L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Pour ce week-end voici quelques concerts qui ont lieu aux quatre coins de la France.Le 10 juillet, la ville de Carry Le Rouet accueille le saxophoniste altiste Gaël Horellou, dont la puissance des phrases est un véritable souffle. La fluidité et les débits de notes sont impressionnants. Très prolixe en

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ CLOVIS NICOLAS/ BLUES IN BLUE PRINT

Le contrebassiste Français Clovis Nicolas sort diplômé du Conservatoire de Marseille dans les années 90, puis monte sur Paris. Il accompagne Aldo Romano, les frères Belmondo, puis en 2003 part à New York et rentre à la Juilliard School. Il se retrouve rapidement aux côtés de Brad Meldhau, Branford Marsalis

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ CHUCHO VALDES

La musique Afro Caribéenne s’est appropriée les harmonies du Jazz, en les faisant danser sur des rythmes très variés. D’abord venus d’Afrique, ils ont été enrichis par les musiciens Sud Américains, qui en ont créé toute une panoplie comme le Boléro, la Timba ou la Guajira.C’est ce à quoi s’est

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Le 19 juin, la vocaliste Valérie Sajdik sera accompagnée de son complice le pianiste Cédric Chauveau et du contrebassiste Michel Altier. Le trio se produit au Jazz Avène Club dans l’Herault.La chanteuse interprétera sans doute, des compositions originales, figurant sur deux albums qu’elle a enregistrés en duo avec le pianiste,

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Jazz

ACTU CONCERT/ AVISHAI COHEN ET YONATHAN AVISHAI

10 janvier 2021/ L’ARCHIPEL/ 29170 FOUESNANT Le trompettiste et le pianiste sont complices depuis leur jeunesse. Si ils ont enregistré ensemble à de nombreuses reprises, tous deux ont signé cet album sur le label ECM, « Playing The Rooms ». Nous parlons de ce dernier, pour présenter leur concert le 10 janvier prochain dans le Finistère. La musique de ce duo respire la douceur. Les arpèges et accords de Yonathan Avishai sont très mélancoliques sur « The Opening ». Après une séquence en piano solo, la trompette apparaît, comme si la lumière et l’espoir

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ACTU CONCERT/ AMELIE LES CRAYONS

TOURNÉE 2021 La chanteuse Amélie les crayons, écrit depuis quelques années, ses chansons aux textes poétiques, et aux mélodies agréables. En 2017, elle rencontre le groupe « Les doigts de l’homme », groupe de Jazz Manouche, qui vient d’enregistrer un album intitulé « Le cœur des vivants ». Cet album renferme moments de virtuosité, trésors harmoniques sur des enchaînements d’arpèges magnifiques,ainsi que de très belles lignes mélodiques sur des rythmes variés. La pépite du disque est selon moi « Là haut ». Les accords nous enlacent de suite, les torrents d’arpèges arrivent sur un rythme dynamique,

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ACTU CONCERT/ STEVE COLEMAN

STEVE COLEMAN AND REFLEX/ NEW MORNING/ 12 décembre/ Reporté Steve Coleman est un des grands aventuriers du rythme. Sideman de Dave Holland dans les années 80, le jeune saxophoniste est mis à l’épreuve sur des rythmes complexes et des métriques hors du commun. Continuant ces explorations en leader, le saxophoniste alto dirige des groupes, comme les Five Elements et M-Base. Il devait se produire, le 12 décembre prochain au New Morning, mais une personne de l’équipe de cette salle, m’a informé du report du concert. Ce musicien fortement imprégné de

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ACTU CONCERT/ ERIC SEVA

LE ROCHER DE PALMER/ CENON/ 5 février 2021 Le saxophoniste que j’ai découvert il y a quelques années, aux côtés du contrebassiste Jean Philippe Viret, jouera le 5 février 2021 à Cenon. Espérons que les concerts reprendront, et la date sera maintenue. Ce musicien est un véritable conteur, qui nous fait découvrir des horizons sonores poétiques, d’une grande douceur. Avec son dernier disque « Mother of Pearl », la musique est raffinée. En compagnie d’Alfio Origlio au piano, de Daniel Mille à l’accordéon, et du contrebassiste Christophe Wallemme, les subtilités harmoniques et

