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NOUVEAUTÉ ALBUM/ CHRIS POTTER

CHRIS POTTER/ THERE IS A TIDE

Le confinement, a été un moment difficile de doutes et de questionnements. Malgré la lourdeur du climat, quelques artistes ont profité de cette période, pour la réflexion et la création. Jouer en groupe n’étant plus possible, le saxophoniste Chris Potter nous montre son sens de l’adaptation, et ses talents de polyinstrumentiste, sur ce dernier disque « There is a Tide ». L’artiste a enregistré tout seul tous les instruments, dans un esprit de dialogue avec lui même, et dans une quête de dépassement de soi. Le projet s’ouvre sur un thème festif et jovial « I Had A Dream ». La basse électrique et la batterie installent un climat heureux. Les arpèges de guitare égrènes sont comme des gouttes sonores d’enthousiasme. Les voix de la flûte du saxophone et de la clarinette basse, sont très bien agencées. On entend dans le solo de ténor, l’héritage Breckerien. Le soprano rugit. Sur « Like A Memory » les nappes de guitare sont proches de l’esprit de Bill Frisell, avec quelques accents orientaux. La mélodie lente a quelques accents de Jazz Fusion des années 70. On entend une nostalgie des HeadHunters et du groupe Steps Ahead. Le saxophoniste nous séduit sans cesse sur ses improvisations, et la clarinette basse gronde C’est une sensation de profondeur qu’on ressent avec « Mother of Waters ». La musique crée une sensation d’élévation qui puise dans les racines Africaines. Le thème complexe repose sur des phrases chromatiques. Chris Potter repousse les limites de son soprano. Le groove de batterie et de basse est puissant sur  » Rising Over You ». Quelques dissonances au piano amènent le thème de style Jazz Funk aux nombreux motifs chromatiques. La musique devient Folk Blues à 1’55. Le soprano bien blues s’envole. Les salves de ténor sont nerveuses. Le rythme groove du début revient. L’ambiance sur « Oh So Many Stars » est un peu plus sombre. Les nappes de piano et la guitare électrique font ressentir une certaine urgence. La flûte et arpèges font pressentir une lueur. Le saxophone commence le solo avec un son suave. Le morceau suivant démarre par une tourne de basse au rythme proche d’un calypso. La mélodie jouée à la clarinette basse transmet une bonne énergie. « Beneath The Waves » commence par une tourne de basse et de batterie explosive de groove. La mélodie chromatique est grandiose digne du grand Jazz Funk des années 80. Chris Potter a enregistré pour ce thème quatre voix, le soprano le ténor la flûte et la clarinette basse. La sonorité du ténor en impro, intrigue toujours pour sa proximité avec celle de Michael Brecker. Le saxophone pleure avec des phrases magnifiques. À 4’32, le rythme en noires de la grosse caisse revient et relance les cuivres. Les doux arpèges de guitare sur « Rest Your Head » nous plongent en pleine Pop Folk. La mélodie pleine de douceur, nous berce. Finesse et volupté règnent sur le thème « As The Moon Ascends ». La ligne mélodique très lumineuse exprime l’espoir, les échappées du soprano sont techniques et émouvantes. Le disque se termine par une séquence, sur laquelle on perçoit la tristesse, la gravité. Peu à peu, l’énergie Rock du clavier et les ponctuations de la guitare réchauffent le climat. Le projet est audacieux, le travail colossal force l’admiration, tant sur l’écriture des arrangements de chaque instrument, que sur la performance du saxophoniste sur tous les instruments. « There is a Tide » est un grand disque de cette fin d’année.

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