L'Actualité, les nouveaux albums, les concerts, l'histoire de tous les Jazz

BE-BOP
COOL
BOP
SWING

Derniers Posts

NOUVEAUTÉ ALBUM/ ULYSSES OWENS JR AND GENERATION Y/ KIND OF GRUNGE

C’est en 2015, que je découvre le batteur Ulysses Owens Jr aux côtés du jeune prodige Indonésien, Joey Alexander. Dans le premier album du pianiste intitulé “My Favorite Things” qui suscita immédiatement la surprise et l’émerveillement, le batteur et le contrebassiste Larry Grenadier, forment une section rythmique à toute épreuve.L’album

Lire la suite

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

De Nat King Cole à Billie Holliday, c’est le Jazz des grands interprètes que le groupe March Mallow célèbre. Dans ce répertoire les mélodies swinguent et d’autres sont plus émouvantes comme les ballades.March Mallow Quartet est composé de la chanteuse Astrid Veigne, entourée du guitariste Eric Doboka, de Christian d’Asfed

Lire la suite

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

Le groupe de Jazz Manouche Gadjela passe à Romans sur Isère ce vendredi 10 octobre 2026. Naviguant entre la musique de Django et les chansons Françaises cette formation propage une énergie communicative, portée par ses guitaristes Sami Saula, Damien Raymond et la chanteuse Charlotte Ulysse Celle-ci est imprégnée elle, par

Lire la suite

Jazz

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

Ce vendredi 05 juin, un concert original donné par la saxophoniste Sakina Abdou qui joue seule, sans section rythmique et sans aucun autre instrument.Elle jouera à Querqueville, dans la Manche, à la salle Imagin’Art dans le cadre de Presqu’île Impro Jazz.Elle a enregistré en 2022 le disque “Goodbye Ground”, une session où elle œuvre toute seule, en tissant une musique synonyme de recherche, d’expérimentation et d’abstraction.Vous pouvez l’ecoute en trio quand elle joue avec l’altiste Angelika Niescier et le pianiste Benoit Angelini, dans l’album “Lotus Flowers”, dont on ressent la

Lire la suite

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

On commence cette actualité des concerts en cette fin de mois, par une artiste qui aime le mélange, qui propose une mosaïque de styles.Le 28 mai, la chanteuse Gabi Hartmann qui aime varier les climats passe à la Chapelle du Mejan d’Arles, entourée de ses musiciens, Florian Robin au piano, Jérôme Arrighi à la guitare et du batteur Arthur Alard. Entre Folk et Jazz, la chanteuse propose de la douceur.Elle a sorti un premier album intitulé sobrement de son nom. La voix est souple, légère allant parfois sur du swing

Lire la suite

IMPRESSIONS CONCERT/ PIERRE DE BETHMANN TRIO

Samedi 9 mai au soir, c’est un trio de très grande qualité qui a enchanté le public, venu l’écouter dans ce lieu pittoresque, qu’est l’Atelier Sevin Doering situé à Marseille.Un des plus grands pianistes Français Pierre de Bethmann, entouré du contrebassiste Sylvain Romano et du guitariste Nelson Veras ont interprété quelques standards du Jazz sous le prisme de la réharmonisation et de la subtilité rythmique.Si je n’ai vu que trois morceaux, j’ai été captivé de suite, par la fluidité et le swing des phrases de piano qui dansent sur les

Lire la suite

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX 4 COINS

La Caverne Jazz de Marseille reçoit le 10 avril un trio exceptionnel par la notoriété de ses musiciens, de leur œuvre et par la qualité du jeu collectif.Benoit Sourisse à l’orgue, André Charlier à la batterie et Louis Winsberg seront présents.En 2018, ils publièrent “Tales From Michael”, un hommage très réussi au grand saxophoniste Américain Michael Brecker. Dans ce projet on trouve deux incontournables de Steps Ahead,“Safari” et “Oops”.Le trio joue aussi “Four Sleepers” que le saxophoniste avait joué avec Don Grolnick.La collaboration des trois musiciens Francais se poursuit avec

Lire la suite
SWING
BE-BOP
HARD-BOP
COOL

NOUVEAUTÉ ALBUM/ SALT CATCHERS/ ANDY SHEPPARD RITA MARCOTULLI MICHEL BENITA

Chez Andy Sheppard, la dimension poétique est largement présente, voire intrinsèquement liée à sa conception esthétique.

Ayant joué avec les plus grands du Jazz, le saxophoniste Anglais se caractérise par sa délicatesse et son sens de la sobriété. 

