Post Jazz

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX COINS

Ce vendredi 05 juin, un concert original donné par la saxophoniste Sakina Abdou qui joue seule, sans section rythmique et sans aucun autre instrument.
Elle jouera à Querqueville, dans la Manche, à la salle Imagin’Art dans le cadre de Presqu’île Impro Jazz.
Elle a enregistré en 2022 le disque “Goodbye Ground”, une session où elle œuvre toute seule, en tissant une musique synonyme de recherche, d’expérimentation et d’abstraction.
Vous pouvez l’ecoute en trio quand elle joue avec l’altiste Angelika Niescier et le pianiste Benoit Angelini, dans l’album “Lotus Flowers”, dont on ressent la musicalité et la quête de mélodie.
Au cours de “Hull House”, les arpèges de piano montent en intensité pour porter cette belle symbiose entre les deux saxophonistes qui s’approchent parfois du Free, comme c’est le cas avec “Rosa And The Thorns”.
Au cours de “Madres de Plaza de Mayo” les envolées de saxophone percutent émeuvent.
Même si des séquences sont mélodieuses, il est malgré tout, assez difficile de rentrer dans cette musique basée sur l’improvisation collective.
Les arpèges de piano au son métallique déploient un tissu harmonique toujours intéressant.
Sur ”Apeirogon”, j’entends le mystère, le lyrisme, la poésie, puis la souffrance et le déchirement, lorsque les saxophones arrivent. Les musiciens cherchent ensemble s’approchent d’horizons nouveaux en proposant des harmonies insolites.
Les notes de piano du titre “Élévation” sont poignantes, l’alto et ténor prolongent cet apaisement.
Ce vendredi si vous aimez le risque et l’aventure, venez écouter cette artiste.

https://presquileimprojazz.fr/

Le 05 mai, le groupe Swing To Bop jouera au Grand Théâtre d’Angers pour rendre hommage à Benny Goodman et Charlie Christian. Le nom de leur groupe est d’ailleurs celui d’un morceau du guitariste.
Les six musiciens vont vous emmener sur les traces du Swing, celui sur lequel les gens dansaient dans les années 30.
Le groupe se compose de Lorenzo Cortes à la guitare, de Michel Bonnet au cornet Sylvain Hamel à la clarinette, du pianiste Mathieu Meyer, du contrebassiste Laurent le Gall et du batteur Thomas Racine. Ils invitent pour cet hommage le vibraphoniste Dany Doritz.
Sur You Tube, vous pouvez entendre “Gone With That Draft”, un morceau enraciné dans le New Orleans, joué par la clarinette, la trompette et la guitare. Si la musique est extrêmement énergique, chacun joue avec retenue et souplesse. Ce jazz est celui de l’insouciance et de la joie.
“Airmail Special” vous fera décoller de suite par les croches sautillantes de la trompette et de la clarinette, mises en valeur par la rythmique. La guitare fait la pompe et la contrebasse fait rebondir sa ligne.
La clarinette joue la mélodie de “Gone With That Wind”, puis se relaient des solos cool, simples, loin de toute technique.
Dans“Charlie’s Dream”, on entend quelques couleurs de Jazz Manouche. Le guitariste se rapproche de Charlie Christian et le piano insère des éléments de ragtime.
Le morceau “Topsy” de plus de 10 minutes est une fête de swing, où chacun se passe le relais de l’impro avec un bonheur palpable.

https://billetterietheatres.angers.fr/event/517686-swing-to-bop-lorenzo-cortes-sextet-et-dany-doriz-jazz-pour-tous

