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NOUVEAUTÉ ALBUM/ HELENE SUNG/ QUARTET +

C’est un début sur les chapeaux de roue que nous offre l’album de la pianiste Américaine Helen Sung. D’abord un arpège émouvant, doublé des cordes, puis à cela, succède un thème construit sur des accords plaqués avec une grande énergie. « Feed The Fire » illustre les polyrythmies. On entend un 6/8 des triolets des rythmes ternaire au tempo rapide. La pianiste nous montre une belle technique et une belle inspiration dès ce premier morceau, tandis que le sax ténor John Ellis part dans un solo limpide. La reprise de « Mary’sWaltz », composé par Mary Lou Williams est un grand moment d’onirisme et de raffinement à l’image des arrangements pour cordes. Les arrangements sont lumineux, le contrebassiste David Wong est d’une grande précision. Les arrangements toujours d’une grande justesse font briller le morceau « Coquette » qui transmet un grand bonheur, lorsqu’on entend ce rythme Samba appuyé par le batteur Kendrick Scott. Douceur et tendresse se dégagent de la composition « Elegy For The City » « Time Loops  » et son ambiance enflammée nous entraînent. Sur les motifs en boucle de piano, la contrebasse déroule ses notes puissantes. L’Intermède Swing sur « A Grand Night For Swinging » introduit « Long Yellow Road » un thème qui vous fera bouger tant le swing est ressenti avec finesse. Sur une tourne de piano et de contrebasse ressemblant à des accords en quinte, le ténor s’aventure sur la voie du solo. Les notes en pizzicato des cordes sèment un climat à la fois amusant et intrigant. Le thème est une alternance d’ambiances. Les nombreuses dissonances et les accents orientaux sont intéressants. Lyrisme tristesse nostalgie voila ce que traduit le florilège de cordes sur « Melancholy Mood » sorte de transition, introduisant la composition « Kaléidoscope ». Démarrant tranquillement, le groupe part ensuite sur un tempo up swing. La contrebasse le violoncelle développent une ligne pleine de solennité sur « Lament For Kalief Browder ». Les motifs en arpèges du piano assez calmes laissent la place à des voicings énergiques aux mises en place précises afin que le soprano s’exprime. La fin du disque mêle esthétique classique jazz et tango. « Sung Bird » mélodie magnifique inspire le contrebassiste David Wong et ses notes bien rondes chaleureuses. La clôture du disque par « A Grand Night Swingin’ évoque le blues et le Jazz des années 30. L’orchestre joue discrètement comme pour s’effacer progressivement. La pianiste Américaine au delà de sa technicité a un toucher sensible et une conception de l’arrangement affinée. L’originalité de ce projet est bien entendu la présence d’un quatuor de cordes qui nous amène au carrefour de plusieurs émotions nostalgie lyrisme mais aussi énergie et optimisme.

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