L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ CASSANDRA WILSON (1955-2026)

Elle nous a quittés récemment, Cassandra Wilson était une des plus grandes chanteuses de la scène actuelle. Sa voix unique, écorchée, blessée mais à la résonance hors du commun, avait toujours un impact émotionnel notable.Jazz Blues Gospel Folk, la vocaliste a exploré ces différents styles en pouvant passer de l’un

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ ULYSSES OWENS JR AND GENERATION Y/ KIND OF GRUNGE

C’est en 2015, que je découvre le batteur Ulysses Owens Jr aux côtés du jeune prodige Indonésien, Joey Alexander. Dans le premier album du pianiste intitulé “My Favorite Things” qui suscita immédiatement la surprise et l’émerveillement, le batteur et le contrebassiste Larry Grenadier, forment une section rythmique à toute épreuve.L’album

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

De Nat King Cole à Billie Holliday, c’est le Jazz des grands interprètes que le groupe March Mallow célèbre. Dans ce répertoire les mélodies swinguent et d’autres sont plus émouvantes comme les ballades.March Mallow Quartet est composé de la chanteuse Astrid Veigne, entourée du guitariste Eric Doboka, de Christian d’Asfed

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Jazz

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS /

Dans les régions en province beaucoup de concerts se déroulent dans des clubs conviviaux. En début de semaine j’ai assisté à un concert du batteur Joe Farnsworth. Entouré de Wallace Roney Patrick Maradian et Olivier Truchot, ces messieurs ont donné un concert de folie explosif imbibé de Soul Jazz. Le batteur commença la soirée par le morceau « Milestones » sur un tempo très élevé. Le 18 juin dans la même salle le guitariste Américain Peter Bernstein passe au Club 27 célèbre boîte de Jazz à Marseille. Jouant sur une demi caisse

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ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS/

On commence la présentation des concerts par du Jazz manouche le samedi 10 et dimanche 11 juin à Forbach dans la Moselle. Trois beaux concerts se dérouleront sur samedi et dimanche. Vous pourrez voir entre autres le guitariste Steve Reeinhardt et Stochelo Rosenberg. Le premier swingue avec ses trois compagnons, le contrebassiste un autre guitariste. On peut voir des extraits de ce groupe jouant « All Of Me ». Samedi Steeve sera accompagné d’un autre guitariste Tchavolo Schmitt et du violoniste Costel Nitescu. Ce dernier virtuose du manouche est au même rang

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ACTU CONCERTS/ FJ5C

L’autre jour, nous vous présentions les concerts de Juin dans les villes des Bouches du Rhône. Cette série de concerts a pour nom Parcours Metropolitain. Ce soir on continue avec la programmation de Juillet. Dans les vieux quartiers de Marseille, les scènes se sont multipliées depuis plusieurs années. Du Palais Lonchamp site originel, le Festival se déroule depuis une dizaine d’années dans des lieux culturels comme pla Vieille Charité, le Musée des Civilisations Européennes et de la Méditerranée (MUCEM) et le Théâtre Sylvain, cette année deux nouveaux lieux l’Abbaye de

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ACTU CONCERTS/ FJ5C/ LA PROGRAMMATION DE JUIN

Le Festival connaît un essor important depuis une dizaine d’années par la multiplication des scènes. En effet le Palais Lonchamp n’est plus l’unique site où se déroulent les concerts. Le Théâtre Sylvain, la Vieille Charité le Mucem autant d’endroits que de styles proposés par ce Festival. Avant les concerts de Juillet le Festival vous propose une série de concerts qui émaille le mois de Juin. À Cassis demain soir, c’est un trio insolite qui réalise la rencontre entre la poésie et la lecture de « l’Intranquillite » de Pessoa et le duo

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NOUVEAUTÉ ALBUM/ SALT CATCHERS/ ANDY SHEPPARD RITA MARCOTULLI MICHEL BENITA

Chez Andy Sheppard, la dimension poétique est largement présente, voire intrinsèquement liée à sa conception esthétique.

