ACTU CONCERT/

SUNSIDE/ CHARLY’S CORNER

Les clubs de Jazz ont à nouveau ouvert leurs portes depuis quelques jours. Si vous êtes du côté de la rue des Lombards ce soir, vous pourrez apprécier le groupe Charly’s Corner et son swing tranquille, sans prétention, qui détend et met de bonne humeur. La formation célèbrera au Sunside une des plus grandes voix du Jazz : Billie Holiday. A écouter l’extrait de leur reprise de « On the Sunny side of the street ». La chanteuse suit les traces de la Jazz Lady, la ligne de contrebasse est conviviale, les phrases de guitare sont mélodieuses et enjouées. Ce n’est pas la virtuosité qui est recherchée mais l’amour de la mélodie et de la musicalité. Une belle soirée en perspective.

https://www.sunset-sunside.com/2020/6/artiste/3757/7023/

NOUVEAUTÉ ALBUM/ ANDY BIANCO

ANDY BIANCO/ NYC STORIES/

Voilà un guitariste qui propose un Jazz exigeant avec des lignes mélodiques complexes. L’album commence par un morceau exigeant où l’on entend toute la fougue d’Andy Bianco et de Wayne Escoffery au sax ténor. Avec ce son très moderne caractérisé par un overdrive et une forte reverb, on entend la virtuosité et la fluidité de ce guitariste. On a de l’audace rythmique comme sur « Mag Lev Ride » avec une métrique en sept temps. Le guitariste aime les mesures en trois temps comme le montre la composition « Two Ducks Crossing » à la mélodie douce et apaisante. L’introduction de guitare rappelle le climat Coltranien sur « Body and Soul ». La guitare et le saxophone électrisent le climat vers la fin du morceau. Avec « Ballad for Mallards » nous avons un très joli moment joué seul à la guitare. Sur « Pigeon Whisperer » le thème swing dynamique et franc alterne avec une partie binaire. Le dernier morceau « Drone Battery Slow » commence avec des explorations polyrythmiques où la walkin’bass et le drive de batterie donnent à la guitare tout son envol. Si les rythmes complexes et la grande technique des solistes prend le pas sur la quête mélodique, il est intéressant d’écouter l’esthétique moderne des compositions et des improvisations.

ACTU JAZZ/ THELONIOUS MONK

Dans quelques jours va paraître un enregistrement inédit de celui qui a innové dans le Jazz par l’originalité de ses mélodies et son jeu peu académique. Au milieu des années 60, Thelonious Monk a des difficultés pour trouver des dates de concerts. En 1968, un jeune lycéen de 17 ans, Danny Scher, rêve de faire venir le pianiste dans son école de Palo Alto. Mais le contexte politique est très complexe avec l’assassinat de Martin Luther King. Les tensions sont vives entre les communautés. Malgré tout, Thelonious Monk vient le 27 octobre 1968 et le jeune Danny voit son rêve se réaliser. Au-delà de la genèse du concert, ce live renferme certainement des pépites. Le CD événement sort chez Impulse le 31 juillet prochain. On a hâte.

https://www.npr.org/2020/06/19/880564012/a-previously-unreleased-thelonious-monk-concert-is-coming-next-month?t=1592599268861

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ L’ÈRE BE-BOP

L’ÈRE BE-BOP/ LE JAZZ A LE BLUES/ CHARLES MINGUS THE CLOWN

Charles Mingus a commencé sa carrière dans les années 40 lorsque le Be-Bop était à son apogée. Ce grand contrebassiste fut également un grand compositeur dont l’esthétique est le fruit du Be-Bop, du Blues. Puisant dans les racines dans ces deux styles, il explore des dissonances et des intervalles peu joués à l’époque. Sur son album de 1957 intitulé « The Clown », la composition « Reincarnation of a Lovebird » illustre bien cette conjugaison de styles. Après une introduction basée sur un échange entre piano dissonant, trombone et sax alto nerveux et contrebasse puissante, le thème est joué avec raffinement, poésie et subtilités rythmiques. Des passages de la mélodie sont très surprenants et envoûtants, un peu comme cela se passe chez Monk. Le rythme swing alterne avec un tempo à la blanche. Dans les improvisations on y entend la fougue des phrases Be-Bop fortement imprégnée de Blues. Ce Hard-Bop se distingue de celui des Messengers ou d’autres groupes en ce sens que ce morceau esquisse l’arrivée du Free.

