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NOUVEAUTÉ ALBUM/ JEAN MICHEL PROUST / TO BARNEY WILEN VOL 1

Le saxophoniste Nicois est aimé pour sa sonorité ce souffle crepitant et ensoleillé. Barney Wilen amoureux des standards, aimait par dessus tout la mélodie autour de laquelle il brodait de jolies improvisations. De très beaux albums ont été édités par Elemental, comme un live à Tokyo, un disque avec Tete Montoliu, un duo avec Alain Jean Marie. Jean Michel Proust, Jean-Michel Proust Quartet – To Barney Wilen au Duc lui même saxophoniste ténor publie un hommage en deux volumes à ce poète Français du saxophone. Au milieu des standards, le saxophoniste ne recherche pas la virtuosité, joue avec beaucoup de classe comme les sidemen qui l’entourent. Commençant par « Days Of Wine And Roses », on entend un riff du guitariste Jean Philippe Bordier Page Jean-philippe Bordier sur 14 mesures, avant que le thème ne soit exposé par le saxophoniste. Sonorité croustillante, notes crépitantes, les premières secondes donnent tout de suite une idée du Jazz que le quartet propose. Le solo du guitariste est un concentré de sobriété. Le propos n’est pas la virtuosité mais dérouler de belles croches comme il le fait ou encore le contrebassiste. Les solos en 4/4 sont joués en toute intimité. Autre joli moment là valse « Sometime Ago ». L’intro des quelques notes au saxophone résument la douceur l’apaisement de ces musiciens. L’exposé du thème par le guitariste et le ténor sont un régal pendant que Mourad Benhamou joue tout en retenue. Petite Bossa aux accents de nostalgie « Retrato em branco e preto »est un moment exquis rappelant les grands standards de Tom Jobim. Les sonorités du saxophone sont sensuelles avec en fond cette batterie qui joue sobrement. Hommage à Duke Jordan avec son morceau « No Problem », aux accents orientaux sur un rythme binaire. Après une introduction me rappelant le thème de James Bond, le thème est exposé au saxophone. Les trajectoires Blues du guitariste sont enthousiasmantes. Le contrebassiste Raphaël Dever joue avec la malice d’un chat. Barney Wilen aimait les standards suaves aux intonations Blues. « Two Degrees East, Threee Degrees West » composition de John Lewis sautille au cours de l’interprétation par ce quartet. Animés par le swing les solistes rebondissent sur la walkin’bass et les balais de batterie. Ce dernier introduit « Solar » de Miles, en jouant le thème pendant quelques mesures avant d’être rejoint par le saxophone. En toute légèreté, le guitariste s’exprime encore et toujours. « Passion » tout en velours contient des mises en places pas complexes mais agréables. Le contrebassiste déroule des notes douces auxquelles le guitariste amène sa touche. « Black Thursday » et les claps sont vraiment savoureux. L’état d’esprit est au Blues à la « Road Song » et au Swing. Le saxophone est fluide, les legatos de guitare très beaux. Standard toujours « Old Devil Moon », construit sur une alternance entre rythme latin et swing. Le thème est joyeux. Après un solo de Jean Philippe Bordier, le saxophoniste part sur les traces de Sonny Rollins. Très subtil est le solo de batterie aux multiples syncopes. « Tres Palabras » commence par des voicings en solo. Ce rythme proche de celui du tango nous emporte et nous séduit. L’embouchure du sax est caressée. Cette mélodie est vraiment très relaxante rappelant la nostalgie. La reprise de « Bluesette » écrit par Toots Thielmans et devenu un standard, mêle à la fois tristesse et joie au sein d’un même thème. Pour finir le disque, une « Alternate Take » comme le disent les Anglo Saxons de « No Problem ». En écoutant cette seconde prise, ce rythme latin m’évoque l’esprit d’Horace Silver. La contrebasse dialogue avec la batterie pour notre plus grand plaisir. Ce volume 1 de l’hommage à Barney Wilen poète de cet instrument est célébré à merveille, par ces quatre messieurs qui jouent le Jazz tel qu’on l’aime, ancré dans les standards, le swing, le Bop et le Soul Jazz. Ces musiciens jouent avec feeling sensibilité sans se poser trop de questions. Quand je les écoute ils me font voyager dans cette histoire du Jazz, dont ils manifestent toute leur reconnaissance. On va se précipiter sur le volume 2.

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