ACTU JAZZ/INTERNATIONAL JAZZ DAY

À tous les amoureux du Jazz, professionnels, amateurs, collectionneurs, Jazz Infos France vous souhaite une belle journée. Que vous jouiez seul ou en groupe ou que vous écoutiez seulement, laissez vous emmener par le swing et les autres rythmes de ce patrimoine fantastique. Retrouvez le site mentionné ci- dessous pour regarder la série des programmes éducatifs virtuels. Vous pourrez entendre les conseils d’immenses artistes comme Billy Childs, Antonio Sanchez, Terri Lyne Carrington. En ce moment certains posent des questions au guitariste Lionel Loueke. Ce soir vous assisterez à un concert exceptionnel qui sera diffusé à 17h pour les Etats Unis et à 23h pour l’Europe. Le présentateur sera Michael Douglas et vous pourrez écouter les performances de Dee Dee Bridgewater, Dianne Reeves, Herbie Hancock, Marcus Miller et tant d’autres. Cette journée internationale du Jazz dont l’ambassadeur est Herbie Hancock depuis son instauration, nous emmène au delà de la musique. Les messages transmis sont l’écoute, le dialogue, l’aventure musicale et humaine. Le Jazz est une langue qui se parle aux quatre coins de la planète.

https://fr.unesco.org/commemorations/jazzday

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LES RACINES DU BLUES/ SONNY BOY WILLIAMSON

Rice Miller est peut être l’un des harmonicistes les plus célèbres du Blues. Originaire du Mississippi, il propose un Blues énergique. La sonorité de l’harmonica est rugueuse brûlante. Compositeur volubile le groove est là. Les envolées de notes sont nombreuses. Cet artiste chante la souffrance la séparation avec les femmes aimées. La structure du Blues est toujours présente. Motifs chantés et instrumentaux se suivent et s’enchaînent sur des passages courts d’une mesure. Les salves d’harmonica sont puissantes. Le premier titre « Help Me » me rappelle le riff de « Boom Boom » de Johny Lee Hooker en 1962. Parmi les titres présents sur cette compilation, on y trouve « Bring It On Home » que Led Zeppelin reprit en 1969 sur leur deuxième album studio. Autre standard « The Sky is Crying » repris avec souplesse et sérénité. Les tournes sont classiques assez similaires les unes les autres. Avec Sonny Boy Williamson, le Blues est chaud le feeling est intense, la musique est spontanée et émouvante. Laissez vous emmener sur les rives du Blues par cet instrument si petit mais tellement brûlant.

ACTU JAZZ/ INTERVIEWS DE RON CARTER

Le contrebassiste Américain qui a le plus enregistré dans l’Histoire du Jazz, devient interviewer depuis quelques jours en interrogeant ses amis musiciens. Vous le retrouvez en train de converser avec Pat Metheny ou avec Herbie Hancock, son vieux complice qu’il connut au sein du second quintet de Miles Davis. Il est question d’espoir et de perspectives après la pandémie qui affecte le monde depuis plus d’un an. Ron demande à Herbie comment il vit depuis des mois sans jouer en concert. Il aborde les mêmes thèmes avec le guitariste. Des conversations à écouter pour connaître l’état d’esprit des musiciens depuis une année.

