INFO TRISTESSE/ LEE KONITZ

Il avait participé à l’élaboration d’une nouvelle esthétique du jazz, à la suite du be-bop.
De son saxophone alto s’échappaient des notes d’une douceur absolue à la sonorité cristalline.
Lee Konitz, un des pionniers du « Cool jazz » nous a quittés à l’age de 93 ans le 15 avril 2020.
Après s’être approprié le langage Be-bop, il a amené le Jazz vers des climats plus apaisants .
Je voudrais proposer à l’écoute, un morceau du trompettiste Kenny Wheeler « Nicolette », au cours duquel j’ai découvert ce saxophoniste grandiose.
Il s’agit d’un album intitulé « Angel Song », album tout en émotion sur lequel le trompettiste est accompagné de musiciens au jeu délicat et raffiné, que sont Dave Holland à la contrebasse, Bill Frisell à la guitare et Lee Konitz à l’alto.
Sa sonorité fragile me fait penser à d’autres grands altistes comme Paul Desmond et Bud Shank, qui en quelques notes suscitaient de l’émotion pure.

https://www.deezer.com/fr/track/1113949?utm_source=deezer&utm_content=track-1113949&utm_term=13784988_1587424602&utm_medium=web&fbclid=IwAR3w25nsKTSDZ0prrtInb7tNDuud2xOi0qt6tR95wGrmUI-I0LiIoh4JgWM

ACTU JAZZ/

En ces temps difficiles où l’anxiété et les incertitudes sont nombreuses, le magazine Downbeat propose une liste intéressante de films et documentaires.
Vous serez en bonne compagnie avec notamment des documentaires sur le pianiste Fred Hersch, le saxophoniste Jackie Mclean, le trompettiste Lee Morgan, le contrebassiste Charlie Haden.
Passez des moments conviviaux en compagnie du Jazz, de son histoire et de ses grands personnages.

https://downbeat.com/news/detail/ten-more-jazzworld-movies-to-stream-while-youre-stuck-at-home?fbclid=IwAR2BX08SMIAHkCokngU2dzNLxWSxNJkF3KUTclvNZ3l0e3NdRnhdo9an72o

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

EN TERRE BE-BOP/

Je vous parle ce soir d’une de figures emblématiques du be-bop, le trompettiste Fats Navarro.
Vous écouterez ce morceau « Boppin a riff » qui nous met en joie tel le swing s’exprime.
Le thème se construit autour d’une phrase qui se construit sur un cycle de quatre mesures.
Sur le pont, le saxophoniste alto Sonny Stitt improvise des phrases fluides en croches bien déliées.
La phrase du début se rejoue huit mesures, puis les solos commencent.
C’est au saxophone ténor de se lancer en impro.
Avec le solo du leader Fats Navarro, on peut savourer ce son lumineux et ses articulations chromatiques.
La carrière de ce pionnier du be-bop fut très courte puisqu’il mourut à l’âge de 27 ans.
Malgré cela sa sonorité et son phrasé hors du commun, influenceront le trompettiste Clifford Brown qui deviendra un géant.

ACTU JAZZ/

Le 30 avril prochain, ce sera la journée internationale du Jazz.
Prenez connaissance de la belle idée du pianiste Niels Lan Doky.

https://www.facebook.com/nielslandoky/?__tn__=kCH-R&eid=ARBoomvsvC3P2iUvc_Bze8TN51VlBOkLyLddhOYPJJ3rmoc6IlPYkt4XSO_C9QIxUtvQJa7OrgQcH4e9&hc_ref=ARQJJ3uC3a5PrSzB8-hnT3TLuRJIKKWL0GJAiToLubkCmherj_hlLwW9_attuv_4fh0&fref=nf

NOUVEAUTÉ ALBUM/ BAPTISTE HERBIN

BAPTISTE HERBIN/ VISTA CHINESA/

A la suite de plusieurs voyages qu’il a effectués au Brésil, cet album du saxophoniste Français est comme une ode à ce pays.
Le disque s’ouvre sur « Vista Chinesa »un morceau au tempo rapide et aux nombreuses syncopes, qui nous plonge dans la samba.
Le son du saxophoniste laisse échapper beaucoup de romantisme.
La seconde composition chantée par Ed Motta, est sur fond de groove avec un rythme funky entraînant.
La chanson « Meu Sonho » interprétée par la chanteuse Thaîs Motta est très lyrique et nostalgique.
Le morceau »Gemeos » alterne tempo binaire latin et swing.
Le saxophone livre un solo avec ce son cristallin magnifique et des envolées de notes ahurissantes. La trompette douce et feutrée laisse la place aux phrases de piano d’une très grande précision.
Sur « Nao Me Deixe » les arpèges très doux de piano introduisent une partie chantée à laquelle succède la mélodie exposée à l’alto et à la trompette.
Le morceau suivant « Imaos » nous fait revenir vers un climat de swing cool tranquille.
« Esquisitice » nous incite à la danse tant le rythme est convivial et la mélodie joviale.
Avec « Confusao Geral » le tempo est très élevé, le thème joué à la trompette et au saxophone alto puise dans le be-bop.
« Pasiphae » évoque l’évasion l’insouciance la légereté, nous hypnotise.
Sur « Swing Valse » on entend la batterie jouer tout en sobriété, le leader nous captive par la légereté et la technique de son improvisation.
Enfin, le dialogue sur « Scene on Seine » entre le piano et le saxophone est majestueux, par la finesse et la sensualité qui s’en dégage.
Avec ce très joli projet aux compositions et arrangements soignés, Baptiste Herbin réalise une belle alliance entre ses élans be-bop et les différents rythmes Brésiliens.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/

