ACTU JAZZ/

CHICK COREA ACADEMY/

L’immense pianiste monte un projet pour encourager les musiciens professionnels et amateurs.
Il donne des conseils propose des chat.
Il a écrit une méthode « A work in progress ».
Il fera part de son expérience, mais l’originalité du projet réside dans le fait que l’apprentissage n’est pas du tout scolaire avec des examens qui sanctionnent le travail.
Merci Chick pour cette belle initiative!

https://www.chickcoreaacademy.com/

NOUVEAUTÉ ALBUM/ LYNNE ARRIALE

LYNNE ARRIALE TRIO/ CHIMES OF FREEDOM/

Cet album en trio commence par un standard des spirituals « Sometimes I Feel like a motherless child ».
La musique est très épurée très apaisante.
Le morceau qui suit « Journey »est un blues mineur où la ligne de basse du thème évoque dès les premières secondes, le morceau de Wayne Shorter « Footprints ».
Le son du piano très métallique laisse dégager beaucoup d’émotion.
Le jeu varie phrases bien fluides et voicings.
La composition « The dreamers » assez lyrique
« 3 Million Steps » est un morceau au tempo medium où la pianiste s’exprime avec un swing décontracté sur lequel la batterie effectue de nombreuses relances.
« Hope » est une composition très mélodieuse avec des respirations, et un jeu léger de la rythmique.
« The whole truth » est un morceau fortement imprégné de blues dans l’esprit du Soul Jazz.
Le solo de contrebasse de Jasper Somsen est très clair et joue tout à fait dans cet esprit blues.
La magnifique « Lady liberty » est très émouvante. Cette composition a tout d’une folk song aux accents nostalgiques et par moment traduit l’espoir.
« Réunion » est un morceau entraînant comme un limbo.
Sur les deux derniers morceaux, la pianiste invite KJ Denhert à la voix fragile et touchante.
L’album se conclut sur la chanson de Paul Simon « American Tune » qui nous fait voyager vers les grands espaces et des horizons calmes.
Cette pianiste Américaine est animée par la recherche mélodique dans les thèmes et les improvisations, son jeu a beaucoup de sensibilité.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

EN TERRE BE-BOP/

Comment évoquer le be-bop, sans parler d’un de ses acteurs principaux, le pianiste Thelonious Monk.
Sur ces sessions enregistrées à partir de 1947, on entend des séquences harmoniques construites sur des mouvements chromatiques.
Ce thème « Humph » au tempo rapide, est plus un enchainement de motifs plus qu’une mélodie.
Sur le pont, le motif est en cascade. Le saxophone l’expose et la trompette le répète
Les solos s’enchaînent avec le solo de sax alto et c’est la trompette d’Idrees Sulieman qui me séduit le plus avec sa fluidité et ses aigus.
Il est intéressant d’écouter la sonorité du ténor proche d’un baryton.
Concernant le pianiste, les phrases ne sont pas limpides comme celles d’un Bud Powell.
On entend des motifs et des dissonances qui caractérisent le style si particulier de Monk.

ACTU JAZZ/

FRED HERSCH ESPERANZA SPALDING/

C’est un duo très élégant dont nous parlons.
La bassiste chanteuse et le pianiste se sont produits sur scène en 2018 au Village Vanguard.
Le disque sortira en juin et une partie des recettes reviendra à la Jazz Foundation of America pour aider les musiciens en difficulté suite à la pandémie.
Le duo nous interprète trois standards et deux compositions.
Esperanza Spalding est sur cette session uniquement chanteuse.
L’ouverture se fait sur « But not for me ».
Après avoir chanté la mélodie, Esperanza Spalding s’en détache pour scatter dans la bonne humeur.
« Girl Talk » commence très bluesy.
L’accompagnement du piano varie sans arrêt, la part d’improvisation et de surprise est très importante.
« Dream of Monk » porte bien son nom.
L’impro chantée et la partie de piano sont surprenantes. Les motifs de Fred Hersch rappellent l’esprit du grand pianiste et l’interaction avec la voix est très intéressante.
Le morceau « Loro » est très fantaisiste, mais les notes chantées sont toujours maîtrisées sur ce rythme rhumba.
La partie au piano me fait penser à Chick Corea par l’énergie et le dynamisme.
Cette association entre la voix et le piano est absolument succulente.