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ CLOVIS NICOLAS/ BLUES IN BLUE PRINT

Le contrebassiste Français Clovis Nicolas sort diplômé du Conservatoire de Marseille dans les années 90, puis monte sur Paris. Il accompagne Aldo Romano, les frères Belmondo, puis en 2003 part à New York et rentre à la Juilliard School. Il se retrouve rapidement aux côtés de Brad Meldhau, Branford Marsalis ou Peter Bernstein. Il réalise près de dix albums en leader.
Il vient de publier un disque en trio consacré au Blues très cool, en toute simplicité. Autour de lui le batteur Carl Allen et Larry Goldings qui n’est pas à l’orgue mais derrière le piano pour cette session.
Aucun musicien ne cherche la performance technique mais se laisse porter par le feeling maintenant un disque des plus cools accompagné par le pianiste Larry Goldings et le batteur Carl Allen.
C’est un disque qui fait du bien qui rayonne par l’optimisme qu’il dégage.
En ouverture, le morceau “Old Stack O Lee Blues” joué à un tempo tranquille au swing doux. Le pianiste introduit ce thème par quelques notes avant de présenter le thème. Les balais sont moelleux sur la caisse claire, la contrebasse est discrète et le jeu du piano léger. Les notes de piano naviguent entre plans Blues et phrases Jazzy.
C’est sur ”Twisted Blues” de Wes Montgomery que le contrebassiste prend le premier solo, une improvisation bien articulée, des lignes rondes et fluides.
Le thème comporte des mises en place sur les contretemps qui donne comme sensation que les notes sautillent.
Le batteur part alors sur la cymbale lorsque le piano arrive et développe des lignes typiques du Hard Bop. Entre 1’58 et 2’02 j’ai l’impression que le pianiste s’envole. Sans utiliser trop de technique, il s’envole sur certaines phrases.
Le pianiste imbibé de Blues parvient toujours à aller saisir des notes qu’on ne soupçonne pas.
Le batteur Carl Allen prend un solo sur le morceau “Hutch”, montre une grande maîtrise du volume et une sobriété du jeu.
Dans ces variations autour du Blues, le contrebassiste a choisi un chef d’oeuvre signé Carla Bley intitulé “Lawns”. Le jeu aux balais et la contrebasse d’une grande discrétion, mettent en lumière un pianiste inspiré qui émeut à chaque note.
On savoure toujours les balais sur “The 5:30 PM Dive Bar Rendez Vous” et le style du pianiste minimaliste qui n’a jamais l’intention de saturer son jeu.
Surprenant le titre “Ramblin” où l’improvisation collective est au centre.
La batterie est plus nerveuse le piano cherche les dissonances.
Cet album est un retour à la tradition, un retour aux sources qui montre l’importance de l’héritage. Le morceau “Blues In Blue Print”, la première partie est jouée à l’unisson par la contrebasse et le piano.
Larry Goldings aborde avec minimalisme l’aventure de l’improvisation, en ne jouant que quelques notes. En fin de morceau, les notes aigues conversent avec celles de la contrebasse.
Le thème “The Double Nickel” est écrit autour de placements rythmiques précis.
Dans la première partie, on entend une pêche sur le quatrième temps.
Alors que le piano part en solo, Carl Allen varie son jeu à chaque mesures et semble même improviser pendant quelques secondes.
Ce trio joue en toute intimité, chacun a un jeu dépouillé respire laisse des espaces. C’est le cas sur “The Bass Speaks” au cours duquel le piano se couche sur les balais crépitants. À la main gauche, le piano double quelques notes avec la contrebasse.
Les musiciens poursuivent par “Groovy Glody” un thème Soul Jazz digne de Lee Morgan ou des Messengers.
Pour conclure le contrebassiste choisit de finir par un morceau plus proche de la Folk que du Blues. Le piano plaque des accords épris de profondeur puis la contrebasse la rejoint. Enfin, on entend le souffle léger des balais
Le contrebassiste a voulu installer un climat apaisé où les tempos ne sont pas à toute allure. Autour de cette esthétique Blues, cet album n’invente rien mais nous emmène vers les racines du Jazz en toute décontraction, sans virtuosité.
Un enregistrement très sympa pour ceux qui veulent comprendre le cheminement de cette musique.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ CHUCHO VALDES

