SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LOUIS ARMSTRONG AU GHANA

En 1956, le pape du Jazz arrive au Ghana et y est accueilli comme un roi. Sur le tarmac de l’aéroport, 13 orchestres accueillent Satchmo en jouant le morceau d’E.T Mensah intitulé « All For You ». Le trompettiste ne peut s’empêcher de se joindre à eux et les accompagne. La foule qui est venue en liesse à l’aéroport modifie le refrain et chante pour le musicien de la Nouvelle Orléans « All For You Louie All For You ». Une fois ce boeuf spontané, Louis et ses musiciens sont conduits dans un autre lieu où fut proclamée l’indépendance. Le groupe prend place au milieu du public et joue le New Orleans. Les femmes dansent sur le rythme entraînant de « Royal Garden Blues ». Louis Armstrong se régale, rigole avec l’auditoire, le tempo up crée la transe. Sur la vidéo, on voit plusieurs personnes danser ensemble puis se réunissent autour de Louis. Les improvisations collectives font monter la température. Le lendemain de cette version brûlante de « Royal Garden Blues », Louis Armstrong et ses musiciens jouent à l’Opéra Cinéma. On y trouve un extrait de « Black And Blue » où Louis chante ce standard devant une assistance qui lui est acquise. Dans la salle, se trouve le Premier Ministre de l’époque, Kwame Nkrumah, à qui il dédie ce standard. Le représentant du Jazz traverse l’Atlantique sur une terre qui a tant souffert. Sa venue tend à faire prendre conscience de l’importance des racines Africaines de la musique Jazz. Ce voyage est une illustration de plus du rôle de Louis Armstrong en tant qu’ambassadeur.

REEDITION ALBUM/ KOICHI MATZUSAKE FEATURING RYOJIRO FURUSAWA/ AT THE ROOM 427

Ce soir nous vous parlons d’un enregistrement de 1975 du saxophoniste Japonais Koichi Matzusake. Il s’agit d’une réédition. « Acoustic Chicken » morceau d’ouverture, commence par une tourne de contrebasse jouée en boucle, sur laquelle se joint la batterie effervescente rappelant un certain Elvin Jones. L’esprit Coltranien est présent d’autant que l’alto semble vouloir partir dans des sonorités et lignes mélodiques insolites. Le trio reste plus de 20 minutes sur une même trame harmonique, les esprits du Free sont convoqués. Les sonorités de saxophone sont âpres mettent en tension. La musique est compliquée, le contrebassiste Koichi Yamasaki déroule un solo énergique avec beaucoup de vibratos, de glissés et de motifs à deux notes. Le motif assez simple de « Acoustic Chicken » tourne autour d’un motif blues en pentatoniques. Le saxophoniste Koichi Matzukase rappelle Eric Dolphy comme on continue de l’entendre aussi sur le second morceau « Seikatsu Kojyo ». « Little Drummer » morceau au tempo up proche de 230 à la noire, laisse entendre l’excentricité du saxophoniste. Le thème installe le suspense comme si on regardait un thriller. La contrebasse part en walkin’bass et le batteur Ryojiro Furusawa joue plus sur la prise de risques. Ce saxophoniste donne la sensation de repousser les limites harmoniques en déstructurant volontairement les trajectoires mélodiques comme il le fait aussi sur le standard « Lover Man ». La contrebasse gronde en blanches pour passer en walkin à 5’17, tandis que le batteur intervient en variant constamment son jeu. Le thème revient avec douceur sur un tempo calme à 9’17. Enfin pour terminer, le sax alto lance des notes puissantes étranglées sur la reprise du thème « Seikatsu Kojyo Linkai ». Si ce trio est très contemporain par les directions mélodiques et par son ossature en raison de l’absence d’instrument harmonique, sa conception esthétique très personnelle nous interpelle.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ L’ERE DU SWING /ARNETT COBB

