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SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LES ARRANGEURS CÉLÈBRES/ GARY McFARLAND

Beaucoup de compositions sont écrites par des musiciens qui ne sont ni virtuoses ni des grands solistes. Cependant le Jazz s’est construit aussi grâce à des arrangeurs chefs d’orchestre et compositeurs. Hier nous parlions de Line Kruse et de son talent pour les arrangements et la composition. Duke Ellington Count Basie si ils sont tous les deux de grands chefs d’orchestre collaborent avec des grands arrangeurs, Billy Strayhorn et Neal Heafti. Il ne s’agit pas de retracer l’histoire du point de vue chronologique mais de parler des grands personnages de l’arrangement et de la composition. On part avec Gary McFarland vibraphoniste né en 1933, qui travailla pour Cal Tjader, Stan Getz Bill Evans, Steve Khun ou Anita O’Day. Il est surtout connu pour ses qualités d’arrangeur qui écrit des motifs respirant la fragilité et la nostalgie. Sur l’album de Stan Getz « Big Band Bossa Nova » il est l’arrangeur et le chef d’orchestre de la session. Les nappes de cuivres alternent douceur et parfois des séquences plus énergiques. Il est vibraphoniste de Bob Brookmeyer sur son disque « Trombone Jazz Samba ». Le disque est festif, les musiciens enjoués. Sur « Samba de Orfeu » on entend le vibraphone dérouler de jolies notes. Avec Cal Tjader, la musique est gorgée de Soul le groove apparaît sur « Ode To Billy Joe », mais aussi sur « Fried Bananas ». Il écrira les arrangements du disque d’Anita O’ Day « All The Sad Young Men ». Les cuivres alternent avec un jeu en nuances et parfois explosif. Le groupe de Mcfarland est une sorte de Dream Team composée entre autres du pianiste Hank Jones. Il travaillera sur l’enregistrement de Gerry Mulligan au Village Vanguard en 1963. La aussi, on entend des nappes sonores telles des voiles, comme sur « Body And Soul » ou « Come Rain Or Come Shine ». N’étant pas réputé pour ses qualités de soliste, ses compositions sont écrites avec lyrisme et sensibilité, comme en témoigne son morceau « Gary’s Theme » dont la tristesse est amplifiée par le toucher magique du poète Bill Evans sur le disque « You Must Believe In Spring ». Le pianiste John Lewis consacrera un album célébrant les compositions du vibraphoniste. Sur « Hopeful Encounter », l’ambiance sombre se distille sur un rythme en trois temps. Les nappes de cuivres subtiles légères sont du cristal. Gary Mcfarland n’est peut être pas un grand acteur du Jazz, mais sa vision esthétique mérite d’être soulignée.

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