SUR LA ROUTE DU JAZZ/ ENTRE STANDARDS ET BE-BOP/ RED GARLAND/ A GARLAND OF RED

Dans cette rubrique, nous explorons les grands artistes des différents courants du Jazz en présentant les albums qui nous semblent majeurs. Entre Blues New Orléans et Jazz moderne comme le Hard Bop ou le Jazz modal, les trésors discographique sont toujours nombreux. Avec cet album « A Garland Of Red », le pianiste Red Garland nous montre comment le Jazz swing et le Be-Bop sont liés. Grand pianiste du Be-Bop des années 50, il fera d’ailleurs partie du quintet de Miles Davis en compagnie de John Coltrane, Paul Chambers et Philly Joe Jones. C’est un vrai plaisir d’entendre ce swing qui crépite sous les balais d’Art Taylor, sur un tempo médium up, dès le premier morceau « A Foggy Day ». Red Garland sur les traces de Hank Jones, laisse la part belle à son contrebassiste Paul Chambers qui joue de belles notes rondes et graves. « My Romance » est une ballade soyeuse et délicate dont les notes au piano sont caressées. Au cours de l’interprétation du morceau de Cole Porter « What is This Thing Called Love », Paul Chambers montre sa maîtrise du jeu à l’archet. Les improvisations du pianiste sont étincelantes comme à chaque fois. Très classique dans le choix du répertoire, ce trio fait honneur à l’esprit du Jazz, le rythme entraînant inspire le jeu du trio. Les racines du Blues sont présentes sur les morceaux comme « Makin’ Whopee ». Nous connaissions la magnifique version « September In The Rain » chantée par Joe Williams. Tels des félins, Paul Chambers se sert à merveille de son archet et Red Garland a le toucher apaisé. Le trio se livre en toute intimité comme on l’entend avec « Little Girl Blue ». N’importe quel tempo est à la portée des musiciens de Jazz. Ils le prouvent à entendre la prouesse technique et rythmique de ce trio sur le morceau « Constellation » signé Charlie Parker. Paul Chambers épouse le Blues en s’illustrant une fois de plus, à l’instar du pianiste qui puise aussi dans le Blues et les flots de pentatoniques, au cours de « Blue Red ». Cet album n’est pas un tournant dans l’histoire du Jazz, mais il constitue une pépite de plus de ce trésor qu’est cette grande musique!

NOUVEAUTÉ ALBUM/ KENNY GARRETT/ SOUNDS FROM THE ANCESTORS

Le saxophoniste propose au début des années 80 une approche nouvelle de ce bel instrument qu’est l’alto. Avec un son reconnaissable et des explorations harmoniques très poussées, Kenny Garrett apporte un souffle nouveau. Avec ce nouvel album, l’altiste montre une fois de plus son attachement aux racines, le Blues le Gospel la Soul et la spiritualité héritée du Jazz Coltranien. L’album s’ouvre par un chant d’espoir, un motif simple au rythme envoûtant. De cette mélodie minimaliste le saxophoniste s’envole vers des improvisations chargées d’émotion. On entend sur « It’s Time To Come Home », les chants de l’Afrique et la quête de transcendance. En seconde plage, le saxophoniste rend hommage à l’immense trompettiste Roy Hargrove disparu il y a trois ans. Quel groove de la rythmique et des cuivres, l’alto de Kenny et la trompette de Maurice « Mobetta » Brown. Le thème est long 3 minutes pour 5’14 au total. La trompette met les bonnes notes et les fait bien groover, ce qui attise l’envie de voir un tel morceau être joué sur scène. Le titre suivant « When The Days Were Different » empli de Soul telle qu’on pouvait l’entendre dans les années 70, vous transmet une pêche phénoménale. On aurait vu ce morceau plus en fin d’enregistrement en guise de conclusion dans la joie et le bonheur. Les variations d’accords plus Jazzy du pianiste Johnny Mercier arrivent à point nommé. Le solo de Kenny respire le Gospel le Blues, que de bonnes ondes! « For Art’s Sake » se construit sur un flot de notes bien dense. Le florilège de percussions nous entraîne vers la danse. Le piano de Vernell Brown Jr. assez percutant, déroule un solo dynamique aux articulations Bop. Comme toujours dans les albums de ce saxophoniste, l’ambiance Coltranienne surgit toujours à un moment donné. Les salves de notes de l’alto sur le titre « What Was That », sont des tornades sonores exprimant la colère la révolte avec toujours une dimension spirituelle importante. La fin du disque est très dynamique, à l’image de l’intensité du jeu de batterie de Corcoran Holt Corcoran Holt Music sur « Soldiers Of The Fields ». L’énergie ne retombe jamais pendant les 11 minutes de cette composition, au cours de laquelle le saxophone et le piano font preuve d’un grand dynamisme. Enfin, le titre de l’album est un hommage à l’héritage des musiciens de Jazz de Blues et de Soul. « Sound Of The Ancestors » est une ode à la musique Africaine. Le rythme et le chant nous envoûtent. Kenny Garrett a écrit pour ce projet de belles mélodies en puisant dans les différents styles comme le Blues, la Soul, le Jazz Moderne ainsi que dans la musique traditionnelle Africaine. Ce que j’aime beaucoup chez le saxophoniste Américain, c’est que des morceaux groove proches de la Soul Funk côtoient des séquences très jazzy, où les phrases sont hautement sophistiquées.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LE RENOUVEAU DU JAZZ MODERNE /STEPS

