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NOUVEAUTÉ ALBUM/ ELVIN JONES/ REVIVAL/ LIVE AT POOKY’S PUB

Aujourd’hui nous vous parlons d’un disque inédit enregistré dans un club New-Yorkais en 1967 par le batteur Elvin Jones, le maître de la batterie moderne.

Après des batteurs comme Art Blakey ou Max Roach, celui qui resta aux côtés de John Coltrane pendant plus de cinq ans, a une frappe inimitable.

Produit par David Weiss et co-produit par Ashley Kahn et Zev Feldman producteur de Resonance, vous avez accès à une pépite enregistrée au Pookie’s Pub de New York, entre le 28 juillet et le 30 juillet 1967.

Quelques jours après la mort de Coltrane, on entend la fougue du batteur telle une tornade qui stimule et énergise sans aucun doute les solistes grandement inspirés.

L’ouverture de ce concert est dédiée à sa femme Keiko.

Après un solo de batterie, le thème certes minimaliste en termes de notes mais puissant est interprété par Joe Farrell saxophoniste ténor, un des héritiers de John Coltrane. Le son, l’attaque tout rappelle le maître.

Après 32 mesures, le saxophoniste rentre dans un état de transe de lévitation pour offrir des phrases ravageuses avec derrière des frappes du batteur absolument atomiques sur le plan sonore et rythmique.

Ce drive sur la cymbale et les toms m’a toujours subjugué.

Ce morceau « Keiko’s Birthday March » est un torrent d’émotion.

Le piano désaccordé de Billy Greene est un mélange de style old school de Swing et de Be-Bop.

Un invité exceptionnel Larry Young se met au piano sur le thème « Ginger Bread Boy » un thème que reprend à l’époque Miles Davis, signé du ténor Jimmy Heath.

L’organiste, pianiste d’un soir pour l’occasion part dans des trajectoires troubles mystérieuses mais passionnantes.

Le batteur a une énergie impressionnante et pousse comme à son habitude tout le groupe.

Si au cours de ces trois soirs le groupe reprend quatre standards, l’autre moitié du répertoire que vous entendrez renferme de très belles compositions des membres du groupe.

Joe Farrell signe un thème puissant d’esthétique Be-Bop intitulé « 13 Avenue B » où sur le tempo up swing, le ténor lance des phrases techniques et intenses.

La frappe d’Elvin colle au plus près du saxophoniste qui délivre un jeu incandescent. Le jeu de batterie le place comme s’il était un soliste à part entière. Le saxophoniste et le batteur jouent dans une fusion totale au point que les salves du saxophoniste et le tourbillon sonore d’Elvin ne font qu’un.

Le contrebassiste Wilbur Little improvise en walkin jusqu’à ce que le leader ne parte dans un solo épique de six minutes.

Avec la version de « My Funny Valentine » au romantisme débordant, s’ajoute la touche de charme du piano désaccorde ainsi que les balais qui résonnent sur la caisse claire avec douceur.

En fin du cd 1, le quartet présente un morceau du pianiste Billy Greene intitulé « M.E ».

À partir d’une mélodie heureuse et joviale, le saxophoniste s’en donne à cœur joie en improvisation. Joe Farrell lance des motifs qui ne laissent aucune place à une quelconque accalmie.

Sur le second disque, le quartet prend « On The Trail » thème intimiste au swing Cool .

Après une intro tranquille de piano et de batterie, le saxophoniste installe sa sonorité suave.

Ce dernier prend de nouvea la flûte est pour exposer le thème « Softly As In A Morning Sunrise », grand standard de Jazz qu’Elvin joua déjà en compagnie de John Coltrane sur le live au Village Vanguard de 1961 ainsi qu’avec Sonny Rollins sur « A Night At The Village Vanguard » de 1957.

Pour accompagner la flûte qui est poétique, le pianiste plaque avec tonus les accords.

« Raunchy Rita » est un morceau qui me fait penser aux morceaux Soul Jazz de Blue Note. Très court par rapport à tous les autres morceaux qui durent entre 15 et 20 minutes, ce titre de 3’55 sert d’interlude.

Sur une structure de 16 mesures, le batteur s’amuse à brouiller les pistes sur les quatre dernières par des breaks qui s’étirent.

Pour terminer cette session enflammée, le quartet reprend « Oleo » de Sonny Rollins pour plus de 16 minutes de Swing qui vous retourne et vous prend aux tripes.

Joe Farrell lance sans cesse des notes que le batteur relance par une frappe ravageuse.

Ce « Live At Pookie’s Pub » montre à quel point Elvin Jones ressentait la pulse et le Swing. Qu’il accompagne ou qu’il parte en solo, le jeu d’Elvin Jones s’abat comme une véritable tornade. Les morceaux sont très longs et sont l’occasion pour les solistes de s’exprimer comme ils le souhaitent.

Publié chez Blue Note, ce double album est une pépite de cette fin d’année sur laquelle vous entendrez l’euphorie collective de ce quartet grandiose.

Lorsque j’écoute ce tresor de 1967, me reviennent en mémoire la fois où j’eus la chance de le voir en concert au Festival de Marciac en 1999. Derrière sa batterie monumentale, ce véritable colosse déversa comme à son habitude une énergie qui vous percute et ne vous laisse pas indemne. C’est également ce que je ressens lorsque j’écoute ce « Revival ».

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