ACTU JAZZ/ SANBORN SESSIONS

Le saxophoniste invite pour le sixième épisode de ses sessions un pianiste ami de longue date, Bob James. Le morceau d’ouverture est une ballade introduite par accords de piano langoureux et des cymbales de batterie qui crépitent. Avec son son si sensuel et unique, le saxophone joue la mélodie. La contrebasse prend un solo a 4’18 où chaque note est bien choisie. Le second morceau est plus énergique. Avec une ambiance blues sur un rythme en 6/8 nous apprécions ce groove contenu avec des séquences plus mélodieuses. Le saxophoniste nous propose une fois de plus une belle séquence musicale dans un climat convivial.

NOUVEAUTÉ ALBUM/ MARCIN WASILEWSKI

MARCIN WASILEWSKI/ GLIMMER OF HOPE/

A l’écoute des premières notes esquissées par ce jeune pianiste Polonais, la filiation avec Keith Jarrett paraît évidente. Le toucher est soigné, les notes sont caressées. La contrebasse enrobe de ses notes rondes et précises le pianiste, le batteur a un jeu très fin. La sonorité de Joe Lovano est elle sur les traces de Charles Lloyd. Avec le second morceau « Vashkar » après un motif de saxophone un peu sombre, le toucher de piano est proche de Chick Corea et la rythmique a un jeu varié. Le morceau « Cadenza » repose sur des dialogues improvisés. « Fading Sorrow » est très poétique, le saxophone a beaucoup de d’inspiration. « Arco » renferme beaucoup de mystères. Joe Lovano pousse les limites de son instrument tant le son évoque un violoncelle. Sur « Stray Cat Walk », le sax avance à pas de velours avec un couple Basse Batterie qui interagit magnifiquement. « L’amour fou » est un thème plus énergique au tempo élevé avec une rythmique très subtile. Sur le morceau « A Glimpse » le quartet se met en danger en s’aventurant sur le terrain Free Jazz et en restant, non pas accessible, mais intéressant. Avec « On the other Side »le pianiste joue des phrases nerveuses dans un esprit Free. Et puis le morceau « Old Hat » est une conclusion tout en douceur. Ce pianiste Polonais, en invitant Joe Lovano, atteint des sommets de subtilité et de musicalité avec ce très bel album signé chez ECM.

ACTU JAZZ/

SF JAZZ FRIDAYS AT FIVE/

La crise sanitaire a bouleversé de multiples secteurs d’activités et notamment le monde musical. Le SF JAZZ, centre d’éducation en matière de Jazz situé à San Francisco, organise également des concerts en temps normal. En ces temps compliqués cette véritable Institution retransmet des performances live qui ont lieu en 2019. Pour cinq dollars par mois vous pouvez voir ces shows chaque vendredi à partir de 17h. Plusieurs concerts ont été donnés pour célébrer la musique de Wayne Shorter. Vendredi 31 juillet, sera diffusé le troisième au cours duquel figure un all stars band grandiose avec Branford Marsalis, Terence Blanchard, et la section rythmique qui accompagne cette légende du saxophone, à savoir Danilo Perez John Patitucci et Brian Blade. Les recettes seront versées à Wayne Shorter pour l’aider à financer ses soins.

https://www.sfjazz.org/watch

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

Gerry Mulligan Paul Desmond/

A cette époque les Jazzmen essaient de trouver des voies différentes du be-bop même si son langage imprègne la plupart de ces musiciens. Avec ce morceau « Stand Still », le baryton et l’alto s’élancent tous les deux sur cette mélodie cool. La tessiture grave enrobe les douces notes de l’alto. Ecrit dans une esthétique be-bop, ce thème mélodieux au tempo medium, a une structure classique AABA. Une partie de huit mesures jouée deux fois, est suivie d’un pont de huit mesures et revient sur huit mesures du début. La mélodie mélange à la fois l’empreinte du be-bop mais aussi celle du swing, avec ces sonorités de saxophone suaves de style West Coast.

ACTU JAZZ/ TERRI LYNE CARRINGTON

La grande dame de la batterie est en couverture du magazine DownBeat du mois d’août. L’année 2020 est une grande année pour cette Jazz Woman qui avec son album « Waiting Game », a remporté trois catégories dans lesquelles elle était nominée par les critiques. Artiste Jazz de l’année,  elle est aussi à la tête du meilleur groupe qui a réalisé le meilleur album. Avec son groupe « Social Science », sa musique porte des revendications politiques et sur le plan esthétique, mélange  jazz acoustique rap et groove.

