REEDITION ALBUM/DUKE ELLINGTON PLAYS MARY POPPINS

Cet album du Duke réédité, diffusera sans aucun doute de la joie à tous ceux qui l’écoutent. Les arrangements sont comme toujours brillants, sophistiqués mélodieux. Lorsqu’on écoute « Chim Chim Cher-ee », c’est l’optimisme qui se dégage par rapport à la bande originale du film. Les cuivres sont toujours aussi étincelants et les notes de piano sont sublimes. Le trombone et la clarinette dialoguent en toute sérénité sur « FreeThe Birds », au cours duquel les cuivres installent des nappes souples et cool. « Let’s Go Fly a Kite » exprime l’émerveillement servi magnifiquement par la clarinette, le trombone et la trompette sur un tempo tranquille, tenu par le batteur Sam Woodyard. La ballade « Stay Awake » dont la mélodie est exposée par le baryton. La progression du trombone basse et les vamps de cuivres rendent très bien sur « I Love To Laugh ». Cette superbe machine à swing nous offre de très belles nappes sur la suite comme « Jolly Holiday ». La trompette et ses trajectoires diatoniques est également soutenue par les différents cuivres sur le thème « Sister Sufragette ». Par la suite, l’alto vient nous caresser lui qui joue avec tant de feeling et de retenue. Une dose de nostalgie se fait entendre sur la pièce « The Perfect Nanny ». La clarinette joue une mélodie plutôt tendre avec des notes souples et soignées. Rythme redondant de la percussion sur « Step in Time ». Les interventions des cuivres sur « The Life I Lead » lancent la trompette qui joue avec bonhommie. L’alto de Johnny Hodges est très sensuel et mélodieux. Le trombone est dans un esprit blues à 2’53. En clôture de ces magnifiques sessions, le Big Band nous offre un feu d’artifices sur un tempo Be-Bop effréné, sur lequel le saxophone ténor, nous décoiffe par ses phrases limpides et claires. L’association du conducteur et chef d’orchestre avec l’arrangeur Billy Strayhorn est toujours magique mais recouvre là, une dimension onirique sur ces enregistrements.

REEDITION/ TONY BENNETT AND COUNT BASIE/ IN PERSON/

Lorsqu’un des chefs d’orchestre les plus célèbres de l’histoire du Jazz rencontre un vocaliste qui a déjà tout d’un grand, la musique détonne pour le plus grand plaisir des amoureux du swing. Réédité en vinyle sous le titre « Swingin’Together », la machine à swing du Count Basie Orchestra tisse ses nappes tantôt énergiques tantôt apaisantes, pour servir la voix de Tony Bennett. En 1959, année d’enregistrement de ces sessions, Tony Benett âgé de 34 ans, a déjà tout du crooner. Aussi à l’aise sur les ballades que sur les tempo up, sa voix chaude, croustillante et puissante transmet un grand bonheur à nous les auditeurs. Avec une grande maîtrise et un coffre hors du commun, le chanteur laisse une interprétation grandiose de « Without A Song », standard qu’affectionnent d’autres grands du Jazz comme Sonny Rollins, Joe Henderson ou Freddie Hubbard. La version de « Life is A Song », est douce et traduit une certaine nostalgie. Le chanteur et Count Basie swinguent sur les chapeaux de roue en reprenant « Strike Up The Band » et « With Plenty Of Money And You ». Les cuivres ponctuent les séquences chantées de riffs dynamiques. Cette session initialement publiée sous le titre « In Person », est une réunion au sommet qui ravira les amateurs de Jazz Classique !

