ACTU CONCERT/ Jazz à Ramatuelle

Dans cette charmante petite ville du Var déjà bien connue pour son festival de Théâtre, on respire au tempo du Jazz lors de la seconde quinzaine d’août. Entre le 16 et 20 août, les soirées à Ramatuelle seront rythmées par le swing. Le groupe Hot Sugar Band interprète le Jazz des années 30 et 40. La voix de Nicolle Rochelle est soutenue par des cuivres et une rythmique dynamiques. Le lendemain, le pianiste Laurent Coulondre célébrera son idole Michel Petrucciani en jouant l’album qu’il réalisa en hommage à cette icône du Jazz Français. Le trompettiste ERIK TRUFFAZ et son Electro Jazz jouera son projet « Lune Rouge ». Cheik Tidiane Seick pianiste Malien que j’ai vu en 2009 avec Hank Jones aime le dialogue la rencontre. Il rendra hommage au grand Randy Weston, pianiste qui allait à la rencontre de musiciens Africains. Enfin pour conclure ce Festival, un groupe exclusivement féminin dirigé par l’organiste Rhoda Scott Official nous rappelle la formation Artemis. L’organiste sera entourée de Sophie Alour au ténor Céline Bonacina (Official page) au baryton, Géraldine Laurent – et Lisa Cat Berro aux saxophones alto, Airelle Besson à la trompette, Saury Julie et ANNE PACEO à la batterie. Cette formation inédite réservera des belles surprises !

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ HENRI CROLLA ET LE SWING CHALEUREUX

Mon ami André Massard qui nous quitta début Janvier et dont je vous avais parlé, m’avait fait cadeau d’un vinyle d’Henri Crolla, intitulé « Henri Crolla et son Ensemble ». Le poète Jacques Prevert écrivit un petit texte sur son ami guitariste originaire de Naples, que l’on peut lire au verso de la pochette. « Crolla n’est pas un instrumentiste, il a besoin de la musique et l’appelle avec sa guitare, il l’appelle si ingénument, si simplement si tendrement, qu’elle vient. Et elle fait la belle, la tendre, l’insolite, la sauvage, la lointaine, la désarmante, la déchirante. Crolla l’aide à faire ce qu’elle veut ». Le guitariste vit sans cesse la musique. Lui et son ensemble vous accueilleront en swing par une version de « There’s A Small Hotel », où la guitare déroule des notes tranquilles, comme le fait la clarinette. Le vibraphone joue également avec souplesse ce standard du Jazz Swing. Les balais de batterie donnent un son craquant. L’ensemble reprend le standard « Lullaby Of Birdland » sur un tempo up. « Body And Soul » version délicieuse vous bercera. Le vibraphone est lumineux sur la composition « Alembert’s ». Sur la seconde face, Le morceau « Continental » exprime toute la jovialité de la musique. Le toucher est clair limpide, le musicien d’origine Italienne marche dans les pas du grand Django. Aux quelques notes de guitare, la clarinette répond par un court motif. Le quintet reprend le très connu « All The Things You Are ». La mélodie »If I Had You » nous charme avec ses chromatismes desendants. La ballade « These Foolish Things » laisse dégager beaucoup de douceur. Henri Crolla fusionne avec sa guitare, elle était pour lui une véritable compagne. Il caressait les cordes et jouait avec une grande délicatesse.

REEDITION ALBUM/DUKE ELLINGTON PLAYS MARY POPPINS

Cet album du Duke réédité, diffusera sans aucun doute de la joie à tous ceux qui l’écoutent. Les arrangements sont comme toujours brillants, sophistiqués mélodieux. Lorsqu’on écoute « Chim Chim Cher-ee », c’est l’optimisme qui se dégage par rapport à la bande originale du film. Les cuivres sont toujours aussi étincelants et les notes de piano sont sublimes. Le trombone et la clarinette dialoguent en toute sérénité sur « FreeThe Birds », au cours duquel les cuivres installent des nappes souples et cool. « Let’s Go Fly a Kite » exprime l’émerveillement servi magnifiquement par la clarinette, le trombone et la trompette sur un tempo tranquille, tenu par le batteur Sam Woodyard. La ballade « Stay Awake » dont la mélodie est exposée par le baryton. La progression du trombone basse et les vamps de cuivres rendent très bien sur « I Love To Laugh ». Cette superbe machine à swing nous offre de très belles nappes sur la suite comme « Jolly Holiday ». La trompette et ses trajectoires diatoniques est également soutenue par les différents cuivres sur le thème « Sister Sufragette ». Par la suite, l’alto vient nous caresser lui qui joue avec tant de feeling et de retenue. Une dose de nostalgie se fait entendre sur la pièce « The Perfect Nanny ». La clarinette joue une mélodie plutôt tendre avec des notes souples et soignées. Rythme redondant de la percussion sur « Step in Time ». Les interventions des cuivres sur « The Life I Lead » lancent la trompette qui joue avec bonhommie. L’alto de Johnny Hodges est très sensuel et mélodieux. Le trombone est dans un esprit blues à 2’53. En clôture de ces magnifiques sessions, le Big Band nous offre un feu d’artifices sur un tempo Be-Bop effréné, sur lequel le saxophone ténor, nous décoiffe par ses phrases limpides et claires. L’association du conducteur et chef d’orchestre avec l’arrangeur Billy Strayhorn est toujours magique mais recouvre là, une dimension onirique sur ces enregistrements.