NOUVEAUTÉ ALBUM/ RUTHIE FOSTER

RUTHIE FOSTER/ LIVE AT THE PARAMOUNT/

La chanteuse Ruthie Foster originaire du Texas nous propose une musique fortement ancrée dans le rythm’ and blues et la Soul. Le concert commence par des vocalises groove auxquelles se joint la batterie. Arrivent alors les riffs de cuivre et les cocottes de guitare. Jolie composition que le titre « Might not be right » et un climat qui rappelle Ottis Redding. Une reprise de Johnny Cash « Ring of fire » nous est proposée avec des nappes de cuivres très légères. L’ambiance est décidément au Blues avec « Stone Love » et cette joie communicative. Sur « The Ghetto » qui n’est pas celui de Donny Hathaway, les arpeges de guitare nous bercent. Le groove revient sur « Death Came a Knockin' ». On bouge bien également sur « Singin’ the Blues ». « Runaway Soul » est un blues traditionnel avec des interventions de cuivres qui mettent bien en relief les turnarounds. « Woke up this morning » morceau qui met de bonne humeur revient au Rythm and Blues. Et puis la fin de l’album est plus jazzy avec deux grands standards. D’abord « Fly me to the moon » très classique dont les arrangements font penser aux Big Bands des annees 50. Ensuite, Ruthie Foster rend hommage à Ella Fitzgerald en reprenant une chanson que la diva affectionnent tout particulièrement, « Mack the Knife ». L’énergie est là, le Big Band stimule la chanteuse par ses relances. L’album n’ a rien de grandiose mais il propose un voyage agréable entre Blues Soul et Jazz.

ACTU JAZZ/ WAYNE SHORTER CELEBRATION

Un des derniers géants du saxophone se trouve dans un état préoccupant. Depuis quelques jours, Wayne Shorter voit son état de santé se dégrader et quelques amis jazzmen se mobilisent pour l’aider à prendre en charge ses soins. Le SF Jazz Center diffuse des concerts qui ont été enregistrés il y a quelques semaines. Dans le cadre des « Fridays at Five », vous pouvez assister à un concert d’Herbie Hancock vendredi 26 juin 2020. Enregistré en janvier 2020, le pianiste était entouré de Terence Blanchard, Terrace Martin et de la section ryhtmique la plus prestigieuse depuis une vingtaine d’années, à savoir Danilo Perez, John Pattitucci et Brian Blade. Pour assister à ce concert, il faut donner 5 dollars par mois. Les fonds iront intégralement à Wayne Shorter. Malgré les difficultés de ces derniers mois, la musique revient peu à peu. Restons connectés pour faire vivre la musique!

https://www.sfjazz.org/watch

NOUVEAUTÉ ALBUM/ THOMAS DUTRONC

THOMAS DUTRONC/ FRENCHY/

Pour célébrer les grands standards de la chanson Française le guitariste et chanteur invite des stars Anglo Saxones telles Iggy Pop Diana Krall Stacy Kent ou Jeff Goldblum. L’album est sans prétention, très convivial, les tempo sont cools. « La vie en rose » est un beau mélange entre la voix grave d’Igor Pop, la sensualité de la voix de Diana et la voix un peu timide de Thomas Dutronc. « La vie en rose » avec le chanteur des ZZ Top est très planante. Le morceau « Plus je t’embrasse » laisse entendre des musiciens qui ont le swing en perfusion. Les ponctuations de piano sont très bluesy et le solo de guitare de Rocky Gresset est entre Jazz manouche et style moderne. « Playground Love » avec Youn Sun Nah est sur un groove sobre et tranquille. On y trouve un bel hommage à Sidney Bechet et à Henri Salvador qui chantait « Petite Fleur ». « Un homme et une femme » avec Stacy Kent est ponctué de jolies nappes d’accordéon. La relecture de « Get Lucky » de Daft Punk swingue bien pour laisser la place aux phrases bouillantes de guitare et de piano. « All of you » est en fait « Nuages » chanté avec de magnifiques nappes de clavier et des phrases de guitare suaves et renversantes. A noter également un  » If you go away » qui est « Ne me quittes pas » en 6/8 étiré très bluesy. « My Way » est très épuré avec de jolis motifs d’accordéon. Avec la « La belle vie » c’est la fête l’enthousiasme le plaisir de chanter entre amis. On sent toujours une joie communicative chez Thomas Dutronc qui est toujours aussi passionné. Avec des sidemen de luxe comme Rocky Gresset, Éric Legnini, Thomas Bramerie et Denis Bennarroche, il est difficile de ne pas prendre du plaisir.

ACTU CONCERT/

FESTIVAL DES 5 CONTINENTS A VILLA GABY

Chers amis Marseillais bonsoir. Après plusieurs semaines sans concerts, le Jazz revient peu à peu sur les scènes. Le Festival des cinq continents annulé se tiendra à partir de mercredi 24 juin dans un cadre plus intimiste mais idyllique de celui de la Villa Gaby. Place aux artistes de la région qui se produisent chaque mercredi pendant un mois. Au programme vous retrouverez le pianiste Cyril Benhamou et le saxophoniste John Massa, le trompettiste Nicolas Folmer et le pianiste Enzo Carniel. On retrouvera aussi la formation du trompettiste Christophe Leloil et du saxophoniste Raphaël Imbert. Le mercredi 22 juillet, le Festival se terminera en apothéose avec le duo du trompettiste Stéphane Belmondo et du guitariste Sylvain Luc.