LA SONORITÉ RUGISSANTE DU TÉNOR/

Le ténor Arnett Cobb est connu pour une sonorité puissante rocailleuse très bluesy. Reconnaissable assez rapidement, on choisit de vous parler de cet artiste à travers un grand album qui est une collaboration avec le tromboniste Al Grey. L’album édité dans la collection « The Définitive Black And Blue Sessions » que nous vous présentons est un concentré du Jazz traditionnel où le Swing étincelant vous fait danser. Le Blues, la Soul, le Be-Bop, les différents courants y sont. Le standard « On The Trail » vous plonge dans un swing enchanteur sur lequel le thème joué par le tromboniste Al Grey, entraîne un contrechant joué par le ténor et le piano. Léger, le tromboniste rebondit sur la rythmique elle même souple. Le pianiste Ray Bryant lance des voicings blues très intéressants. Les musiciens comme le saxophoniste sont ancrés dans le Blues comme on l’entend avec sa reprise de « St Louis Blues » incontournable de W.C Handy. Le pianiste sautille le tromboniste accentue le blues pour l’occasion de cette reprise. Sur « I Got It Bad And That Ain’t Good » composé par Duke Ellington est interprété en délicatesse et simplicité. Le tromboniste Al Grey déroule des notes envoûtantes suivies du solo sensuel du saxophoniste. Le swing est à son sommet avec des notes du pianiste enjouées. Le tromboniste joyeux aussi joue des notes en croches. Le saxophone est assez rugueux mais entraînant. « A Familiar Song » commence par une intro de piano limpide, claire, toute en swing. Le Blues est un fil conducteur chez ce saxophoniste, le titre « Blues Abrupt » en est une illustration de plus. On savoure cette tourne de batterie au cours du morceau « Ain’t That Funk For You ». La rythmique est telle une locomotive en mouvement qui galvanise le saxophoniste. Le dernier morceau « Get It Going For Black And Blue » est également un Blues où le son du trombone est assez amusant. Le saxophoniste Arnett Cobb impulse beaucoup d’énergie dans son jeu. Il est un ténor de l’ère Swing et sa célébration du Blues et de l’héritage en fait un des nombreux acteurs de la transmission du Jazz.

ACTU CONCERTS/

L’album de la violoniste Danoise Line Kruse nous a enchanté il y a deux semaines. Elle présente son disque intitulé « Band » le 18 mai, dans un des plus célèbres clubs de la capitale. Accompagnée de sidemen luxueux du Danemark, on trouve aussi le trompettiste Français Sylvain Gontard très demandé depuis des années par de nombreux artistes. En invitée, Line Kruse a choisi une compatriote, Caecilie Norby Caecilie Norby – Official FanPage vocaliste qui a à son actif quelques albums raffinés comme l’album « Sisters In Jazz ». Vous pourrez entendre sa version du titre de Joni Mitchell « A Man From Mars ». La voix sensuelle soutenue par les voiles de cuivres crée de l’émotion

http://www.balblomet.fr/evenement/line-kruse/edate/2022-05-18/

À Marseille, le saxophoniste Oded Tzur vous accompagnera d’une musique tendre et calme où la notion d’espace est reine. Aux accents de musique Indienne, sa sonorité me rappelle le chemin que Charles Lloyd a tracé. Il y a à mon sens une filiation notable. Entouré du pianiste Nitai Hershkovits, du contrebassiste Petros Kamplanis et du batteur Jonathan Blake, il nous présentera le 23 mai au Thêatre de la Criée, son album « Isabela », publié chez ECM, où le souffle du sax nous caresse.

https://www.theatre-lacriee.com/programmation/saison/oded-tzur-quartet.html

Le 19 mai, Harold López-Nussa pianiste Cubain sera au jazz Club du Thou. Il enfièvrera la salle de ses rythmes explosifs et de ses notes énergiques et endiablées. Accompagné par Julio César Gonzalez à la contrebasse et Ruy Adrián Lopez Nussa à la batterie, le trio vous jouera des compositions originales, pendant que vous dégusterez un bon verre et un bon plat.

http://musiquealacampagne.over-blog.com

Eric Séva et son septet seront en Aquitaine le 20 mai. Le saxophoniste rencontre un quatuor de musique classique à Marmande sur la scène du Théâtre Comoedia. Le saxophoniste avec son projet Adeo se mélangera aux cordes et cuivres. Les mélodies complexes seront assorties d’arrangements pour la clarinette basse, le basson, le violoncelle et l’alto. Eric Séva mélange ses premières amours, la musique populaire en l’alliant au Jazz et au Classique.

https://www.eterritoire.fr/detail/manifestations-aquitaine/concert-adeo-eric-seva-septet/2866894827/nouvelle-aquitaine,lot-et-garonne,marmande(47200)