La musique Afro Caribéenne s’est appropriée les harmonies du Jazz, en les faisant danser sur des rythmes très variés. D’abord venus d’Afrique, ils ont été enrichis par les musiciens Sud Américains, qui en ont créé toute une panoplie comme le Boléro, la Timba ou la Guajira.
C’est ce à quoi s’est attelé entre autres, l’immense pianiste Chucho Valdés.
C’est en 1964, que ce pianiste enregistre sa première session intitulée “Jazz Nocturno”. “Nocturno” un thème au tempo tranquille, commence par quelques notes de flûte délicates, assorties d’accords de piano, auxquels se joint la mélodie au sax alto, dont la sonorité est proche de Paul Desmond.

“Mélodia en Abril” extrait de “Guapacha” montre que les artistes de latin sont imbibés de swing et de Jazz. Le chanteur présente le thème sur lequel la percussion accentue les deuxième et quatrième temps.
“Chachacha Be-Bop” s’ouvre par des notes Blues de piano, puis arrive un rythme à l’énergie incroyable, dont une séquence de scat enflammé. Au piano les flots de notes impressionnent.
“Canción Del Alma” est une séquence au cours de laquelle Guapacha montre sa technique.
Avec la chanson “Indestructible”, les musiciens reviennent à un rythme binaire dont on entend bien la syncope.

En 1976, Chucho publie “Piano I”, et captive par ses arpèges puissants et sa sonorité métallique. On entend dans le premier morceau “Son No.3”, une cellule rythmique en syncopes et des notes détachées qui s’envolent.
Chucho a le Blues bien ancré si on écoute “Son No.4”. Ses accords, sa façon de les plaquer, sa technique dans la densité des notes, montre l’influence de McCoy Tyner qu’on entend dans “Son No.5”. Les accords sont intenses, le rythme envoûtant. C’est la Soul qu’on entend sur “Son No.6”, une tourne funky et des notes qui me rappellent “Summertime”. Le pianiste sait jouer tous les rythmes, du swing au Bata, le mambo et autres rythmes variés de la musique latine.

La technique est impressionnante, les arpèges sont exécutés à une vitesse hallucinante au cours de “Contradanza No 1”.
“Mambo Influenciado” est un moment intense de séquences harmoniques jouées sur un rythme endiablé.

En 1981, le disque “Tema de Chaka” démarre par un thème au soprano dont les salves sauvages et les accords de piano nous percutent.
Ce pianiste s’adapte à tous les styles. “Zanzaith” sonne très smooth, le soprano a un son bien métallique et le piano déroule des flots de notes.
Sur “Triton”, on entend les couleurs latines d’un thème truffé de nombreuses mises en place. La percussion et la basse portent le rythme, le piano brûle de phrases rapides sur une harmonie de Blues Mineur.
“Son Para Leyanis” est un moment de piano solo, qui s’appuie sur une cellule rythmico mélodique jouée au piano aux phrases à la fois belles et d’une grande technique.

S’il est un grand virtuose, Chucho sait aussi capter l’émotion. Son opus signé “Invitacion” est empli de lyrisme. Il n’y a pas ici d’exploration rythmique, mais plutôt une recherche de mélodies touchantes.
En 1988, Chucho sort un autre album en solo intitulé “Lucumi”, où il peut captiver par les rythmes qu’il joue.

