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Post Jazz

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ JAY JAY JOHNSON

L’ ÈRE HARD BOP/ LE JAZZ A LE BLUES

Le Hard Bop est un retour aux sources. Les improvisateurs mêlent le langage Be-Bop, en ajoutant des pointes de Blues. Ce sont des sessions magnifiques, qui ont été gravées par le tromboniste Jay Jay Johnson, entre 1953 et 1955. « The Eminent Jay Jay Johnson » est un des plus grands moments de jazz post bop, avec des sidemen qui sont également de grands noms de ce courant du Jazz. Nous parlerons surtout des compositions originales et de quelques standards, dont l’interprétation mérite d’être entendue. Dès l’ouverture, nous sommes plongés dans une musique dynamique, au tempo up. « Turnpike » est un thème au tempo effréné introduit par des nappes de cuivres, aux valeurs longues. Les solistes impressionnent par la fluidité de leurs improvisations. Le tromboniste reste très attaché aux standards. « Get Happy » porte bien son nom. Sur ce thème étincelant, Clifford Brown est le maître en ce qui concerne le langage be-bop. « Sketch 1 » signé John Lewis est une mélodie qui sonne comme de la musique classique, avec des nappes de cuivres épurées et fines. Le morceau « Capri » est une très belle mélodie écrite par l’altiste Gigi Gryce. Le trombone combine motifs courts et phrases plus longues. Jimmy Heath au ténor apaise par la sonorité douce. Clifford Brown s’envole avec ses trajectoires magiques. La composition « Jay » à toute allure, est introduite par Wynton Kelly et son toucher en finesse. Le trombone est d’une limpidité ahurissante. Les congas et la batterie sont en dialogue constant. Ces percussions apportent évidemment un côté latin à la musique. La frappe est feutrée. Le standard « Too Marvelous For Words » est arrangé avec légèreté. « Coffee Pot » écrit par J.J est un thème Be Bop à partir duquel, il s’elance, pour livrer un solo limpide et fulgurant. Malgré des phrases à haut debit, le pianiste Wynton Kelly donne l’impression de caresser les touches de son piano. Les sessions avec Horace Silver sont plus empreintes de Soul et de Blues. La dynamique de « Daylie Double » est amenée par un dynamisme incroyable. Les notes piquées du thème sont fabuleuses. Hank Mobley a un jeu bien bluesy. Le trombone et sa sonorité de velours apaisent malgré la rapidité du tempo. Le jeu d’Horace Silver a également de nombreux accents blues. La reprise du standard « Pennies From Heaven » est une séquence pleine d’optimisme. « You’re Mine You » est savoureux et romantique. « Groovin » se rapproche du style des Jazz Messengers, d’autant plus, que le pianiste est le co-fondateur de cette formation. « Viscosity » mélodie Hard Bop par excellence, nous fait swinguer avec joie. Ces deux volumes du tromboniste, sont à mon sens des incontournables, pour tout amateur de Hard Bop. Les thèmes sont bien articulés autour de motifs Be-bop, enveloppés de motifs de cuivres légers et sobres. Avec des musiciens de grande classe tels, Clifford Brown, Charles Mingus ou Horace Silver, vous écouterez un véritable joyau musical.

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