Le vendredi 20 mai, le saxophoniste Laurent Bardainne dont nous avons parlé l’année dernière se produira sur la scène de la Nouvelle Vague à Saint Malo, avec son groupe Tigre d’eau Douce. Ce saxophoniste attiré par la Soul et le Rythm and Blues joue une musique qui donne la pêche.Si son dernier album intitulé « Hymne Au Soleil » a des couleurs pop des accents orientaux et quelques pointes d’électro, il reste cependant comme le précédent, fidèle au groove.Ce musicien est plus attiré par les mélodies que les improvisations.Laurent Bardainne propose une musique lumineuse porteuse d’espoir et de dynamisme. Il partagera son expérience avec les élèves du Conservatoire

http://www.tyzicos.com/lieu-concerts/la-nouvelle-vague

NOUVEAUTÉ ALBUM/ JEAN MICHEL PROUST / TO BARNEY WILEN VOL 1

Le saxophoniste Nicois est aimé pour sa sonorité ce souffle crepitant et ensoleillé. Barney Wilen amoureux des standards, aimait par dessus tout la mélodie autour de laquelle il brodait de jolies improvisations. De très beaux albums ont été édités par Elemental, comme un live à Tokyo, un disque avec Tete Montoliu, un duo avec Alain Jean Marie. Jean Michel Proust, Jean-Michel Proust Quartet – To Barney Wilen au Duc lui même saxophoniste ténor publie un hommage en deux volumes à ce poète Français du saxophone. Au milieu des standards, le saxophoniste ne recherche pas la virtuosité, joue avec beaucoup de classe comme les sidemen qui l’entourent. Commençant par « Days Of Wine And Roses », on entend un riff du guitariste Jean Philippe Bordier Page Jean-philippe Bordier sur 14 mesures, avant que le thème ne soit exposé par le saxophoniste. Sonorité croustillante, notes crépitantes, les premières secondes donnent tout de suite une idée du Jazz que le quartet propose. Le solo du guitariste est un concentré de sobriété. Le propos n’est pas la virtuosité mais dérouler de belles croches comme il le fait ou encore le contrebassiste. Les solos en 4/4 sont joués en toute intimité. Autre joli moment là valse « Sometime Ago ». L’intro des quelques notes au saxophone résument la douceur l’apaisement de ces musiciens. L’exposé du thème par le guitariste et le ténor sont un régal pendant que Mourad Benhamou joue tout en retenue. Petite Bossa aux accents de nostalgie « Retrato em branco e preto »est un moment exquis rappelant les grands standards de Tom Jobim. Les sonorités du saxophone sont sensuelles avec en fond cette batterie qui joue sobrement. Hommage à Duke Jordan avec son morceau « No Problem », aux accents orientaux sur un rythme binaire. Après une introduction me rappelant le thème de James Bond, le thème est exposé au saxophone. Les trajectoires Blues du guitariste sont enthousiasmantes. Le contrebassiste Raphaël Dever joue avec la malice d’un chat. Barney Wilen aimait les standards suaves aux intonations Blues. « Two Degrees East, Threee Degrees West » composition de John Lewis sautille au cours de l’interprétation par ce quartet. Animés par le swing les solistes rebondissent sur la walkin’bass et les balais de batterie. Ce dernier introduit « Solar » de Miles, en jouant le thème pendant quelques mesures avant d’être rejoint par le saxophone. En toute légèreté, le guitariste s’exprime encore et toujours. « Passion » tout en velours contient des mises en places pas complexes mais agréables. Le contrebassiste déroule des notes douces auxquelles le guitariste amène sa touche. « Black Thursday » et les claps sont vraiment savoureux. L’état d’esprit est au Blues à la « Road Song » et au Swing. Le saxophone est fluide, les legatos de guitare très beaux. Standard toujours « Old Devil Moon », construit sur une alternance entre rythme latin et swing. Le thème est joyeux. Après un solo de Jean Philippe Bordier, le saxophoniste part sur les traces de Sonny Rollins. Très subtil est le solo de batterie aux multiples syncopes. « Tres Palabras » commence par des voicings en solo. Ce rythme proche de celui du tango nous emporte et nous séduit. L’embouchure du sax est caressée. Cette mélodie est vraiment très relaxante rappelant la nostalgie. La reprise de « Bluesette » écrit par Toots Thielmans et devenu un standard, mêle à la fois tristesse et joie au sein d’un même thème. Pour finir le disque, une « Alternate Take » comme le disent les Anglo Saxons de « No Problem ». En écoutant cette seconde prise, ce rythme latin m’évoque l’esprit d’Horace Silver. La contrebasse dialogue avec la batterie pour notre plus grand plaisir. Ce volume 1 de l’hommage à Barney Wilen poète de cet instrument est célébré à merveille, par ces quatre messieurs qui jouent le Jazz tel qu’on l’aime, ancré dans les standards, le swing, le Bop et le Soul Jazz. Ces musiciens jouent avec feeling sensibilité sans se poser trop de questions. Quand je les écoute ils me font voyager dans cette histoire du Jazz, dont ils manifestent toute leur reconnaissance. On va se précipiter sur le volume 2.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ WARDELL GRAY/ LES ARTISANS DU BE-BOP