Chucho sait jouer le Jazz comme on peut l’entendre sur “Straight Ahead” en compagnie du trompettiste Arturo Sandoval. “Mambo Influenciado” est d’une énergie débordante. Sur un tempo à toute allure, la trompette déploie des phrases hallucinantes, le pianiste a toujours ce jeu percutant et flamboyant qui prend la forme de flots de notes renversants.

En 1998, c’est un retour aux rythmes Cubains avec le disque “Bele Bele en la Habana”. “Son Montuno” commence très fort par des mises en place rythmiques incisives et des accords tourbillonnants. Les accords viennent en cascade puis le rythme s’arrête. Seul au piano,Chucho ajoute des couleurs Blues. Les notes fusent, les arpèges sont des ouragans. Le morceau se conclut par un solo de percussion et de batterie ravageur.
Il me semble entendre du trois temps, sur la reprise de “But Not For Me”.
Le piano entraîne avec lui la rythmique sur “Con Pocco Coco”.
Le piano fait une véritable démonstration de technique hallucinante, sur “El Cumbanchero”.
En hommage aux femmes de Cuba, Chucho introduit seul la chanson “Tres Lindas Cubanas” au rythme cool et chaloupé.
Sur les syncopes de “La Sitiera”, le piano déverse une pluie de notes, tourne sur un motif au moment du solo de percussion.
Le pianiste est un jongleur des rythmes, doté d’un toucher puissant et maîtrisant les harmonies Jazz sur le bout des doigts.
La pièce finale “Los Caminos” tourne autour des percussions d’une pulsation qui se décompose en polyrythmie. Le piano plaque des accords avec une main gauche lourde et puissante.

En 1999, il enregistre “Briyumba Palo Congo”, qui s’ouvre par un florilège de rythmes intitulé “El Rambon”.
Une lame de fond harmonique et rythmique se lève, quand le pianiste interprète “Caravan” de Duke Ellington. La tension est à son apogée, le piano et la percussion sont en interaction totale.
Le musicien Cubain affectionne les introductions en solo, avant de lancer le rouleau compresseur sonore. “Ponle La Clave” est un torrent de virtuosité qui nous emporte, alors que “Rhapsody In Blue” est plus cool.

En 2000, il enregistre un live au Village Vanguard qui démarre par “Anabis” une composition faite de plusieurs mouvements. Si l’énergie est portée par la force des touches du piano et par la percussion, d’autres moments sont plus calmes.
La percussion est au coeur de cette musique, un véritable poumon qui insuffle la pulse. Le pianiste aime surprendre, explore les dissonances à la Monk, en incorporant de nombreux accords et faisant un clin d’œil à “Summertime”
L’éclectisme de Chucho s’entend dans son hommage à Bud Powell dans “Son XXI”. Les mélodies mettent de bonne humeur au fil des harmonies. Le charisme est monumental, chaque fois que la main gauche tape sur les touches.
Le musicien reprend “My Funny Valentine”, avec retenue justesse, accompagné par une percussion raffinée.
Montrant la variété de son jeu, Chucho joue Be-Bop pour son hommage à Bud Powell, en y insérant un clin d’oeil à “Oleo” de Sonny Rollins.
Toute une partie de cette interprétation est jouée en rythmes latins. Le pianiste change de registre, sortant des phrases typiquement Jazz pour aller vers le Sud Américain.
C’est la décontraction qui s’installe sur “Drume Negrita”, une séquence de groove discret avec en fond, un jeu de percussion léger.
Le pianiste reprend l’explosif “Ponle La Clave”, avant de conclure le disque par un Bolero intitulé “Encore-Lorraine’s Habanera”.