Le trio expose “Elevation”, un thème soyeux, délicat, sublimé par les accords de Rita Marcotulli et les notes de Michel Benita. Le toucher de ces deux instrumentistes est si pur et les notes si souples, que le saxophoniste les effleure naturellement.

L’émotion n’en est que plus belle, quand les trois musiciens interprètent un des chef d’oeuvre de Carla Bley intitulé “Lawns”. Une sensibilité extrême se ressent encore plus au sein de ce trio, quand on pense que le saxophoniste fut aux côtés de cette grande dame du Jazz moderne. J’aime ce climat d’apaisement qui se déploie tout au long du disque.

La musique du trio vient panser des maux des douleurs, comme je le ressens dans le thème “Salt Catchers”, lumineux et optimiste.

La virtuosité n’est pas la question, seule l’esthétique mélodique prime et les harmonies nous réchauffent. Le toucher est en velours, la sensibilité de la pianiste est hors du commun.

Au cours de la composition “Salgado”, le motif joué par la contrebasse et le piano révèle la symbiose.

Écoutez la finesse des accords de piano et la patte de velours du contrebassiste Michel Benita.

Les arpèges sur “Those That Left” traduisent les errances l’espace et la froideur.

Si les thèmes se ressemblent beaucoup ce projet “Salt Catchers” est une célébration du calme de la sérénité. 

Cet album quelque peu monotone où la dimension rythmique n’est pas essentielle propose tout de même des moments mélodiques très agréables.

Malgré la linéarité, on apprécie le minimalisme des notes, le langage épuré le dialogue entre les instrumentistes.

Si “Salt Catchers” ne révolutionne rien en matière harmonique ni rythmique, il apaise énormément l’auditeur et suscite chez lui  l’imagination.

L'histoire de tous les Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

Explorer la route suppose de parler des bâtisseurs de cette belle musique.Parmi ces personnages importants, il en est un dont on ne peut passer à côté.Jelly Roll Morton semblait prétentieux, mégalomane, en affirmant qu’il avait inventé le jazz.En tout cas, il a eu un rôle très important dans l’éclosion de

Lire la suite

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

Après avoir présenté quelques enregistrements qui sont à la source du jazz, penchons nous sur un autre pionnier, le cornettiste King Oliver.Ce musicien originaire de la Louisiane commence à jouer dès l’adolescence, et fait partie de plusieurs brass-bands à la Nouvelle Orléans.Il partira dès 1917 pour Chicago et fondera le

Lire la suite

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ HAMPTON HAWES (1928-1977)

Quand on se penche sur les grands pianistes de Jazz de l’époque Be-Bop, on pense à Oscar Peterson, Bud Powell ou Thelonious Monk. Moins connu que ces monstres sacrés, Hampton Hawes sera pourtant un des grands pianistes de l’histoire du Jazz, en réalisant de nombreux disques à partir des années 50.
Avec son trio, Hampton Hawes, attaché à l’héritage, reprend les standards et montre son enracinement dans la tradition. En 1951, il enregistre ses premières sessions en compagnie du contrebassiste Harper Crosby et du batteur Lawrence Marable. On entend un pianiste faire swinguer les notes sur les chapeaux de roue. Ayant écouté les pianistes comme Art Tatum, on décèle dans son jeu les racines du Ragtime mais aussi le Be-Bop qu’il maîtrise. Sa main droite est très souple, les phrases sont ciselées, la technique de haut vol.
Le pianiste, très à l’aise quand il s’agit de jouer à grande vitesse, déroule des flots de notes impressionnants au cours de plusieurs interprétations comme sur “What Is This Thing Called Love”. Le pianiste s’amuse à échanger avec le batteur par des solos de quatre mesures.
Le style de Hampton est le fruit de plusieurs influences entre le style du ragtime et celui des pianistes comme Bud Powell ou Oscar Peterson, quand on entend les articulations entre les notes. Époustouflante est sa façon de jouer les doubles croches au fil de mesures entières.
Le swing est jovial, les notes sautillent si vous écoutez “Another Air Do”.
Avec le Blues “Blue Bird”, le pianiste aime ponctuer son jeu en notes simples par le tonus des accords plaqués à la main gauche.
On entend bien cette main gauche nerveuse et solide introduire “I’ll Remember April” en enchaînant de nombreux accords. Chez cet artiste, j’aime beaucoup le sens des croches ternaires qui rebondissent sur la walkin’ bass et le jeu des balais sur la caisse claire.
Si le pianiste aime dérouler des flots de notes , j’apprécie aussi le jeu en accords très présent sur “Where Or When”.
On repart ensuite sur un tempo rapide, en compagnie du thème “All God’s Chillun Got Rythm”.
Le style du pianiste se caractérise par une extrême fluidité des notes et l’aptitude à renouveler les phrases en cherchant toujours de nouvelles trajectoires.
L’introduction de “Just One Of Those Things” varie entre douceur et énergie.
Hampton Hawes montre une nouvelle fois sa grande technique dans ce thème rapide