REEDITION/ THE BOBBY SHEW SEXTET

THE BOBBY SHEW SEXTET/PLAY SONG

Le trompettiste Bobby Shew n’est pas sous les feux des projecteurs, mais il est un artiste qui mérite une écoute attentive. L’ayant découvert récemment sur un album en compagnie du pédagogue Jamey Abersold, j’ai perçu en lui, un amoureux des standards aimant varier les styles. Ce dernier a joué avec des grands comme Art Pepper, Bud Shank et fut membre de Big Bands prestigieux. Entre Jazz Acoustique et tentations par le Jazz électrique, le trompettiste propose des compositions originales sur des rythmes binaires, mais aussi ternaires avec notamment un up-swing. C’est une ambiance Brésilienne aux allures de Samba qui ouvre cet enregistrement de 1981. Le piano électrique de Bill Mays ainsi que la percu et la basse, nous font vibrer. Le thème joué à la flûte et à la trompette d’un grand dynamisme rime avec espoir et optimisme. La trompette équipée de la sourdine envoie des salves bien précises. La flûte prend la suite avec ce groove impeccable. Le piano électrique évoque le grand Chick Corea et « Return To Forever ». Le sextet fait preuve de finesse et de nuances comme on peut l’entendre sur « Play Song » et « La Rue ». Sur le premier morceau les balais et les glissés de basse sont suaves. Bobby Shew aime la mélodie et le piano cristallin nous emmène en voyage. Sur un tempo de folie, la rythmique introduit l’arrivée des soufflants pour exposer le « The Dancing Bishop » morceau dans la lignée du Hard Bop pur et dur. On a du mal à retenir son souffle tant le combo nous tient en haleine. Entre ballades et rythmes enflammés, nous trouvons un son proche de celui des bandes originales écrites par Dave Grusin dans les années 70, comme la pièce « No Hurry ». Suite au solo de basse, la flûte sème des motifs groovy. Dans un climat digne du carnaval, la musique est à la fête sur cette fin de disque, avec un calypso nommé « Surprise Samba ». La trompette s’élance avec des débits d’une grande précision. Ce sextet joue un Jazz lumineux rayonnant par ses mélodies et par les sonorités des instruments. La musique de Bobby Shew est tantôt entraînante tantôt cool par le calme qu’elle installe.

RÉÉDITION ALBUM/ BOBBY SHEW

BOBBY SHEW BILL MAYS/

Ce disque est un dialogue intimiste entre la trompette et le piano.
La première composition « Telepathy » porte bien son nom, tant la complicité entre les deux instruments apparaît établie.
Le morceau commence en nous bercant par son romantisme.
Puis vers 2’15 l’ambiance se trouble avec les arpèges de piano qui créent une tension et alourdissent le climat.
Le climat s’éclaircit aux alentours de 6’05 avec une musique plus rythmée.
Sur « Telepathy II » l’alchimie entre trompette et piano se poursuit.
Les accords et le son du piano soutiennent la trompette sensuelle et fragile.
Le reste du disque est consacré aux standards.
Sur « It Might as Well Spring » les motifs de piano me rappellent Duke Ellington jouant  » In a sentimental mood » avec John Coltrane.
Sur « Poor Butterfly » le swing cool met de bonne humeur le jeu de piano évoque la tradition le ragtime.
« Indian Summer » est dans la même trempe, la trompette joue la mélodie, le piano accompagne avec sobriété et se lance dans un walkin bass qui met la pêche.
Comme souvent dans les disques de standards, il y a un hommage à la Bossa Nova avec un  » Gentle rain » sensuel.
Sobriété nuances émotion sont les caractéristiques de ce très beau dialogue.

RÉÉDITION ALBUM/ ART BLAKEY

ART BLAKEY AND THE NEW JAZZ MESSENGERS / BUTTERCORN LADY/

Si l’album n’est pas nouveau au sens où il n’a pas été enregistré récemment, il s’agit d’une réédition d’un disque peu connu.
Le batteur, fondateur d’un des groupes les plus connus de l’histoire du jazz, s’entoure pour ce live de jeunes musiciens.
Le bugliste Chuck Mangione signe la plupart des thèmes.
Le concert s’ouvre sur « The Buttercorn Lady » un calypso qui nous enthousiasme, avec au piano le jeune Keith Jarrett qui a la Soul et le groove.
Le thème « Recuerdo » en mode latin laisse entendre le mariage du son feutré du bugle et le son coltranien de Frank Mitchell.
La mélodie nostalgique a quelques accents orientaux. A 1’19 on entend même le clin d’oeil à « Shadow of your smile ».
Durant les solos magnifiques de bugle et saxophone, Keith Jarrett surprend dans l’accompagnement avec des cordes de piano pincées.
Je publie le morceau « Between races » au tempo up swing qui est dans la lignée des grands morceaux de la même époque comme « Yes or No » de Wayne Shorter ou encore « Inner Urge » de Joe Henderson, au cours duquel le saxophoniste ténor joue un solo flamboyant.