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NOUVEAUTÉ ALBUM/ TAMBOR Y CANTO/ LA SEGUNDA

En 2020, nous parlions du trio du pianiste Simon Bolzinger, pour la sortie de son album « Ritmos Queridos ». En trio, il célébre les rythmes Sud Américains autour de compositions originales et mélodieuses. Au sein de son autre formation Cie Tambor y Canto, on retrouve le contrebassiste Willy Quiko. Se joignent aux deux musiciens quatre percussionnistes et le saxophoniste Olivier Temime Olivier Temime – Officiel. Le groupe commence dans le vif du sujet dès le thème introductif « Sistema ». Le groove et l’énergie qui se dégagent des percussions puissantes, m’évoquent la fougue du groupe Sixun. Le débit des notes chantées est assez impressionnant. Certaines séquences me rappellent l’arrangement rythmique d’Herbie Hancock sur « You’ve Got It Bad Girl » de Stevie Wonder. Sur la composition « Pais Del Ayer » la clave se déroule avec en fond ce piano tendre et doux. Entre accords joués avec douceur et arpèges traduisant la fragilité, le chant installe une grande émotion de nostalgie. La voix intense nous prend aux tripes. Les improvisations de piano arrivent à la quatrième minute pour se mêler à cette énergie collective. Ce septet reprend ensuite une composition d’Horace Silver « Senor Blues » figurant sur le disque « Six Pieces Of Silver ». Le pianiste Marseillais a concocté un florilège de percussions assortis d’accords puissants. L’association sur ce titre de l’altiste Gérard Murphy au ténor Olivier Temime, traduisent par leur souffle le Soul Jazz des années 50 et 60. Le solo d’alto s’exprime par des envolées Bluesy auquel se joint le pianiste pour un solo tout en feeling et bien Blues lui aussi. Mélancolie, souvenirs, tristesse pour le titre « Coisas Da Vida ». Le morceau prend une tournure plus tonique. Les percussions annoncent le soprano incandescent à la John Coltrane. L’énergie se poursuit par l’interprétation de « Tupac Amaru » de Gato Barbieri. Écrit par Gato Barbieri on retrouve la sonorité metallique du musicien Argentin en compagnie d’Olivier Temime. Le piano lui aussi est pris par la fougue des notes. « La Baguala » fait ressortir l’espoir malgré les couplets plus tristes. Pianiste et saxophoniste font monter la pression au cours du titre « Abre Os Caminhos, Ogum! ». Au fil des improvisations croisées la tension monte. L’émotion est toujours intense sur « Lejos » même si l’ambiance plus calme laisse entendre les accords cristallins de piano et l’archet de la contrebasse. L’espoir se dessine au fur et à mesure que le piano esquisse ses arpèges. Les percussions jouent tout en retenue le sax crépite. Sobre et délicate est l’improvisation du piano. S’ensuit le solo de ténor plus nerveux. Sur les quarantes dernières secondes le calme renaît. Sur « Candeleria Quebradena », l’ambiance est à la fête. Le sax improvise des phrases enjouées pendant que les voix apportent de la chaleur. Cet album est un voyage à travers les rythmes de Cuba, du Brésil, de l’Argentine et de Colombie. Tout au long du disque, les quatre percussionistes créent une énergie inspirante pour les chants et les instruments. Entre climats entraînants et apaisants, tous les ingrédients sont réunis. Les musiciens sont en symbiose les uns avec les autres. Les thèmes sont bien écrits, les mises en place d’une précision extrême et les improvisations émouvantes. La compagnie Tambor Y Canto jouera le 9 juin prochain au 360 de Paris.

http://www.assospicante.com/agenda

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