En 1952, il joue cette fois-ci en quartet au sein duquel on trouve le vibraphoniste Larry Bunker, qui jouera aussi de la batterie, notamment avec Bill Evans. Hampton Hawes aimait les standards et les a célébrés tout au long de sa carrière. Il arrange “Night And Day”, en insérant des motifs mélodiques en duo avec le vibraphone. Le Blues “Terrible T” propage un swing tenace et captivant. Piano et vibraphone jouent la mélodie puis arrive le tour du piano aux croches déliées et mélodieuses.

Un autre album incontournable dans la discographie de ce pianiste, est celui intitulé simplement “Hampton Hawes Trio” enregistré en 1955. Le son est déjà bien meilleur pour entendre et savourer les phrases renversantes. La première piste insuffle une pêche incroyable par la reprise de la mélodie “I Got Rythm” de Gershwin.
Au cours de “What Is This Thing Called Love”, j’aime beaucoup les balais qui accompagnent le piano toujours foisonnant d’idées.
Si cet artiste est très friand de tempos rapides, son interprétation d’”Easy Living” est faite avec u n toucher soigneux. L’introduction du standard “All The Things You Are” est également jouée avec retenue et douceur.

En 1956, il sort un autre disque en trio intitulé “This Is Hampton Hawes”.
Au cours de cette session, il faut écouter son sens du Be-Bop sur “Steeplechase”, dont les notes s’envolent très vite. Il peut rester sur une note pendant plusieurs mesures et repartir dans des phrases intenses.
Influencé par Monk, il interprète “Round Midnight”. Il séduit par le toucher en accords. Si les flux de phrases sont intenses, le jeu de Hampton était parfois aéré avec de l’espace entre les accords comme c’est le cas sur “Just Squeeze Me”. L’improvisation est nerveuse, les accords sont plaqués de façon franche assortis de notes Blues.

La même année, sort “Everybody Likes Hampton Hawes” une session imbibée de swing où on entend le son métallique du piano et ces éclats de notes dans un style proche de celui de Wynton Kelly et Red Garland.

Jim Hall rejoint Hampton Hawes sur “All Night Sessions”.
Sur “Jordu” on entend la limpidité des phrases et les articulations entre elles. Il est intéressant d’entendre la différence de style entre d’une part, les phrases au piano denses et d’autre part la guitare qui aère les notes.
Minimaliste, Jim Hall cherche la mélodie sans chercher la technique et la virtuosité.

En 1957, il participe à l’album de Mingus intitulé “Mingus Three” consacré aux standards. L’accompagnement au piano est d’une grande discrétion au cours de “Back Home Blues”, quand le contrebassiste prend son solo en toute tranquillité.

Avec Red Mitchell, Shelly Manne et le guitariste Barney Kessel, c’est une immersion dans le Be-Bop. La session “Four” commence par le thème
de Charlie Parker intitulé “Yardbird Suite”, servi par un jeu de piano tout en souplesse. L’interaction avec la guitare s’entend au cours de l’interprétation du thème “There Will Never Be Another You”.

Fidèle au Be-Bop, il enregistre “Bird Song”, un album dédié au maître de cette musique. La session s’ouvre par “Big Foot” un Blues à haut tempo.
Le pianiste use d’accords lyriques et émouvants en introduction de “Stella By Starlight”.

En quartet, Hampton s’entoure de musiciens élégants pour enregistrer “For Real”. Le thème qui ouvre l’album “Hip” est lumineux et plein de swing.
Les notes de velours d’Harold Land séduisent, la rythmique avance tranquillement avec décontraction.
“Wrap Your Troubles in Dream” est joué avec douceur par le saxophoniste même lorsqu’il joue en double croches.
Dans “Crazeology”, les phrases chromatiques se diffusent.
Au sax les phrases illuminent non seulement par leurs trajectoires mais aussi par la sonorité. Dans le morceau “For Real”, le pianiste swingue sur un tempo médium qui passe à la croche avant de revenir à la noire.