STEPS/ SMOKIN IN THE PIT

C’est une bande d’amis qui à la fin des années 70 se rend souvent dans le club New Yorkais du Seventh Avenue South. De ces bœufs, naquit en 1979 le groupe Steps autour du vibraphoniste Mike Mainieri. À ses côtés Michael Brecker, Don Grolnick Eddie Gomez et Steve Gadd sont bien décidés à laisser leur empreinte, comme en témoigne ce disque « Smokin’In The Pit », enregistré lors d’une tournée du groupe au Japon en décembre de la même année. L’ouverture se fait par « Tee Bag », un morceau au tempo médium, où chaque temps swingue sous les baguettes de Steve Gadd et les walkin’bass d’Eddie Gomez. Le motif est ancré dans le Jazz Cool du type Freddie Freeloader signé Miles Davis. Le saxophoniste déroule de longues phrases bien articulées d’esthétique post Bop, qui nous font entendre sa maîtrise rythmique, ainsi que sa technique époustouflante dans la lignée de Coltrane. Entre binaire et ternaire, la ligne de basse bien appuyée sur « Fawlty Tenors » stimule le piano au jeu percussif en voicings. La mélodie « Song For Seth » signée Mike Mainieri met en lumière tout le lyrisme et la sensibilité du vibraphoniste et de son pianiste Don Grolnick. Les inflexions Blues sont magnifiques tout au long des 13 minutes du morceau. Pour le second disque, vous entendrez une version du morceau de Weather Report « Young and Fine ». Plus de 16 minutes, au cours desquelles vous savourerez les solos de chacun. Une composition de Michael Brecker « Not Ethiopia » très Bop Funk vous renversera par son thème chromatique dense en notes. Le guitariste invité sur ce morceau, Kazumi Watanabe, au delà d’être un technicien hors pair, s’exprime avec un phrasé proche de celui de John Scofield. La dernière composition « Sara’sTouch » a quelques accents Folk. L’optimisme de la mélodie est élégamment servi par la sonorité lumineuse du saxophone. Le Jazz Rock comme le Jazz Funk ont à cette époque leurs représentants. Le groupe Steps se fraie alors un chemin à part. Ce live au Japon est un incontournable du post Bop des années 70 et 80. Outre les très belles interprétations de standards comme « Lover Man », »Soul Eyes » ou « Recorda Me » ce quintet prestigieux ressucite le Jazz moderne par des compositions originales en y mêlant quelques accents Folk et Smooth. Steps atteindra une notoriété comparable aux grands groupes des années 70, tels les Headhunters, Return To Forever ou Weather Report!