Ayant joué avec les plus grands du Jazz, le saxophoniste Anglais se caractérise par sa délicatesse et son sens de la sobriété. 

Le trio expose “Elevation”, un thème soyeux, délicat, sublimé par les accords de Rita Marcotulli et les notes de Michel Benita. Le toucher de ces deux instrumentistes est si pur et les notes si souples, que le saxophoniste les effleure naturellement.

L’émotion n’en est que plus belle, quand les trois musiciens interprètent un des chef d’oeuvre de Carla Bley intitulé “Lawns”. Une sensibilité extrême se ressent encore plus au sein de ce trio, quand on pense que le saxophoniste fut aux côtés de cette grande dame du Jazz moderne. J’aime ce climat d’apaisement qui se déploie tout au long du disque.

La musique du trio vient panser des maux des douleurs, comme je le ressens dans le thème “Salt Catchers”, lumineux et optimiste.

La virtuosité n’est pas la question, seule l’esthétique mélodique prime et les harmonies nous réchauffent. Le toucher est en velours, la sensibilité de la pianiste est hors du commun.

Au cours de la composition “Salgado”, le motif joué par la contrebasse et le piano révèle la symbiose.

Écoutez la finesse des accords de piano et la patte de velours du contrebassiste Michel Benita.

Les arpèges sur “Those That Left” traduisent les errances l’espace et la froideur.

Si les thèmes se ressemblent beaucoup ce projet “Salt Catchers” est une célébration du calme de la sérénité. 

Cet album quelque peu monotone où la dimension rythmique n’est pas essentielle propose tout de même des moments mélodiques très agréables.

Malgré la linéarité, on apprécie le minimalisme des notes, le langage épuré le dialogue entre les instrumentistes.

Si “Salt Catchers” ne révolutionne rien en matière harmonique ni rythmique, il apaise énormément l’auditeur et suscite chez lui  l’imagination.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ EN PLEIN FREE/ORNETTE COLEMAN

ORNETTE COLEMAN/ THE SHAPE OF JAZZ TO COME En 1959, le saxophoniste altiste est un des précurseurs d’une nouvelle voie dans le Jazz. Les musiciens ont acquis pour la plupart le langage Be-Bop et ses phrases chromatiques qui permettent de naviguer d’accords en accords. Vers la fin des années 50,

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LE LATIN JAZZ/ DIZZY GILLESPIE/ AFRO

Les musiciens de Jazz ont toujours eu une attirance pour la musique latine et sont très tôt allés puiser les rythmes binaires des morceaux Cubains. Dizzy Gillespie co-fondateur du Be-Bop avec Charlie Parker, vient comme son ami aux rythmes ensoleillés. Le sax alto a enregistré des sessions magnifiques avec Machito.

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LES RACINES: LE BLUES/B.B KING

Parmi les légendes du Blues, parlons d’un des plus célèbres guitaristes de cette musique. B.B King est peut être le plus connu du grand public. Originaire du Mississippi, Riley King baigne dans le Gospel dès son enfance. C’est sous l’aile du cousin de sa mère, Bukka White que le jeune

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LES RACINES: LE BLUES/ MUDDY WATERS

Le Blues est comme nous l’avons vu précédemment une musique qui vient des tripes et jusque là, nous avons écouté les pionniers. Jouant avec feeling et émotion, le Bluesman nous fait ressentir avec quelques notes seulement, quelque chose de difficilement definissable et nous pique à vif. Parmi les piliers de

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LE JAZZ ROCK/ TONY WILLIAMS

DE L’ÉLECTRICITÉ DANS LE JAZZ/ TONY WILLIAMS LIFETIME/ EMERGENCY Tony Williams véritable pierre angulaire du second quintet de Miles Davis, fut un des chefs de file du nouveau mouvement qui touche le Jazz à la fin des années 60. En compagnie de John Mclaughlin et de Larry Young, il propose

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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ CASSANDRA WILSON (1955-2026)

Elle nous a quittés récemment, Cassandra Wilson était une des plus grandes chanteuses de la scène actuelle. Sa voix unique, écorchée, blessée mais à la résonance hors du commun, avait toujours un impact émotionnel notable.
Jazz Blues Gospel Folk, la vocaliste a exploré ces différents styles en pouvant passer de l’un à l’autre.