On arrive en 1964 et le pianiste enregistre “The Green Leaves Of The Summer” un répertoire toujours basé essentiellement sur les standards à l’esthétique Be-Bop.
Sur “Vierd Blues” de Miles Davis, le pianiste donne la sensation de faire danser les notes.

En 1966, il sort “The Séance” un album enregistré en concert. Le titre est le seul morceau original au tempo cool porté par la discrétion de la contrebasse et de la batterie.

Le thème “Searchin’” extrait de “I’m All Smiles” est effectivement une quête d’harmonies nouvelles. Hampton enchaîne des accords d’un nouveau genre qu’il plaque énergiquement, ainsi que des phrases aux trajectoires inédites comme les intervalles entre 6’29 et 6’30.
Entre 8’23 et 8’33, le jeu en accords et les motifs en notes simples sont proches de l’esprit de Monk.

Un autre moment intéressant dans la carrière du pianiste est le duo qu’il fit avec Martial Solal en 1968.
“Key For Two” nous met de suite sur le chemin de l’énergie du Swing à grande vitesse. Accompagnés par la contrebasse et la batterie, chacun déploie des phrases enflammées dans l’esprit Be-Bop.

La même année il publie “Spanish Steps” s’ouvrant par “Blues Enough” une composition interprétée à vive allure.
Le disque se poursuit avec un thème en 6/8 “Sonora” introduit par des arpèges mineurs. Le toucher est en finesse et douceur au cours de “Black Forest”. En restant sur une seule note, il envoûte et entraîne avec lui la section basse batterie sur le sillage du swing.
Hallucinante est la vitesse du morceau suivant “Dangerous”, un thème de seize mesures qui se joue deux fois avant que le pianiste ne parte en solo.
La mélodie “Spanish Steps” apaise par ses respirations et les quelques notes du thème. Entre 22’57 et 23’12, l’harmonie va au delà du Be-Bop traditionnel.
En 1968, il enregistre un piano solo dont le nom est “The Challenge” qui convient bien à la situation, celle du pianiste seul face à son instrument .

Le pianiste enregistre “Jam Session” en compagnie de musiciens Japonais.
Dans ce septet, se trouvent deux saxophonistes ténors Hidenko Matsumoto et Akira Myazawa. Là encore, Hampton Hawes célèbre les standards en tissant de belles harmonies et des improvisations fluides.
Les quelques accords d’introduction d’”All The Things You Are” sont très émouvants. Parmi le répertoire, le pianiste reprend “Buzzy” de Charlie Parker et l’introduit par des phrases souples et légères.
Au piano, les solos sont toujours teintés de Blues, parmi ces phrases Be-Bop qui semblent toujours être nouvelles.
Cette rencontre avec les musiciens Japonais est une très belle réussite, il n’en demeure pas moins que le pianiste revient souvent à la formule trio.

Au début des années 70, il enregistre aussi “High In The Sky”, qui s’ouvre par une reprise de “The Look Of Love”, dans lequel on entend le pianiste prendre des risques et jouer “In And Out”à 3’00. L’esthétique est à ce moment précis proche du Free.

Le climat change en 1972, un tournant est pris quand Hampton enregistre “Universe” en jouant du clavier électrique au son chaleureux et scintillant.
Le premier thème “Little Bird” très mélodieux donne l’impression d’espérance. Dans ce disque, le pianiste entretient l’intrigant et l’optimisme à l’aide de mélodies solaires et magiques.
Dans ce Jazz Fusion, on entend la reverb dans le son de trompette, le saxophone au son métallique et la guitare saturée avec quelques effets wah-wah.
Si Hampton Hawes avait le swing, il pouvait atteindre les sommets du groove à travers les nombreux solos qu’il déploie.
La musique de cette période fascine du point de vue des sonorités.

En concert, le pianiste enregistre à Chicago le “Live au Showcase”, au cours duquel le pianiste laisse entendre son imprégnation du Blues.
“My Funny Valentine” illustre un jeu sensible, émouvant, complémentaire au dynamisme et à l’énergie des morceaux d’esthétique Be-Bop et Hard Bop.

Il continue d’explorer la voie du Jazz électrique en enregistrant “Blues For Walls”. Le soprano Hadley Caliman monte en intensité cherche à aller vers des sons nouveaux dans “Sun’s Dance”.
On entend aussi dans cet album le swing sur “Hamp Collard’s Green” et la Soul avec “A FLG Maurepas Upload”.
L’ambiance est presque hypnotique sur “Rain Forest”.

