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ACTU CONCERT/ STEVE COLEMAN

STEVE COLEMAN AND REFLEX/ NEW MORNING/ 12 décembre/ Reporté

Steve Coleman est un des grands aventuriers du rythme. Sideman de Dave Holland dans les années 80, le jeune saxophoniste est mis à l’épreuve sur des rythmes complexes et des métriques hors du commun. Continuant ces explorations en leader, le saxophoniste alto dirige des groupes, comme les Five Elements et M-Base. Il devait se produire, le 12 décembre prochain au New Morning, mais une personne de l’équipe de cette salle, m’a informé du report du concert. Ce musicien fortement imprégné de be-bop, et de groove est très ancré dans le Hip Hop et le Funk. Pour vous faire une idée de l’univers musical, écoutons quelques séquences de l’album par lequel j’ai découvert ce musicien inclassable. « Curves of Life », live de 1995 fut enregistré au Hot Brass de Paris. Le premier morceau « Multiplicity of Approaches » démarre fort, avec une basse flamboyante qui mène le rythme. Les notes de sax alto, sont par moments dans l’harmonie parfois « out ». Le morceau « Country Bama » est une déflagration sonore entre le solo d’alto éblouissant et le ténor de David Murray étourdissant. L’impro finale collective avec les deux sax est comme un feu d’artifices. La version de « Round Midnight » est jouée sur un rythme Funk à la métrique déconcertante probablement en cinq temps. Le claviériste joue un solo aux accords dissonants placés avec subtilité. « Drop Kick » est le moment du disque où le groove est à son apogée. Le saxophoniste s’amuse avec les notes et le rythme, se promène au cœur de l’harmonie. Le clavieriste ponctue ses phrases de voicings percutants. Après un solo conjoint de batterie et de basse électrique, les dernières minutes sont chantées. Un scat envoûtant est d’abord doublé par la basse électrique qui slape avec délectation, pour ensuite être entonné à plusieurs. « The Gypsy » est jouée en toute intimité par le sax et le clavier au cours d’une conversation sobre élégante et romantique. David Murray revient sur le dernier morceau « I’m burnin up » avec une expression proche du Free. L’ombre d’Albert Ayler plane elle peut être sur lui? Sur une métrique complexe, il fait monter la tension. Place ensuite, aux phrases chantées, dans un esprit Rap qui mettent le feu dans l’assistance. Ce magicien des rythmes, vous fera groover à travers des métriques complexes et des harmonies tortueuses. Le saxophoniste qui devait être entouré de la talentueuse Selene Saint Aimé à la contrebasse et de Damion Reid à la batterie, jouera peut être au mois d’avril.

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