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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ PAUL CHAMBERS/LE PRODIGE DE LA CONTREBASSE POST BOP

Dans le New Orléans, le Swing comme dans le Hard Bop, les lignes de notes qu’on appelle walkin bass constituent le langage le plus fréquent des contrebassistes lorsqu’ils accompagnent l’orchestre.

Ces notes jouées en noires inspirent et propulsent les solistes dans les improvisations. Si les contrebassistes jouent très souvent en walkin, les grands de cet instrument font évoluer sa place à partir de l’époque du Be-Bop. Ils prennent des solos et sont mis en avant. Parmi ces grands noms on trouve Jimmy Blanton, Slam Stewart mais aussi Paul Chambers.

Ce prodige sera demandé par de nombreux artistes comme John Coltrane, Miles Davis, Wynton KELLY , Red Garland et bien d’autres.

Il nait en 1935 et son ami de jeunesse est Donald Byrd.

Il intègre le quintet de Miles Davis en 1955 sur l’album « Miles ». En 1959, le groupe du trompettiste deviendra le plus prestigieux en réunissant John Coltrane, Cannonball Adderley, Bill Evans, Wynton Kelly et Jimmy Cobb pour le disque « Kind Of Blue ». L’intro de Paul Chambers sur « So What » rentre dans l’histoire, ce motif qu’il joue et que le piano double installe l’étrange et le mystère.

Entre Be-Bop, Cool et Hard Bop, le jeune contrebassiste est à l’aise quelque soit le rythme et le tempo.

Comme leader il enregistrera une dizaine d’albums dont le très beau « Paul Chambers Quintet ». Sa musique s’inspire du Soul Jazz et du Cool pour un climat tranquille dans un Swing jovial. La première composition « Minor Run Down » est comme un standard où la forme est standard en 32 mesures. On est touchés par le solo de contrebasse qui se définit par une souplesse d’exécution.

Sur le second titre, Paul Chambers mélange rythme binaire et swing pour une structure basique. Sa maîtrise de l’archet donne lieu à des solos de folie.

« Beauteous » sonne comme un thème Hard Bop sur lequel Donald Byrd nous propose des belles inflexions Bluesy et des croches entraînantes.

Comme autres albums on peut parler de « Whims Of Chambers » et de « Bass On Top » sortis tous deux en 1957 chez Blue Note.

Sur le premier album de janvier de cette année, on l’entend en sextet accompagné de grands comme Donald Byrd, John Coltrane Kenny Burrell,Horace Silver et Philly Joe Jones. Le morceau d’ouverture « Omicron » est rayonnant par sa variété rythmique et sa mélodie enchantée.

Le morceau éponyme « Whims Of Chambers » est un Blues que le guitariste et le contrebassiste jouent en toute intimité.

Sur « Nita » l’énergie du thème est amplifiée par les cuivres. La guitare s’envole pendant le solo et celui de Coltrane est brûlant.

Le son est plus aigu lorsqu’il joue à l’archet sur le morceau « Tale Of The Fingers ». La walkin est fluide, les pas de la contrebasse sont bien ancrés.

Le Hard-Bop est la signature de ce bassiste qui signe « Bass On Top ». Au cours de cette session où figure Hank Jones, le contrebassiste reprend des standards comme « Chasin The Bird » signé Charlie Parker. Les phrases rebondissent sur le rythme joué aux balais et sur la ligne de contrebasse.

Le morceau « Confessin » porte bien son nom. En effet Paul Chambers se confesse en improvisation et il est comme un poisson dans l’eau.

Le morceau final « Chamber Mates » un Blues montre toute la maîtrise du contrebassiste à l’archet et sur les tempos up.

En 1957, il est le bassiste de la session « Blue Train » de John Coltrane. Plus tard le saxophoniste lui consacrera un hommage avec son Blues mineur « Mr P.C ».

En 1960, le bassiste gravera chez Vee-Jay « 1st Bassman » un disque qui puise au delà du Hard Bop. Toujours dans cette mouvance Hard Bop, le contrebassiste aime jouer avec des musiciens différents puisque sur cette session on trouve le tromboniste Curtis Fuller le trompettiste Tommy Turrentine et le saxophoniste Yusef Lateef, qui signe d’ailleurs six compositions sur sept.

Sur « Bass Region » on entend les instrumentistes partir vers des trajectoires nouvelles.

Le Blues mineur « Mopp Shoe Blues » exprime la nostalgie.

Sur le titre « Blessed » on est en compagnie d’une mélodie poétique. À l’archet, Paul Chambers est un prince, il tisse un solo très mélodieux avec en fond des nappes soyeuses de cuivres.

Avec Wes Montgomery on se souvient de la ligne d’intro en quintes de « Four On Six » figurant sur le Half Note. Sur les balais de Jimmy Cobb le contrebassiste se promène avant de prendre l’archet pour une improvisation succulente.

Si Paul Chambers décède très tôt à l’âge de 33 ans il aura enregistré un très grand nombre de disques surtout en sideman.

Nous viennent à l’esprit le disque de Kenny Burrell avec John Coltrane et surtout le chef d’œuvre signé Oliver Nelson, « The Blues And The Abstract Truth ».

Son talent immense en fait un des plus grands contrebassistes de l’histoire.

Il aurait sans doute participé à un nombre immense d’enregistrements.

Ses solos sont des références pour la plupart des musiciens de Jazz et surtout pour les contrebassistes.

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