En 1974, paraît le live intitulé “Northern Windows”, où là encore le musicien Américain joue une musique entre Swing et Blues, servie par une section de cuivres composée des trompettes, saxophones, flûte et trombone.
J’aime le jeu en accords, les lignes en notes simples fluides et flamboyantes.
Venant du Be-Bop, ce musicien intégra les harmonies du Jazz des années 60.

Dans cette discographie abondante, un live de plus de deux heures à l’American Music Hall de San Francisco signé sous le signe du groove.
En effet, l’enregistrement s’ouvre par une version de “Go Down Moses” dont le style Soul Jazz bien rythmé et les accents du Blues me prennent aux tripes.
La variété des thèmes et des styles qu’aborde Hampton Hawes, en font un des pianistes les plus éclectiques. Quel autre pianiste de sa génération jouait du clavier électrique une musique proche du Jazz Funk. Imaginons Hank Jones Phinéas Newborn ou encore Oscar Peterson prendre ces directions.
Écoutez la version de “Don’t You Worry ‘Bout A Thing”, le charme des accords et des harmonisations.

Avec Charlie Haden l’entente est magnifique dans l’album “As Long As There’s Music”. Le contraste des ambiances domine sur “Irene” avec d’abord le lyrisme et la tristesse puis le swing et le Blues amenés par le contrebassiste.
C’est une mosaïque de notes et d’accords émouvants qui jaillit dans la composition “Rain Forest”. La musique de ce duo imbrique le Jazz et la Folk comme le faisait Keith Jarrett à la même période.
“This is Called Love” a des harmonies proches d’”All The Things You Are” par moments. Suite à ce moment de swing aux harmonies répandues, le duo se lance dans une séquence presque Free, sans repères rythmiques et harmoniques traditionnels.

En 1976 “Trio At Montreux” comporte seulement deux pistes de chacune 20 minutes.
“This Guy’s In Love With You” laisse entendre la surprise, le mystère et aussi le dialogue avec la contrebasse.

Au cours du live intitulé “Something Special”, il joue un répertoire des plus classiques mais fasciné par l’énergie des phrases et leurs directions. Il sort de l’harmonie déploie des notes à haut débit. Quel régal d’entendre les phrases sur “BD & DS Blues”.
Émouvants sont les accords du thème “Pablito” comme l’est le jeu au moment du thème.

La même année il publie “Hampton Hawes At The Piano” dans lequel il reprend “Killing Me Softly With His Song” et “Sunny” deux grands standards de la Soul des années 70. La composition “Soul Sign Eight” est une succession de motifs sur quatre mesures écrites comme “So What”. Le piano déroule la ligne sur deux mesures, puis la contrebasse et la batterie rentrent sur les deux dernières.
Sur les solos l’harmonie semble être un Blues mineur. Le swing est toujours jovial et les notes du solo toujours bien choisies. La composition “Morning” est un thème qui tourne autour d’un motif de basse de deux mesures. Les phrases en doubles croches illustrent le technicien qu’il était. Sur le dernier morceau “When I Grow Too Old To Dream”, le pianiste enrobe ses phrases en doubles croches de passages très Blues.

Pour finir cette présentation de l’oeuvre du pianiste Américain, parlons du Live au Club de Jazz le Memory Lane, en compagnie de Harry Sweets Edison Sonny Criss et Teddy Edwards.
Le disque s’ouvre par “Memory Lane Blues” au swing rayonnant
Contrebasse et drive du batteur galvanisent la trompette, le saxophone alto et le piano dans leurs improvisations.
Lors de cette session placée sous le sceau du Blues, le chanteur Joe Turner lance sa voix puissante dans le titre “Shake Shatter And Roll”.
C’est sur les chapeaux de roue que se termine cette session, par un Blues à vive allure consacré à Teddy Edwards pendant treize minutes.

Hampton Hawes véritable pianiste de Be-Bop était à la fois virtuose et d’une grande musicalité dans ses improvisations. Attaché aux standards, il a écrit des compositions mélodieuses. Il a su s’approprier les innovations harmoniques des années 60 et fut un des rares pianistes de sa génération à aller vers le clavier électrique. En plus de sa carrière de leader, il accompagna d’autre grands artistes comme Dexter Gordon, Red Mitchell, Blue Mitchell ou Art Pepper.
Figure majeure du piano des années 50 et 60, l’esthétique de ses phrases influença sans aucun de nombreux pianistes.