part très vite vers des substitutions d’accords parvenant à un degré de sophistication extrême.
Par ailleurs enseignant, il écrit des méthodes consacrées à ce langage inspiré de Coltrane, en cherchant constamment de nouvelles idées et directions.