ACTU CONCERT/ THOMAS CURBILLON/

BAL BLOMET/ 28 OCTOBRE 2021

Ce jeune artiste met en lumière les mots qu’il arrive à faire swinguer à l’aide de rimes, d’ allitérations et d’assonances. Le premier morceau en est une belle illustration. En compagnie d’un quartet prestigieux, les arrangements du saxophoniste Pierre Bertrand tapissent à merveille les chansons de ce guitariste chanteur. Comme souvent, soyeux et croustillants, les voiles sonores des cuivres sont étincelants. Le second morceau qui est le titre de l’album est un trois temps très séduisant, sur lequel la mélodie se marie très bien avec le texte. À la façon de Chet, le trompettiste et bugliste Stephane Belmondo livre un solo doux et aérien. « Petite Fleur » écrit par le clarinettiste Sidney Bechet est repris avec au passage, un clin d’oeil à l’interprétation qu’avait fait Henri Salvador. L’interprétation de la chanson d’Aznavour « Et Bailler et Dormir » prend l’allure d’un mambo, sur lequel le piano minimaliste lance quelques notes. Même si la voix n’est pas puissante, le chanteur vous séduira aussi avec ce morceau « Oxymore ». Les arrangements sont toujours apaisants comme on peut l’entendre sur « Bercons » et son rythme Bossa Nova. L’humour et la légèreté des textes mélangés au swing cool n’empêche pas l’originalité des arrangements comme sur le titre « Sale Gosse ». Vous apprécierez le changement de métrique entre mesures à 4 temps et celles à trois temps. Le feeling du Blues est présent sur ce titre. Le chanteur reproduit des intonations qui évoqueront pour vous Henri Salvador au moment du morceau final « Berceuse à Pépé », titre émouvant, émaillé par une trompette solennelle et profonde. La composition que je vous propose en écoute est intitulée « La Môme Bling-bling ». Le texte swingue bien sur une harmonie que l’on retrouve dans les standards. La guitare s’exprime avec calme en exposant des phrases aérées comme le fait le pianiste Eric Legnini. Le contrebassiste Thomas Bramerie lance des notes bien rondes. À la fin de ce morceau, le climat crée par la tourne rythmique me fait penser aux ambiances du quartet de John Coltrane. Thomas Curbillon écrit des paroles à la fois amusantes et poétiques, qui s’imbriquent bien dans ce swing chaleureux. Si la musique de ce projet est accessible, l’écriture les arrangements et les solos sont de grande qualité. Cet artiste présentera son album « Place Ste Opportune » au Bal Blomet le 28 Octobre.

NOUVEAUTÉ ALBUM/ SAMY THIEBAULT/ AWE !

Ce saxophoniste Français est sous le feu des projecteurs depuis quelques années. Avec son dernier opus »Awe », Samy Thiébault poursuit l’exploration des rythmes latins qu’il chérit depuis toujours. Ouverture du disque en compagnie du Fender Rhodes chaleureux tenu par Eric Legnini. Le trompettiste Américain Brian Lynch présent lors de cette session, développe un solo d’une grande fluidité. Le leader et saxophoniste laisse échapper de la fougue au moment du solo Sur « Bailando » le ténor est très énergique, frôle le Out avec un son qui traduit les ecorchures et la prise de risques. Sur le morceau « Chant du très proche », l’espoir infuse à partir des nappes de cordes qui se tissent sur un tempo punchy. Les directions de la mélodie me font penser par moments au thème « Speak Low ». Le thème suivant « The Sooner The Better » est introduit progressivement par des notes de piano traduisant le trouble. L’espoir arrive au fil du thème à la suite duquel la section rythmique joue avec grande spontanéité des rythmes complexes. La nostalgie se poursuit pendant le morceau « Lagrimas » au cours duquel le bandonéon croustille et la trompette adoucit l’ambiance. Avec « Blue Carnival » au rythme haletant, le pianiste Éric Legnini déroule un solo percussif aux flots intenses. « Jahan’s Song » est sans doute le plus grand morceau de l’album. Au groove lunaire des claviers et de la basse électrique, les riffs de cuivres se posent avec délicatesse. Les nappes de clavier installent profondeur et espace. L’optimisme et l’euphorie se dégagent de « Fire ». Le batteur appuie bien le groove ce qui laisse à Samy Thiebault tout le soin de s’échapper avec des phrases ciselées et denses. Éric Legnini est également éclatant sur l’impro de fin. Découvrons la magnifique voix de Yaite Ramos Rodriguez, sur le thème dansant « Alma Del Sur ». Le disque se termine par le titre « Wild ». Le groove est appuyé par une ligne de basse qui bouge bien, sur laquelle les nappes de cuivres scintillent. Entre couleurs harmoniques chaleureuses et rythmes captivants, le saxophoniste réussit à nous emmener en voyage vers la musique Sud Américaine.

