L’immense Bluesman Américain revient avec un nouvel album imbibé des vibrations originelles, mais aussi de sonorités plus modernes, proches du Rock.
À près de 90 ans, Buddy Guy se distingue par son jeu incandescent et sa voix rugissante.
Le Bluesman commence par un riff en boucle pendant une minute.
L’énergie prend le dessus au second morceau, intitulé “Been There Done That” qui diffuse un groove brûlant. Les notes de guitare, les nappes de l’orgue sont d’une grande puissance.
Chez Buddy, le dynamisme incroyable de la voix et de la guitare.
Les riffs sont entraînants, la guitare nous séduit par ses phrases et bends, dont lui seul a le secret. On entend des salves, une guitare qui rugit et qui soulève la rythmique basse et batterie.
Toujours dans l’énergie, “Blues Chase The Blues Away” est construit sur une tourne classique, ornée de motifs au piano.
Le légendaire Bluesman invite Christone “Kingfish” Ingram à venir groover et à échanger les motifs de guitare au son saturé.
Cet album comprend des séquences traditionnelles mais aussi plus modernes.
La structure de certains morceaux ne suit pas le type de grille classique qu’on retrouve dans le Blues.
Avec des tirés sauvages introduisant “Blues On Top”, Buddy entonne une chanson très cool.
J’ai toujours aimé chez lui ses bends expressifs comme il les fait à 3’11.
Assez Rockabilly est le morceau suivant émaillé d’accords incisifs.
“How Blues Is That” reprend le motif de “Hoochie Coochie Man” de Muddy Waters.
Écoutez la ballade en compagnie de Joe Bonamassa, les choeurs, l’ambiance les ponctuations du clavier et les single notes de guitare.
Buddy est aujourd’hui le dernier grand représentant du Blues, cette musique qui est ancrée dans ses veines depuis tant d’années.
Certains morceaux ne suivent pas la structure traditionnelle sont d’une énergie incroyable. Quel dynamisme d’”Upside Down”, les riffs de cuivres les salves de guitare.
La générosité de Buddy se ressent par ce plaisir de nous faire swinguer sur ces rythmes ternaires.
Le climat peut aussi être cool comme sur One From “Lightin’”.
On ressent aussi la douleur intérieure, les souffrances endurées par les ancêtres. “Dont Forget” est un hommage aux esclaves, aux Afro Américains blessés par le racisme et la ségrégation.
Un très bel album ancré dans le Blues Traditionnel, mais explorant aussi des riffs nouveaux et des structures plus modernes.
Buddy peut être dans des moments graves, mais jouer aussi des mélodies plus optimistes comme “Trick Bag”.
Le guitariste swingue encore et toujours avec peu de notes au cours de chansons aux tempos variés. Le guitariste n’hésite pas à jouer des riffs de rock comme on l’entend au cours de “Swamp Poker”.
Buddy joue la dernière chanson “Talk To Your Daughter”, un morceau où riffs de guitare acoustique et solos tout en swing, sont portés par une batterie qui joue en toute finesse.
A 89 ans, Buddy fait pleurer sa guitare par ses notes toujours variées et sa voix toujours puissante. 30 ans après l’avoir entendu pour la première fois en écoutant “Damn Right I’ve Got The Blues”, ce guitariste est une des des dernières légendes du Blues. Du Blues traditionnel à des chansons plus modernes, sortant de la structure de base des douze mesures, ce disque est un régal.