NOUVEAUTÉ ALBUM/ JOHN PIZZARELLI

JOHN PIZZARELLI/ BETTER DAYS AHEAD

Quelques semaines après notre article concernant l’album « Road To The Sun » de Pat Metheny, nous parlons aujourd’hui de l’hommage qui lui est fait par John Pizzarelli. Le disque s’intitule « Better Days Ahead ». Le guitariste crooner connu pour son jeu classique et son attachement aux standards, nous émerveille par sa maîtrise des harmonies modernes et modales. Il nous étonne par son jeu en guitare solo d’une partie de l’œuvre du Pat Metheny Group. En commençant par « Better Days Ahead », le guitariste instille optimisme et bonne humeur en interprétant cette mélodie au rytme Sud Américain. La précision des notes et des enchaînements d’accords si nombreux, force l’admiration. Place ensuite à un thème figurant lui aussi sur l’album « Letter From Home ». John Pizzarelli harmonise chaque note de « Spring Ain’t here »avec sensualité et délicatesse. L’enregistrement de la guitare acoustique est une chose si complexe, que le toucher irréprochable doit être souligné. Les accords d' »April Wind » racontent ce temps maussade et triste puis arrive les premiers accords de « Phase Dance » morceau lunaire d’une profondeur extrême, dont le thème laisse entrevoir l’espérance. On sent que le guitariste profite des six minutes pour faire résonner cette magnifique suite harmonique. Admirateur lui aussi de Bill Evans, le guitariste ne pouvait pas laisser de côté la très belle composition que Pat avait écrit pour ce poète du piano, intitulée « September Fifteenh ». Autre déclaration d’amour, celle faite à James Taylor. Avec ce fond de reverb, le toucher de John sur le morceau « James » est toujours aussi séduisant. « Antonia » mélodie lyrique et sombre nous emmène vers les grands espaces de cette Amérique dont est originaire Metheny. Je redécouvre « It’Just Talk » et ces rythmes latins traduisant le pouls des grandes villes Sud Américaines. Les renversements d’accords fabuleux procurent le frisson sur « Letter From Home », au cours duquel le guitariste caresse les cordes. Toucher suave et émouvant sur la reprise de la ballade « If I Could ». Au fil des morceaux, j’imagine Pat rejouer ses compositions avec ce nouvel interprète. Peut être deux guitaristes joueront ils ensemble? « Last Train Home » mélodie à la fois lumineuse et nostalgique nous emmène vers des sommets d’émotion. Attentif à l’œuvre de Metheny, Pizzarelli reprend un de ses derniers morceaux « From This Place ». Si certains ont oublié le Pat Metheny mélodiste vous trouverez ce projet absolument savoureux. Avec ce disque, le guitariste se rapproche d’un de ses maîtres, Joe Pass qui enregistra dans les années 70, trois opus historiques en guitare solo, intitulés « Virtuoso ». Pizzarelli met ici en lumière ces harmonies modernes et ces mélodies, qui seront à leur tour des standards.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ BUSTER WILLIAMS

Je lis ce mot affectueux de Wayne Shorter envers le contrebassiste Buster Williams pour ses 79 ans! Quel disque magnifique que ce « Fortune Dance » sur lequel figure une des plus belles compositions du Jazz moderne écrites en trois temps, « Air Dancing ». Sauf erreur de ma part, ce chef d’oeuvre fut joué en live avant d’être enregistré en studio. Je vous conseille d’écouter la version de 1988 jouée en Allemagne par un quartet exceptionnel, composé de Mike Brecker Al Foster Buster Williams et Herbie Hancock.

NOUVEAUTE ALBUM/PETE ELLMAN’S BIG BAND

PETE ELLMAN’S BIG BAND/FOR PETE’S ACHE

C’est un véritable feu d’artifices sonore que produit ce Big Band en introduction de cet album. L’ouverture « High Speed Pursuit » est absolument grandiose tant le swing est tenace et solide. D’abord Be-Bop, la seconde partie du thème part vers des horizons hispanisants. Après un stop chorus flamboyant, le saxophone ténor prend son envol et enchaîne des phrases époustouflantes. Lui et l’alto au style proche de Jackie Mclean se suivent de près. La trompette nous éblouit par un stop chorus de quatre mesures. Le trombone et la trompette enchaînent des quatre quatre fulgurants. Hommage à Benny Carter sur la reprise de « When Lights are Low » une mélodie souple jouée au baryton. Les notes rebondissent bien et les syncopes sont joyeuses. Le sax baryton part en impro accompagné seulement de la contrebasse. Quel swing optimiste nous imprégne sur le morceau « For Pete’sAche ». Les sax lancent les vamps auxquels répondent les trompettes et trombones en contrechant. Sur « Soon it’s gonna rain », les flûtes enchaînent les chromatismes. Malgré le titre maussade, la joie et l’enthousiasme sont au rendez vous. La trompette chante l’espoir et son solo nous entraîne vers un état de lévitation absolu. À 4’17 les saxophones laissent éclater le swing dans des arrangements à la Neal Hefti. On reste dans le classicisme et le standard sur le morceau suivant et l’interprétation du thème de Duke « It Don’t Mean A Thing ». La surprise vient vite car l’orchestre joue le morceau sur un rythme groove. « Home Sweet Home » évoque le style New Orleans puis rentre la rythmique qui insufle le rythme d’une valse enchantée. Les solistes avancent tranquilles. Les arrangeurs de Big Bands aiment les montages. C’est le cas de « Manteca » de Dizzy Gillespie couplé avec « Take The A Train ». L’orchestre le joue sur un rythme groove. « Tenor Sanity » est un clin d’œil à Sonny Rollins « Sonny », ce colosse qui influença tant de saxophonistes. Le Swing a la part belle à l’occasion de « The Adventures of Snooky And Bumbles ». L’album se termine sur une note optimiste avec « Livin Larger That Life ». Les voix des cuivres s’unissent pour exprimer l’enthousiasme. Le Néo classicisme de cet album mélange le swing convivial à des rythmiques binaire groove et funk. Un album qui ne réinvente pas le Jazz mais qui contribue à maintenir sa flamme!

