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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LES MESSAGERS DU STYLE HOT ET SWING/ RUBY BRAFF

Nous avons évoqué ici les légendes les maîtres qui ont fondé le Jazz les pères fondateurs, comme Louis Armstrong, King Oliver, mais aussi ceux du Dixieland comme Jelly Roll Morton ou Bix Beiderbecke.

Nous parlons d’un trompettiste qui ne tient pas le « haut de l’affiche » par rapport à des sommités, mais son intérêt pour le classicisme en font presque une exception parmi les musiciens de sa génération.

Si la plupart part vers le Be-Bop, Ruby Braff restera dans le classicisme, dans la lignée de ses influences comme « Satchmo » ou Buck Clayton.

Autodidacte, il jouera dans des formations menées par le clarinettiste Pee Wee Russell puis son passage au Festival prestigieux de Newport en 1954 lui vaudra une distinction celle de New Star par les lecteurs de DownBeat Magazine

Le son est joyeux respire le bonheur et l’insouciance. C’est une ode au Swing que l’on écoute à travers ces sessions. Le délié du trompettiste est fluide et limpide.

Le Jazz que joue le trompettiste est aux confluents du New Orléans et du Swing avec des morceaux dont les structures sont des Blues ou autres harmonies cadencées classiques.

On peut vous parler des albums comme le disque « Hi-Fi Salute To Benny ». La session commence par le morceau « Keep Smiling At Trouble », un thème au cours duquel la trompette sautille. La reprise du morceau « I Can’t Get Started » est réalisée avec beaucoup de douceur.

Sur le disque « Easy Now » au fil des morceaux, on entend et savoure ce swing pétillant.

Plus intimiste est la composition « Little Man You’ve Had A Busy Day ». La voix jouée par le trombone berce la trompette, qui se ballade en toute tranquillité.

Sur « You re Getting To Be A Habit With Me » titre d’un autre album, la trompette joue une mélodie raffinée tapissée par des voicings délicats de guitare et des voiles de vibraphone.

Ruby Braff passe à Newport en 1958, avec l’orchestre du clarinettiste Pee Wee Russell. Le swing est éclatant sur la scène grâce à des solos qui sont joués de façon étincelante.

Si « These Foolish Things » est interprétée avec douceur, la température monte d’un cran sur la chanson « Oh Lady Be Good ». Les instrumentistes rentrent en fusion notamment les cuivres comme le trombone, la clarinette et la trompette.

Le disque « Gold Rush » est un inédit qui est sorti au cours de l’année, une session qui réunit en plus de Ruby Braff le saxophoniste Bud Freeman et le clarinettiste Pee Wee Russell.

La trompette ainsi que ses compagnons jouent une musique synonyme d’ensoleillement et des standards qui mettent de la baume au coeur, comme en témoignent la version de « On The Sunny Side Of The Street ».

« Crazy Rythm » est un feu d’artifices sonore tant les musiciens ont une pulse et un swing incandescent. Sur le titre « Slowly » vous entendrez toute la douceur des instruments.

Je terminerai cette présentation de Ruby Braff, par un disque sur lequel il invite le grand saxophoniste Coleman Hawkins considéré comme une figure majeure du sax ténor avec Ben Webster et Lester Young. Le ténor a une sonorité de velours et la trompette plus aigue, se montrent toujours à la hauteur, pour ce qui est des improvisations. Les nappes de vibraphone enveloppent la trompette toujours énergique et le saxophone toujours aussi suave sur « Just One More Chance ».

Le trompettiste est reconnu pour avoir un swing clair, limpide qui peut faire danser l’auditeur avec une seule note. Ruby Braff pouvait créer un envol très rapidement avec quelques notes, comme on l’entend sur « You’re Lucky To Me ».

Sur « S’Wonderful » chaque soliste se lance dans des improvisations de seize mesures. Le trompettiste emmène avec lui tout l’orchestre par sa fougue et sa décontraction. Si beaucoup retiennent les grands musiciens du Jazz moderne celui du Be-Bop et du Hard Bop, il est toujours passionnant de réécouter les grands musiciens du courant « Mainstream ».

Ruby Braff en est un.

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