Saxophoniste ténor, il sera un sideman très demandé par les grands orchestres de l’époque. Il jouera avec Billy Eckstine, l’alto Benny Carter, le clarinettiste Benny Goodman. Il sera aussi aux côtés du pianiste Earl Hines. Sonorité de velours à la Lester Young, les phrases fluides sont souvent jouées en croches Sur le blues »Twisted », le saxophone et le son bien rond part en croches ternaires. Le saxophoniste nous emmène sur la ballade « Easy Leaving » dont le thème nous berce. Le pianiste joue presque à l’ancienne. Sur « Southside » les balais crépitent sur ce tempo médium up. La sonorité du ténor est assez lumineuse tonde. On est là en compagnie d’un grand Monsieur du saxophone où le son est toujours chaleureux. Que ce soit sur un tempo plus rapide ou plus cool le son est chaud. Vous savourerez la délicatesse du son sur « Sweet Lorraine ». Entre anatoles et blues, les Jazzmen du Swing ont souvent les mêmes trames harmoniques. « So Long Broadway » et « Paul’s Cause » deux thèmes où l’on entend le vibraphone qui est absolument croustillant. Certains musiciens sont un trait d’union entre Jazz swing et Be-Bop. Ce saxophoniste ténor en est un. Après ces quelques morceaux ancrés dans le Jazz Swing que nous venons de présenter, je vous propose une exploration d’un disque magnifique un live de 1952, en présence du trompettiste Art Farmer, du pianiste Hampton Hawes, du batteur Shelly Manne et du contrebassiste Joe Mondragon. Commençant par « Bernie’s Tune », un thème écrit par le baryton Gerry Mulligan, le groupe joue ce thème enthousiasmant. Les phrases sont dansantes bien déliees sur un tempo medium cool. Le pianiste est presque stride sur le solo. « The Squirrel » écrit par le pianiste Tadd Dameron correspond bien à l’esprit du Be-Bop, tempo up syncopes, accords piqués, phrases en croches du saxophone. Sur « Pennies From Heaven », le saxophone se promène en sautillant sur la walkin bass et les balais du batteur. Le pianiste se permet des pointes de Blues. « Donna Lee » impressionne par la vitesse et la synchronisation du couple saxophone trompette. Les articulations chromatiques n’empêchent pas au solo d’être chantant et mélodique. Les envolées magnifiques pourraient être un modèle pour tous les apprentis be-boppers. Art Farmer âge à peine de 24 ans, impressionne par la fulgurance de l’improvisation. Plus cool est la suite avec « Taking A Chance on Love ». Le saxophoniste fait chanter son instrument en le faisant respirer. La gaieté et la bonne humeur se poursuivent avec le thème « Jackie ». Les deux voix, trompette et saxophone continuent dans la voie de ce Jazz festif et dansant sur « Get Happy ». Enfin « Keen And Peachy » est une clôture à un tempo encore élevé. On y entend la guitare électrique introduire le thème par un enchaînement de voicings. Le sax joue avec puissance et la trompette est une étincelle. Le guitariste joue avec dextérité des phrases limpides et fluides. Les 8/8 en fin de morceau sont fameux. Wardell Gray est un saxophoniste ténor moins connu que Dexter Gordon, avec qui il a pourtant joué. Ses phrases chantantes viennent de son écoute de Lester Young alias « The Pres ». Souvent en croches, ses improvisations voyagent à travers les accords. Sa technique est brillante ses notes rondes et claires. Il est un des nombreux artisans de la révolution du Jazz moderne avec l’éclosion du Be-Bop.