SUR LA ROUTE DU JAZZ/ LE HARD BOP/ ROY BROOKS

Roy Brooks originaire de Détroit fut batteur d’Horace Silver de 1959 à1964. Son jeu très dynamique se rapproche de celui d’Art Blakey par la fougue et de Philly Joe Jones pour le toucher. Nous vous présentons cet album intitulé « Beat » enregistré en 1963. Lorsque vous écoutez « Homestretch », ce qui impressionne est d’abord le tempo élevé proche des trois cent à la noire, puis cette puissance de frappe provoquant un ouragan sonore. À fond sur le chemin du Be-Bop, les différents solistes impressionnent par leur technique et l’articulation des phrases. Junior Cook au ténor qui jouait avec le batteur au sein du quintette d’Horace Silver est le premier à mettre un niveau de jeu très haut. Le tromboniste George Bohanon a un souffle imposant. Blue Mitchell sort des phrases dignes de ses contemporains comme Freddie Hubbard ou Lee Morgan. Le style du pianiste Hugh Lawson est un mélange entre Art Tatum et Oscar Peterson. La balade « If You Could See Me Now » est jouée langoureusement par Junior Cook auquel se joignent à la fin trompette et trombone. Le swing est à son comble sur le thème « Passin’ The Buck » dont la mélodie résume bien ce qu’est le Jazz l’énergie et le mouvement. On appréciera les solos des cuivres soutenus par un drive indéfectible de batterie. Les trois titres suivants respirent le Soul Jazz. Le morceau « Soulin » a l’âme du Blues. Le son feutré de la trompette est très séduisant. « Soul Sphere » est très proche de l’esprit d’Horace Silver. Le thème plus Be-Bop sert de rampe de lancement à des improvisations magnifiques. Le saxophoniste le trompettiste et le tromboniste nous font prendre de l’altitude. Enfin le dernier titre « My Secret Passion » est un Blues en 6/8, où le rythme et l’ambiance priment sur la mélodie. Cet album est un très bel exemple de ce qu’est le Post Bop. Puisant dans le Blues et le Be-Bop, ce courant du Jazz fait le pont avec les harmonies modèles. Roy Brooks était un batteur au drive souple et lumineux. Son jeu stimule les autres musiciens. Ce premier album est une des nombreuses pépites de l’époque grandiose et prolifique du Hard Bop!

