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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ NINA SIMONE/ LA VOIX EST L’EMOTION

Un jour regardant le journal de 13 heures sur France 2, j’écoute André Manoukian qui parle de Nina Simone, Eunice Kathleen Waymon de son vrai nom. Il raconte en quelques secondes sa vie émaillée de souffrances où la lutte pour les droits civiques est un combat de tous les jours.

La pianiste et chanteuse a un jeu dont on ressent certaines directions stylistiques empreintes de classique.

Née en 1933, elle étudie la musique mais de nombreux obstacles se dressent sur sa route.

En 1957, sort le titre « I Loves You Porgy » chanson de Gershwin et montre son feeling à fleur de peau, une voix qui ne laisse pas indifférent.

Son premier album « Jazz As Played In An Exclusive Side Street Club » renferme plusieurs standards de Jazz.

Dans cette session figure la reprise de la chanson « My Baby Just Cares For Me ».

Sur un tempo cool, le piano swingue comme si il sautillait de joie.

L’album commence par une reprise du morceau de Duke Ellington « Mood Indigo ».

Sur la ligne de contrebasse et les balais moelleux, la voix vous enveloppe.

« Don’t Smoke In Your Bed » est une chanson lyrique au cours de laquelle la tristesse se ressent.

Sur la chanson « He Needs Me » la sobriété est de mise, la douce voix est accompagnée par les accords de piano.

Les accords de piano en douceur de « Little Girl Blue » dégagent beaucoup de lyrisme.

Quel swing élégant de la voix sur « Leave Me Or Love Me ». L’improvisation de piano est très classique.

Sur le fameux « My Baby Just Cares For Me » le jeu de piano’est pas époustouflant mais le swing est très cool.

La chanteuse commence par déclamer accapela quelques notes puis présente le thème « Plain Go Ring » sombre. Elle joue une tourne au piano redondante.

Toujours dans un grand lyrisme pianistique la chanteuse nous emmène dans son univers.

« I Loves You Porgy » est très intimiste.

En 1959, elle enregistrera « The Amazing Nina Simone ». Sur Le « Blue Prélude », la voix magnifique pleine d’émotion est soutenue par les motifs de cuivres soyeux.

Le second morceau « Children Go Where I Send You » est plus Soul et Rythm n’Blues.

La chanteuse aime reprendre les standards de Jazz. Avec en fond les nappes de cuivres Nina chante « Stompin At The Savoy ».

La version du morceau « It Might As Well Be Spring » est également toute en douceur.

Le Blues etait pour Nina la principale racine.

« You’ve Been Gone Too Long » est plein de swing comme « Chilly Winds Don’t Blow ».

À noter les riffs joyeux au début de Willow Weep For Me ».

En 1959, elle enregistre au Town Hall en trio avec le contrebassiste Jimmy Bond et le batteur Albert Heath. La chanteuse et pianiste installe avec son arpège un climat où la voix est de l’émotion pure.

Au début des années 60, elle enregistrera plusieurs albums en live comme « Nina Simone At Newport » « Nina At The Village Gate » ou encore « Nina Simone At Carnegie Hall ».

Sur le live à Newport, Nina chante le Blues.

« Little Liza Jane » est un boogie énergique.

Le dernier morceau est un peu dans un style comme le Ragtime.

En 1961, elle enregistre « Forbidden Fruit ». Cet album montre le côté Blues de la chanteuse. Elle reprend notamment le « Work Song » de Nat Adderley.

En 1962 elle rend hommage à Duke Ellington et enregistre un live au Village Gate.

En 1964 elle sort « Broadway Blues-Ballads » dans lequel elle joue « Don’t let Me Be Misunderstood ».

En 1965 la chanteuse fera une reprise à succès de la chanson de Blues « I Put A Spell On You » dans lequel elle reprend aussi « Ne Me Quittes Pas ». Figure aussi un morceau qui deviendra comme un hymne, un chant inspiré par le courage « Feelin Good ».

La même année, elle sort Pastel Blue sur lequel figure « Sinnerman » chanson qui sera reprise dans la bande originale du remake de « L’Affaire Thomas Crown ».

En 1966, sort l’album « Wild Is The Wind ».

Le titre éponyme est une jolie ballade.

En 1967 elle sort « Nina Sings The Blues ».

Nina Simone puisait dans le Gospel et

Avec cette voix particulière on entendait parfois la puissance la colère.

Dans les années 70, elle enregistre « Black Gold » accompagnée d’un orchestre où l’on trouve l’orgue hammond et des congas.

Ce concert à New York commence par le titre « Black Is The Colour Of My True Love’s Hair ».

L’attachement aux racines Africaines par la chanteuse trouve une manifestation supplémentaire avec le magnifique « West Wind » qui monte en puissance par une percussion très présente.

Les voix donnent au titre « To Be Young Gifted And Black » une dimension Gospel qui donne l’espoir dans cette Amérique malade de la ségrégation qui touche les Afro Américains.

Nina ne voyait pas de cloison entre le Blues Gospel, les standards de Jazz et les mélodies de pop comme « Suzanne » de Léonard Cohen qu’elle sublime avec un groove haletant.

La percussion est grandiose tout au long de ce concert et encore plus sur « No Opportunity Necessary No Expérience needed ».

En 1971 elle reprend la magnifique mélodie de Georges Harrison « Here Comes The Sun ». La voix et ses accents Blues donnent au morceau de la profondeur.

Les accords de piano et les voicings sont grandioses sur « Just Like A Woman » titre en 6/8. Elle chante « Mr Bojangles » une jolie mélodie en trois temps.

Nina chante « My Way » sur un tempo rapide.

Elle reprend « Jelly Roll »

Le disque « Emergency Ward » contient deux titres enregistrés en live. L’ambiance du live galvanise la chanteuse. La Soul est bien là elle commence le concert avec « My Sweet Lord ».

En 1978, Nina réalise « Baltimore » un album dont le titre éponyme est chanté sur un rythme Reggae et un groove contenu.

La chanson « Everything Must Change » est assez Bluesy dans l’esprit.

Les accents Gospel s’entendent sur « The Family ». Lyrique aussi est le morceau « Music For Lovers ». Cet album entre Reggae et Soul contient des morceaux mélodieux.

En 1982 « Fodder On My Wings » a une tournure plus Soul. La chanson « Vous êtes seul mais je désire être avec vous » est d’un groove tout en élégance et sensualité.

Entre Calypso Reggae telle est l’ambiance de « Il y a un Baume à « Gilead ».

J’entends des sonorités asiatiques sur « Alone Again Naturally » ainsi que sur « Stop ».

Animée par le Gospel, Soul et Blues, son jeu de piano laissait entendre une technique avec des arpèges classiques mais surtout des voicings et plans Bluesy.

Sa voix transmettait une grande émotion et ce quelque soit l’ambiance sur des ballades des Blues et des morceaux rapides au rythme plus Soul.

Si vous voulez écouter un très bel hommage écoutez le disque de Kareen Guiock Thuram sorti il y a quelques semaines.

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