https://downbeat.com/magazine/2020-08

NOUVEAUTÉ ALBUM/ KURT ROSENWINKEL

KURT ROSENWINKEL/ ANGELS AROUND

Avec ce son très travaillé au fort delay et une grosse reverb, le guitariste est très vite reconnaissable.  « Angels Around » tel est le nom du dernier album de Kurt Rosenwinkel qui poursuit son exploration des standards depuis son projet « Reflections » en 2009. Le disque commence par une reprise originale du morceau « Ugly Beauty » de Thelonious Monk, qui sonne un peu comme un tango. Le thème est exposé avec un son puissant, les phrases sont romantiques. Sur « Ease it », un blues signé Paul Chambers le swing est à l’honneur et les phrases de guitare sont toujours surprenantes. La ligne de basse et le drive de batterie boostent bien le soliste aux phrases d’une limpidité grandiose. Avec la reprise de « Self Portrait in three Colors » de Charles Mingus, la contrebasse joue un très beau solo au son rond et clair. Les effets de variation de volume à la guitare amènent beaucoup de douceur. Ambiance très différente, très rock sur « Simple # 2″ dont l’ouverture ressemble au riff légendaire de Deep Purple  » Smoke on the water ». Les harmonies Jazz reviennent ensuite avec un solo de guitare au cours duquel les phrases sont aérées. Avec sa reprise de « Punjab », morceau de Joe Henderson, Kurt Rosenwinkel montre son affection pour les harmonies complexes qu’il aime triturer. L’idée de reprendre « Time remembered » de Bill Evans sur un rythme Bossa est entraînante. Le titre « Angels Around » avec cet overdrive puissant est très énergique. Comme on dit, la musique envoie. Le dernier morceau  » Passarim » au rythme Bossa alterne single notes et ponctuations d’accords. Le guitariste nous montre toute l’étendue de son talent avec sa maîtrise des harmonies complexes, des mises en place subtiles et des improvisations sans cesse renouvelées.

ACTU JAZZ/

ARTEMIS / PROCHAIN ALBUM

Présentons ce groupe exclusivement composé de jazzwomen, dont la création est à l’initiative de la pianiste Renée Rosnes. Autour d’elle, nous avons Anat Cohen à la clarinette et clarinette basse, Melissa Aldana au saxophone, Ingrid Jensen à la trompette, Noriko Ueda à la contrebasse, Allison Miller à la batterie et Cecile Mclorin Salvant au chant. Le premier album de l’ensemble Artemis paraîtra chez Blue Note en septembre. Le répertoire de ce projet mélange une majorité de compositions originales, des arrangements de chansons pop, un arrangement de standard jazz. Originaires de différents pays, chacune des sept musiciennes a écrit un morceau ou un arrangement. La composition en écoute « The Goddess of the Hunt » s’ouvre sur un climat sombre. Le thème joué au saxophone à la clarinette et à la trompette est mystérieux énigmatique. Les ambiances sur les improvisations alternent entre calme et nervosité. Le solo de saxophone est assez fougueux, celui de piano plus cool, la trompette repart dans le dynamisme et la clarinette joue un solo plus en retenue. La sortie du disque de ces grandes dames du Jazz actuel est prévue pour le 11 septembre.

https://artemisband.com/

NOUVEAUTÉ ALBUM/ JIMMY HEATH

JIMMY HEATH/ LOVE LETTERS

Il avait été surnommé « Little Bird » en raison de sa maîtrise totale du langage be-bop. Après avoir commencé au saxophone alto, Jimmy Heath opta pour le ténor et fut l’un des plus grands représentants de cet instrument avec John Coltrane, Johnny Griffin ou encore Hank Mobley. Disparu au mois de janvier à l’âge de 93 ans, il laisse cet album inédit enregistré peu de temps avant qu’il nous quitte, et dont nous avions parlé il y a quelques semaines. Sur le thème d’ouverture « Ballad From Upper Neighbors Suite », le saxophoniste nous enveloppe de cette mélodie magnifique et de sa sonorité sensuelle. Les arpèges de guitare sur « Left Alone » accompagnent la voix de Cécile Mclorin Salvant telle de la soie. La sonorité du soprano avec le morceau « Inside your Heart » est emplie de nostalgie et de fragilité à laquelle se joint le vibraphone aux notes de cristal. La conversation entre Wynton Marsalis et Jimmy Heath sur une ballade de Kenny Dorham intitulée  » La Mesha » est toute en finesse, avec des accords de piano discrets. Sur « Don’t Misunderstand », Gregory Porter tel un crooner de grande classe nous charme dès les premières secondes. Le solo de saxophone est de grande classe. On pourra entendre également les hommages à Dizzy Gillespie avec « Con Alma » et à Billie Holliday avec « Don’t explain » au cours duquel l’interprétation de la mélodie au saxophone est proche de celle de la Jazz Lady.  Certains trouveront ce disque monotone, mais je suis captivé par la sonorité, la qualité du jeu de Jimmy Heath, qui laisse entendre son amour pour les ballades.