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INFO TRISTESSE/ CHICK COREA

Comme beaucoup d’entre nous je pense, nous sommes groggy, par cette nouvelle tombée hier soir. Chick Corea nous a quittés le 9 février, à l’âge de 79 ans. J’ai du mal à y croire, tant ce grand musicien était penché sur son instrument, jusqu’à tout récemment, à la recherche de nouvelles phrases, de nouveaux projets. Chick fait partie de ces grands jazzmen, qui nous accompagnent, depuis de nombreuses années, nous les amoureux du Jazz, amateurs et professionnels. Il commence sa carrière au début des années 60, et deviendra rapidement l’un des pianistes majeurs du Jazz moderne, tant par son approche du piano, que par son rôle dans l’écriture, et la composition. Si pour beaucoup, il est associé à Miles Davis, il fut d’abord sideman de musiciens comme, le percussionniste Mongo Santamaria, le trompettiste Blue Mitchell, ou encore le saxophoniste Stan Getz. Avec un son bien métallique, un toucher percutant, et imprégné fortement de Be-Bop, il contribue à faire avancer le Jazz, sur les harmonies modales, et sur le rythme. Depuis 1966, année où il publie son premier disque en leader, « Tones For Joan’sBones », le pianiste multipliera les projets discographiques à un rythme hallucinant. Parti du Jazz acoustique, il sera aussi une figure éminente du Jazz Fusion avec « Return To Forever ». Le nombre important de musiciens avec qui il travailla, et le nombre de formations qu’il dirigea, révèle une énergie incroyable, et une vision de la musique, basée sur l’échange, le dialogue, l’écoute et le renouvellement. Chick pouvait interpréter la même mélodie, en l’exposant de façon différente à chaque version. Plus de vingt ans après avoir découvert son album intitulé « Akoustic Band » enregistré en 1989, je l’écoute régulièrement, tant ce trio est magique. J’ai eu la chance de voir ce groupe au Palais Lonchamp, à Marseille en 2018, pour les trente ans de ce très beau disque. En compagnie de ses complices Dave Weckl et John Patitucci, il offrit ce soir là, une version sublime du standard de Duke Ellington, « In A Sentimental Mood ». Au delà de l’importance de ce musicien, il a tout au long de sa carrière, eu l’exigence de créer, et d’apporter du bonheur à ses amis musiciens et au public, comme il l’a écrit dans un message poignant, que sa famille relaie aujourd’hui. La première fois que j’ai écouté Chick, il s’agissait de sa reprise de « Someday My Prince Will Come », figurant sur l’album de 1989, évoqué plus haut. Écoutons donc, cette version sublime, au cours de laquelle le piano nous éblouit, par sa façon de présenter la mélodie. Tout en décontraction, le pianiste s’envole, et emmène avec lui, ses sidemen, sur la voie scintillante du swing.

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