Le disque “New Conceptions” s’ouvre par “La Comparsa”, un morceau sur lequel Chucho délivre des phrases flamboyantes, mêlant accords et notes à toute vitesse.
La reprise de “You Don’t Know What Love Is”, est soutenue par une rythmique qui groove, le piano est toujours magistral, repoussant les limites techniques. Le saxophone alto va chercher des phrases qui usent du “In And Out “.
“Los Guiros” commence par une montée chromatique d’accords, ressemblant à ceux de Joe Sample sur Street Life”. La première partie est une suite d’accords portés par les rythmes de la percussion.
Après un solo intense au piano, arrive un autre rythme introduit par un motif au piano et à la contrebasse, puis une voix qui déclame un texte et chante.
Un souffle lyrique et émouvant se propage en écoutant “Nanu”. Les quelques notes au violoncelle sont des larmes venant amplifier la tristesse.
Le pianiste reprend “Solar” de Miles Davis, dont le thème est présenté par un sax ténor au son bien metallique.
C’est une chevauchée de notes époustouflantes sur le plan technique. Pendant une longue séquence, le pianiste lance de nombreuses notes tout seul avant que la percussion n’apparaisse.
Le groove est bien présent au cours de “Sin Clave Pero Con Swing”. Malgré le titre, les mises en place rythmiques fleurissent, le piano joue de longues séquences en accords.
En hommage à Duke Ellington, Chucho propose un mélange de plusieurs thèmes.

“Juntos Para Siempre” est un disque poignant, où Chucho joue avec son père Bebo. Au cours de cette rencontre, ce sont les mélodies qui sont mises à l’honneur. Dans ce disque, les pianistes évoquent la nostalgie comme dans “Descarga Valdes”. Ils alternent avec des morceaux enjoués.
Les couleurs Blues s’invitent au début de “Rareza Del Siglo”.
Père et fils jouent des airs assez doux tendres, apaisants, même si quelques envolées de notes élégantes surviennent au cours de “La Gloria Eres Tu”.

Le disque “Chucho’s Step” commence dans le groove par un thème intitulé “Las Dos Caras”, d’esthétique Soul Funk. La trompette et le saxophone jouent le thème doublé par la main gauche du piano. En solo, la trompette me fait penser à Roy Hargrove par les trajectoires et le jeu en double croches. L’exploration se rapproche du “In And Out”.
Après les solos, les percussions font un festival de polyrythmies, émaillées de mise en place de la trompette et du piano.
Sur “Danzon”, le pianiste s’amuse à varier entre un swing lent et un rythme latin tout aussi cool. Sur une cellule rythmique en boucle, le piano foudroie par sa main gauche ses cascades de notes. Le saxophoniste ténor s’emporte moins que le pianiste, même si la technique est présente.
Le groove fait son retour dans “Zawinul’s Mambo”. Pour rendre hommage à cet immense musicien fondateur de Weather Report, Chucho et ses musiciens citent pendant plusieurs mesures le thème “Birdland”. Le ténor dont la sonorité rappelle Wayne Shorter, déploie des phrases bouillonnantes, sans trop de respirations.
Le contrebassiste fait lui aussi un clin d’œil à “Birdland”. C’est un souffle de notes et de tournes rythmiques renversants qui viennent du piano. Le morceau se conclut par un solo de batterie, truffé des mises en place du piano et des cuivres.
Le thème suivant “Begin To Be Good”, est joué par la trompette sur un tempo médium, la propulse dans un solo, où le dédoublement est d’une précision terrible. Le piano comme la trompette sont animés par une quête de la mélodie.
Ça groove encore et toujours au cours du titre “New Orleans”, entre binaire ternaire. Trompette et sax reflètent le premier courant du Jazz, cette musique provenant des fanfares, des Marching Bands.
Chucho Valdes est un explorateur de rythmes et de sons. La façon de plaquer les accords est magique, le virage qu’il donne à ses phrases est toujours une surprise, tout comme les voix et la percussion qui captivent.
C’est le Blues et les accents Folk qui dominent sur le morceau “Julian”.
Le disque se conclut par la composition “Chucho’s Step”, articulée autour d’une polyrythmie. La mélodie des cuivres transmet de bonnes ondes. Au saxophone, les phrases sont toujours très Jazz, révélant une belle technique. La trompette a elle aussi le discours fluide, aux notes ciselées et bien déliées.