Le 5 juin à Enghien les Bains, Stanley Clarke fera résonner les cordes de sa basse, par son jeu puissant et percutant. Il est connu pour avoir développé la technique du slap qui eut une empreinte majeure sur des bassistes comme Marcus Miller ou Victor Wooten.
Doté d’un groove explosif, il joue des parties proches de la Soul et du Funk
C’est pourtant en tant que contrebassiste qu’il commence sa carrière. Il joue notamment avec les saxophonistes Stan Getz et Joe Henderson. Ses lignes sont rondes, limpides et précises sur le plan du son.
Il est membre du Return To Forever de Chick Corea, participe au premier disque du nom du groupe, ainsi qu’à “Light As A Feather” et “Romantic Warrior”.
Pour son premier disque en leader intitulé “Children Of Forever”, il invite le pianiste dont on sent l’influence de la musique latine et ses rythmes entraînants.
Il faut écouter “Bass Folk Song” qui met en avant la virtuosité du contrebassiste. La puissance avec laquelle il attaque les cordes est époustouflante. Entre éléments techniques et phrases, il produit un solo tel un ouragan.
Un des albums où il m’impressionna le plus est “Standards” en compagnie du batteur Ndugu Chancler et de la pianiste Patrice Rushen, une session où il recherche de nouvelles tournes rythmiques. Dans cette version de “Lover Man” la contrebasse se distingue par la netteté des notes.
Le trio reprend à toute allure “Salt Peanuts” de Dizzy Gillespie, dont on savoure une magnifique walkin bass et un solo d’une technique grandiose.
Parmi les autres grands chefs d’oeuvre,les voicings de piano sur “Take Five” reflètent la subtilité du contrebassiste en matière harmonique.
“Oleo” illustre le degré de précision rythmique atteint par ces musiciens au cours de ce swing d’enfer. Stanley Clarke joue des notes claires avec une technique irréprochable.
Tous les contrebassistes ne sont pas pour autant des bassistes.
Sa sonorité est plus aiguë qu’avec une basse normale, si vous écoutez “School Days”, réalisé en 1976.
Le titre éponyme a des touches de Rock. Stanley Clarke est un des grands acteurs du Jazz Fusion, en proposant des touches Smooth sur “Quiet Afternoon”, un thème reposant. Le bassiste aime installer un groove envoûtant comme celui de “The Dancer”.
Avec George Duke, le bassiste inclut des touches de Rock. Les deux musiciens ont enregistré ensemble plusieurs projets. Le Clarke Duke Project II est parfois Rock même si sur “Great Danes” on entend du groove.

En 1988, dans le disque If This Bass Could Only Talk”, il reprend “Goodbye Pork Pie Hat”, en insérant des nappes de clavier. On y entend de la noirceur et du suspense.

Un autre projet qu’il faut évoquer est le disque “Thunder” réunissant Stanley avec Marcus Miller et Victor Wooten.
Ce disque met en avant la grande virtuosité de chacun

Le bassiste a réalisé plusieurs projets avec la pianiste Hiromi. The Stanley Clarke Band est introduit de facon magistrale par la basse. La pianiste installe des accords, sur lesquels la basse déploie un thème aux accents Blues.
L’énergie devient ensuite très Rock

Le Jazz que va jouer le bassiste risque d’être plus proche de la Fusion que du Jazz acoustique.
Une soirée sous le signe du groove des accents Rock et Funk

https://www.enghienlesbains-tourisme.fr/agenda/stanley-clarke-en-concert/

Le 05 juin à Amilly dans le Loiret, le pianiste Fabrice Tarel et le guitariste Tim Ollendorff joueront en quartet leur projet “Suite For Freedom” en sept mouvements.
Nous avions présenté au mois de novembre, le disque du pianiste “There Will Never be Another Now”, dont la complexité rythmique et harmonique m’avait captivée.
A la guitare, j’entends un son très moderne à la Ben Monder et des explorations mélodico harmoniques très poussées. L’accompagnement au piano est subtil les phrases en impro toutes en finesse et mélodieuses. Les deux instrumentistes déroulent une musique lumineuse.
L’introduction de guitare toute en douceur sur le troisième mouvement prépare l’arrivée d’un thème lyrique. La guitare dont la sonorité évoque pureté et fragilité s’envole dans des phrases qui nous donnent le sentiment d’apesanteur de suspension.
Le quatrième mouvement s’ouvre par des arpèges denses, ponctué de notes légères à la guitare. On entend quelques couleurs orientales pendant le solo de piano.
La partie V est tout en douceur les notes de guitare et du piano sont effleurées, la batterie caresse la caisse claire et la contrebasse insère des notes moelleuses.
Le son de la guitare est lunaire comme on l’entend encore sur le sixième mouvement.
C’est un groove tout en retenue et tout en délicatesse qu’on écoute au cours du dernier mouvement. Autour de l’arpège de piano qui résonne en boucle la guitare se pose en finesse
En écoutant ces climats harmoniques j’entends des musiciens qui mettent en exergue la mélodie.

https://www.agorame.fr/agenda/a-venir/amilly-concert-tom-ollendorff-fabrice-tarel-quartet