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Post Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ THE MODERN JAZZ SEXET

EN TERRE BE-BOP/THE MODERN JAZZ SEXET

Dans les années 50, une formation propose une musique à mi chemin entre Classique et Be-Bop. Le Modern Jazz Quartet formé à l’initiative du pianiste John Lewis, est composé de Milt Jackson au vibraphone, Percy Heath à la contrebasse et Connie Kay à la batterie. Il sera un des groupes les plus prestigieux du post Bop. Au cours d’une session magnifique de 1956, on retrouve John Lewis et d’autres immenses musiciens autour d’un projet intitulé « The Modern Jazz Sextet ». Dizzy Gillespie tient la trompette, Sonny Stitt le saxophone. « Tour De Force » démarre par des motifs de cuivres au swing enthousiaste et éclatant. Sur un rythme très simple, les notes de trompette piquées, sont d’un grand dynamisme. Le thème généreux aux pointes bluesy, nous rassure et respire l’allégresse. Sonny Stitt est le premier à se lancer en improvisation sur laquelle, l’ombre de Bird plane. Les chromatismes sont nombreux, les articulations des phrases, bien fluides. Le solo de l’altiste ne manque pas de doubles croches. Dizzy et sa sonorité feutrée nous emportent dans le swing et ses envolées magnifiques. Le co-fondateur du Be- Bop est bien inspiré. Le guitariste Skeeter Best et le pianiste sont grandioses par la discrétion de l’accompagnement. Ce dernier joue avec classe des phrases qui sautillent. La technique du guitariste n’est pas époustouflante mais l’esprit est là. Attention, la seconde piste « Dizzy Meets Sonny » nous plonge à corps perdu dans le Be-Bop, qui tient en haleine. Sur un tempo up, le saxophoniste et la trompette s’en donnent à coeur joie, en sortant des flots de notes, d’une grande virtuosité. Le piano est moins démonstratif, les notes sont fines. Le duel entre le sax et la trompette est bouillonnant. À 7’37, je crois entendre un clin d’œil à « Moose The Mooche ». Le « Ballad Medley » atteint des sommets d’apaisement. « Old Folks » What’s New » How Deep is the Ocean? », trois chefs d’oeuvre, trois ballades, sont mis à l’honneur. À 5’17 Dizzy est très bluesy. Le standard « Mean To Me » est un autre rayon de soleil de cette session magique. Le stop chorus de trompette est sidérant de précision et d’intensité. Le pianiste joue, en étant toujours en quête de motifs mélodiques. La conclusion du thème est une référence à « Four » de Miles. Comme une ode au génie du Jazz, « Blues For Bird » s’étire sur neuf minutes, au cours desquelles, les solos sont joués avec grand feeling. Le piano et la guitare se servent de motifs en pentatoniques, alors que la trompette et le saxophone se promènent sur des chemins plus Be-Bop. Cette session nous rappelle, que Blues et Be-Bop sont intimement liés. Cette jam réunissant de grands artistes, est un festival de swing et d’improvisations pétillantes. Pour le musicien qui voudrait apprendre le langage du Jazz, les solos sont des modèles du genre, entre motifs très blues et longues phrases chromatiques. « The Modern Jazz Sextet » est un groupe qui n’aura joué que le temps de ce disque, o combien agréable.

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