ACTU CONCERTS/ JAZZ AUX QUATRE COINS

Le 10 mai ce soir, la voix de la chanteuse Anglaise Stacy Kent apporte douceur au fil des standards de Jazz de la chanson Française et de Bossa. Accompagnée par son mari le saxophoniste Jim Tomlinson, les mots enrobés de tendres mélodies seront effleures par cette voix fine.

https://www.lestheatres.net/fr/a/2972-stacey-kent

Sur Boulouris près de Saint Raphaël, un trio piano contrebasse batterie passera à la Salle Blondelet dans le cadre du Printemps du Jazz. Laurent Rossi le pianiste propose avec ses compagnons Philippe Brassoud et Jérôme Achat, un Jazz subtil basé sur des rythmes binaires faisant penser à l’univers d’EST. Dans l’extrait que nous pouvons visionner de leur concert à la Note Bleue située à Monaco, on entend des polyrythmies. Le jeu de batterie est souple et varié, les accords de piano tantôt légers tantôt puissants, au cours du solo de contrebasse. Quand j’ecoute ce pianiste, il me rappelle par ses sonorités l’immense Chick Corea.

https://www.ville-saintraphael.fr/attrayante/agenda/le-printemps-du-jazz-5592

À l’Opera de Lyon, un autre trio composé du pianiste Stéphanie Oliva, du contrebassiste Philippe Boisseau et du batteur Tom Rainey passent demain 11 mai. Ils ont sorti en 2019 un disque intitulé « Orbit ». Ce trio propose une musique abstraite et complexe tant sur les harmonies que sur les rythmes. L’interaction est intense.

https://www.opera-lyon.com/fr/programmation/saison-2021-2022/opera-underground/orbit-oliva-boisseau-rainey

Un Quartet cette fois au Jazz Club de Dunkerque où l’accordeoniste Marc Berthoumieux mêlera ses notes avec les accords de Louis Winsberg les nappes de Benoît Sourisse et la batterie d’André Charlier le 12 13 et 14 mai. Le guitariste joue depuis de nombreuses années avec ces musiciens. Avec Marc Berthoumieux on se souvient de « La Danse du Vent » en 1997. Avec l’organiste et le batteur, le guitariste Marseillais a publié en 2018 « Tales From Michael ». Les musiciens joueront sans doute une musique sensible émouvante, où les mélodies vous emportent avec des séquences dynamiques. Ils aiment les mélodies et s’efforcent de conserver cet esprit dans les trajectoires qu’ils empruntent.

https://www.jazzclubdunkerque.fr/event/marc-berthoumieux-quartet-les-12-13-14-mai-a-20h30/

NOUVEL ALBUM/ HAROLD MABERN/ MABERN PLAYS COLTRANE

Smoke Sessions publie un enregistrement du défunt pianiste Harold Mabern. Au cours d’un concert en 2018, le pianiste et son sextet célèbrent Coltrane dans une euphorie communicative. « Dahomey Dance » figurant sur Olé commence par une tourne de la section rythmique. Les accords de piano s’installent. Le ténor Eric Alexander essaie d’imiter le maître pour notre plus grand plaisir et montre qu’il maîtrise le langage. Le trombone joue un solo plus aéré mais dynamique à souhait. Joe Farnsworth à la batterie et John Webber à la contrebasse, créent un flux limpide où la ligne de basse rebondit sur la cymbale et la caisse claire. Le solo swingue et respire la joie. Joli aussi est le solo de contrebasse, derrière laquelle la batterie dose comme il faut ses interventions. « Impressions » est joué à toute vitesse. Les flots du saxophone alto donnent une idée de sa grande technique. Chacun s’envole lui puis le tromboniste et le ténor. Ils enflamment l’auditoire. La spiritualité s’echappe sur « Dear Lord » un morceau dont l’esprit s’approche du Gospel. Incandescence et fusion du saxophone ténor sur « My Favorite Things » joué avec une énergie décuplée. Vincent Herring à l’alto montre sa grande technique en ciselant ses notes à la perfection. Le sextet reprend « Naima » comme le quartet de Cedar Walton l’avait repris en 1975. Sur un rythme latin, le trombone et le ténor répondent par de jolis contrechants au thème exposé par l’alto. Le dernier morceau « Straight Street » d’esthétique Hard-Bop est joué sur un tempo médium up. Avec une architecture peu commune semblant faire 48 mesures, l’esprit de la mélodie est joyeux. Vincent Herring déroule des phrases en croches qui swinguent bien. Steve Davis au trombone maîtrise les respirations, les espaces entre les notes sont plus nombreux et les accentuations sont Blues. Le saxophone ténor joue avec élégance. Harold Mabern inclut dans son jeu en solo beaucoup de voicings. Cet album réalisé chez Smoke Sessions en hommage au plus grand saxophoniste met en avant les trois cuivres qui déroulent des improvisations limpides. Certes l’originalité n’est pas au rendez vous, mais cet album est une jam de haute qualité.