“Point of View” en 1986 est son premier album. Elle n’est pas mise avant comme on peut l’entendre habituellement dans les disques de chanteuses.
Entre Hard Bop, Funk et Free, le projet est très intéressant et mérite le détour. C’est une réalisation en compagnie du saxophoniste altiste Steve Coleman qui fut son premier mari.
À cette période, ils expérimentent le Jazz moderne, dont les phrases intenses reflètent cette envie de créer un univers sonore nouveau.
Si le style du guitariste Jean Paul Bourrely n’est pas trop approprié à l’esprit de la musique que joue ce groupe, j’aime les arrangements et le timbre de la chanteuse.
Cette envie d’innovation de créer une nouvelle voix, s’entend dans le premier titre “Square Roots”.
Sur “Blue In Green” repris en swing, le tromboniste Graham Moncur III prend rapidement son envol en amenant respiration et profondeur.
Le groupe cherche, explore des harmonies étranges, comme on peut écouter au cours du titre “Never”.
La trajectoire est souvent tournée vers le Free Jazz, par le côté incisif et âpre des mélodies et des improvisations dans lesquelles les tensions et dissonances sont nombreuses.
Si le premier album ne met pas en valeur la chanteuse, elle montre dès le début de sa discographie, un goût pour le risque sur le plan harmonique, mélodique et rythmique.
Avec le batteur Mark Johnson et le contrebassiste Lonnie Plaxico, le groupe part à l’aventure, la routine n’a pas sa place, la remise en question est permanente.
Cette voix envoûte, surprend et interagit à merveille avec les solistes.

Chez cette artiste, aucun projet ne sonnait comme le précédent ou celui qui suivait. L’éclectisme et la curiosité l’ont toujours animée. Elle publie son second album intitulé “Days Aweigh”en 1987.
L’album commence par un thème aux accents Reggae et Rock, intitulé “Electromagnolia” chanté dans un climat cool. L’arrangement qu’elle fait du standard “Let’s Face The Music” monte d’un cran en termes d’intensité. Sur un tempo up swing, la trompette rayonne par sa fluidité, la rythmique avance avec puissance. Les dissonances de la composition “Days Aweigh”, surprennent d’autant que le son des instruments et de la voix sont transformés par des effets électroniques.
“Subatomic Blues” donne le sentiment que chaque musicien joue chacun dans son couloir tout en interagissant avec les autres. Dans ce morceau, le groupe parvient à un interplay surprenant.
Quelle folie et audace au cours du thème “Apricots on Their Wing”, foisonnant de subtilités rythmiques. Cassandra montre plusieurs facettes de sa voix, dont la folie et l’inventivité culminent grâce aussi à une section rythmique qui varie sans cesse sa façon d’accompagner.
C’est un swing qui n’est pas rapide mais pétillant proposé par la chanteuse et son équipe.

Aux côtés de Steve Coleman, la trajectoire artistique de Cassandra ne pouvait qu’être fortement imprégnée de ce Hard Bop, teinté de Free aux rythmes groove et binaire.
D’album en album, Cassandra aime travailler et chercher des sonorités nouvelles rugueuses enracinées tout de même aux sons du Blues et de la Folk.