RÉÉDITION ALBUM/ BOBBY SHEW

BOBBY SHEW BILL MAYS/

Ce disque est un dialogue intimiste entre la trompette et le piano.
La première composition « Telepathy » porte bien son nom, tant la complicité entre les deux instruments apparaît établie.
Le morceau commence en nous bercant par son romantisme.
Puis vers 2’15 l’ambiance se trouble avec les arpèges de piano qui créent une tension et alourdissent le climat.
Le climat s’éclaircit aux alentours de 6’05 avec une musique plus rythmée.
Sur « Telepathy II » l’alchimie entre trompette et piano se poursuit.
Les accords et le son du piano soutiennent la trompette sensuelle et fragile.
Le reste du disque est consacré aux standards.
Sur « It Might as Well Spring » les motifs de piano me rappellent Duke Ellington jouant  » In a sentimental mood » avec John Coltrane.
Sur « Poor Butterfly » le swing cool met de bonne humeur le jeu de piano évoque la tradition le ragtime.
« Indian Summer » est dans la même trempe, la trompette joue la mélodie, le piano accompagne avec sobriété et se lance dans un walkin bass qui met la pêche.
Comme souvent dans les disques de standards, il y a un hommage à la Bossa Nova avec un  » Gentle rain » sensuel.
Sobriété nuances émotion sont les caractéristiques de ce très beau dialogue.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

EN TERRE BE BOP/

DIZZY GILLESPIE/SONNY SIDE UP
Sur ce disque grandiose de 1957, Dizzy Gillespie un des fondateurs du be-bop invite deux solistes de haut niveau.
Sonny Rollins au sax ténor et Sonny Stitt à l’alto montrent qu’ils s’inscrivent à merveille dans l’héritage du  » Bird ».
Sur ce thème « The Eternal Triangle » les improvisateurs ravivent les duels.
La première improvisation est celle de Sonny Rollins qui développe des phrases dont les articulations, la fluidité et la précision rythmique sont à couper le souffle.
Malgré la rapidité du tempo, les notes swinguent.
Sonny Stitt prend le relais à 2’55 jusqu’à 6’21 où les deux saxophonistes se lancent dans des joutes.
Les séquences d’impros sont bouillonantes.
Dizzy Gillespie s’immisce alors à 8’55 et la rythmique piano contrebasse garde une pédale pendant la première moitié de la grille d’impro.
Le trompettiste va chercher des notes dans l’aigu, les phrases sont egalement très precises.
Le piano a un son de velours et puis la batterie se lance dans des impros de quelques mesures.
Ce morceau est un grand moment d’intensité qui renoue avec la tradition des duels.

ACTU JAZZ/

AVISHAI COHEN/

Le trompettiste Israelien qui a sorti son dernier album « Big Vicious » ne fera pas de tournée pour le présenter à ses fans.
Ce musicien qui intègre la Berkley en 1997 à toujours mené beaucoup de projets en même temps
Il finit troisième du concours Thelonious Monk.
Il joue au sein du SF Jazz collective.
Après des années à New York, il souhaite une vie plus calme, il est en quête d’apaisement.
Même si il passe la moitie de son temps en tournée, il retourne sur sa terre natale, Israël.
Il monte son trio Triven et même un quartet.
Il participe à des enregistrements comme celui du groupe « Red Hot Chili Peppers ».
Aujourd’hui le trompettiste prend un autre rythme plus cool.
Il continue à jouer mais il souhaite une ambiance plus sereine et tranquille.

https://downbeat.com/news/detail/trumpeter-avishai-cohens-quest-for-tranquility?fbclid=IwAR0X9-y97hoBn7VamFMWPzZ8Bk3sumiC5LjjCxyqUBgyr_f97VUHjz65AFQ

INFO TRISTESSE/ JIMMY COBB

Avec Roy Haynes il était l’un des derniers géants de la batterie.
Il a joué avec d’immenses figures du Jazz, comme Charlie Parker Billie Holiday Dizzy Gillespie ou Wes Montgomery.
Il fut le batteur d’un des groupes les plus célèbres de l’histoire du Jazz.
Dans le groupe de Miles Davis il enregistrera plusieurs albums dont le plus connu étant « Kind of Blue ».
La souplesse de son jeu et sa façon de swinguer avec des pointes de groove étaient uniques.
Pour illustrer ce propos écoutons cette version de « So What » enregistrée le 22 mars 1960 à Stockholm, où à 11’29, le batteur joue un rythme binaire ternaire par l’accentuation du troisième temps.
Pour l’epoque, sa façon de groover est innovante et fit de lui un musicien qu’on distingue facilement.