ACTU JAZZ/ FESTIVAL JAZZ A VIENNE

Ce festival crée en 1981 se caractérise par l’ éclectisme artistique. Après une année tumultueuse, nous retrouvons de nombreux artistes. Parmi eux, les trompettistes Ibrahim Maalouf et Erik Truffaz. L’un vous emmènera vers une musique aux accents orientaux provenant de son pays d’origine et l’autre vous proposera de continuer son exploration de l’Electro Jazz, commencée il y a plus de vingt ans. Le saxophoniste Laurent Bardainne jouera son Jazz baignant dans la Soul et le groove. Le mardi 29 juin, de grands artistes rendront hommage au plus célèbre des pianistes Français, Michel Petrucciani qui dès son plus jeune âge, se mit à explorer le Jazz plusieures heures par jour avec son père Tony, lui même guitariste influencé par Wes Montgomery. On retrouvera donc autour de Tony Petrucciani, des musiciens comme Flavio Boltro, Géraldine Laurent André Cecarelli, Laurent Coulondre ou Franck Avitabile. Une autre soir vous serez en compagnie du contrebassiste Kyle Eastwwood et de ses arrangements de musiques de film qu’il affectionne tant. Une soirée qui sera sans aucun doute passionnante est celle où la scène accueillera successivement Salif Keita le Malien, le guitariste et chanteur de Funk Keziah Jones, et la chanteuse Sénégalaise Julia Sarr. Celle-ci s’est révélée auprès de nombreux artistes Africains comme Youssou N’ Dour ou Miriam Makeba, mais aussi auprès d’artistes Français comme Pascal Obispo et Michel Fugain. A ne pas manquer aussi la rencontre entre le bassiste Camerounais Richard Bona et le pianiste Cubain Alfredo Rodriguez pour une musique élégante et dansante. La première partie sera un grand moment, puisque Roberto Fonseca invitera le saxophoniste Kenny Garrett. La basse électrique sera encore à l’honneur avec Marcus Miller qui sera présent deux soirs, dont un au cours duquel il invitera le jeune guitariste Tom Ibarra. Le batteur Manu Katche qui accompagna de grands chanteurs comme Sting Peter Gabriel ou Michel Jonasz sera en seconde partie. Le second soir où Marcus sera présent, on trouvera l’un de ses confrères le leader de Snarky Puppy Michael League. La scène britannique sera représentée d’abord par la chanteuse Lianne La Havas qui travailla avec Prince, puis avec Arlo Parks à l’univers plus sombre. Pour rester en Grande Bretagne le chanteur et pianiste Jamie Cullum ouvrira le Festival. Le Blues sera à l’honneur avec un des plus dignes représentants Français Paul Personne, et le guitariste Zac Harmon qui s’inscrit dans la tradition Néo Orleannaise. Le Festival se clôturera par la All Night. Le pianiste Léon Phal jouera un Jazz énergique proche de celui du regretté Roy Hargrove et de son RH Factor. Dans une ambiance festive, l’organiste Malien Cheick Tidiane Seik rendra lui hommage à Randy Weston. La chanteuse Ayo interprétera avec douceur sa pop lumineuse. Le groupe de Rachid Taha rendra hommage à ce chanteur disparu il y a quelques années. CimaFunk influencé entre autres par Prince et James Brown enflammera le Théâtre Antique. Toute la programmation est à retrouver en détail sur le site du Festival.

https://www.jazzavienne.com/fr/programmation-2021