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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LES RACINES: LE GOSPEL VU PAR LES JAZZMEN

Revenons aujourd’hui aux sources du Jazz, aux origines en vous parlant du Gospel que l’on désigne comme la musique sacrée des Afro Américains. Ce courant se situe dans la lignée des Negro Spirituals chants d’esclaves comme les Work songs. Le Gospel se chante dans les Églises. L’esprit du Jazz se nourrit de ces styles originels dont les mélodies s’écrivent à partir de gammes pentatoniques. Cette musique est composée de motifs simples et faciles à chanter. Souvent les artistes ont repris ces standards pour montrer le lien qui existe entre le Jazz et le Gospel principalement chanté. Louis Armrstrong reprit le répertoire Gospel avec son enregistrement « Louis And The Good Book » en 1958. La voix chaleureuse est un vrai régal les chœurs agissent comme un voile sonore. Écoutez la voix malicieuse de « Satchmo » sur « Shadrack ». Le chœur sur « Ezekiel Saw De Wheel » lance le swing pour amener la voix chaude de Louis Armstrong. Les différentes voix sont délicieuses. Les grands standards du Gospel figurent sur ce très bel album devenu un incontournable. « Go Down Moses », « Nobody Knows The Trouble I’ve Seen » I Feel Like A Motherless Child ». Le guitariste Grant Green y consacra tout son album « Feelin The Spirit ». Les envolées très Bluesy montrent que ce musicien n’oublia pas les racines du Jazz et de ses transformations progressives. Il reprend six morceaux traditionnels en étant accompagné de sidemen exceptionnels du Hard Bop comme Herbie Hancock, Butch Warren, Billy Higgins. Le style du guitariste est extrêmement basique sur le plan harmonique En effet son jeu comporte essentiellement des motifs en gammes pentatoniques qu’il répète pendant plusieurs mesures. Malgré la simplicité du discours, le guitariste comme le pianiste étonnent par l’intensité de leur groove. Sur « Sometimes I Feel Like A Motherless Child », Herbie commence son impro par un clin d’oeil à « It Ain’t Necessarily So » signé George Gershwin. Le Soul Jazz n’est pas uniquement représenté par Horace Silver et Art Blakey. « Jericho », « Go Down Moses » et d’autres belles mélodies sont interprétées par ce quartet. Un autre grand guitariste Wes Montgomery célébra le Gospel avec son ami Jimmy Smith lorsqu’ils reprennent le titre « Down By The Riverside ». Les phrases de l’organiste et du guitariste sont une éruption sonore. La présentation est certes non exhaustive mais nous parlons en dernier lieu de ce duo magnifique qu’Archie Shepp forma avec le pianiste Horace Parlan. Ils interprétèrent les morceaux de Gospel sur deux albums magnifiques « Goin’Home » et « Trouble In Mind ». Sur le premier on trouve « Amazing Grace ». Le sax suave pétri de Blues est en totale synergie avec le piano. Beaucoup de spontanéité dans l’échange. Du titre « Trouble In Mind », extrait de l’album du même nom, la sensualité se dégage de cette conversation où le Blues est roi. Voici quelques références discographiques de l’hommage rendu par les Jazzmen aux racines.

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