ACTU CONCERT/ ESTELLE PERRAULT/

STUDIO DE L’ERMITAGE/ SAMEDI 16 OCTOBRE 2021

La douceur et le grain intimiste de cette voix captivent l’auditeur. Estelle Perrault Estelle Perrault Music se confie: elle veut attirer les gens sur le chemin du Jazz. Sa version de « Yesterdays » laisse entendre la sensualité de sa voix, qui se marie bien avec les contorsions harmoniques et nuances du pianiste. Le groove arrive pas à pas sur le second morceau « Gone By Days », où la diction en Anglais frise la perfection. Le batteur au toucher souple propose un jeu cool derrière les accords de piano. Le pianiste et son toucher me fait penser à Kenny Barron. Les arpèges soutiennent à merveille la chanteuse qui s’exprime avec élégance. La contrebasse déroule un solo simple et apaisant avant que la trompette parte dans les aigus pour un solo, où les notes sont belles et aérées. Le groove revient lors du titre « Flower Blossom », un morceau tranquille dont la mélodie envoie de belles ondes. L’interprétation de « You Must Believe In Spring » est fidèle à la poésie de Bill Evans. On retrouve la nostalgie chère à Michel Legrand qui composa ce morceau.La trompette est dans l’esprit de Chet Baker. « Dreams Come True » vous entraîne par son rythme binaire ternaire sur lequel le piano joue un solo où les phrases chromatiques sont ponctuées de voicings metalliques. La voix de velours s’exprime sur « So Nice » où la sensualité se mêle aux nappes cristallines du clavier et au son feutré de trompette. Sur le morceau final « Ran Away », la rythmique contrebasse batterie aime réaliser des variations des ruptures, pour traduire l’effet de surprise. Les phrases de piano surprennent par leurs articulations et leur fluidité. La vocaliste réalise un album qui la place dans la catégorie de celles qui ont tout des grandes. Accompagnée de musiciens au toucher soyeux, Estelle Perrault chante avec élégance, nuance et subtilité. Elle présentera ce disque sur la scène du Studio de l’Ermitage, le samedi 16 octobre entourée de jeunes Jazzmen de la jeune génération! Carl Henri Morisset sera au piano, Clément Daldosso tiendra la contrebasse, Élie Martin Charriere sera derrière sa batterie et Hermon Mehari sera le trompettiste.

https://www.studio-ermitage.com/…/date/estelle-perrault

NOUVEAUTÉ ALBUM/ HAROLD LAND/ WESTWARD BOUND!

Le saxophoniste né en 1928 est une figure importante du ténor pour le Be-Bop des années 50. Il aura également une place importante dans la période Hard Bop qui arriva par la suite. Nous avions découvert Harold Land sur l’album majeur intitulé « Clifford Brown and Max Roach », publié en 1954 chez Emarcy. Tout de suite, ce quintet vous entraîne avec un thème intitulé « Vendetta » au tempo ardu. Vous entendrez de suite la sonorité métallique de ce ténor, proche de Sonny Rollins, jouant des phrases solides faisant penser à Johnny Griffin. La trompette est tenue par Carmell Jones, musicien trop méconnu qui fait pourtant partie des grands jazzmen comme Donal Byrd, Freddie Hubbard ou Lee Morgan. Derrière les cuivres, le couple contrebasse batterie déroule un swing crépitant très entraînant. Le pianiste Buddy Montgomery dévoile son jeu influencé par les grands maîtres du Be-Bop. Sur « Beep Durple », thème à la structure classique en 32 mesures, vous savourerez la sonorité lumineuse du trompettiste Carmell Jones. Le thème « Happily Dancing » enjoué est une valse en trois temps dont la structure est assez particulière. Le premier A fait 16 mesures mais sur le second, on entend 17 mesures, avant de passer au pont qui fait 14 mesures. Seul le dernier A de 16 mesures est classique. La sonorité de Harold Land puissante influencera des saxophonistes comme Joe Henderson. Pendant le solo de saxophone, on entend bien les noires pointées du contrebassiste Monk Montgomery. Le trompettiste plus en finesse laisse échapper quelques envolées Bluesy. Bien que le pianiste Buddy Montgomery joue sans virtuosité son swing est bien chaleureux. Le groupe livre un Blues chaleureux « Triplin’ The Groove » au cours duquel sur un swing généreux, le saxophoniste n’hésite pas à mélanger les pentatoniques aux chromatismes Be-Bop. « Beau-Ty » a quelques accents orientaux rappelant « Night in Tunisia » écrit par Gillespie, où rythme binaire et ternaire se déroulent à tour de rôle. En plus de ces magnifiques compositions au carrefour du Be-Bop et du Hard Bop, Harold Land choisit quatre reprises. Il s’agit plutôt de morceaux cools comme « My Romance » avec des balais croustillants, « Autumn Leaves », la balade « Who Can I Turn To » . Le thème de Dizzy « Blue n’ Boogie » est exposé par les cuivres et la rythmique sur un tempo de folie. Le seul à prendre un solo est le batteur Philly Joe Jones. Ces prises live inédites du saxophoniste datant de 1962, sont une pépite de plus dans cette collection inépuisable d’enregistrements au cours desquelles, les improvisations fleurissaient sans cesse! Lorsque des musiciens aussi prestigieux se retrouvent ensemble, l’écoute ne peut être qu’extatique!