En 1988, elle réalise “Blue Skies”, où là encore, l’équipe qui l’entoure est le gratin du Hard Bop moderne. Terri Lyne Carrington à la batterie, Mulgrew Miller au piano, Lonnie Plaxico sont au swing ce qu’une Ferrari est à la voiture de luxe. Le disque est composé exclusivement de standards arrangés sur le plan harmonique et rythmique.
Au cours du titre éponyme, la chanteuse cherche des nouvelles couleurs en s’exprimant en scat sur cette ligne rythmique qui avance bien droit.
Avec sa voix feutrée, la chanteuse ressent le swing avec aisance, modifie même quelques notes des thèmes, montrant ainsi son sens de l’interprétation.
Le groupe reprend “Polkadots And Moonbeams” en trois temps. On savoure une section rythmique qui joue en toute finesse, un pianiste qui déroule un jeu fluide, une ligne de contrebasse en rondeur et le drive de batterie de Terri Lyne Carrington souple et léger.
Le groupe créé de l’espace et respire lorsqu’il reprend “I’ve Grown Accustomed To His Face”. Entre séquences aérées et rythmes plus entraînants, Cassandra et son quartet de haut vol, sont tout à fait dans l’esprit du répertoire traditionnel.
La section rythmique piano contrebasse, respecte l’esprit du swing et puise dans le Blues quand on écoute l’introduction de “Gee Baby Ain’t I Got To You”.
Lonnie Plaxico sculpte les notes à l’aide de son archet en y mettant du lyrisme et de la poésie.
En ouverture du standard “I’m Old Fashioned”, seules la voix et la batterie sont présentes. À la voix, le thème puis l’envol du piano ponctué d’improvisations à la batterie.
“Sweet Lorraine” est une conversation entre la chanteuse et son pianiste.
Autour des accords et des motifs Blues, la chanteuse sème ses notes romantiques à souhait dans “My Sweet Lorraine”. Au cours de “My One And Only Love”, la chanteuse scatte sur les notes du thème en dansant sur la ligne de contrebasse. Quand la batterie et le piano se mettent dans la danse, le swing devient flamboyant. Le morceau se conclut comme il a commencé simplement, par le duo voix et contrebasse.
“Autumn Nocturne” illustre toute l’étendue du sens des nuances chez ces musiciens.
L’album se conclut par une version en trio du morceau “Blue Skies”. Contrebasse et batterie nous emmènent et nous entourent.

En 1990, l’album “Jumpworld” laisse entendre du Funk, du groove, mais aussi des mélodies plus ancrées dans la musique Africaine.
Les envolées du saxophone alto flirtent avec le Free Jazz, même si le groove ressort du titre “Woman On The Edge”, truffé de syncopes et de mystère. La trompette s’envole en installant un climat des plus étranges.
Les accords de piano, la batterie et la contrebasse nous immergent de groove au cours de “Domination Switch”. Avec comme complices Greg Osby et Steve Coleman, la chanteuse est en recherche perpétuelle.
“Phase Jump” est une sacrée dose de groove, telle une interlude et sur
sur “Lies”, le groove de la basse est un régal de mise en place et de groove.
L’auditeur ne peut être que touché par la sensualité vocale de Cassandra.
C’est un genre nouveau que la chanteuse explore depuis son premier disque. Le groupe poursuit une vision esthétique où le Jazz Funk et les éléments du Jazz acoustique Hard Bop sont un cocktail donnant lieu à un mélange explosif qu’on entend au cours du titre “Jumpworld”. On entend du Hip Hop, le chant transmet une énergie de folie avec en fond un alto et du rap énergique.
Le mystère de l’alto mêlé à la voix grandiose se poursuit sur “Love Phase Dimension”
C’est une intensité rythmique et des envolées prenantes, intenses sur “Watm Spot”.

