ACTU CONCERTS/ HOMMAGE A FRANCOIS CHASSAGNITE

Un concert sera donné vendredi et samedi en hommage au regretté François Chassagnite, qui reste sans doute comme l’un des plus célèbres des trompettistes de Jazz en France. Le son feutré témoigne d’une filiation avec Chet Baker. Ancré dans la tradition du Be-Bop et du Post Bop ses phrases reflétaient les périodes du Jazz moderne. Le Nice Jazz Orchestra dirigé par le saxophoniste Pierre Bertrand, invite des solistes de grande qualité pour honorer ce trompettiste qui joua dans des formations prestigieuses comme l’ONJ ou le Big Band Lumière de Laurent Cugny. Si vous écoutez la composition « Phalene », vous aurez une idée précise de la musique qui sera jouée vendredi 24 et samedi 25 septembre. En effet, le Jazz est celui des grands maîtres qui ont gravé les plus belles sessions du label Blue Note. En écoutant le trompettiste, cela m’évoque Freddie Hubbard et Lee Morgan. Le pianiste se rapproche de Mcoy Tyner par les voicings puissants. Le batteur lui aussi s’imprégne de l’immense Elvin Jones. Le saxophoniste et chef d’orchestre Nicois s’entoure pour ce bel hommage de sidemen talentueux, comme le trompettiste Anders Bergcrantz Anders Bergcrantz Fan Page, Christian Pachiaudi, Alain Aspalnato et Fred D’Oelsnitz, pianiste favori du trompettiste. Le quintet sera entouré d’un Big Band aux arrangements euphoriques et énergiques.

ACTU JAZZ/ « RESPECT »

Aujourd’hui sort sur les écrans, le biopic de celle qui est considérée comme la plus grande chanteuse de Soul. Le film « Respect » retrace la vie d’Aretha Franklin « The Queen Of The Soul ». Née en 1942, elle chante très tôt dans les Églises comme choriste de gospel. Sa maman l’initia au chant et au piano. Dans sa jeunesse et tout au long de sa vie, elle s’engagera pour les Droits des femmes et pour la communauté Afro Américaine. Ses chansons sont des standards du répertoire. « Respect » est aussi le titre d’un de ses morceaux les plus connus. Dès le début, elle épele les lettres avec un groove d’enfer. Aretha est interprétée dans le film par la chanteuse Jennifer Hudson. Le film retrace son épopée musicale ainsi que certaines périodes compliquées de sa vie privée. Elle partira en tournée chanter le Gospel et deviendra une des plus grande chanteuses de la Soul Music. Le film regroupe des artistes célèbres comme Forest Whitaker qui joue le rôle du père d’Aretha et Mary J Blige qui interprète la chanteuse de Jazz Dinah Washington. La performance de Jennifer Hudson pour interpréter la reine de la Soul, semble aux vu de la bande annonce magistrale !

ACTU JAZZ/ SORTIE ALBUM /ELIANE ELIAS

La pianiste Brésilienne invite sur son dernier opus l’immense Chick Corea disparu l’hiver dernier. Pour cet album qui s’intitule « Mirror’s Mirror », les deux pianistes forment un duo de grande classe sur un standard de Chick « Armando’s Rhumba ». Les flots d’arpèges sont d’une grande densité se rapprochant de la musique baroque. Sur cette mélodie proche du Tango contenant de multiples accents nostalgiques, l’écoute mutuelle est grandiose. Chick Corea expose le thème assorti d’arpèges virevoltants. Moment magnifique lorsque la pianiste Brésilienne attend que Chick Corea finisse sa phrase pour poursuivre l’élan de l’improvisation à 1’50. Sur ce rythme sautillant et joyeux, Eliane Elias Eliane Elias Music montre son enthousiasme de dialoguer avec ce géant du piano. L’histoire qu’ils racontent à deux transmet un dynamisme débordant! Vous pourrez écouter ces morceaux doux et savoureux à partir du 10 Septembre.