Comme autre disque palpitant, vous pouvez écouter “Jazz Bata 2” de 2018, qui commence par un long morceau de douze minutes. Les accords de piano ainsi que les voix cherchent le spirituel le transcendant. Sur un rythme simple de percussion, c’est une irradiation mélodique de la part du piano. Si les notes de l’archet évoquent la peine, le pianiste déroule des flots de notes, tels des ouragans.
On entend les errements du piano et les grondements de la contrebasse, en ouverture de “Son XXI”, sans doute pour faire ressentir l’abstraction et le mystérieux. Les sons nous percutent en ces premiers instants. Un motif légèrement dissonant est alors lancé, le piano part dans des phrases virevoltantes.
“Luces” est reposant dégageant de la tranquillité, Chucho peut jouer aussi bien un thème typiquement latin avec des polyrythmies et jouer en swing.
Le violon chante et s’envole sur “Ochun”, un thème plein d’espérance.
Un motif en pentatoniques est joué au piano et à la contrebasse, dans le thème “Chucho’s Mood”.
De la nostalgie et de la tristesse s’expriment au cours de “100 anos de Bebo”. Pour son père Bebo, immense pianiste lui aussi, Chucho a écrit une mélodie lyrique, entre latin et musique classique jouée au violon
La chaleur latine revient sur “El Guije” et ses rythmes toujours nombreux et variés. Cette composition allie les notes lourdes et percussives à des percussions d’une grande légèreté.

En 2016, Chucho joue à Marciac en hommage à l’un des groupes de musique Cubaine qu’il avait créé avec Paquito D’Rivera et Arturo Sandoval.
On entend le rôle central de la percussion qui installe le rythme sur lequel viennent s’ajouter le piano, la basse, puis les cuivres qui atteignent un degré de synchronisation .
Le pianiste interprète un thème de tango dont on entend les interventions légères de la percussion.
“Congadanza” illustre à nouveau la précision des placements rythmiques des cuivres et des accords de piano. Le saxophoniste ténor a un jeu aux débits explosifs, comme le fait le pianiste.
Les harmonies sur “Afro-Comanche”, mélange syncopes latines et ternaire.
Sur ce rythme entraînant, le piano se distingue par les harmonies presque Coltraniennes. Rondes et fluides, sont les notes de la contrebasse.
Les percussions partent dans un solo de plusieurs minutes qui envoûte.
Chucho maîtrise décidément les différents rythmes. C’est un moment incroyable de groove collectif sur “Afro Funk”, sa partie de basse et ses parties de cuivre syncopées.
Le disque se termine par des rythmes, toujours autant variés et entraînants. C’est une impression de suspense qui se dégage de la partie de basse électrique et des riffs. L’alto fait monter la température, joue des phrases intenses et brûlantes. Chucho jongle entre les notes, cet acrobate des phrases et rythmicien hors normes. La main gauche ponctue souvent les phrases.
Au cours de ce solo, le pianiste reprend le thème en cinq temps “Take Five”.
Maîtrisant de nombreux rythmes, il peut les combiner avec des métriques complexes. Une fois ces tornades de solos passées, le chant est une évasion sonore accompagnée des percussions qui jouent de plus en plus intensément.
Puissant en accords, virtuose en phrases, Chucho est non seulement un musicien de Jazz, mais sait le marier à tous les rythmes de l’Amérique latine.
Depuis soixante années, Chucho s’amuse avec les polyrythmies et part dans des improvisations qui ne laissent jamais indifférent. Malgré cette virtuosité débordante, il provoque l’émotion sur des morceaux énergiques comme sur des morceaux plus doux. Héritier de deux cultures, ce musicien incontournable fait vivre ce patrimoine depuis plusieurs décennies.