Jazz Infos France

Actus, sorties albums, histoire de tous les Jazz

Post Jazz

NOUVEAUTÉ ALBUM/ JOE CHAMBERS

JOE CHAMBERS/SAMBA DE MARACATU

Joe Chambers est un de ces batteurs au swing énergique, dont le style s’approche de celui d’un autre grand rythmicien comme Aloysius Foster. Le batteur qui nous présente cet album a participé à de nombreuses sessions historiques du label Blue Note. Parmi les musiciens qu’il accompagna, on trouve le vibraphoniste Bobby Hutcherson, les saxophonistes Wayne Shorter et Joe Henderson, ou encore le trompettiste Freddie Hubbard. Sa frappe est sèche et son drive sur la cymbale bien droit. Le dernier album du batteur et vibraphoniste « Samba de Maracatu » publié chez Blue Note, s’ouvre par le standard « You and The Night and The Music ». Le pianiste y déroule un solo enjoué. Sa main gauche agile ponctue le solo de voicings tranchants. Les lignes sont mélodieuses comme l’est le solo de contrebasse aux notes lourdes. La chanteuse Stéphanie Jordan avec sensualité et sensibilité interprète « Never Let Me Go » au cours duquel la rythmique installe une ambiance Bossa proche du Smooth. Le vibraphone et le piano développent des improvisations d’une grande sobriété. La composition « Circles » installe le sentiment d’urgence où les cymbales souples et crépitantes se mêlent au son cristallin du vibraphone. Le titre « Samba de Maracatu » évoque la fragilité, le désarroi. Le vibraphone exprime le caractère éphémère des choses. Joe Chambers rend hommage à Bobby Hutcherson en reprenant une de ses magnifiques ballades « Visions », au cours de laquelle le lyrisme atteint des sommets. Sur « Sabah El Nur », le jeu de batterie enrobe le vibraphone et le piano qui sont d’une grande finesse. Hommage à un des pionniers du Hard Bop, Horace Silver avec une de ses compositions « Ecaroh ». Le pianiste Brad Merritt fait chanter son instrument sur cette très belle mélodie. Le batteur use d’abord des balais avant de partir dans un swing communicatif. Place au Hip Hop et au rap sur « New York State of Mind ». La séquence est surprenante par son côté abstrait. La tourne de piano et contrebasse assez sombre nous emporte vers des contrées mystérieuses. La dernière composition du projet est pleine d’énigmes tant son apparence est déstructurée. Le trouble s’installe mais la dernière minute nous ramène à une ambiance proche de la bossa. Si les musiciens jouent sans excès, sans volonté d’impressionner sur le plan technique, leur maîtrise des subtilités rythmiques et harmoniques donne à ce disque un charme véritable.

Jazz