ACTU JAZZ/ SORTIES ALBUMS

On ne le présente plus, celui qui écrit les plus belles pages de l’histoire de la guitare Jazz depuis près de cinquante ans. L’immense Pat Metheny revient avec son dernier album « Side Eye-NYC ( V1-IV) » dans quelques semaines. Intitulé « It Starts When We Dissapear » le morceau en écoute est joué avec un rythme binaire effréné. On entend la cymbale frétiller, des nappes de synthé grincer et des accords de guitare au son chaud et grave. Les accords de la six cordes et ceux du clavier installent le décor harmonique d’où se lance le guitariste. Pat joue des notes de velours hautement lyriques. Les nappes de clavier se posent avec délicatesse à 3’29. Avec une rythmique galvanisée, la guitare joue une autre partie très mélodique à partir de laquelle le piano s’envole en solo. La technique, le placement les phrases sont absolument renversantes. Le morceau rappelle l’univers du Pat Metheny Group même si Lyle Mays manque énormément. Le guitariste démarre son solo sur une séquence bien Bluesy. Son toucher limpide et son discours basé sur une approche très chromatique lui permet d’aller où il veut. Après la fougue du solo de guitare le groupe tisse un climat apaisant jusqu’à la fin. Sans informations sur les musiciens, la batterie doit être tenue par un complice de longue date Antonio Sanchez . Le clavier et piano est sans doute joué par Gwilym Simcock. Cet album enregistré en Live sort le 10 septembre. Un tout autre projet beaucoup plus intimiste est celui du contrebassiste Marc Johnson, Marc Johnson Bassist Le pianiste Bill Evans l’avait choisi en 1978. Véritable esthète il recherche sans cesse la mélodie dans l’accompagnement ainsi que dans l’improvisation. Son dernier album sort à la fin du mois. Il semble être tout seul sur ce projet. Jouant rubato le contrebassiste nous emmène vers des horizons sombres avec sa reprise du thème « Nardis » que l’on attribue à Miles mais qui fut écrit par Bill Evans. Notez son échappée à 3’53 qui est tout simplement magique. Les notes sont belles le jeu est émouvant. On vous reparlera de ces deux projets bientôt!

ACTU JAZZ/ SORTIES ALBUMS/ GEORGE CABLES/ MIKE LEDONNE

Le label High Note publiera prochainement le nouvel album du pianiste George Cables. Accompagnant entre autres Art Pepper ou Freddie Hubbard, le pianiste Américain a toujours eu un jeu imprégné de Hard Bop, d’autant qu’il accompagna Art Blakey et les Jazz Messengers au début des années 70. Cet album « Too Close For Comfort » est issu d’un travail important d’explorations qu’il réalisa pendant la crise du Covid. Avec ses compagnons Essiet Essiet à la contrebasse et Victor Lewis à la batterie, le pianiste nous surprendra par son originalité harmonique. Signant quatre compositions, Georges Cables reprend trois standards avec délicatesse et swing enivrant. Les deux morceaux qu’il reprend de Bobby Hutcherson sont un hommage à ce vibraphoniste qu’il eut la chance d’accompagner. Le second artiste que nous évoquons est Mike LeDonne, un organiste qui publie un album enregistré en Big Band et en quartet intitulé Italien Your Fault ». Incandescence Swing et Chaleur caractérisent le projet de cet organiste, qui depuis plus de vingt cinq ans, marche sur les traces de Jimmy Smith en perpétuant cet esprit de la Soul Jazz et du Hard Bop. Le swing est pétillant sur la reprise du standard Soul Funk de Michael Jackson « Rock With You ». En quartet avec Eric Alexander Peter Bernstein et Joe Farnsworth, l’organiste garde son dynamisme. Habité par le Blues, Mike LeDonne est fidèle à un Jazz dynamique et optimiste. Cet album publié chez Savant, sortira le 9 juillet tout comme le disque de George Cables. Je vous laisse en compagnie de « Circle of Love » un très joli thème en trois temps du pianiste et pour l’organiste je vous propose le morceau « Rock With You » évoqué plus haut.

