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NOUVEAUTÉ ALBUM/ DIEGO URCOLA PAQUITO D’RIVERA

DIEGO URCOLA PAQUITO D’RIVERA/ EL DUELO

Le saxophoniste Cubain Paquito D’Rivera, est invité sur le projet d’un compagnon de longue date, le trompettiste Diego Urcola. Les deux instruments s’accordent à merveille et sont soutenus par une rythmique originale, sans piano, ni guitare. « El Duelo » est un thème à deux voix, qui commence par un dialogue aérien, entre la trompette et le saxophone. La contrebasse introduit la mélodie exprimant le doute et l’incertitude. La trompette s’envole au cours de l’improvisation, le saxophone joue des notes limpides, dans un style Be-Bop. « Tango Azul » est sombre, nostalgique avec une métrique asymétrique. La clarinette a un son croustillant. Euphorie, ambiance festive à l’occasion de la reprise du morceau « Una muy Bonita », d’Ornette Coleman. Paquito malmène son saxophone pour nous offrir des sonorités surprenantes. Le groupe joue Free, la contrebasse et la batterie ont une grande liberté rythmique. Dès les premiers instants, les roulements de caisse claire sur « La Yumba/Caravan », ressemblent à une marche militaire. La rythmique batterie et contrebasse est très souple. Elle passe du binaire ternaire pour la trompette, au swing chaleureux pour le saxophone alto qui s’en donne à cœur joie. Le rythme sur lequel improvise la trompette est presque groove, mais devient swing lorsque celle ci reprend la seconde partie du thème. Le saxophone est proche de l’esprit Parkerien. Ambiance épurée avec le thème « Pekin » qui laisse dégager calme et sérénité. Sur une tourne bien groovy de la contrebasse, et le jeu léger de la batterie, l’optimisme est au rendez vous avec « The Natural ». Partons au pays du Tango à « Buenos Aires » pour une mélodie délicate. Après quelques notes de contrebasse mélancoliques, la trompette et la clarinette jouent cette mélodie aux accents nostalgiques. Le contrebassiste laisse entendre toute sa maîtrise pendant le solo, avec des notes bien précises et rondes. La clarinette nous emmène, la trompette avec la reverb s’envole. L’assise rythmique des musiciens est d’une grande solidité. Sur un thème intrigant, la batterie et la contrebasse sont en grande osmose. Les musiciens rendent un hommage en toute simplicité, à Gerry Mulligan avec le morceau « I Know, Don’t Know How ». Sur un swing cool, le saxophoniste et le trompettiste nous enchantent par les improvisations mélodieuses. S’ensuit un hommage à Astor Piazzola avec le morceau « LiberTango », à la rythmique entraînante et discrète. Le batteur propose un solo avec des rythmes entraînants, sans effet de virtuosité. Le morceau suivant « Sacajawea » n’est pas une mélodie construite, mais un enchaînement de deux motifs sur un groove contenu. Les échappées de l’alto sont toujours surprenantes. La composition « Leyenda » avec la pulse en 6/8 berce l’auditeur. L’album se termine par trois standards. Le premier « Con Alma » signé Dizzy Gillespie amène joie et luminosité. La trompette est d’un enthousiasme débordant sur la partie swing. Le second standard repris sur un rythme mambo est « Stablemates » ecrit par Benny Golson. Enfin,Thelonious Monk est célébré avec une de ses compositions « Bye Ya », composition joyeuse arrangée en binaire. La musique du quartet comporte de très beaux thèmes, des arrangements à deux voix subtils, et une grande énergie dans les improvisations.

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