Encore une fois c’est un grand du Jazz qui s’en va. Ray Drummond est décédé le 1er novembre dernier, à l’âge de 78 ans.
Ce petit texte ne prétend aucunement établir une analyse du jeu de ce grand musicien, mais de donner quelques repères discographiques.
J’ai découvert le contrebassiste par le disque du pianiste Kenny Barron, “Live At Bradley’s”, enregistré en 1996 et publié en 2001. Un second volume sortit en 2005 extrait du même concert.
Ray Drummond avait une sonorité un peu sèche, mais aimait le risque en matière de directions mélodiques.
En plus du nombre impressionnant de musiciens avec qui il joua, il pouvait s’adapter aux différentes esthétiques. Attaché au Post Bop et à une approche du Swing plutôt classique, dans le sillage de Ray Brown, le contrebassiste pouvait donc autant puiser dans la tradition, que partir dans des explorations audacieuses.
Dans l’album de 1989, “Caméra In A Bag” publié chez Criss Cross, le contrebassiste accompagne avec bonheur et générosité les solistes. Écoutez le phrasé au cours du morceau “Suspended View”, entre 3’06 et 3’55.
Les notes dansent, sa façon de pincer les cordes me fait penser au toucher de Buster Wiliams, contrebassiste de la même génération. La sonorité n’est pas très ronde, mais les trajectoires sont intéressantes.
Je regarde quelques autres disques de ma collection et constate que c’est lui qui accompagne Tom Harrell sur “Moon Alley”.
En 1987, il participe à l’album “Communications” du vibraphoniste Steve Nelson. Au cours du premier titre “Blues All The Time”, le contrebassiste qui s’échappe en solo par une phrase énergique, laisse entendre aussi des glissés chaleureux.
En écrivant ces quelques lignes, je découvre le disque “Excursion” sur lequel figure le morceau “Blues Africain” empreint de fougue Coltranienne. Craig Handy au sax tourbillonne et derrière la walking nerveuse.
Pour “Continuum” en 1994, il réunit entre autres John Scofield, Kenny Barron, Randy Brecker. Le contrebassiste pouvait faire l’écart entre des séquences plus classiques et des passages plus innovants.
Écoutez l’album “Vignette”, qui illustre une nouvelle fois, l’équilibre entre la tradition et le goût pour des univers sonores nouveaux.
Ray Drummond était un grand Monsieur du Jazz, inspirant pour de nombreux musiciens, comme par exemple le contrebassiste Christian Mcbride.
Le monde du Jazz une nouvelle fois endeuillé, voit partir un de ses serviteurs les plus fidèles, lui qui pouvait aussi bien accompagner Hank Jones que Bobby Hutcherson ou Carla Bley.