ACTU JAZZ/ SORTIE ALBUM/ MILES DAVIS

En septembre prochain, nous célébrerons les trente ans de la disparition du plus grand trompettiste de l’histoire du Jazz. Vous aurez sûrement compris qui nous évoquons ce soir. Vendredi 25 juin, est publié en CD et vinyle un des derniers concerts donné par Miles Davis au Théâtre antique de Vienne le 1er juillet 1991. A cette époque, le répertoire de ce géant est un mélange de Jazz Funk de Rock et de Pop. Nous connaissons le « Live Around The World » de 1989 publié chez Warner Bros. Nous avions les cocottes funky de Foley Mcreary, les salves de feu du clavieriste Kei Akagi, les tornades de Ricky Wellman et les envolées de Kenny Garrett. Nous pouvons nous attendre à la même ambiance sur ce live qui sort en fin de semaine. En ouverture vous aurez droit à la magnifique mélodie « Human Nature » de Michael Jackson, pendant de 18 minutes. Foley Mcreary déroule une cocotte chaleureuse sur laquelle la trompette au son feutré vient groover sur la frappe fine du batteur Ricky Wellman. Aux alentours de la quatrième minute, le tempo s’accélère, le clavieriste pose des accords mystérieux sur des mouvements chromatiques. La trompette de Miles prend par moments des couleurs orientales. Il joue des motifs courts pendant de longues minutes et lance Kenny Garrett sur le chemin du solo. Progressivement l’alto s’enflamme et fait monter la température. La section rythmique rentre en ébullition durant les trois dernières minutes. L’ambiance est très électrique. Comme autre standard, vous écouterez le titre phare de Cindy Lauper « Time After Time » qui exprime regrets, nostalgie et blessures. Parmi les autres morceaux, nous trouverons quelques compositions de Marcus Miller « Amandla » et « Hannibal ». Sur ce morceau, le slap de basse de Richard Patterson claque, la trompette joue la première partie d’une mélodie simple avant que la suite ne soit jouée à l’alto. Kenny Garrett s’élance à nouveau dans un solo aux motifs pétris de Blues. Miles reprend aussi deux compositions de Prince « Penetration » et « Jailbait ». Vivement que nous puissions écouter ce cocktail fait de groove et de sons Rock à l’énergie débordante. Pour les amateurs du trompettiste et de sa seconde période électrique, le disque sera dans les rayons vendredi.

ACTU JAZZ/ HOMMAGE SUITE/ STAN GETZ

Il y a trente ans jour pour jour, celui qu’on surnommait « The Sound » nous quittait. Le 6 juin 1991 le saxophoniste ténor l’un des plus grands de l’histoire du Jazz, était emporté par un cancer du foie. Multipliant les collaborations tout au long de sa vie il était en quête de partage avec les musiciens et s’intéressait à tous les styles de Jazz. Écoutons ce magnifique morceau composé par Jimmy Rowles, que le saxophoniste interprète avec Bill Evans en 1974. Le sax enrobé par les accords du pianiste atteignent des sommets de lyrisme et d’émotion d’une rare intensité. Le souffle de Stan Getz sur son instrument, les accords de Bill Evans évoquent les blessures auxquelles l’un et l’autre ont été confrontés. Leur sonorité exprime une fragilité, à laquelle nous ne pouvons rester insensibles.

ACTU JAZZ/ HOMMAGE A STAN GETZ/ GETZ MEETS MULLIGAN

Sur le label Verve, le saxophoniste multiplia les rencontres avec des artistes tout aussi grandioses. C’est au producteur Norman Granz, que l’on doit ces réunions au sommet. Parmi elles, je vous propose la session de Stan avec Gerry Mulligan en 1957. Cette année là le ténor joua aussi avec Jay Jay Johnson et on trouve au piano Oscar Peterson. Avec le baryton, les phrases s’emmêlent et témoignent d’une complicité entre Gerry et Stan. Le baryton de Mulligan est bien rond crépite et se marie bien avec le son fin du ténor. Entre ballades comme « Too close For Comfort » et « Ballad », et tempos plus rapides comme sur « Anything Goes » le répertoire est au carrefour entre Swing, Cool et Be-Bop. Écoutons « Scrapple From The Apple » de Charlie Parker sous les feux croisés du ténor et du baryton. Sur un tempo up, les deux sax présentent le thème. Ils jouent une partie qu’ils ont arrangée avant de se lancer en impro. C’est Gerry Mulligan qui part le premier en improvisation pendant quatre grilles. Le son est souple rond. Stan Getz commence calmement avec des phrases en croches qui swinguent et puis à la troisième grille, s’envole. Le pianiste Lou Levy léger dans son toucher à le tempo solide. Viennent ensuite des échanges de solos entre Gerry Mulligan et Stan Getz puis des solos de batterie assez courts. Le saxophoniste ténor a un swing enthousiasmant et enflammé sur ce standard de Charlie Parker. Stan Getz c’est aussi cette joie de partager l’affiche avec des artistes tout aussi prestigieux.