En 1991, “She Who Weeps” s’ouvre par la composition “Iconic Memories”, un thème galvanisé par un groove de haute maîtrise se situant entre binaire et ternaire, émaillé de nombreuses mises en place syncopées. On écoute la chanteuse scatter en gardant cette pulse entraînante.
Quand elle reprend “Chelsea Bridge”, sa voix portée par un swing léger envoûte et hypnotise.
“Out Loud” est un exemple parmi d’autres, des explorations rythmiques dans lesquelles s’élance la chanteuse. En comptant, il me semble que la métrique est impaire compte 7 temps.
L’ambiance cool et Bluesy de la chanson “She Who Weeps” donne lieu à un très joli solo de guitare, même si la voix est reine.
La chanteuse s’envole au cours du titre “Angel”, dont le swing est mené avec élégance par la section rythmique.
Si sa reprise de “Body And Soul” inclut les mises en place de Coltrane, l’harmonie s’éloigne puis revient. La voix est si élégante, les paroles sont susurrées, la voix atteint des sons tout à fait uniques.
En clôture de cet album, “New African Blues” est encore une belle séquence de swing, laissant savourer la grandeur vocale de cette artiste.

“Dance To The Drums Again” en 1992 démarre par un titre au rythme cool, dont la mélodie va droit à l’émotionnel et aux sentiments.
Le disque est empreint de Soul de Blues au groove puissant.
Appréciez les côtés Hip Hop avec “Rhythm On My Mind”.
Dans “Nothing But A Thang”, la basse et à la batterie ont un sacré groove qui vous entraîne sur une métrique qui semble t il est en 7/4. Le Blues habite la chanteuse au cours de “Nothing But A Thang”.
Apaisante est la chanson “Another Rainy Day”, suivie du bijou de cet album la reprise “Amazing Grace” où les espaces la profondeur est grandiose.
En duo simplement,le piano joue des accords tout à fait novateurs par rapport à l’harmonie de base. “Dance To The Drummer Again” est une invitation à la méditation à la spiritualité, le dialogue entre la voix et la batterie.
Improvisatrice comme l’est un instrument, Cassandra Wilson est une chanteuse et musicienne. Sa voix est un instrument à part entière.

Après avoir parlé de ces cinq premiers albums en profondeur, je vous parle des albums suivants en revenant sur les quelques perles de la suite de sa carrière.

Dans les années 90, la chanteuse signe chez Blue Note en prenant une voie plus Blues et Folk.

“Blue Light Til Dawn” en 1993 démarre par une sublime interprétation de “You Don’t Know What Love is”, réharmonisée et sublimée par un grain de voix soulignant le romantisme et la blessure.
Si en arpèges, l’originalité est au rendez-vous, la voix évoque le mystère par ses couleurs. J’aime le violon et son extrême sensibilité, déposant les notes telles des larmes sonores. De l’émouvant, la vocaliste peut passer à un registre Bluesy mais plus optimiste.
Entre Blues et Folk, on entend dans ce disque l’inspiration, le retour aux sources dans les morceaux comme la séquence de percussion “Estrellas” et le titre Redbone”.
L’idée des différentes voix sur “Estrellas” est très intéressante. Dans cet album, on trouve également une magnifique version de “I Can’t Stand The Rain”.

En 1995, elle publie “New Moon Daughter”, dans lequel on ressent l’étrange et le mystère dans les arrangements. “Strange Fruit” en est un exemple, la guitare frappe les cordes. “Love is Blindness” est une mélodie très poignante.
Dans ce disque, la trajectoire vers la Folk domine, la guitare acoustique est très présente.

“Rendez vous” est un projet de 1997 où elle s’associe au pianiste Jacky Terrasson pour célébrer les standards de Jazz.
Les versions sont toujours dans l’originalité sur le plan harmonique et rythmique.
La collaboration avec le pianiste Français n’est pas la plus belle, même si certains moments sont soignés.

En revanche, l’hommage à Miles Davis en 1999 intitulé “Traveling Miles”, est un projet d’une grande originalité sur le plan des arrangements, où la voix ne laisse personne indifférent.
Parmi les perles de ce disque, écoutez “Resurrection Blues”, sa version de “Tutu”, qu’elle a adapté avec des paroles.
La version de “Someday My Prince Will Come” vaut le détour et le sommet est sa version de “Blue In Green” intitulée “Sky And Sea”. La chanteuse met toute la profondeur dans l’interprétation comme Pat Metheny, qui dépose chaque note de la guitare en cordes nylon avec délicatesse.

