SUR LA ROUTE DU JAZZ/ HENRI CROLLA ET LE SWING CHALEUREUX

Mon ami André Massard qui nous quitta début Janvier et dont je vous avais parlé, m’avait fait cadeau d’un vinyle d’Henri Crolla, intitulé « Henri Crolla et son Ensemble ». Le poète Jacques Prevert écrivit un petit texte sur son ami guitariste originaire de Naples, que l’on peut lire au verso de la pochette. « Crolla n’est pas un instrumentiste, il a besoin de la musique et l’appelle avec sa guitare, il l’appelle si ingénument, si simplement si tendrement, qu’elle vient. Et elle fait la belle, la tendre, l’insolite, la sauvage, la lointaine, la désarmante, la déchirante. Crolla l’aide à faire ce qu’elle veut ». Le guitariste vit sans cesse la musique. Lui et son ensemble vous accueilleront en swing par une version de « There’s A Small Hotel », où la guitare déroule des notes tranquilles, comme le fait la clarinette. Le vibraphone joue également avec souplesse ce standard du Jazz Swing. Les balais de batterie donnent un son craquant. L’ensemble reprend le standard « Lullaby Of Birdland » sur un tempo up. « Body And Soul » version délicieuse vous bercera. Le vibraphone est lumineux sur la composition « Alembert’s ». Sur la seconde face, Le morceau « Continental » exprime toute la jovialité de la musique. Le toucher est clair limpide, le musicien d’origine Italienne marche dans les pas du grand Django. Aux quelques notes de guitare, la clarinette répond par un court motif. Le quintet reprend le très connu « All The Things You Are ». La mélodie »If I Had You » nous charme avec ses chromatismes desendants. La ballade « These Foolish Things » laisse dégager beaucoup de douceur. Henri Crolla fusionne avec sa guitare, elle était pour lui une véritable compagne. Il caressait les cordes et jouait avec une grande délicatesse.