ACTU CONCERT/ Jazz à Foix le Festival

Dans la petite commune d’Ariège située dans le Sud Ouest en region Occitanie, le festival de Jazz commence ce soir, pour se terminer le 31 juillet. De la musique Cubaine de Roberto Fonseca aux compositions personnelles empreintes de traditions du Moyen Orient d’Avishai Cohen , vous pourrez savourer la sonorité délicate de l’alto Russe Dmitry Baevsky, qui présentera son dernier album « Soundtrack » mêlant standards et compositions personnelles au swing chaleureux. Parmi les artistes Français, le grand pianiste Alain Jean Marie qu’on ne présente plus et un autre artiste qui ne cesse de monter, le trompettiste Fabien Mary. Pour l’ouverture ce soir, les spectateurs seront pris par l’enthousiasme des Swing Bones, formation qui compose ses propres morceaux, en s’inspirant des grands jazzmen comme Duke Ellington ou Count Basie. Ce groupe invite le trompettiste Nicolas Gardel qui étudia au CNSM avec François Théberge et Riccardo Del Fra.

https://www.jazzfoix.com/

ACTU CONCERT/ JAZZ A VANNES

Samedi soir, nous assistions à Bandol à un concert palpitant de Wallace Negao dans le cadre des Aoutiennes. Aujourd’hui, nous vous parlons du Festival de Jazz à Vannes en Bretagne qui se déroulera à partir de mercredi jusqu’à samedi. Parmi les différentes têtes d’affiche, le Deluxe Big Band jouera le 28 juillet. Entre Soul Funk et Rythm n’ Blues, cette formation mettra le feu en soirée d’ouverture. La section de cuivres sera explosive. Le bassiste Camerounais Richard Bona et le pianiste Cubain Alfredo Rodriguez vous feront danser le 29 juillet. Le lendemain, le contrebassiste Kyle Eastwood amoureux du cinéma des années 60 et 70 vous jouera les grandes bandes originales des classiques de cette époque. La chanteuse Camille Bertault vous envoûtera avec son grain particulier et vous étonnera par sa technique irréprochable. Le 31 juillet, place à une voix austère et glacée qui évoque la profondeur et l’espace. La chanteuse Isabelle Sorling présente une ambiance Pop et Folk émaillée de quelques rythmes electro. Concernant les découvertes, vous découvrirez le jeune pianiste Michael Vigneron et ses harmonies lumineuses. Le trio Coccolite distillera le groove. « Everyday in June » mettra à l’honneur l’Electro. L’autre moment intéressant sera avec la chanteuse Yasmine Kid, dont le timbre de voix sensuel, se prête bien au style Soul de son répertoire. Le guitariste Erwan Volant présentera un répertoire de Jazz moderne rappellant les guitaristes qui l’ont influencé, à savoir John Scofield et Pat Metheny. Le quartet du guitariste Vincent Petit présentera un répertoire mélangeant Jazz Hard-Bop et moderne. L’accordéoniste Janick Martin sera entouré du tromboniste Simon Latouche et du guitariste Julien Tual, pour une musique mariant folklores et cocottes groove. Enfin pour les plus jeunes, la chanteuse Anna Stevens et le pianiste Galaad Moutoz interpréteront les standards du Swing, donneront des explications et feront même danser les enfants. Pour prendre connaissance du programme en détail voici le lien ci-dessous:

https://www.festivaljazzenville.fr/programmation/

ACTU CONCERT/ AOUTIENNES DE BANDOL

Du 22 juillet au 4 août, le bord de mer de la charmante Ville de Bandol située dans le Var, vit au rythme de nombreuses musiques, comme la Soul et le Funk, en passant par la musique Brésilienne la Variété, le Jazz et le Blues. 5 scènes sont réparties le long des différents commerces et restaurants pendant deux semaines. La plupart des groupes passent pendant cette période, au moins deux fois sur deux scènes différentes. Hier 24 juillet, nous avons découvert le musicien Brésilien Wallace Negão Chanteur, qui joue les grands thèmes de son pays sur le Cavaquinho, petite guitare d’origine Portugaise. De la Bossa Nova à des chansons plus groove, le chanteur a fait danser les spectateurs sur la promenade ainsi que quelques riverains sur leurs balcons. Avec des morceaux calmes comme « The Girl From Ipanema » et « Desafinado », Wallace Negao a amené un bon groove comme sur « Mas Que Nada » et d’autres morceaux qui nous ont fait bouger. On notera la reprise de « Bidonville » écrite par Claude Nougaro, qu’il a chanté en Français. Si vous êtes dans ce coin là jusqu’à début Août, venez l’écouter.

NOUVEAUTÉ ALBUM/ ROY HARGROVE MULGREW MILLER/IN HARMONY

Le label Resonance Records dirigé par Zev Feldman, publie depuis quelques années des enregistrements en live restés jusque là inédits. Plusieurs concerts de Bill Evans ont été édités, dont celui donné au Ronnie’s Scott en 1968. Aujourd’hui sort un enregistrement extrait de deux concerts donnés par deux immenses musiciens de la période Néo Bop des années 80 90. Le trompettiste Roy Hargrove et le pianiste Mulgrew Miller se rencontrèrent en janvier 2006 et novembre 2007. Les deux grands solistes jouent un Jazz empreint de Soul et de Blues qui émeut l’auditeur. Roy Hargrove sort les notes de ses tripes sur « Blues For Mr Hill ». La sonorité évoque le New Orleans, le style est celui du Blues profond. Quel feeling de la part de ces deux monstres du Jazz? Vous pourrez écouter leur interprétation de « Monk’s Dream » et apprécier l’interaction mutuelle entre le piano et la trompette. Tous deux accentuent les dissonances. L’accompagnement chaleureux du pianiste propulse Roy Hargrove qui lance un plan Blues brûlant entre 3’20 à 3’33. Mulgrew Miller lance lui un pattern grandiose pendant huit mesures entre 4’14 et 4’28. La disparition brutale de ces deux musiciens en 2013 pour le pianiste et en 2018 pour le trompettiste, rajoute de l’émotion à leur musique profondément liée aux racines du Jazz.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ EN PLEIN FREE/ORNETTE COLEMAN

ORNETTE COLEMAN/ THE SHAPE OF JAZZ TO COME

En 1959, le saxophoniste altiste est un des précurseurs d’une nouvelle voie dans le Jazz. Les musiciens ont acquis pour la plupart le langage Be-Bop et ses phrases chromatiques qui permettent de naviguer d’accords en accords. Vers la fin des années 50, la volonté de dépasser les harmonies tonales est commune à de nombreux musiciens Les thèmes sont souvent des lignes mélodiques laissant entendre de nombreuses dissonances. La trompette de Don Cherry crée avec le saxophone une ambiance intrigante sur le premier morceau « Lonely Woman ». Charlie Haden joue un motif de contrebasse en boucle qui se mêle au rythme fougueux de Billy Higgins. Cette interaction accentue l’angoisse. Sur le second morceau, Ornette déroule un solo surprenant dans un esprit parkerien pour s’affranchir ensuite des règles tonales. Le Free est en train d’eclore. Ornette s’évade des conventions tout comme cette rythmique peu ordinaire pour l’époque où le piano n’est pas présent. Le climat est plus apaisé sur le morceau « Peace ». Contrebasse et batterie jouent en toute tranquillité tout comme le saxophone qui tout de même, sort des flots de notes plus nerveux à 12’55. Don Cherry est aérien dans l’improvisation. Le thème est ensuite rejoué par lui et Ornette, et le conclusion revient à Charlie Haden, qui à l’archet esquisse des notes bien graves. En introduction de « Focus On Sanity », le contrebassiste joue de belles notes sur un tempo medium swing. Le tempo s’enflamme ensuite, Ornette Coleman joue plus Be-Bop jusqu’à à aller chercher des dissonances. Lorsqu’on écoute « Congeniality », on entend outre les variations de tempo, des séquences Be-Bop et Hard-Bop. C’est la liberté qui domine cette nouvelle façon de jouer le Jazz. Enfin « Chronology » part du Be-Bop mais le Free est plus présent Le quartet joue une nouvelle esthétique ce qui donne à ce disque une place importante dans l’histoire du Jazz. Les musiciens dépassent les codes de l’époque, en variant les tempo et l’approche harmonique des improvisations.