“Belly Of The Sun”commence encore par un grand moment de Blues mêlé à la musique Folk.
L’album est plus traditionnel avec des pistes comme “Darkness On The Delta”.
Sur “Waters Of March” composé par Antonio Carlos Jobim, les instruments scintillent, la contrebasse fait danser les notes.

En 2003, l’artiste Américaine sort “Glamoured”, qui s’ouvre par une très belle version de “Fragile”, chef d’oeuvre signé Sting en 1987.
Dans ce disque, on trouve un joli 6/8 avec la chanson “Seight of Time” et un émouvant morceau aux accents du Blues sur “If I Loving You Is Wrong”.
Sur “What Is It”, les claps et quelques motifs de guitare insufflent un groove assez subtil. L’interprétation de la chanson écrite par Abbey Lincoln, “Throw It Away”, fait bien ressortir l’émotion et la tristesse.

Dans l’album “Thunderbird” réalisé en 2006, si la boîte à rythmes est présente, le morceau d’ouverture “Go To Mexico” puise dans la Folk même si les accents sont groove.
Le climat énigmatique vient du timbre peu ordinaire de la voix et de la résonance de la contrebasse.
La voix nous touche par ses respirations et sa puissance sur “Easy Rider”, où les arpèges de guitare rappellent le style de Bill Frisell, enraciné dans dans les graves alliant subtilité et finesse.
Le climat de “It Would Be So Easy”sur un rythme binaire est plutôt proche de la musique R’N’B, où l’on entend la boîte à rythmes et des cocottes de guitare.

Si le Jazz et le swing sont présents sur le disque “Loverly” de 2008, la chanteuse fait toujours preuve d’imagination en ce qui concerne les arrangements, les interprétations et les improvisations.
Ecoutez cet album et les différentes harmonies comme la version de “Gone With The Wind”, très moderne par rapport aux versions de Fats Navarro ou Clifford Brown.
Elle propose une version Soul Funk de “Saint James Infirmary”.
Dans ce projet, les standards sont revisités avec des instruments acoustiques.

En 2015, en pleine étrangeté et mystère, la chanteuse revient avec “Coming Forth By Day”, dans lequel se trouvent une fois de plus des pépites en matière d’arrangements.
Quand on regarde les chansons que le disque contient, on comprend qu’il est un hommage à Billie Holiday.
On y trouve “You Go To My Head” mais aussi “All Of Me”, repris à un tempo très cool.
Écoutez le côté rock rugissant sur “Good Morning Heartache”, malgré les envolées de clarinette. L’arrangement fait de “Strange Fruit” insiste sur le côté tragique et sombre de la réalité que la chanson décrit.

Cassandra Wilson a ouvert la voie à une nouvelle conception du vocal. Le chanteur ou la chanteuse n’est pas là pour interpréter seulement une mélodie et des paroles mais comme un véritable instrument. La vocaliste avait le sens du placement de l’interprétation pouvant aller d’un style à l’autre, du Hard Bop au Jazz Funk, en revenant aux sources du Blues du Gospel et de la Folk.
Avec Steve Coleman, Robin Eubanks, Mulgrew Miller, Lonnie Plaxico et autres musiciens de cette génération, ils ont su allier le Jazz acoustique en y incorporant des rythmes complexes.
S’adaptant à toutes les esthétiques, Cassandra surprenait, voulant s’extirper de toute routine. Les arrangements sont souvent innovants, les rythmes variés et le sens de l’interprétation uniques.
Avec Dianne Reeves, elle est l’une des plus grandes chanteuses de Jazz après les grandes Dames du Jazz, Billie Holiday, Ella Fitzgerald ou Sarah Vaughan étant les plus illustres.

Je propose en écoute le morceau “Iconic Memories”, extrait du disque “She Who Weeps”.