EN TERRE BE-BOP/

Dans le tourbillon du Be-bop, la tension est liée aux tempo élevés, les solistes s’expriment en jouant des débits de notes importants.
Cette rubrique nous conduit à découvrir des enregistrements anciens, qui nous permettent de comprendre l’évolution de cette musique, ses métamorphoses esthétiques et rythmiques et ses grands improvisateurs.
Ce soir, on écoute un morceau standard du courant New Orleans signé par Jelly Roll Morton, interprété par l’orchestre du saxophoniste Teddy Hill.
Dans cette formation, on entend un jeune trompettiste dénommé Dizzy Gillespie âgé de 19 ans seulement.
Après une intro jouée par les trompettes, trombone et saxophones, la trompette présente le thème, le saxophone alto prend le premier solo, puis Dizzy prend le relais pour construire son discours à partir de quelques notes.
Quelques mesures après, on entend quelques chromatismes.
Cet enregistrement de 1937 ouvre le chemin vers un nouveau langage.
On ne parle pas de Be-Bop à proprement parler, mais le solo de trompette laisse entendre des articulations nouvelles entre les accords.
Les balises d’une nouvelle musique sont mises en place.
Dizzy dira quelques années plus tard que le Be-Bop est une façon de jouer le jazz.

NOUVEAUTÉ ALBUM/ BENJAMIN BOONE

BENJAMIN BOONE WITH THE GHANA JAZZ COLLECTIVE

Ce soir, je vous parle du saxophoniste alto Benjamin Boone.
Ce musicien propose un jazz funk qui déménage.
Le morceau d’ouverture très syncopé, nous invite à groover dès les premiers instants pour nous emmener vers des polyrythmies complexes à 2’59.
Avec la reprise de « Maiden Voyage » composition d’Herbie Hancock, le groove flamboyant de la ligne de basse, laisse la place à la mélodie triturée.
Le solo de saxophone alto se balade tantôt dans l’harmonie, tantôt en dehors.
Le thème de « Slam » est chanté, un ouragan sonore se déploie, la gravité s’installe.
Les phrases du piano alternent entre suites de notes rapides et accords plaqués avec force.
Après des morceaux aux thèmes complexes et aux mises en places recherchées l’ambiance est plus smooth sur « The 233 Jazz bar » rappelant l’univers de Marcus Miller. On y entend la puissance du slap de basse et un solo de clavier sensuel.
La chanson « Without you » est une jolie mélodie empreinte de blues et de soul qui sera trop commerciale pour certains.
Le morceau « Joy » est un thème enthousiasmant.
Après une jolie introduction de piano, la mélodie simple et toute en douceur sur un rythme en trois temps, est exposée au soprano et au ténor.
Ce disque s’adresse à la fois à des connaisseurs exigeants sur l’harmonie et le rythme, et à un public qui préfère les ambiances cool, plus accessibles.

INFO TRISTESSE/ JYMIE MERRITT

Ce soir nous parlons à nouveau d’un grand contrebassiste qui a accompagné les plus grands.
Jymie Merrit originaire de Philadelphie nous a quittés à l’âge de 93 ans.
Il restera tout de même éternellement associé à la formation de Jazz Messengers.
Je découvris cette formation historique par deux albums incontournables du label Blue Note, « Moanin » et « A Night in Tunisia », sur lequel figure ce sideman discret et élégant.
Ecoutons une version de « Night in Tunisia » jouée en live en 1959, au cours de laquelle, le contrebassiste improvise un solo énergique aux notes précises et soignées, malgré le tempo rapide. Le solo est joué à partir de 4’13.
Sur « Moanin » joué également en concert, Jymie Merrit développe des phrases intéressantes sur une boucle de quelques accords. Le premières notes à 10’44, avec des glissés sont habitées par le blues.
Ce musicien n’a pas eu une carrière en tant que leader, mais l’Histoire du Jazz s’est écrite aussi grâce à de grands accompagnateurs.