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NOUVEAUTÉ ALBUM/ ALLEGRA LEVY

ALLEGRA LEVY/ LOSE MY NUMBER

La chanteuse que je découvre, sort un album sur le label Steeple Chase. Entourée d’un trio exclusivement féminin, la musique brille par la maitrise rythmique et par la modernité des harmonies. Un disque qui commence sur les chapeaux de roue avec une samba enflammée, « Samba de Beach ». La contrebasse et le piano jouent un motif en boucle sur huit mesures. La chanteuse présente la mélodie, ose quelques intervalles audacieux. Le piano déroule un solo technique avec des jolis voicings. Sur le motif en boucle de l’intro la batterie improvise un solo très maîtrisé au niveau du son. Avec la composition « Livin’ Small » on reste sur un tempo binaire où l’abstraction règne. La mélodie est difficile à chanter car certains intervalles sont complexes. Carmen Staaf déroule des phrases dont les débits sont d’une grande précision. La contrebasse de Carmen Rothwell est sombre mais la clarté est grandiose. Sur « Tiffany » thème d’une douceur absolue, on se demande si l’esprit de Bill Evans ne veille pas sur le groupe. La contrebasse est très expressive, la pianiste caresse ses notes. « Strictly Ballroom » est une composition au swing cool. La mélodie joyeuse, sophistiquée, est ponctuée par quelques mises en place subtiles de la part de la chanteuse et du trompettiste John Mcneil. Le drive de batterie la ligne de contrebasse et les accords de piano sont légers. Après le solo de trompette aux phrases simples, on savoure le toucher de la pianiste. Sur les dernières secondes, la chanteuse et la trompette échangent quelques notes. Place à l’esthétique be-bop sur « C.J » et ses lignes comportant quelques chromatismes. La chanteuse présente le thème optimiste et chaleureux et lance le solo de trompette par une séquence courte de scat. Les solos comportent des rythmes simples le plus souvent en croches, avec en fond un jeu de batterie hérité d’Elvin Jones. Le piano alterne phrases en single notes et voicings délicats. La chanteuse envoie un solo en scat et s’ensuivent des courts solos de chaque instrument, ce qu’on appelle des quatre quatre. La composition suivante « Dover’Beach » très romantique, au cours duquel le trio des sidewomen, parvient à une symbiose sonore. Sur le solo de contrebasse puissant et généreux, les accords de piano sont comme des pépites. « Ukulele Tune » sonne comme un vieux standard. L’insouciance et la joie de vivre transparaissent de ce morceau, qui sonne presque comme du New Orleans. Le morceau « Zephyr » amène l’auditeur vers un horizon de lumière et d’espoir. La complexité mélodique et rythmique domine cette dernière composition « Loose My Number ». L’harmonie sort des cadres standards et se rapproche du style Monkien. La destructuration sur le plan du jeu et du rythme est proche du Free. Les différentes compositions donnent l’occasion à cette chanteuse, de montrer sa technique vocale et sa maîtrise rythmique, tout en laissant ses accompagnatrices s’exprimer, à travers des improvisations sensibles exigeantes.

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